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de compensation ou de revenu autre que son travail actuel ne peut se faire associé, parce qu'il mourrait de faim en attendant la réalisation du produit *;

Que le taux des salaires n'est pas réglé par les subsistances; que dans les temps de disette on voit une concurrence de misère, réduite à s'offrir avec anxiété pour le plus vil salaire, et que cependant la classe qui vit de salaires forme les trois quarts de la population; que s'il existait une propriété qu'on dût respecter plus encore que les autres, ce serait celle des hommes qui ne possèdent que leurs bras et leur industrie ; que gêner leur travail, c'est leur ôter les moyens de vivre; qu'un tel vol est un assassinat '*;

Que la détresse des peuples se reconnaît toujours à l'inégalité des charges, à la distribution vicieuse des profits du travail et à la prédominance de quelques castes ingénieuses à placer les abus sous la protection des lois ***;

Que le travail porte toute la charge de la guerre industrielle ; qu'il perd nécessairement de toutes manières et qu'il perd seul; que les ouvriers demandent du travail et du pain; du travail, qui est clique jour plus difficile; du pain, qui est chaque jour plus cher"**";

Que le prix naturel du travail est celui qui fournit aux • ouvriers, en général, les moyens de subsister et de perpétuer leur espèce sans accroissement ni diminution"*"*;

Que si les salaires avaient un taux fixe et nécessaire, ce taux ne pourrait être déterminé invariablement que par le prix des objets indispensables à la vie; qu'il est de toute évidence que les salaires ne se règlent pas sur les besoins réels des ouvriers, puisque le prix élevé des denrées alimentaires est sans action favorable sur eux; que la disette coïncide le plus souvent avec une réduction de salaire et même avec le chômage ; que la cherté des subsistances arrête ordinairement la demande d'un

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travail qui est plus offert, à moins que la spéculation ne veuille profiter de la cherté des vivres pour imposer aux ouvriers une réduction de salaire contre laquelle la faim ne leur permet pas de se défendre *;

Que ce qui engendre le déficit, ruine à la fois maîtres et salariés, c'est l'inégalité entre le produit livré et le salaire reçu ** i

Que l'homme parvenu à l'âge mur doit se suffire, nonseulement à lui-même, mais suffire aux besoins de sa femme, de ses enfants, de son père et de sa mère : aux besoins de sa femme, pour qu'elle le soigne à son tour dans les moments de chagrin et de maladie; à ceux de ses enfants, pour qu'ils lui rendent ces soins plus tard aux jours de sa vieillesse; à ceux de ses parents, enfin, pour acquitter la dette qu'il contracta envers eux au temps de son enfance ***;

Que le salaire d'un ouvrier doit comprendre, pour être suffisant : 1» Ce qu'il faut pour vivre dans le milieu où l'ouvrier se trouve et veut rester, sans monter ni descendre dans l'échelle sociale; 2° l'entretien et le renouvellement de ses outils; 3' l'amortissement du capital employé par ses parents, avec lequel il peut alimenter Sor enfant qui le remplacera un jour dans la société; en admettant par hypothèse que sa compagne se suffise à ellemême; 4° le déchet de sa vieillesse, c'est-à-dire de quoi parfaire à ses besoins au fur et à mesure que l'âgé engourdira ses membres, et de quoi les satisfaire en entier, le jour où il sera obligé de cesser le travail et de chercher un abri, soit dans un établissement de retraite, soit dans une famille, soit partout ailleurs que dans un hôpital ou un dépôt de mendicité ; toutes ces circonstances peuvent se présenter et doivent entrerdans ses calculs, s'il est luimême charitable et s'il ne veut pas se mettre à la charge de ses semblables; 5" un produit net de son travail, avec lequel il augmente sa famille ou son bien-être, avec lequel il soutiendra sa mère ou son vieux père, avec lequel il fera la charité à ses semblables, avec lequel il montera l'échelle sociale, etc.; qu'il doit y avoir tout cela dans sa recette pour qu'elle soit vraiment normale *;

'Baret.

* • Prondhon.

