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descendre jusqu'à une époque, voisine de notre âge, pour trouver un livre spécial de statistique. On le doit à William Petty, médecin du roi d'Angleterre, Charles II; bientôt Halley dans ce pays, Herman Couring en Allemagne, le maréchal de Vauban dans notre patrie, s'exerçant sur le même sujet, s'attachèrent principalement à établir un bon système de finances sur des calculs politiques.

Embrassant la statistique sous un point de vue plus vaste, et bien convaincu de ses rapports avec la science du gouvernement, Louis XIV voulut qu'elle entrât dans l'éducation de l'héritier du trône. Il demanda aux intendans l'état de leurs généralités respectives; ils dressèrent de volumineux rapports, surchargés de détails inutiles, et où l'on chercheroit en vain des renseignemens précis sur les véritables sources de la prospérité publique. Quelques extraits de ces mémoires ont paru sous la forme d'un énorme in-folio, et leur diffuse analyse constitue presqu'en entier l'ouvrage du comte de Boulainvilliers.

Au commencement du dernier siècle, des

tions les plus précises que l'antiquité nous ait laissées, On sait que ce livre de médecine a été l'objet des profondes méditations de l'auteur de l'Esprit des lois,

chaires de statistique furent érigées dans plusieurs universités d'Allemagne; elles ont été remplies par des savans du premier ordre, tels que Achenwal à Gottingue, Luder à Brunswick, Sprengel à Halle, Menzel à Erlangen. Ces professeurs ont publié sur la statistique d'importans ouvrages, dignes de servir de modèles, et dont aucun n'a encore été traduit dans notre langue.

Une science qui, dans un pays voisin, fait partie de l'enseignement public, est négligée chez nous. C'est en vain que MM. Sai, Peuchet, Chaptal et d'autres écrivains philantropes en ont gouvernement a appelé sur elle les recherches des savans, lorsqu'il a demandé à MM. les Préfets l'exposé de la situation des départemens confiés à leurs soins. Certes, si de vrais savans avaient toujours fourni à ces administrateurs les élémens de leurs rapports, ils eussent offert, sur les connaissances utiles', des détails plus positifs, et l'agriculture, ce premier des arts, cet objet le plus important de toute statistique, puisqu'il est la source primitive de toute richesse, l'agriculteur n'y occuperait pas en général une place si exiguë. Il vous appartient, Messieurs, de remplir cette lacune en ce qui concerne notre département.

démontré l'importance, et que le

Sur la généralité de Lyon; par M. Lambert d'Herbigny.

STATISTIQUE AGRICOLE DU DÉPAR
TEMENT.

Avant l'époque où vous vous êtes déterminés à faire connaître au public les résultats de vos travaux, plusieurs mémoires de statistique agricole vous avaient été communiqués. Comine ils renferment tous des renseignemens utiles et des vues précieuses, vous avez voulu qu'une analyse succinte vous en fût présentée au commencement de cette notice.

C'est pour remplir vos intentions, que je vous parlerai successivement des ouvrages de MM. de Laverriére, de la Chassaigne, Rey-Monléan et Carelle. Mais avant de vous tracer cet exposé, qu'il me soit permis de dire quelques mots sur des mémoires relatifs à la statistique de notre province, qui n'ont pas été déposés dans vos archives.

Intendant de Lyon en 1698, M. Lambert d'Herbigny fut chargé par le Roi de faire connaître la généralité dont l'administration lui était confiée; il crut exécuter les ordres qu'il avait reçus, en faisant longuement l'histoire de tous les châteaux, de toutes les églises, de

tous les couvens de la province, en débrouillant toutes les généalogies, en discutant les titres et les prétentions des cours judiciaires, des autorités administratives, des diverses corporations; c'est très-succintement qu'il parle de l'un des plus grands marchés de l'univers. Quant à l'agriculture, à peine en dit-il quelques mots. Il ne compte dans le Mont-d'Or que cinq ou six villages, et cependant il y en a au moins dix dont aucun n'a été bâti depuis la fin du dix-septième siècle; il ne dit rien des chèvres sédentaires qu'on y entretient de temps immémorial. Les vins de ce terroir, dit-il, étoient célèbres chez les Romains, et ils ne sont plus du goût d'aujourd'hui. En supposant la réalité de cette détérioration, il serait important d'en connaître la cause.

Nous ne pouvons ignorer celle du dépérissement des bois qui couronnaient nos montagnes, et nous ne sommes pas étonnés en lisant que la forêt de Pramenou en Beaujolais, dont il reste à peine quelques traces, fournissait autrefois abondamment des poutres et des planches de sapin pour les constructions de Lyon et des villes voisines (1).

(1) Dans le 15. siècle le sommet du Mont-d'Or était couvert d'une forêt considérable. M. Cochard a lu un acte

Le déboisement des montagnes de Tarare est plus ancien. Ce pays, dit M. d'Herbigny, est inculte, et ses habitans n'y subsitent que par la fabrication des toiles et de quelques futaines. On y connaissait donc à peine la périlleuse manufacture d'un produit exotique. L'importation du coton a sans doute restreint la culture du chanvre dans la plaine qu'un vieux proverbe appelle la meilleure lieue de France; car du temps de M. d'Herbigny, ce terrain fertile était couvert de chanvre de la plus belle qualité.

L'éloge bien mérité de nos vins termine le court chapitre accordé à l'agriculture, dans cette volumineuse statistique. Les vins de CôteRotie y sont mis au premier rang. Parlant ensuite des mines métalliques, l'auteur nous apprend que de son temps on n'en exploitait aucune dans la province; il ajoute que depuis 7 à 8 ans on a abandonné une mine de couperose gissant dans la montagne de Vautorte, près Chenellette. Cette prétendue couperose est sans doute le plomb phosphaté dont l'exploitation va bientôt commencer. Telles étaient, au reste, les connaissances chimiques de l'auteur,,

de 1470 où il est dit que les frères Beluze y chassaient à la bête fauge.

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