Images de page
PDF
ePub

pourrait tirer d'une telle statistique tenue constamment au courant, est facile à apprécier, à quelque point de vue que l'on se place, soit qu'il s'agisse d'organiser la force armée, soit qu'il s'agisse de réformer le code pénal, soit qu'il s'agisse d'accroître la richesse nationale, soit, enfin, qu'il s'agisse de simplifier les rapports entre l'offre et la demande, le capital et le travail, la production et la consommation.

La statistique opérant ainsi avec cette certitude et cette promptitude est à la politique ce que l'astronomie est à l'astrologie, ce que l'art médical est h l'empirisme; ce que la connaissance des causes est à l'impuissance d'expliquer les effets, conséquemment de les prévenir; ce que l'ordre est au désordre, ce que la clarté du jour est à l'obscurité de la nuit. . La statistique, qui était un mensonge et une illusion, devient une vérité. Tout chiffre porte avec lui sa preuve. La preuve est ce qui en fait la valeur.

Alors la police se fait d'elle-même et sans agents; elle est destituée par la statistique; l'espionnage, qui démoralise sans éclairer *, est remplacé par l'enquête qui éclaire sans démoraliser.

* « Faut-il des espions dans la monarchie? Ce n'est pas la pratique ordinaire des bons princes. L'espionnage serait peut-être tolérable s'il pouvait être exercé par d'honnêtes gens; mais l'infamie nécessaire de la personne peut faire juger de l'infamie de la chose. »

MONTESQUIEU, liv. XII. , Ch. XXIII.

« N'ajoutez aucune foi aux espions. Il y a plus d'inconvénients que d'avantages à en avoir. »

Napoléon. Instructions laissées par l'Empereur des Français et roi d'Italie au prince Eugène, vice roi. Juin 1805. « La police va découvrir une grande conspiration qui aura, dit-on, de grandes ramifications dans la province et dans l'année. On nomme déjà les gens qui en seront certainement, mais le travail n'est pas fait. »

PAUL-LOUIS COI'HIER.

La politique cesse d'errer an gré des événements comme un vaisseau au gré des vagues, sans gouvernail et sans ancre; elle n'ignore plus de quel côté est l'écueil et de quel côté est le port ; ce qu'il faut garder ou jeter de lest en certains endroits dangereux; tout ce qu'il importe de savoir, elle le sait par l'inscription universelle, qui est à l'inscription maritime, cette grande pensée de Colbert, ce que serait à nn gland semé en li 65, le chêne que deux siècles auraient vu croître.

LIVRE QUATRIÈME.

Comme dans tout Etat libre, tout homme qui est censé avoir une àme libre devrait se gouverner lui-même, il faudrait que le peuple en corps eût la puissance législative; mais comme cela est impossible dans un grand Etat, et sujet à beaucoup d'événements dans les petits, il faut que le peuple fasse par ses représentants ce qu'il ne peut faire par lui-même.

Le grand avantage des représentants, c'est qu'ils sont capables de discuter les affaires. Le peuple n'y est point du tout propre; ce qui forme un des grands inconvénients de la démocratie.

Le peuple a toujours trop d'action ou trop peu. Quelquefois, avec cent mille bras il renverse tout; quelquefois, avec cent mille pieds. Il ne va que comme les insectes.

La volonté du souverain est le souverain lui-même. Les lois qui établissent le droit de suffrage sont donc fondamentales.

MONTESQUIEU.

Comme aucun membre d'une compagnie ne répond des délibérations du corps, les avis les moins raisonnables passent quelquefois «ras contradictions, c'est pourquoi Sully dit, dans ses mémoires, que si la sagesse descendait sur la terre, elle aimerait mieux se loger dans une seule tète (pie dans celles d'une compagnie.

VOLTAIRE.

Si nous connaissions les meilleurs d'entre nous, l'ère des révolutions serait à jamais fermée; malheureusement, nous n'avons aucune méthode certaine pour les découvrir.

THOMAS CARLYLE.

Unité sans multitude est tyrannie; multitude sans unité est confusion.

PASCAL.

Aux meilleurs l'empire du monde i

vico.

Une loi commune et une représentation commune, voilà ce qui fait une nation.

Avant de savoir qui agira au nom du peuple, qu'on sache d'abord ce qu'il fera lui-même et que nul autre ne fera pour lui.

Dacsou, 26 avril 1793.

Une société nouvelle est instituée sur la base de légalité. La liberté française, toutes nos libertés, même la liberté de conscience, c'est l'égalité; là où il n'y a point de distinctions hiérarchiques, dans la rigueur du mot, tous sont éligibles, tous sont électeurs.

ROYER-COLLARD.

LE VOTE UNIVERSEL

i.

LE «AIRE D'ÉTAT.

Le droit de suffrage étant au droit d'aînesse ce que

l'Élection est à l'Hérédité, ce que la République est à

la Monarchie, ce que l'Avenir est au Passé, ce que le

. Pôle arctique est au Pôle antarctique, chercher et

trouver:

Le mode de vote universel qui soit la méthode la plus certaine pour désigner les meilleurs et les plus capables;

La forme d'administration des États qui, conciliant les traditions du passé avec les nécessités de l'avenir, la puissance d'initiative avec l'efficacité du contrôle, l'unité avec la responsabilité, la grandeur nationale avec l'économie publique, la puissance individuelle, avec la puissance indivisible, conséqueinment indivise *, soit l'Ordre par la Liberté.

* Pour se rendre exactement compte de ce qu'il faut entendre par ces mots : Puissance individuelle et puissance indivisible, lire Lu Uhoit, pur Emile de Girardin, p. 89.

« PrécédentContinuer »