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fiées. Viennent ensuite celles des années 181!) et 183), présentant une histoire complète de la philosophie morale en France, en Ecosseet en Wlemagne. C'étaient là les parties de renseignement de M. Cousin que M. Rover-Collanl estimail le plus. L'austère vieillard les préférait à ces cours si brillants de la Sorbonne en 1S2S fi l&ffl. parce qu'elles étaient, selon Un, ]ilus solides, et empreintes de ce haut caractère moral et religieux qu'il considérait avec raison comme devant être celui de la philosophie du dix-neuvieme siècle. Dans ce cours, en rll'et, M. Cousin est par-dessus tout un moraliste. Vnalvse et dialectique, psychologie (t métaphysique, hi>toire et théorie, tout est dirige vers ce but suprême, ennoblir et élever l'âme de l'homme par tons les moyens que la raison avoue.

Un de ces volumes, le deuxième de la présente collection, montre le sage mais beaucoup trop sceptique Locke frayant la routp au systématique (ondillae, après lequel vient naturellementHelvetius. qui, à son tour, amène Saint-Lambert, l'auteur de ce fameux ( utfehismn où l'on apprenait aux hommes l'art d'èire heureux en se passant de Dieu et de la vertu. Celle histoire de la métaphysique et de la morale de l'école sspnsualiste est terminée par l'esamon de la politique qui en découle, a savoir la démagogie et son triste mais inévitable remède, la tyrannie, telle que Hohbes la propose et la défend. On aimera peut-être a suivre le digne héritier des doctrines de M. Rover-Collanl dans sa lutte avec Hobbes sur tous les probli mes sociaux et politiques qui s'agitent encore aujourd'hui.

Le troisième volume est consacré a l'exposition d'une philosophie contraire fondée sur le sens commun et favorable a tout ce qui est honnête, la philosophie écossaise. <!n en verra ici l'origine et les développements, sa psychologie, sa métaphysique, son esthétique, sa morale si noble et si pure, on peut recommander cette lucide et forte analyse de la philosophie de Heid a tous ceux qui aiment la sobriété et la mesure dans la pensée, l'élégance du gout et la dignité du caractère. Il n'y a pas de cours de philosophie, dans une école publique ou privée, laïque ou ecclésiastique, auquel nu tel livre ne puisse servir de texte.

Le dernier volume est un examen approfondi de la philosophie allemande considérée dans son plus célèbre représentant, Kant. et dans l'ouvrage fondamental de ce philosophe, la Critique (te lu ra<sonpure. M. Cousin, tout en rendant justice au génie de Kanl, met à nu le vice jusqu'ici trop peu aperçu de sa théorie, et ce vice une fois découvert laisse entrevoir toutes les conséquences déplorables que les derniers successeurs de Kant n'ont que trop fait paraître. En lisant ce volume, on reconnaît aisément que si M. Cousin a étudié l'Allemagne, il est loin d'en être ('■pris, et qu'il est reste Français, inébranlahlement attaché à la méthode et aux principes de cette belle philosophie cartésienne, qui a été celle de Bossuet, de Fénelon, de Malebranche, d'Arnauld et de tout le dix-septième siècle, cette incomparable époque de la grandeur de l'esprit français.

L'ouvrage entier formera quatre beaux volumes iii-H". imprimés avec soin, sur papier de luxe.

Chaque volume se vend séparément.

PRIX : 3 mw«.

Le premier volume esl en vente.

GENEVIÈVE.

HISTOIRE

SERVANTE,

PAR A. DE LAMARTINE.

In volume in-4« de 3Ï0 pages de la BIBLIOTHÈQUE MllU'.I.U.
Prix : l franc.

L'esprit qui a dicli; Geneviève se résume dans ces lignes éloquentes que nous extrayons de la préface même de M. de Lamartine:

* De tout ce qui compose une bibliothèque complète pour un

- homme du monde ou pour une académie, a peine pourrait-on

- extraire cinq ou six volumes français, a l'usage et à l'intelligence ► des familles illettrées, à la ville et à la campagne, et cet extrait » même n'est pas l'ait avec le sens et dans les mœurs de cette partie » négligée de la population. On lui apprend à lire cependant, mais • sans lui donner après la possibilité de lire autre chose, si ce n'est » les livres faits pour d'autres lecteurs, ou les feuilles rougies de » vices et de cynisme qu'on lui jette en pâture, comme on donne» rait à un enfant des armes pour se blesser ! »

M. de Lamartine n'est pas un de ces moralistes vulgaires qui se contentent de signaler le mal : il a cherche le remède.

I.e remède, comme toujours, était a côté du mal même.

La littérature des rirhes empoisonnait le peuple; la littérature populaire devait le guérir.

En recueillant sous le litre de Lectures pour tous ce qu'il a trouvé de plus pur, de plus simple, de plus grand et de plus vrai dans les soixante volumes de ses œuvres, M. de Lamartine n'a pas l'ait seulement un appel chaleureux, il a donné un lion exemple.

En mettant toutes les magies de son style, toute la richesse d'un esprit sans égal, au service d'une cauvre humble comme ce récit de Generièce. 51. de Lamartine a fait plus que de donner l'exemple, il a fait une bonne action.

Comment ne pas être touché, attendri même, en voyant ce grand esprit, ce grand poêle, ce puissant historien, condescendre au rerit familier delà vie obscure et courageuse d'une simple servante du D&uchine?

Genei Hre a le charme doux et pénétrant, l'onction, dirai-je presque, qui ont Tait de l'uul el V njiioe un livre unique. 11 a en plus, pour le peuple, le mérite de ne p_i» -oïlir de cette sphère restreinte où il s'agite. Travail iro i-^anl. luttes de chaque jour, heroismes ignores, épreuves de tout p-nre. rares Micit.-s, telle est la vie du peuple honnête : — tel e-l ce livre. Il e>t humain avant tout: il Tait vibrer toutes les cordes de cette lutte du travail contre la faim, de l'honneur contre le vice. Le travailleur se sentira grandir a ses propres veux à mesure qu'il lira ce cheM'œuvre. et il en tirera encore plus de douces consolations que de sujets d'orgueil légitime.

Mais, quelle que soit la bonne volonté, il n'est pas de bonne œuvre sans concours efficace. Que tous les hommes de œur, que toutes les âmes élevées viennent en aide au grand poète.

H, VACT QCE. DANS TOLTE FAMILLE OC LA TR\DITION VIT ENCORE, GENEVIÈVE PASSE DES MAINS DU MAITRE DANS CELLES DES SERVITEURS.

C'est avec des livres comme celui-là que se resserreront les liens de la vie domestique, relâches autant par légoïsme des uns que par la basse avidité des autres.

Et qui n'a pas intérêt à le faire?

M. de Lamartine promrt d'autres récits populaires, et nous espérons que le succès (emouragera dans cette voie uouvelle dans ce travail repirateur qui horore la vieillesse sereine et infatigable d'uLe d^-s plus belle* vies de ce temps i

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