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Qui et comment?
Qui le consultera'?

— Un dictateur que rien ne contiendra ou un comité que tout divisera.

Comment le consultera-t-on?

— En mettant aux voix ce que la majorité n'aura aucun droit d'imposer à la minorité.

Si l'on veut fermement, sincèrement qu'une quatrième révolution éclatant en France, n'y soit pas un quatrième avortement, il faut, ne dût-elle s'accomplir que dans vingt années, s'appliquer dès aujourd'hui, et sans perdre une seconde, à rechercher: premièrement, les véritables titres de la puissance individuelle et de la puissance communale afin de ne plus les confondre avec ceux de la puissance nationale; deuxièmement, les moyens de séparer la Force de la Justice, afin de les rendre indépendantes l'une de l'autre; troisièmement, les termes de la convention libre qui devra se substituer à toute constitution imposée.

La preuve que 2 multipliés par 2 égalent 4, c'est que cela n'est contesté par personne et que cela est accepté par tout le monde; la preuve qu'une convention sera relativement bonne, c'est qu'elle aura été acceptée par le nombre le plus grand et qu'elle n'aura été contestée que par le nombre le plus petit; la preuve qu'elle sera absolument bonne, c'est que l'intérêt de tout le monde aura été de l'accepter et que nul n'y aura été contraint.

Le régime constitutionnel, c'est le régime de la majorité substitué au despotisme de la royauté ; le régime conventionnel, c'est le régime de la liberté substitué au despotisme de la majorité.

Le droit conventionnel est donc un progrès sur le droit constitutionnel.

C'est l'autonomie universelle.

RESUME.

i.

L'autonomie universelle, c'est la liberté limitée par la réciprocité.

II.

La propriété universelle, c'est le droit de conquête par le travail; c'est le travail glorifié; c'est l'oisiveté déchue; c'est la propriété légitimée par son origine et par ses œuvres.

III.

Le décime universel, c'est l'épargne individuelle élevée à sa plus haute puissance par l'épargne collective; c'est la misère entretenue par la charité impuissante, abolie par le salaire suffisant; c'est l'abîme entre la pauvreté et le luxe comblé et nivelé par le bien-être.

IV.

Le douaire universel, c'est l'égalité des enfants devant la mère; c'est la fin du vieux monde et la naissance du monde nouveau; c'est l'homme ne valant plus par ses ancêtres, mais valant exclusivement par ses œuvres; c'est la titillation héréditaire faisant place à l'illustration personnelle, le privilège de la naissance à l'universalité de l'élection, l'aristocratie à la démocratie, et la république universelle à la monarchie séculaire.

L'instruction universelle, c'est le règne exclusif de la supériorité individuelle et de l'obéissance volontaire; c'est l'autorité personnelle détrônant l'autorité traditionnelle; c'est la loi vivante succédant à la loi écrite; c'est la civilisation devenant partout l'unique constitution; c'est la force immatérielle dominant la force matérielle; C'est le pouvoir n'étant plus, de nom et de fait, que le savoir.

VI.

La justice universelle, c'est la Justice arrachée à l'esclavage de la Politique et reprenant au-dessus de celle-ci le rang qui lui appartient; c'est la condamnation de la Force sous tous ses noms : guerres et conquêtes; révolutions et dictatures; superstitions et nécessités; crimes et délits arbitraires; c'est la justice mutuelle vouant au blâme, au mépris, à l'exécration de chaque pays et de chaque siècle tout acte qui a blessé la conscience publique.

Vil.

Le suffrage universel, c'est le Monde politique ayant trouvé son axe et l'ordre social ayant trouvé sa loi; c'est le droit présumé de la capacité succédant au prétendu droit de l'hérédité; c'est, partout où il y a un intérêt collectif, l'intérêt du plus grand nombre administré par l'Élu du nombre le plus grand.

VIII. L'inscription universelle, c'est le contrôle réciproque des hommes par les choses et des choses par les hommes; c'est l'ordre moral établi par l'ordre matériel; c'est l'ordre durable fondé sur la publicité au lieu do l'ordre précaire maintenu par la compression.

IX.

La pacification universelle, c'est le risque de guerre anéanti par l'assurance mutuelle internationale et disparaissant de lui-même comme disparait un effet qui n'a plus de cause; c'est la rivalité des produits succédant à la rivalité des territoires, l'art- de produire remplaçant l'art de détruire; c'est le progrès apportant partout la liberté et la liberté accélérant partout le progrès; c'est le prix de revient réduit de tout ce que coûte le dispendieux entretien des armées permanentes; c'est conséquemment pour moins do travail plus de bien-être.

X.

L'assurance universelle, c'est l'association avec tous ses avantages sans les inconvénients de la communauté; c'est l'application successive de tons les progrès àl'anéantissement graduel de tous les risques v c'est le caprice destitué par le calcul; c'est l'arbitraire remplacé par l'absolu; c'est le mal traduit mathématiquement en risques dans l'ordre social comme dans l'ordre physique, le mal scruté et combattu non dans ses effets, mais dans ses causes; c'est, enfin, la répression, qui n'a jamais su inventer que des peines se réfugiant dans le passé et livrant l'avenir à la prévoyance, qui, de l'étude des probabilités, a réussi à faire une science exacte, science qui ouvre l'ère de la politique universelle, science dont les trois termes seront:

LIBERTÉ. PUBLICITÉ, UMTÉ.

La liberté mutuelle est la loi commune.

L'État, être abstrait et collectif, n'a le droit de régir et de régler que ce qui est nécessairement indivisible, conséquemmeut indivis, essentiellement collectif, exclusivement public.

Nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision.

Tout ce qui est individuel est libre.

Donc:

La parole est libre.

L'imprimerie est libre.

L'enseignement est libre.

L'association est libre.

Les cultes sont libres.

Les conventions sont libres.

Les conventions sont la loi des parties.

Les codes indiquent à l'inexpérience des hommes les formules consacrées par l'expérience des siècles. Ils indiquent et ne prescrivent pas.

Le crime ou le délit commis a pour peine le crime ou le délit constaté.

Le dommage causé a pour peine le dommage réparé.

Les enfants sont égaux devant la mère.

La mère est responsable du sort de ses enfants.

La maternité oifrant seule la certitude nécessaire au droit de succéder, l'État ne garantit le droit de succéder qu'aux descendants et ascendants de la ligne maternelle.

La probabilité du risque règle le-taux de la prime.

La prime volontaire abolit l'impôt forcé.

Le payement et l'encaissement de la prime d'assurance générale sont le contrat librement et réciproquement conclu entre l'Individu souverain et l'État souverain.

Tout fonctionnaire dont un fonctionnaire supérieur n'est pas responsable est élu.

Tout fonctionnaire élu n'est responsable de ses actes que devant la justice élective et le suffrage universel.

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