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nir à l'entretien de ces 6 millions de misérables, on dépense d'abord ll5,441,202 fr. 50 c. dans 9242 établissements de bienfaisance, y compris 7599 bureaux de cla rité ;viennent ensuite les dons de la charité privée, qui peuvent être évalués à * rès à la même s0mme : ( qui porterait à un peu plus de 200 millions ou à 35fpr tête l'entretien de nos 6 millions de pauvres. » MARBEAU, du Paupérisme en France et des ll0yes d'y remédier. Compte-rendu par M. G. de M. Journ. des Econom., t. XIX, p.306

SEC0URS AcC0RDÉS A CHAQUE INDIGENT DE LA VILLE DE PARIS

« La moyenne des secours a donc été (en l847 de 23f. ar indigent, mais sur cette somme il faut prélever les rais généraux, qui ne s'élévent pas à moins de 5 fall(s, en sorte qu'il ne reste pas plus de l8 francs à chaque indigent, soit 5 centimes par jour. » An. DE VVATTEVILLE, Annuaire de l'Economie p0lil, d de la statist. pour 1849, p. 274,

«. Pour que les secours des bureaux de bienfaisalte soient complètement efficaces, il faudrait qu'ils fussent : aux besoins, et que les bureaux de bielaisance eux-mêmes fussent en moins grand nombre. El effet, quel bien peut opérer un établissement de bienfui sance qui possède pour toute ressource 8, l2, l8 ou 2 ff. de revenus ? Aucun, assurément. Cependant un grand nombre de bureaux de bienfaisance sont dans cette situt tion fiinanciere. » Le secours, pour être utile, doit être assez considéra ble pour relever du malheur un père de famille et le mettre à même de subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants. Ce n'est pas alors 3, 4 ou 5 francs qu'il s'agitd lui donner, mais des outils, des matiéres premières qui lui permettent de reprendre le travail.» An. DE vvATTEVILLE, Statistique des établissemenls de bienfaisance.

SEC0URS A DOMICILE.

«Ce qui convient surtout aux habitants de campagllts (e : faut leur donner comme institution générale c'est le bureau de bienfaisance, la distribution des setllrs à domicile. Cette institution est celle qui est le plus en harmonie avec leurs mœurs, leurs habitudes, leur point d'honneur, leur esprit de famille, leur désir de vivre et de mourir au milieu de leurs enfants.

» Des 2,484 chefs-lieux de canton qui ne sont ni des pré fectures ni des sous-préfectures, il n'y en a qu'un fies environ qui aient un hôpital ou hospiée,

«Quant aux bureaux de bienfaisance ou de secours à domicile, dont le nombre, pour toute la France, s'élève à environ sept mille, tous les chefs-lieux de département et d'arrondissement et presque tous les chefs-lieux de canton en possèdent en vertu de la loi du 1 frimaire an V [2Ï novembre Vi96). »

if Lélut, De la Santé du Peuple.

FONDATIONS CHARITABLES EN ANGLETERRE

On évalue à quatre cent quarante-deux mille acres de terre, représentant un capital de 1 milliard 250 millions, le montant total des biens affectés, en Angleterre, aux fondations de charité. Ces biens produisent un revenu de 30 millions environ, et proviennent de vingt-huit mille huit cent quarante donations rép rties sur toute la surface du pays.

On s'est "habitué, en Angleterre, à considérer ces biens comme des propriétés privées, et les administrateurs comme des propriétaires à qui l'on n'aurait pas le droit de demander compte de leur gestion ; l'on jugera de l'excès où cette réserve a été portée, lorsqu'on saura qu'un grand nombre de ces fondations pieuses, qui remontent au moyen-âge, ne peuvent pas avoir maintenant l'emploi prévu par le donataire. Ainsi, des fonds ont été légués pour sonner le couvre-feu; pour éclairer, avec des lanternes, des rues illuminées depuis longtemps par le gaz; pour le tir à l'oie, pour des combats de taureaux; pour chasser les chiens qui s'introduisent dans les églises et pour pincer ceux qui s'y endorment; pour fonder et entretenir des léproseries. Or, comme on ne sonne plus le couvre-feu ; comme les combats de taureaux et le tir ii l'oie sont inhumains; comme il est interdit de pincer les gens, même sous prétexte de les^ éveiller, et comme la lèpre a disparu d'Angleterre en même temps que les forêts de chênes féconds en glands dont les Saxons nourrissaient jadis d'immenses troupeaux de pourceaux, il est évident que les revenus légués pour la guérison de la lèpre et le reste, reçoivent d'autres destinations. Lesquelles ? c'est ce qu'enfin le gouvernement anglais a voulu savoir en 1854.

ADMINISTRATIONS HOSPITALIERES EN BELGIQUE.

« L'administration publique des hospices et des bureaux de bienfaisance, dans la plupart des localités, coûte de •20 à 25 0/0 des revenus! Or, avec ces 20, ces 25 0/0, on couvrirait bien des abus qu'on redoute dans les administrations particulières, et en l'absence d'abus, on pourrait venir en aide à plus d'infortunes, à plus de misères. 11 y a d'ailleurs un luxe qui est inhérent aux administrations publiques. La vanité, l'ambition, l'orgueil des administrateurs, s'en mêlent : je suis administrateur et je parle en praticien. On veut faire parler de soi, on veut laisser un nom, et l'on fait beaucoup de sottises pour arriver à ce but.

