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Mais il faut parler aussi des vers de l'Yonne. Je commencerai, par un dithyrambe en l'honneur du lycée. L'auteur, M. Malot, voyant de loin le temple où s'assemblent les membres de ce lycée, en sa qualité de poète dithyrambique, ou peut-être seulement de bourguignoni, il le prend pour un temple de Bacchus. Cette première strophe est même assez : bonnes tout en la faisant, il s'approche davantage du temple, et il voit alors distincter ment que ce qu'il avoit, pris pour des, Bacchantes sont des Muses; chacune a son rôle, ses attributs, et obtient un éloge : il paroît même que M. Malot découvre une, Muse de l'agatomię: : : .. · Pour soulager nos maux uqe autre Muse s'ouvre , L !! Du dédale de notre corps..?.." baba,

Pin La roule incertaine , et découvre, visit si din

Ses fagaux șinyeux ; le jeu, de ses ressorts: co O.." ... Sa soeur qu'on vit jadis' impitoyable Parque, as, į!.

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Aujourd'hui

Aujourd'hui, sous le nom d'Hygie, : .! !!

A nos sens., à nos cæurs, même à notre génie, . Pourroit et sait offrir les plus puissans secours...

Cette Musę n'a pu être imaginée que par Thomas Diafoirus, et les vers n'ont pu être fajts que par lui: la marche de M. Malot est au reste très dithyrambique: car, des prés émaillés serpenteľ Yonne, il est bientot, transporté en Amérique : je ne sais pas au juste si c'est au Pérou ou au Mexique ; mais peu m'importe; toujours est-il que d'avares. Espagnols une infáme poignée (M. Malot est fort en épithèles ) auroit été facilement vaincue par le peuple magnanimé chez lequel elle aborde.'

M. Malot; au surplus, doit se consoler facilement de la critique ; il sait qu'elle s'acharne contre les talen's in mod

end aussi de M. Wir s'il

Du vrai mérite , ô fatal privilége !
A peine il vient d'éclore il trouve un détracteur.

Il n'est rien de sacré qui n'ait son sacrilége. Il est probable qu'il regardera son dithyrambe comme sacré, et moi comme son sacrilége.

M. Gudin a fait hommage au Lycée de l'Yonne d'un poème tout entier sur l'astronomie, « Toutes » les nations, nous dit-il dans sa préface, ont tou» jours desiré d'avoir un poème qui traitât de l'astro. » nomie. » Je n'avois pas connoissance de ce desir si universel et si constant, mais en supposant que nous l'eussions, il faut savoir s'il peut être satisfait par le poème de M. Gudin. Le même poète nous apprend aussi qu'il pouvoit faire aisément vingt. quatre chants ou quarante-six sur ce sujet. Il faut lui savoir gré den'en avoir fait que trois. Ce prétendu poème n'est, au reste, que l'histoire la plus sèche et la plus incomplète de l'astronomie, écrite en vers extrêmement prosaïques. Tout ce qu'on y apprend, c'est la grande aversion de M. Gudin pour les cardinaux, qu'il appelle fils de l'erreur, et sa grande admiration pour les lunes, Son style ordinairement froid, s'échauffe sans en devenir meile leur , lorsqu'il parle de quelque lune ::

O lune ! le premier (1) il connut tes deux flancs:: ..................

Clairaut nous annonça le retour des comètes.
Le ciel ne nous offroit toujours que six planètes.
. .. . . . . . . . .. .. ..
Le croirai-je ? mais quoi ! j'entends , j'entends encore
Herschell, ce même Herschell qui, devançant l'aurore,
S'approche de mon lit, et m'arrache au repos.
. . . . . . . . . . . . . .,.,.
De Saturne , dit-il, compte les satellites. •

- Cinq lunes. — Compte mieux ; deux autres plus petites (1) Galilée,

Semblent toucher l'anneau. — J'ai peine à les discerner...
Ah! je les aperçois et je les vois tourner.,
O prodige ! ô merveillc étrange, inconcevable !
Spectacle inattendu, plus encore qu'admirable !
Quoi ! sans compter l'anneau dont son disque est orné,

De sept lunes Saturne encor environné ! etc. M. Gudin ne peut pas se résoudre à quitter ces lunes ; il y revient encore.

Saturne offre à nos yeux un spectacle plus beau;
Il nous montre son globe au centre d'un anneau,
Tandis qu'autour de lui sept lunes circulantes, etc.

