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taux, de toutes les classes de propriétaires s'augmentent, la terre change de mains dix fois plus souvent qu'autrefois, du temps de la féodalité. Quand les capitaux abondent, il s'opère des ventes nombreuses de toute espèce d'objets, et des terres comme d'autres ; mais quand il n'y a pas d'argent, ni denrées ni terres ne trouvent d'acquéreurs. Qu'on me permette de dire ce qui m'est arrivé pen■ dant les nombreuses années où j'ai été propriétaire-cultivateur. Quand j'achetai le domaine de Bignon, il contenait un peu moins de mille acres. Par des acquisitions successives, j'ai à peu près doublé sa contenance. Il n'y a, du reste, pas que moi qui aie aggloméré dans la petiie commune de 450 âmes que j'habite. Plusieurs paysans ont également fait des agglomérations. Il y en avait trois qui, lors de l'établissement du régime actuel des successions , avaient chacun de 15 à 20 acres de terres et qui, par leur commerce de bois, de chevaux, de moutons, ont gagné assez pour acquérir chacun 300 acres. L'un d'eux mourut dernièrement. La presque totalité de ses terres fut achetée par son frère, parce qu'aucun des héritiers du défunt ne voulait habiter la commune. Un autre individu, qui était mon garde en 1810, se fit marchand de bois. Il ne possédait alors que sa part d'enfant dans l'héritage paternel, et elle se montait a <*> acres de terrain. Il en a maintenant 100 dans la commune. » ( 4rth. Co^dorget O'co>•noh, le Monopole cause de tous les maux, 1.1, p. 294).

Droits d^s propriétaires anglais. — « Sulle terre sans seigneur, telle est encore, dans toute sa force, la formule anglaise. Quelque modification qu'ait éprouvée la superficie, qu'elle soit tenue en toute propriété, en vertu de contrats [copy ko'd) ou en free hold même, l'ancien fief existe toujours, et le titulaire du fief, le lord du manoir, a le droit de fouiller partout, de compromettre, sans être tenu à dédommagement, la sûreté des habitations et la vie des habitants. C'est pitié que de voir les ravages qu'a causés dans quelques districts, cette soif de richesses. Entre Dudley et Htourbridge, la terre classique des bonnes briques, toutes les maisons du district houiller sont minées et menacent ruine. Le lord semble s'être donné mission d'accomplir l'œuvre ténébreuse du génie du mal; il rampe sans bruit, il creuse, il fouille, et ses coups, portés dans l'ombre, tombent à l'aventure. Comme on suit dans un champ le passage souterrain des bêtes nuisibles à, la pâleur des tiges qui se penchent et tombent, de même, en parcourant quelques districts houillers, on peut suivre la trace du lord aux crevasses des murailles, à la stabilité détruite, et bientôt à l'abandon des habitations. » (h. Ihssuid, Travail cl charité. Joum. des Economistes, ami. 1843, p. 131).

Egypte. — « Sauf les limites entre les villages, déterminées par des digues, des canaux ou des points de reconnaissance convenus, il n'y a sur le terrain aucune démarcation établie. Le livre de recensement du villrge indique le nom des propriétaires et le nombre des karats ou portions de karats qu'ils possèdent. Un second livre porte également les droits de chacun des cultivateurs et leurs mutations. Chaque année, après l'inondation, des arpenteurs vérifient la portion de terre inondée de chaque village et la répartissent entre les cultivateurs. Cette opération sert d■'. base à la fixation de la redevance de l'impôt. » Iikmu Tiuix», Itech. hisl. sur les origines de la propriété foncière, ch. Y.;

Fn.orcE. — « La France présente une superficie de 52 millions d'hectares, dont 3 millions environ sont incultes. 4 millions appartiennent à l'Etat ou aux communes, et 4-"> millions sont répartis entre les habitants du sol. Les forêts occupent 7 millions d'hectares sur cette surface, les prairies naturelles 4millions, les prairies artificielles 3 millions, les vignobles 2 millions, et les terres arables environ 30 millions. La propriété de ce vaste domaine, exploité par 25 millions de cultivateurs, se divise très inégalement entre eux: 2millions d'hommes en sont totalement privés. 14 millions en possèdent le quart; les trois quarts restants sont partagés entre 9 millions de propriétaires. » , Ad. Bi. Imql'i, Tablsat des popula lions rurales de la France, en 18T>0.

