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R. Je n'en ai jamais moins senti la nécessité.

D. Peut-on avoir des vertus sans croire en Dieu ?

R. Les vertus ne sont pas absolument nécessaires dans le monde créé et ordonné par la philosophie. Rien n'empêche, cependant, qu’un philosophe écrive dans les journaux qu'il est le plus vertueux de tous les philosophes.'

D. La tolérance est-elle bonne à prêcher dans le monde ? · R. Elle doit être notre point de ralliement ; nous devons sans cesse la prêcher : ce qui ne nous empêchera pas d'écraser l'infâme quand l'occasion s'en présentera , et d'immoler tous ceux qui ne seront pas de notre avis, à la cause sacrée de la tolérance.

M. Note qui se rapporte aux articles sur la cránologie, p. 285 et 291. /

On a publié une foule d’écrits sur la crânologie ; entre ces écrits on a distingué ceux de M. H. (Hoffmann ); ne pouvant les insérer dans ce recueil, à cause de leur étendue, nous voudrions, du moins diminuer les regrets du lecteur par un précis de cette discussion, ou plutôt de ses résultats : précis qui d'ailleurs fera mieux entendre les articles sur la crânologie.

Le docteur pressé vivement par les argumens de son adversaire. poursuivi dans tous les postes où il se retranchoit, forcé enfin, d'opter entre l'odieux et le ridicule, deux lignes qu'il avoit suivies alternativement, sans trouver un milieu qui pût lui servir d'issue, le docteur, dis-je , reduit à un tel choix, a pris bravement son parti, et fait l'option la plus convenable. On sait, en effet, que dans la séance du 27 févrîer, tout l'Athénée a entendu de la bouche de l'illustre crânologue une belle confession de la spiritualité de l'ame et une abjuration, plus belle encore, de la doctrine (si célèbre en Allemagne) des penchans irrésistibles : double triomphe pour M. H., qui n'a pas dissimulé le plaisir que lui causoit la conversion d'un docteur, auquel il n'avoit épargné ni les instructions solides ni les exhortations, tantôt douces , tantôt fortes et pressantes. Mais ce succès étoit trop inespéré, pour qu'il ne fût pas suivi de quelques retours de crainte propres à modérer la joie de M. H.

En effet, les fameux penchans sont bien rejetés de la théorie; mais dans la pratique, c'est autre chose, et le docteur n'a abandonné ni les voleurs, ni les meurtriers, ni les autres personnages cités par lui en exemple et à l'appui de la crânologie, dont ils sont l'honneur et la gloire ( et vice versa). Et certes ce seroit trop exiger du docteur, que de le condamner à faire le sacrifice de pareils accessoires, où se trouve la partie agréable de son cours, et qui seuls firent ou le succès de la fameuse séance du meurtre, de cette séance si belle , si philosophique, et qui emporta tous les suffrages. Le docteur sera même d'autant plus ferme sur ces bistoires qu'elles sont entièrement de son invention , du moins s'il faut en croire un comité de jurisconsultes qui , en dernier ressort, s’ost occupé du crânologue et la déclaré convaincu d'imposture sur cet article.

Quoi qu'il en soit, la crânologie ainsi purgée des penchang irrésistibles se réduit à 26 dispositions innées. Ces dispositions sont marquées sur la boite osseuse du crâne par autant de bosses ou protubérances qui en sont le signe nécessaire. On distingue entre ces bosses celles du meurtre , du vol, de la propaga. tion, de l'éducabilité, de l'amour maternel, du courage , de la réflexion , de la faculté d'induction, de la pénétration comparative, de l'esprit, etc.; par où l'on voit que dans cette théorie les facultés de l'entendement et les passions de l'amc agissent également sur notre crâne. Toutefois on a observé au docteur que les choses se passent autrement dans la réalité, et que, si un géomètre, par exemple, après s'être fort appliqué à la solution d'un problême, sent de la fatigue à son cerveau, c'est néanmoins à une autre partie que répondent les mouvemens de l'amour maternel, les élans du courage, etc.

M. H. a opposé aussi à la bosse de l'amour maternel les mères qui ont pour un de leurs enfans une grande tendresse , et pour l'autre un sentiment tout contraire : objection qui est demeurée sans réponse, comme la précédente.

Tel est le dernier état des choses ; telle est cette crânologie fameuse, avec laquelle le docteur faît du bruit en Europe ; qu'il a produite jusques dans les cours en Allemagne ; qui a été accueillie avec transport par l'Alhénée de Paris; qui a excité une sorte de fanatisme chez nos dames ; et qui va sans doute renouveler des effeis plus merveilleux encore sur les têtes anglaises. Le docteur se dispose , dit-on, à les aller tâter. On assure, en effet, qu'il regarde sa mission comme terminée en France depuis qu'il se voit abandonné des critiques, des moralistes, et même des rieurs.

