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me cona: Bramante , les Bellin, le Perugin, les plus anciens verrai an! peintres italiens dont les ouvrages aient mérité

d'être conservés, n'étoient point encore au monde ; e la téleder

et sa naissance avoit devancé, de tout un siècle celle plaidoyer' de Michel-Ange et du divin Raphaël. Quant ont Jean de Bruges passe pour le premier qui ait em

ployé l'huile dans la préparation des couleurs : on ar Ciottes : les broyoit auparavant aveo des eaux de gommes ou de série de l'eau d'oeuf. Il est du moins certain que, lorsque

le hasard et ses connoissances en chimie, assez éten

dues pour le temps, lui firent découvrir ce procédé, Е се рат:

on ignoroit généralement qu'il eût jamais été emour les ar

ployé par d'autres.

Il paroît que cet ancien peintre commençoit par tracer le contour et les principales ombres de ses figures, au pinceau , avec une couleur brune ou noire. Il peignoit ensuite sur ce trait avec un soin extrêmement minutieux, faisant consister son art à s'écarter le moins possible des procédés de la nature : non-seulement il exprime en détail la barbe et les cheveux de ses personnages, mais en exami

nant ses tableaux à la loupe, on reconnoît qu'il s'est zis par s'astreint à imiter chacun des petits accidens qui com

posent en quelque sorte le tissu de la peau. Cette pratique, dont les résultats sont de peu d'effet , exigeoit * une patience inconcevable, sur-tout quand elle

s'appliquoit à des compositions nombreuses. On ne trouve encore dans ces tableaux aucune trace de perspective aérienne, seulement des notions incertaines de la perspective linéaire en général, et une idée plus confuse encore de la science des raccourcis, partie de la perspective qui ne fut bien connue des peintres qu'après que Michel-Ange en eut fourni d'immorlels exemples.

Van Eyck dessine bien la têle et les mains': le

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Jante

reste de ses figures est roide, et les parties charnues sont les moins bien traitées ; ce qui vient peut-être de ce que ses études anatomiques n'avoient pas été porlées au-delà de l'ostéologie. L'absence de la pers-, pective aérienne produit nécessairement une cou., leur crue; l'ignorance de la science des raccourcis rend l'agencement des groupes extrêmement difficile, et toujours un peu monotone, Les tableaux du vieux peintre flamand ont ces deux défauts; on voit cependant qu'il s'appliquoit à éluder le dernier ; et il y réussit parfois assez bien: ses têtes, saps s'élever jusqu'aux béaulés idéales, sont en général d'un bon choix et d'une grande variété; l'expression en est toujours vraie, et ne manque même pas de délicatesse.

Les lableaux de Van Eyck étoient probablement beaucoup plusagréables el fort supérieurs d'ensemble à ceux que l'on faisoit de son temps, même en Italie; et si sa manière, châtiée avant le temps, ne devoit point lui donner des successeurs comme ceux qu'eu. rent les Florentins et les Romains ses contemporains, il avoit droit du moins de prétendre à être le fondateur d'une école meilleure que l'école flamande. Il me semble que ceux qui ont dit que Jean de Bruges a créé le métier, et Rubens l'art de la peinture, n'ont pas rendu assez de justice au pre mier ; peut-être ne falloit-il pas avoir un moindre génie que celui de Rubens pour faire, deux cents ans avant lui, ce qu'a fait Van Eyck. Ce laps de temps, considérable en lui-même, est immense dans l'histoire de l'art, parce qu'il comprend la paissance, toute la vie et les travaux de Léonard de Vinci, de Michel-Ange, de Raphaël, du Titien, du Corrège, et de leurs premiers élèves. Ces deux cepls ans renferment le siècle de Léon X pour

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l'Italie; celui de François Ier pour la France: c'est aussi l'époque de la découverte des plus précieux monumens de la statuaire anlique. :

Quelque personnes veulent que le tableau du jugement dernier, sous le n° 38g de la nouvelle exposition , ne soit pas de Van Eyck, mais d'un de ses contemporains, nommé Van Ouwater. Il faudroit donc qu'il se fût trouvé à-la-fois deux peintres d'un aussi singulier mérite que Van Eyck: cela est peu vraisemblable à une époque si rapprochée de la renaissance de l'art. Le tableau du Jugement dernier est d'ailleurs tout-à-fait semblable à ceux qu'on attribue unanimement à Van Eyck, non-seulement par le mécanisme du travail, mais aussi par des rapports de ressemblance entre plusieurs personnages; ressemblance telle, qu'on est fondé à croire qu'ils ont été tracés de la mêine main, et d'après les mêmes modèles.