Enfin l'astre d'Herschell, beaucoup plus écarté,'

De six lunes encor nous paroît escorté. . Enfin M. Gudin nous apprend que si on étoit au fond de la mer, on ne verroit pas ce qui se passe à sa surface, on ne jouiroit point de ce spectacle

Dont l'aspect fait frémir la terre intimidée,,,,

Et dont sous l'eau jamais on n'auroit eu l'idée.; Ce poème est suivi de notes, et il est bien difficile de décider ce qui vaut mieux ou des notes ou du poème. D'abord , pour la quantité de vers ou de prose , elle est absolument la même ; trente pages de part et d'autre : c'est donc d'après la qualité qu'il faudroit décider, et cela est impossible, M. Gudin est également philosophe dans ses vers et dans sa prose : ainsi il nous dit, dans ses notes, que Newton croyoit à la révélation; nouveau motif, ajoute-t-il , d'être indulgent, et de pardonner à la foiblesse humaine. Il me semble néanmoins que M. Gudin n'est pas toujours conséquent à lui-même : dans la division des sciences dont j'ai déjà parlé, il avoit classé la théologie parmi les sciences fausses, la médecine parmi les, sciences conjecturales, et les mathématiques. parmi les

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sciences positives ; et ici "il nous dit que Copernic étoit médecin, náthématicien et chanoine, trois états, ajoute-il," également propres à faire connoître combien l'esprit humain est foible. Est-ce que la culture des sciences fausses , conjecturales ou positives prouve également la foiblesse de l'esprit humain ? ";

Non-seulement les femmes fréquentent le Lycée de l'Yonne; mais elles y sont associées, elles y font des vers. Madame de la Villeurnois en fait de plus édifians , et peut-étre de meilleurs que M. Gudin; elle a traduit le pseaume in Exitu. Voici la traduction du verset Manus habent, etc.

Ils ont des yeux ! au jour leur oil est insepsible , *'Leur oreille ! à vos cris elle est inaccessible ,

Leur nez, sans odorat, méconnoît volre enceus; Forsi? Leurs bras n'agissent point, leurs pieds sont immobiles, etc.

Ces vers ne sont pas bons ; il y en a de meilleurs dans le reste de la traduction ; mais je les ai cités, parce qu'ils me rappellent céux du grand Corneille, . Sangtrel madame de la Villeurnois, même dans cet endroit foible, est restée très-supérieure, comme 'on peut en juger: - do o liton tes océales pour eux sont de si peu d'usage,

luser Quatttour d'elles le son frappe inutilement ; 2197 Et le nez qu'on leur plante au milieu du visage . 29104 2 2015". Ne sert que d'orneinent. '!!'

On voit qu'il est éclos peu de chefs-d'oeuvre Hans Pet Rein de l'académie de l'Yonne. On y a lie acependant des mémoires ou paroissent développées d'excellentės vues d'économie rurale et domestique. On doit sur-tout distinguer dans ce nombre ceux de M. Rongier-Labergerie';' et si l'émulation qui paroit exister entre les membres de cette société littéraires, se soutient, on peut prédire hardiment

qu'un jour le petit Athénée de l'Yonne rivalisera avec le grand Athénée de Paris.

...... et habent sua fata Lycæi. A

XLI I I. . Profondeur de l'Athénée de Paris dans l'art de

i... la chicane,

D’Il est des sciences utiles professées par de bien médiocres professeurs à l'athénée, il est une science désastreuse que les administrateurs de cet établissement pourroient professer avec un rare talent, c'est la science de la chicane. Ils se sont sans doute réjouis lorsqu'ils ont appris qu'ils avoient affaire à un plaideur novice qui paroissoit pour la première fois dans cette litigieuse arène. Ils prouvent, eux, que ce n'est pas leur premier procès. Chicaneurs consommés, ils abusent de mon inexpérience, ils abusent de ma politesse. J'avois cru qu'il suffiroit de les faire inviter poliment à se rendre devant le juge de paix. Les voies de contrainte me paroissoient acerbes. Je ne voulois point placer un huissier entre l'athénée et moi; ce moyen de communication ne doit pas être admis entre gens qui savent vivre. . L . ,

L’athénée répond d'abord avec astuce à cette invitation; il envoie un secrétaire demander un délai; ce délai lui est accordé, et l'athénée ne se rend pas au jour fixé. Mais c'est la fixation de ce jour qui est un chef-d'oeuvre de tactique chicanière ; ils choisissent le vendredi, parce que, d'après les lois de la cédule, qu'ils me paroissent çonnoître parfaitement, et d'après les jours d'audience du juge de paix , ils ne peuvent plus être cítés que jeudi prochain. C'est un des calculs les

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