*** Thicrs.

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Que dès que chacun a sa part dans le gouvernement, rien ne peut s'appeler immixtion ni intrusion "*;

Que toutes les prescriptions de la science économique sont en parfait accord avec ce précepte de la foi évangélique : « L'ouvrier mérite sa nourriture ***; »

Attendu: ,

Que le salaire représente du travail au même titre que la monnaie, laquelle il est expressément interdit, sous les peines les plus sévères, de rogner ni de fausser;'

Que le travailleur qui a uniquement pour capital son temps, n'a pas moins de droit que le propriétaire et le fabricant à la protection de la loi;

Que l'homme a une valeur qui lui est propre et qui compte dans l'actif dont se compose la richesse nationale; que tout ce qui épuise les forces du travailleur sans les réparer, tout ce qui nuit à sa santé, tout ce qui abrège son existence, est une atteinte portée à sa valeur et à la richesse de la nation; que toute atteinte de cette nature a les mêmes effets que le meurtre et le vol;

Qu'il faut calculer que tout travailleur, s'il est marié, doit pourvoir à sa subsistance, à celle de sa femme et de trois enfants **"* et que s'il n'est pas marié , la somme disponible que lui coûterait la subsistance d'une femme et de trois enfants est nécessaire à la formation de l'épargne appelée Douaire universel;

Attendu que présentement sont réglés:

Le taux de la journée de travail servant de base à la contribution personnelle; Le taux des appointements des fonctionnaires publics; Le taux de l'intérêt de l'argent; Le taux des céréales;

* J. Garnier.
** DnponliWhite.
*** Saint Matthieu.

**** Enfants légitimés par mariage, 3, 41. Annuaire du bureau des fongnudcs, année 1852.

Le taux du pain;

Le taux des droits protecteurs de l'agriculture, de l'industrie et du commerce;

Le taux des courses de voitures publiques;

Le taux des transports de voyageurs et de marchandises sur les chemins de fer;

Le poids, la forme et la valeur des monnaies:

L'âge de majorité des citoyens;

L'époque avant laquelle on ne peut valablement contracter mariage;

Les degrés de parenté;

Le partage des successions;

La transmission de la propriété par voie d'acquisition ou de donation;

Les conditions des diverses formes de société : société anonyme, société en participation, en nom collectif et en commandite, etc., etc.;

En conséquence de ce qui précède, il est décrété ce qui suit:

ARTICLE PREMIER.

En aucun cas, pour aucun travail et dans aucune industrie, le taux légal du salaire ne pourra être au-dessous du prix nécessaire à l'achat de:

Pain 000 kilogr. à 00 c. 000

Viande 000 kilogr. à 00 c. ooo

Vin, bière ou cidre 000 litres à 00

Légumes, beurre, lait, œufs, épiceries oo

Logement 00

Chauffage 00

Eclairage oo

Habillement oo

Blanchissage 00

Dépenses diverses 00

Assurance générale (Impôt). 00

Pension de retraite (Vieillesse). 00

Caisse commune des Corporations.. (Chômage). oo

Caisse spéciale des salaires (Maladie). 00

Total ooo

Le total ci-dessus aura pour diviseur le nombre moyen des jours probables de travail, tel qu'il résulte du tableau

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des professions, dressé pour l'année 18.. et annexé au présent décret.

ARTICLE II.

A dater du trentième jour qui suivra la promulgation du présent décret, le travail des femmes* est interdit dans les ateliers, magasins, usines, fabriques et manufactures.

Est également interdit le travail des enfants âgés de moins de quinze ans **.

Toute contravention sera punie solidairement d'une amende de 00 fr. à 0,000.

Voilà ce que pourrait faire l'État ; je ne demande pas qu'il le fasse ; je préfère de beaucoup le régime de la liberté au régime de la réglementation; mais alors je demande qu'il laisse faire la Corporation.

Anéantir le salaire et le remplacer directement par la participation : tel est le but des associations. Mainte

'Angleterre. — « Le travail des femmes est interdit dans les mines. »

** Bavière.—« Aucunenfantnepeutquitterl'école avant d'avoir atteint l'âge de douze ans accomplis; il doit avoir subi un examen et obtenu un certificat de sortie pour être reçu en apprentissage. »

Autriche. — « Tous les enfants, garçons et filles, riches ou pauvres, dès qu'ils atteignent leur sixième année, jusqu'à l'âge de douze ans accomplis, doivent aller à l'école.

» La garde des troupeaux par les enfants, les isolant de la surveillance des parents, et tendant, en les privant d'instruction, à développer des habitudes sauvages et une précoce immoralité, on doit travailler, partout où faire se peut, à abolir cet usage... En tout cas, aucun nuire ne peut être reçu en service s'il ne produit un certificat de son curé, certificat constatant qu'il a reçu dans l'école l'instruction religieuse et qu'il a subi sur ce point un examen satisfaisant. »

Prusse. — « Tout individu qui ne peut pas ou ne veut pas procurer chez lui à ses enfants l'instruction nécessaire (den nœlhigen l'nlerrichl) est tenu de les envoyer à l'école dès leur cinquième année accomplie » (Art. 43).

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