Propriétaires fonciers. « Il existe, en France, 5 millions de propriétaires du sol, ni' possédant pas, en moyenne, deux hectares, la grande majorité de ce nombre possédant beaucoup moins!!! Cette classe de propriétaires consomme, pour se nourrir seulement, tout ce qu'elle produit!!!— L'on ne saurait imaginer un état de choses plus destructif de la grande agriculture, qui seule peut nourrir les peuples. » ;.r. n. Dei.h"mv, la question des céréales en France. — Journ. des Economistes, t. XXV, p. 377).

Métayers. « Dans les pays pauvres, comme sont ceux du centre de la France, il arrive très souvent que les propriétaire qui ne résident pas sur leurs biens, ne pouvant les gérer m les faire gérer, les afferment, non à des cultivateurs, mais à dts personnes de toutes pro essions, notaires, percepteurs, propriétaires plus ou moins aisés, qui. pour un prix annuel payable en argent généralement, se trouvent substitués aux lieu et place du propriétaire à. l'égard du métayer ou colon; ce qui, pour 1 ordinaire, est également préjudiciable à l'un et a l'autre et à la propriété. Quoiqu'il en soit, il ne peut être douteux, ce me semble, pour personne, que le métayer, pauvre et ignorant, occupant un domaine, le plus souvent sans bail, n'ayant aucun intérêt direct à des améliorations dont il ne peut pas jouir

n'en fera aucune de bonne volonté ni avec zélé ; ce n'est «lonc pas de cette classe si nombreuse et qui exploite une partie si considérable du territoire, qu'on peut raisonnablement attendre et espérer les progrès de l'agriculture. » (v. Tracy, Lettres sur l'agriculture, IV« lettre).

I>de. — « ...Les fonds ruraux sont annuellement distribués entre les habitants de chaque village en proportion du capital et des moyens que chacun d'eux possède. » Henri Thiason, llech. lîist. sur les origines de la propriété foncière, ch. I).

Russie. Partage des terres. « Le principe sur lequel se fonde le partage des terres parmi les paysans est que toute la population masculine représente une unité collective, en conséquence de quoi la somme des terres, tant champs de labour, prairies et pâturages que forêts, broussailles, lacs et étangs, forme aussi une unité foncière, appartenant non aux différents membres dont se compose la commune, mais à l'unité collective représentée par tous les paysans ensemble. Chaque individu mâle a le droit de réclamer pour sa part l'usufruit d'une quantité de terre égale à celle des autres membres.

» Les forets, les pâturages, les droits de chasse et de pèche, ne pouvant être soumis au partage, restent indivisés et livrés à l'usage de tous; mais les c; anips ou la terre labourai le et les prairies sont effectivement partagés C aque commune a ses arpenteurs, gens de tradition et d'expérience, qui remplissent ces fonctions avec intelligence et au contentement de tous. Ils partagent la tota ité du bien-fonds en plusieurs grandes divisions, homogènes par leur valeur ainsi déterminée, qu'on subdivise en autant de lots que la commune a de membres et qu'on distribue par la voie du sort...

» Le lot de terre resté' vacant après la mort d'un membre retombe à la réserve, que la commune donne en ferme ou cultive elle-même, jusqu'à ce qu'elle en ait besoin pour doter un nouveau membre. Quand,après la mort d'un père de famille, les fils qui jusqu'alors n'avaient formé qu'un seul ménage désirent se séparer, ce qui est toujours regardé comme un grand malheur, alors 1? fils aine garde la maison, qu'il fait < stimer, et donne à ses frères une part égale à celle qui lui re-te de l'héritage dont les sœurs reçoivent une quatorzième et la veuve une septième part. » (h Art Ai Se>, Éludes sur lu situai on intérieure, la vie nationale et les institutions rurales de la Russie, t. I, p. 139).

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