Images de page
PDF
ePub

voudra être grand entre vous, qu'il soit voire Serviteur ! El quiconque voudra être le premier entre vous qu'il soit votre Serviteur!

» Mais vous, ne veuillez pas être appelés maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître et vous êtes tous frères, et n'appelez sur la terre personne votre père, car vous n'avez qu'un père, qui est dans les Cieux. Celui qui est Je plus grand d'entre vous fera votre serviteur, — car quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.

» Nul ne peut servir deux maîtres, car il aimera l'un et haïra l'autre, ou il sera docile a l'un et méprisera l'autre.

» Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.

» C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas de votre vie, comment vous mangerez ; ni de votre corps, comment vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

» Cherchez premièrement le royaune de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en surcroit.

» N'ayez donc point souci du lendemain, demain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

» Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

» N'ayez en possession ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton, car à l'ouvrier est due la nourriture.

» Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée.

» Celui-ci est le premier et le plus grand commandement. Et le second semblable à celui-là est : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. »

La foi, par la bouche de l'apôtre saint Paul, s'exprime ainsi:

« Vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en JésusChrist; vous avez été baptisés tous dans le Christ ; vous avez tous revêtu le Christ. Il n'y a plus maintenant ni de juif ni de gentil, ni d'esclave, ni de libre, ni d'homme ni de femme :vous n'êtes tous qu'un en Jésus-Christ.

» Vous n'êtes tous qu'un corps et qu'un esprit, comme vous êtes tous appelés à une même espérance. Travaillez avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix.

» Que chacun recherche, non son propre avantage, mais celui de son prochain.

» Unissez-vous les uns aux autres pour vous soutenir mutuellement comme le Christ vous a unis avec lui pour la_ gloire de Dieu.

» Maîtres et serviteurs, vous avez les uns et les autres un maître commun dans le Ciel qui n'a point d'égard à la condition des personnes.

» Tenez-vous tous unis ensemble, n'ayant tous qu'un même amour, une même âme et les mêmes sentiments. Ne faites rien par un esprit de contention ou de vaine gloire; que chacun, par humilité, croie les autres audessus de soi; que chacun ait égard, non à ses propres intérêts, mais à ceux des autres. — Vous, pourquoi condamnez-vous votre frère, et vous, pourquoi méprisezvous le vôtre? Car nous paraîtrons tous devant le tribunal du Christ.

» Nous sommes les enfants, non de l'esclave, mais de la femme libre.

» Vous avez été rachetés à un haut prix, ne vous rendez plus esclaves des hommes. Vous n'avez point reçu l'esprit de servitude; vous avez reçu l'esprit de l'adoption divine, cet esprit qui nous rend témoignage que nous sommes enfants de Dieu et cohéritiers du Christ.

» Réglez vos paroles et vos actions comme devant être jugés par la loi de la liberté.

» Tenez-vous donc fermes dans la liberté à l'égard de laquelle le Christ vous a affranchis et ne vous soumettez plus au joug de la servitude.

» Car nous n'avons pas à combattre contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les seigneurs du monde, gouverneurs des ténèbres de ce siècle. »

La foi, par la bouche de l'apôtre saint Jacques, fait entendre ces paroles:

a Mes frères, vous qui avez la foi en la gloire de NotreSeigneur Jésus-Christ, ne faites point acception de personnes. S'il entre dans une de vos assemblées un homme ayant un anneau d'or et un habit magnifique et qu'il y entre aussi un pauvre mal vêtu, et qu'arrêtant vos refrards sur le riche, vous lui disiez, en lui offrant un siège: « Asseyez-vous ici, » et que vous disiez au pauvre : « Te» nez-vous là debout ou asseyez-vous à mes pieds, » n'est-ce pas là faire, en vous-mêmes, une différence entre l'un et l'autre, et vous abandonner à d'iniques pensées dans le jugement que vous faites? Si vous avez égard à la condition des personnes, vous commettez un péché et vous serez condamnés par la loi comme en étant les transgresseurs.

» Si un de vos frères ou une de vos sœurs n'a pas de quoi se vêtir et manque de ce qui lui est nécessaire chaque jour pour vivre, et que quelqu'un d'entre vous lui dise : « Allez en paix, je vous souhaite de quoi vous ga» rantir du froid et de quoi manger, » sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi serviront vos paroles? C'est par les œuvres que l'homme esl justifié et non pas seulement par la foi. »

La foi, par la bouche de l'apôtre saint Jean, prescrit ce qui suit:

« C'est de Dieu même que nous avons reçu le commandement : Celui qui aime Dieu doit aussi aimer son frère. Tout homme qui n'aime point son frère n'est point de Dieu.

