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l’eau ; il en sort souvent pour jouer sur les rives des fleuves qu’il habite. On le prend lorsqu’il a embarrassé ses cornes dans un arbre qui croît sur les bords de l’Euphrate. Les cris douloureux qu’il pousse attirent les chasseurs qui le tuent. — Moralisation. Les deux cornes de cet animal sont le symbole des deux Testaments ; l’océan, c’est le plaisir ; le chasseur, c’est le diable.

XLVI.
Le Serpent.

Le Serpent a en lui un venin mortel. Quand il est vieux, il perd la vue ; alors il jeûne quarante jours, quitte sa vieille peau et redevient jeune comme aupara— vant. S’il veut boire, il dépose sur une pierre son venin et revient le reprendre quand il a bu. Quand le Serpent voit l’homme nu, il en a peur ; s’il le voit vêtu, il l’at— taque. —Moralisation. Dieu nous a dit : Soyez prudents comme le serpent; jeunes, matez votre corps, passez par la voie étroite, et vous entrerez au ciel.

XLVII.
La Fourmi.

Salomon envoie le paresseux s’instruire à l’école de la fourmi. A l’odeur elle distingue le froment et l’orge ; elle ne touche pas à l’orge, parce qu’elle est destinée à nourrir les animaux. Bel ordre d’une fourmilière. Pour empêcher le grain de blé de germer, les fourmis en retranchent une partie. Elles se multiplient vite et beaucoup. Dieu, irrité contre elles, leur donne des ailes; elles s’envolent et les oiseaux les détruisent. — Mora— lisation. Que l’homme fasse provision de la parole divine pour n’être point pris au dépourvu. Qu’il s’ins

truise auprès de ce petit animal. La parole de Dieu est plus douce que le miel.

XLVIII.
L’Aheille.

L’Aheille industrieuse fait avec les fleurs sur lesquelles elle se pose un mets délicieux qui plaît à tous. Elle travaille sans y être contrainte; elle travaille sans relâche, le jour et la nuit. Salomon la propose en exemple aux paresseux. — Moralisation. 0 homme, imite l’abeille, fais comme elle un miel délicieux

(‘) Jusqu’ù ces derniers temps, je croyais avoir été seul a connaître les Physiologos des manuscrits 390 et 929 de la‘ Bibliothèque nationale. J'ai été tiré de cette erreur par des indications ayant presque le caractère d'une réclamation que m’a adressée le P. C. Cahier, de la Compagnie de Jésus. Il m’a appris que dès 1842. en expliquant les vitraux de Bourges, il avait attiré l’attention du public sur cette source d'informations. De 1850 à. 1854. en imprimant 260 pages grand in-4° sur les Bestiaires latins et français du moyen âge, il écrivait que, recherchant la source évidemment greco-asiatique de ces leçons bizarres, il avait copié à la Bibliothèque nationale sept ou huit manuscrits grecs. Il ajoute. dans sa lettre: ( En 1855, Dom Pitre. dans son Spz‘cilegz‘um solesmense (t. III.p. 338-389), imprimait nos Mss. grecs avec un Ms arménien. » J'ignorais absolument ces travaux. et par un rare bonheur, mes études me portaient a choisir surtout les deux seuls manuscrits. laissés de côté par D. Pitre. Voici. en effet. ce qu’il dit au tome déjà cité :

«- Sigle. codd. Parisiensium in bibliotheca imper. asservatorum

A, c. 2526 sæc. XV.
B. e. 1140, A, sæc. XIV.
1‘, c. 2509 ..

A, c. 2027, asse. XII.

E et c, codd. 390 et 929. sæc. XIV.

u Textus nosterjuxta fidem cod A continuo deseribitur.... Ah innumeris varietatibus codd. E, : exscibendis, plernmque abstinebimus : peculiarem enim textum quin immo metricum, potins quam variam nostri scripturum continent. At in votis est huic qaWl°“’rq} suum dare locum. eumque ampliorem quam in notis et commodiorem. »

On lit encore à. la page 360, dans une note sur l’abeille: c Api locum nul

lum dederunt sive Parisienses, sive extranei codices, duobus tantum exceptis e nostris E et G. Vix nature est hujus capitis exstare vestigium sen trustulum in Pontii de Leone Physiologo, cap. XXI. sed deflcientibus caste. ris, armenii codices. uti infra videre est de api præclare meriti sunt. Prima ergo se dedit occasio, quam declinare minime licuit. accedendi ad codices E et G et lectoribus nostris proponendi qualemcumque gustum metrici hujusce Physiologi, novam que adeundi editionem, cœteris intricatiorem, ut pote quæ depravati et antiquissimi textus mendis innumeris adjecit barbaræ poetriæ inconditos rhythmos, quibus præterea in cod. E stribliginosæ scripturæ fastidia ad cumulum accedunt. )

On voit que notre ignorance des travaux, des publications ou des vœux du P. Cahier et de Dom Pitra ne nous a pas déservis M. Émile Legrand et moi. Nous n‘avons point publié un texte déjà. publié; nous n'avons point choisi non plus la besogne la. plus facile, puisque D. Pitre. caractérise à merveille les difficultés du texte que nous avons donné, et nous continuons à croire. qu’en ne devant rien à personne, nous n’avons pas été d’inutiles ouvriers, quoique venus à la dernière heure.

LA CHANSON D'ARGDAPHNOUSA

AVENTURE QUI s’ssr PASSÉE DANS L’ILE DE CHYPRE AU xv° SIÈCLE, ET QUI Y EST DEVENUE LE SUJET D’UNE CHANSON POPULAIRE.

Au tome deuxième de sa BibliotIzeca medz‘z‘ æm‘, pu— blié en 1873 à Venise, M. Constantin Sathas a donné, pour la première fois, le récit d’un chroniqueur nommé Leontios Machæras. Le manuscrit appartient à la bibliothèque Saint—Marc de Venise. Il s’annonce ainsi : Histoire du douce pays de Chypre par Léontz‘os Machæras. Aewcz’ou Maxmpä âEñvqcnç mîjç «flwxaz’au; xn’spaç K61tpou. Ce curieux monument de l’histoire et de la langue de cette île a été transcrit peu de temps après que les Turcs se furent emparés de Chypre (1473). A la difficulté du dialecte Cypriote, l’ignorance du copiste a ajouté beaucoup d’autres difficultés de lecture.et d’interprétation : c’est à ces causes qu’il faut sans doute attribuer l’obscurité où ce manuscrit était demeuré.

Emmanuel Bekker l’avait examiné, il en avait copié le

titre et n’en avait rien dit de plus. Joseph Müller l’avait étudié avec plus de soin, mais il déclare que l’étendue de ce manuscrit et le peu de temps que lui—même avait passé à Venise, ne lui avait pas permis d’en montrer toute la valeur. M. de Mas Latrie n’en avait pas parlé; c’est à M. Sathas que revient l’honneur de cette publi— cation.

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