SCIENCES. - LITTERATURE,

· BEAUX - ARTS.

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Le mot de Nosographie signifie littéralement Description des maladies ; mais on lui a donné dans ces derniers temps une acception plụs étendue, on en a fait le sinonyme de classification, ou distribution systématique des maladies. C'est donc une classification nouvelle des maladies chirurgicales que M. Richerand prélend nous donner. Jusqu'ici les auteurs de chirurgie , après avoir traité des maladies générales ou communes à toutes les parties du corps, étudioient ensuite les maladies locales selon l'ordre de leur siége respectif, et les divisoient tout simplement en maladies de la tête, de la poitrine, de l'abdomen et des membres. Celle division, comme toutes les divisions arbitraires et qui ne se tirent point de la nature même des objets, présentoit de grands inconvéniens. D'una part, elle rassembloit dans un même cadre, une foule d'actions qui n'avbient rien de commun entre elles que le siége, ou plutôt qui se repoussoient mutuellement par l'opposition de leur marche , de leurs symptômes et de leur traitement; de l'autre, en faisant succéder à la description des maladies comniunes à tout le corps, la description des ma- ladies de chaque partie du corps, elle reproduisoit Tome V.

, 20.

nécessairement dans la seconde classe la plupart des objets déjà traités dans la première , et condamnoit par conséquent le lecteur à des répétitions non moins inutiles que fastidieuses. C'est donc avec raison que M.Richerand s'élève contre une méthode aussi défectueuse, et il n'a point de peine à démontrer la nécessité de lui en substituer une meilleure , qui soit conforme aux règles de l'analyse, et dans laquelle toutes les maladies se trouvent rangées suivant l'ordre de leurs analogies réciproques. La question est de savoir si la nouvelle classification qu'il propose, réunit ces conditions. M. Richerand et ses amis le prétendent ; nous allons voir jusqu'à quel point cette prétention'est fondée.

Suivant lui, toutes les maladies chirurgicales doivent se diviser en huit classes. Une première classe renferme celles qui peuvent affecter tous les systémes organiques, c'esl-à-dire, toutes les par. ties du corps; dans les sept autres, sont réparties les maladies qui affectent spécialement certaines parties ou certaines organes. Ainsi la seconde classe comprend les affections de l'appareil sensitif ; la troisième, celles de l'appareil locomoteur ; la quatrième, celles de l'appareil digestif ; la cinquième, celles de l'appareil circulatoire; la sixième,, celles de l'appareil respiratoire ; la séplième, celles du tissu cellulaire; et la huitième enfin, celles de l'appareil reproducteur. ;..', u're bus - Observons en premier lieu que dans cette division , comme dans l'ancienne, c'est la considération du siége des maladies qui sert de base à leur distribution-; base essentiellement vicieuse, puisqu'elle a pour effet nécessaire de réunir des objets disparates, et de séparer des objets analogues. Je conviens cependant que M. Richerand a singulière,

ment perfectionné l'ancienne méthode, en ne suis vant plus , comme les auteurs, qui l'ont précédé, l'ordre de position des parties , c'est à-dire, en ne commençant pas par la téle pour descendre ensuite successivement à la poitrine, à l’abomen, et aux menabres ; mais en classant les différens organes du corps suivant: la nature des fonctions auxquelles ils appartiennent. C'est-là une véritable amélioration, et j'aime à en faire ici l'aveu. Mais ce nouveau plan , quelque préférable qu'il soit'à l'ancien, n'en conserve pas moins une grande partie de ses inconvéniens. En effet, quoique les organes qui composent un appareil aient tous pour but commun l'accomplissement d'une même fonotion, il n'en est pas moins vrai que ces organes, formés de tissus divers et exécutant des actions diverses, peuvent également étre-atlaqués d'un grand nombre d'affections différentes parleur natura ou même opposées entre elles ; lelles que des plaies, des inflammations, des ulcères , des fractùres ji etc., affections qui se trouvent néanmoins rapprochées dans une même classe et rangées sous un même titre. D'un autre côlé,, en traçant d'abord le tableau des maladies communes à tout le corpsjiet en parcourant ensuite les divers appareils organiques pour y observer les maladies dont ils sont sus ceptibles, on s'expose inévitablement à des répéti** tions nombreuses , ainsi que je l'ai déjà remarquez et c'est'aussi ce qui est arrivé à M. Rieherand. Ja ne m'arrêterai point à lui: prouver les vices d'un pareil plan ; je lui opposerai seulement la plurase suivante ; qu'à coup sûr il ne désavouera pas, puisqu'elle est tirée littéralementi de eson“ livre : « On pourroit, dit-ilz eomparer lesqa olen's qui » tombent dans ce défaut adés géographs qui se

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