Le Sauveur du monde dans sa Gloire, les chours de Bienheureux, le vol des Anges aux trompeltes éclatantes, composent la partie supérieure de ce tableau. L'archange saint Michel est descendu sur la terre; il pèse dans une grande balance les hommes sortis des tombeaux , et sépare les bons de cenx qui ont été trouvés légers : ces derniers sont entraînés dans l'aby me par les "Anges de ténèbres : les Anges de lumière conduisent lez anties : ils les présentent à saint Pierre; ils les revêtent d'habits éclatans ; on les reçoit dans la Gloiré.

Cette composition n'a pas la vaste étendue, et ce qu'on pourroit appeler le bouleversement du Jugement dernier de Michel-Ange; mais elle est sagement ordonnée, d'un style grave, et on y remarque une imagination mieux réglée que dans les

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autres ouvrages des temps gothiques. Les Anges; les Saints , les figures célestes ne manquent pas de majesté. Le peintre ne s'est point plu à multiplier les monstres infernaux. La crainte, la stupeur, le désespoir des réprouvés s'y trouvent exprimés avec une grande vérité, et sans aucune exagération : le calme et le sentiment de béatitude des élus est aussi représenté avec beaucoup de justesse.

La multitude assiège ce tableau à cause de l'or qui y brille de loutes parts, du vif éclat et de l'effel tranchant de couleurs, de la découpure des figures , peut-être aussi à cause de la scène terrible ! Les gens de l'art, en le considérant avec d'autres yeux, en tireroient une excellente collection de pièces de porte-feuille. "

Albert Durer, né en 1470, et contemporain des grands peintres d'Italie, est assurément inférieur à Van Eyck, du moins dans les tableaux de cette exposition, pour le dessin, le choix des têtes et l'expression ; sa couleur est un peu plus fondue sans être d’un meilleur effet ; il ignore, comme son devancier, la perspective aérienne, et se montre moins adroit à éviter des difficultés qu'il ne peut surmonter. Ces tableaux, représentant plusieurs actions de Jésus-Christ, sous les Nos 359, 360 et 561, ne justifieroient point la grande réputation que Durer s'est acquise par ses gravures, dont le style sec, mais précis, n'a aucun rapport avec celui de ces trois ouvrages. Les admirateurs de cet artiste, dont la répulation nous semble bien grande, le contempleront avec plus de plaisir dans le tableau de la grande galerie où il a représenté le Christ, la Vierge , saint Jean, saint Denis, l'empereur Charlemagne et saint Louis. Ils trouveront dans cet ouvrage, avec toute la roideur du

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style gothique, un dessin meilleur et de plus
belles expressions. Deux portraits, Nus 249 et 250
de la même collection, bien dessinés, et d'un ca-,
ractere très-prononcé, peuvent aussi donner une
idée avantageuse du talent d'Albert Durer : sans
doute il est fàcheux pour ce peintre, que les por-
traits (No 358 ) de la nouvelle exposition, soient
d'un faire si différent de celui de ses aulres ouvrages,
que l'on puisse révoquer en doute la tradition qui
les lui attribue.
. Il paroit, par ceux de Cranach, que cet artiste
avoit un talent fort inégal. La Fontaine de
Jouvence (No 345 ) est une composition dé-
goûtante et d'une exécution excessivement
foible. Peut-être du temps de l'auteur renfermoil-
elle quelqu'allusion maligne ; et cette espèce
de mérile entièrement perdu pour nous, lui aura
valu d’être conservée. Rien de plus commun que
des tableaux dont la réputation, fondée d'abord
sur des circonstances tout-à-fait étrangères à l'art,
s'est soutenue , sans qu'on puisse dire, pourquoi,
après que ces circonstances ont été entièrement
oubliées. Une galerie de tableaux n'est, pour la
plupart des riches et des grands , qu’un cabinet de
curiosité.

L'Histoire de la Passion ( No 537) est préférable à la Fontaine de Jouvence ; mais il faut, ce me semble , pour l'honneur de Cranach, passer à ses quatre tableaux sans numéros, placés à l'extrémité de la galerie, el représenlant chacun une figure de grandeur naturelle. Les deux premiers sont susceptibles d'être rapprochés, pour ne former qu'une seule composition. Adam et Eve auprès de l'Arbre de vie. Les autres représentent, l'un, une jeune Fille qu'un Amour est prêt à toucher de la

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