» Je vais établir en peu de mots la différence qu'il y a entre l'action de la charité et celle de l'a.' sist.mce pu1 lique.

» Bruxelles possède, deux institutions :rnospicedeSa'nleGertrude etl'hosp'ce des Ursulines, qui sont administrés, entretenus par la charité, et qui comptent chacun deux cents pensionnaires, aussi bien hébergés, aussi bien nourris que ceux de l'hospice public de l'Infirmerie et qui sont l'objet de plus de soins pieux.

« Dans h s deux hospices privés, la journée d'entretien ne dépasse pas 45 centimes ; elle s'élève à 1 franc clans l'hospice public. Cette différence tient, je le répète, à la nature de l'administration publique. On loge 200 pauvres à Sainte-Ge trude pour un loyer de 6,000 fr. par an; il en coûte 10,000 pour le logement de 100 vieillards à l'hospice de l'Infirmerie, dont la construction a exigé prés de 1,580,0"0 francs. Aussi, je me souviens, il y a plus de vingtcinq ans, quand on me tit voir cet établissenu nt, que la personne qui me servait d'introducteur, après m'avolr fait parcourir les belles caves, les immenses galeries, les grands dortoirs et les greniers gigantesques, attira mon attention sur les trousseaux et particulièrement sur les six chemises dont chaque vieillard était pourvu. Je ne pusm'empêcher de répondre que le soldat n'était pas malheureux et se contentait de trois chemises

» Voici un autre fait:

» Il y a peu de mois, j'étais le cicermic d'un des hommes politiques les plus distingués de notre époque, qui est aujourd'hui premier ministre dans son pays, et je le conduisis à l'hôpital Saint-Jean. Je dois Je dire, cet établissement est admirablement tenu; il n'y manque absolument rien dans aucune partie du s- rvice. Nous y passâmes trois heures. Mon compagnon s'était fait renseigner sur tous les détails, et il sortait enchanté de l'ordre, de la propreté, des soins, de l'harmonie des divers services, quand malheureusement il aperçut sous le vestibule du monument deux grandes pierres," dont l'une porte en lettres d'or que la construction de l'hôpital a coûté 2 millions 578,00;) fr. Il me dit aussitôt : « J'ai beaucoup à rabattre de mon » admiration. »

» Messieurs, je vous le répète, cet hôpital a coûté prés de 2 millions 600,000 francs, non compris le terrain, et il est habité communément par trois cents pauvres! En serait-il de même dans une administration particulière? Non, encore une fois, cela tient à la nature de l'administration publique. » Les médecins, permettez-moi de vous le dire, qui ga

fnent de 15,0 0 à-20,000 i'r. par an, qui logent dans des ôtels, ne >e donnent pas les commodités hygéniques qu'ils exigent dans un hospice consacré aux pauvres. Les architectes veulent mettre le sceau à leur réputation par la construction d'un monument public : ils n'économisent rien, parce que c'est la bourse de tous qui fait les frais. Les administrateurs sont heureux de faire plus beau, plus grand que leurs devanciers. En un mot, tout conspire contre les régies que suit l'économie privée. »

De Brouckère, maire de Bruxelles.

LIVRE NEUVIÈME.

LA PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE.

Allemagne.— « Dans beaucoup d'Etats allemands;, la constitution territoriale créée par la féodalité existe encore; mais là même où elle est supprimée, la féodalité a laissé des traces nombreuses. » (vict. Chiiffolu, Fer. de Irgislat. et de jurispr., ann. 1845, t. I, p. 95.)

A>"GLETEimE. Division des terres. — « Les Anglais s'abusent étrangement dans la supposition qu'ils font que les terres vont en se subdivisant sans cesse, sans qu'aucune cause d'agglomération vienne contre-balancer l'action du morcellement. Je possède les anciens terriers des deux communes de Bignon et Chevry, qui contiennent l'exacte et rigoureuse énumération de toutes les parcelles de terrain que comprennent ces deux communes, avec les noms des proçriétam s, la superficie de chaque morceau, et le cens féoaal dû par chacun au seigneur de la paroisse. L'un de ces relevés date de 1762, et l'autre de 1775. En comparant ces terriers avec les atlas cadastraux des deux communes, que le gouvernement a fait faire récemment, je trouve que la propriété y était infiniment plus divisée en 1762 et 75 qu'elle ne l'est en 1844. La raison de ce fait est palpable. Avant la Révolution, sous le régime féodal, les petits propriétaires étaient dans l'indigence, non-seulement a cause de la misérable culture et des misérables produits de leurs champs, sous un vicieux système de fermages, mais encore parce qu'il n'y avait ni commerce ni professions mécaniques, ni grandes routi s pour transporter les produits. L'éducation manquait, le peuple était courbé sous le joug des nobles, les lois ne le protégeaient pas contre leur oppression. Mais à présent que les c;ipi

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