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néré partout; et quoiqu'ils eussent le malheur d'être dès long-temps partagés en différentes sectes qui se détestaient et s'accusaient mutuellement, les plus violents ennemis du christianisme étaient forcés d'avouer qu'on trouvait dans son sein les ames les plus pures et les plus grandes; il en est même encore aujourd'hui dans des villes plus effrénées et plus folles qu'Alexandrie.

ALGER.

La philosophie est le principal objet de ce dictionnaire. Ce n'est pas en géographes que nous parlerons d'Alger, mais pour faire remarquer que le premier dessein de Louis XIV, lorsqu'il prit les rênes de l'état, fut de délivrer l'Europe chrétienne des courses continuelles des corsaires de Barbarie. Ce projet annonçait une grande ame. Il voulait aller à la gloire par toutes les routes. On peut même s'étonner qu'avec l'esprit d'ordre qu'il mit dans sa cour, dans les finances, et dans les affaires, il eût je ne sais quel goût d'ancienne chevalerie, qui le portait à des actions généreuses et éclatantes qui tenaient même un peu du romanesque. ' Voyez l'Expédition de Gigeri, par Pellisson '. VOLT. 1 Année 1664, liv. II de son Histoire de Louis XIV, t. I, p. 197-198. P.

Il est très certain que Louis XIV tenait de sa mère beaucoup de cette galanterie espagnole noble et délicate, et beaucoup de cette grandeur, de cette passion pour la gloire, de cette fierté qu'on voit dans les anciens romans. Il parlait de se battre avec l'empereur Léopold comme les chevaliers qui cherchaient les aventures. Sa pyramide érigée à Rome, la préséance qu'il se fit céder, l'idée d'avoir un port auprès d'Alger pour brider ses pirateries, étaient encore de ce genre. Il y était encore excité par le pape Alexandre VII; et le cardinal Mazarin, avant sa mort, lui avait inspiré ce dessein. Il avait même long-temps balancé s'il irait à cette expédition en personne, à l'exemple de Charles-Quint; mais il n'avait pas assez de vaisseaux pour exécuter une si grande entreprise, soit par lui-même, soit par ses généraux. Elle fut infructueuse et devait l'être. Du moins elle aguerrit sa marine, et fit attendre de lui quelques unes de ces actions nobles et héroïques auxquelles la politique ordinaire n'était point accoutumée, telles que les secours désintéressés donnés aux Vénitiens assiégés dans Candie, et aux Allemands, pressés par les armes ottomanes à Saint-Gothard.

Les détails de cette expédition d'Afrique se perdent dans la foule des guerres heureuses ou malheureuses faites avec politique ou avec imprudence, avec équité ou avec injustice. Rapportons seulement cette lettre écrite il y a quelques années à l'occasion des pirateries d'Alger.

<< Il est triste, monsieur, qu'on n'ait << point écouté les propositions de l'ordre << de Malte, qui offrait, moyennant un sub« side médiocre de chaque état chrétien, « de délivrer les mers des pirates d'Alger, « de Maroc, et de Tunis. Les chevaliers de << Malte seraient alors véritablement les dé«fenseurs de la chrétienté. Les Algériens << n'ont actuellement que deux vaisseaux de cinquante canons, et cinq d'environ qua<< rante, quatre de trente; le reste ne doit «< pas être compté.

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<< Il est honteux qu'on voie tous les jours << leurs petites barques enlever nos vaisseaux « marchands dans toute la Méditerranée. Ils « croisent même jusqu'aux Canaries, et jus« qu'aux Açores.

« Leurs milices composées d'un ramas de << nations, anciens Mauritaniens, anciens Nu<< mides, Arabes, Turcs, Nègres même, s'em« barquent presque sans équipages sur des

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« chebecs de dix-huit à vingt-pièces de ca<< non ils infestent toutes nos mers comme « des vautours qui attendent une proie. S'ils << voient un vaisseau de guerre, ils s'en«< fuient s'ils voient un vaisseau marchand, «< ils s'en emparent; nos amis, nos parents, << hommes et femmes, deviennent esclaves, « et il faut aller supplier humblement les « barbares de daigner recevoir notre argent « pour nous rendre leurs captifs.

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« Quelques états chrétiens ont la honteuse prudence de traiter avec eux, et de leur « fournir des armes avec lesquelles ils nous dépouillent. On négocie avec eux en mar«< chands, et ils négocient en guerriers.

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« Rien ne serait plus aisé que de réprimer << leurs brigandages; on ne le fait pas. Mais « que de choses seraient utiles et aisées qui « sont négligées absolument ! La nécessité de « réduire ces pirates est reconnue dans les <<< conseils de tous les princes, et personne « ne l'entreprend. Quand les ministres de plusieurs cours en parlent par hasard en་ semble, c'est le conseil tenu contre les «< chats.

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« Les religieux de la rédemption des cap« tifs sont la plus belle institution monasti« que; mais elle est bien honteuse pour

« nous. Les royaumes de Fez, Alger, Tunis, << n'ont point de marabous de la rédemption « des captifs. C'est qu'ils nous prennent beau« coup de chrétiens, et nous ne leur prenons guère de musulmans.

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« Ils sont cependant plus attachés à leur << religion que nous à la nôtre, car jamais au<< cun Turc, aucun Arabe ne se fait chrétien, << et ils ont chez eux mille renégats qui même << les servent dans leurs expéditions. Un Ita«< lien, nommé Pelegini, était en 1712 géné«ral des galères d'Alger. Le miramolin, le bey, le dey, ont des chrétiennes dans leurs <«< sérails; et nous n'avons eu que deux filles << turques qui aient eu des amants à Paris.

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«La milice d'Alger ne consiste qu'en «< douze mille hommes de troupes réglées; << mais tout le reste est soldat, et c'est ce qui « rend la conquête de ce pays si difficile. << Cependant les Vandales les subjuguèrent ai<< sément, et nous n'osons les attaquer! etc. >>

ALLÉGORIES.

Un jour Jupiter, Neptune, et Mercure, voyageant en Thrace, entrèrent chez un certain roi nommé Hyrieus, qui leur fit fort bonne chère. Les trois dieux, après avoir bien dîné, lui demandèrent s'ils pouvaient

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