» Si quelqu'un a des biens dans ce monde et que voyant son frère réduit à la nécessité, il lui ferme son cœur et ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui?

» Jugez suivant l'équité. »

La foi, par la bouche de l'évangéliste saint Luc, donne ces commandements:

« A vous qui m'entendez, je vous dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.

» Bénissez ceux qui vous maudissent.

» Et à celui qui te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre; et si quelqu'un t'ôte ton manteau, ne l'empêche point de prendre aussi ta tunique.

» Et à tout homme qui te demande, donne-lui ; et à celui qui t'ôte ce qui t'appartient, ne le demande point.

» Et comme vous voulez que les autres vous fassent, faites-leur aussi de même.

» Mais si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Car les gens de mauvaise vie font aussi de même.

» Et si vous ne faites du bien qu'à ceux qui vous auront fait du bien, quel gré vous en saura-t-on? car les gens de mauvaise vie font aussi de même.

» C'est pourquoi aimez vos ennemis et faites du bien, et prêtez sans en rien espérer, et votre récompense sera grande et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bienfaisant envers les ingrats et les méchants.

» Et ne jugez point et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez point et vous ne serez pas condamnés. »

Que fait la loi?

S'applique-t-elle à faire entrer dans les mœurs et dans les esprits ces idées de liberté, d'égalité, de fraternité?

Oblige-t-elle celui qui veut être le plus grand à n'être que le serviteur de tous?

Avant et par-dessus tout, de quoi se préoccupe-t-elle?

Est-ce de la charité? — Non, c'est de la propriété.

Dans ses prescriptions et dans ses préoccupations faitelle passer le pauvre avant le riche? Nou ; elle fait passer le riche avant le pauvre; elle protège l'héritage et poursuit le vagabondage; elle punit la mendicité et ne punit pas l'oisiveté ; elle écrase indirectement le travail sous l'impôt, afin d'en rendre directement au patrimoine le poids plus léger.

Elle punit d'un emprisonnement de deux à cinq ans les chefs ou moteurs de coalitions d'ouvriers, et seulement d'un emprisonnement de six jours à un mois, plus une amende de 200 fr. à 3,000 fr., les coalitions formées entre les chefs d'industrie.

Partout où une révolution ne l'a pas détruit, elle maintient abusivement l'esclavage de l'homme, et je ne sache pas de codes où elle n'ait expressément écrit l'inégalité de la femme *.

Inégalité et légalité sont deux mots synonymes dans les dictionnaires de tous les peuples qui ont des dictionnaires.

Ce que la loi prescrit est le plus souvent le contraire de ce que la foi commande.

Montesquieu établit entre les lois humaines et la religion la distinction suivante:

« Les lois humaines, faites pour parler à l'esprit, doivent donner des préceptes et point de conseils :la religion, faite pour parler au cœur, doit donner beaucoup de conseils et peu de préceptes. »

* Code Civil Français:

213. Le mari doit protection à sa femme, la femme obéis

sance à son mari.

214. La femme est obligée d'habiter avec le mari et de le

suivre partout où il juge à propos de résider.

215. La femme ne peut ester en jugement sans l'autori

sation du mari.

217. La femme non commune ou séparée de biens ne peut donner, aliéner, hypothéquer, acquérir à titre gratuit ou onéreux, sans le concours du mari dans l'acte ou le consentement prescrit.

224. Dans le cas de divorce, admis en justice pour cause d'adultère, l'époux coupable ne pourra jamais se marier avec sa complice. La femme adultère sera condamnée par le même jugement, et sur la réquisition du ministère public, à la réclusion dans une maison de correction.

Code Pénal:

324. Dans le cas d'adultère de la femme, le meurtre commis par l'époux sur son épouse, ainsi que sur le complice, à l'instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, est excusable.

337. La femme convaincue d'adultère subira la peine de l'emprisonnement pendant trois mois au moins et deux ans au plus.

339. Le mari qui aura entretenu une concubine dans la maison conjugale et qui a été convaincu sur la plainte de la femme, sera puni d'une amende de cent francs à dix mille francs.

« PrécédentContinuer »