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XXX.

L’Aigle (Ce morceau est en prose).

Il s’appelle ainsi à cause de sa longue existence; il vit cent ans, et alors il rajeunit; moyen qu’il emploie pour se refaire une nouvelle vigueur. -— Moralisation. Ainsi l’homme doit se rajeunir en se jetant sur la pierre de la foi, en se lavant dans les larmes, en se chauffant au soleil, c’est—à—dire à la doctrine de l’Eglise.

XXXI.

Le Vautour.

Sa voracité, manière dont il découvre et attaque sa proie. Secours qu’il apporte à sa femelle lorsqu’elle pond.— Moralisation. Invitation à l’homme de fuir la gourmandise.

(Tout ce passage est en prose. Ce n’est pas le texte de saint Épiphane donné par le P. Petau ; c’est a peu de choses près celui du manuscrit des Nani, donné par M. Moustoxydis).

XXXII.

La Cigogne.

La Cigogne se distingue par un grand amour pour ses petits. A l’approche de l’hiver elle se retire au désert et ne revient qu’au printemps. Quand la Cigogne est vieille, ses petits la nourrissent. — Moralisation. Grand exemple pour les hommes. Ils doivent garder leur foi comme la Cigogne garde son nid, fuir la tentation, nourrir leurs parents quand ils sont vieux, afin d’obtenir leur bénédiction.

XXXIII.
La Colombe.

Habitudes de douceur, de fidélité ; les petits, au sortir de l’œuf, restenttrois jours sans vie; le père les ranime; il leur porte la nourriture, tant qu’ils ne peuvent pas voler. Il leur enseigne aussi a se servir de leurs ailes. Moralisation. Que l’homme imite dans ses mœurs la pureté des mœurs de la Colombe. Le Christ, lui aussi, est resté trois jours dans la mort.

XXXIV .

La Perdrix.

Elle dérobe les œufs de ses compagnes. Ruse dont elle se sert pour faire échapper ses petits au chasseur. La perdrix à qui l’on a pris ses œufs sait faire revenir a elle les petits qui en sont éclos. — Moralisation. La perdrix représente l’Êglise; le chasseur représente le diable.

XXXV.
La Tourterelle.

Sa fidélité. Si elle perd son tourtereau, elle ne s’unit plus a aucun autre; elle le pleure sans relâche; elle ne boit plus sans troubler Peau qu’elle doit boire. -— Mo— ralisation. Que l’homme imite cette fidélité de la tourterelle. Si la mort lui ravit son épouse, qu’ilne recherche pas un nouvel hymen. Voilà pourquoi Moïse ordonne d’ofl‘rir deux tourterelles lorsqu’on présente l’enfant au temple du Seigneur. .

XXXVI.

Le Phénix.

Sa beauté. Il habite près d’Héliopolis, dans les cèdres du Liban. Il vit cinq cents ans. Sa mort sur l’autel du temple d’Héliopolis; de sa cendre sort un ver qui devient un oiseau. Celui—ci retourne aux lieux d’où il était venu. —- Moralisation. Le Phénix, c’est le Christ, qui reste trois jours dans le tombeau et ressusciteensuite.

XXXVII.

Le Pélican.

Son amour pour ses petits; il se perce les flancs pour les ramener à la vie quand ils sont morts. Le Serpent est le grand ennemi du Pélican. —- Moralisation. Le

Pélican est le Christ, ses petits, ce sont les hommes; le Serpent, c’est le diable.

XXXVIII.

L'Hirondelle.

Son plumage. Une moitié de son année se passe au désert, l’autre dans les villes. Affection pour ses petits. Herbe dont elle se sert pour rendre la vue à ses petits, s'ils deviennent aveugles. — Moralisation. Toi aussi, 6 homme, va au désert pleurer tes fautes, pour avoir l’héritage du Seigneur.

xxx1x. ,
Le Pic.

Ses efforts pour percer un arbre à. coups répétés de son bec. Si l’arbre résiste, il en cherche un plus tendre.

— Moralisation . Ainsi fait le diable ; il tente les hommes

et s'établit dans l’âme de ceux dont le cœur est tendre à la tentation.

XL.
La Huppe.

Son amour pour ses petits. Ceux—ci ne sont pas ingrats. Quand leurs parents ont vieilli, ils s’approchent

d'eux, les couvrent de leurs plumes dont ils se dé— '

pouillent, ils leur lèchent les yeux et leur rendent la vue. — Moralisation. Sache imiter, ô homme, ces bons sentiments ; sois pieux envers tes parents pour recevoir leur bénédiction.

XLI.

La Gorgone.

Elle ressemble à une belle femme; ses cheveux blonds se terminent entête de serpents. Toute sa personne est pleine de charmes, mais la vue de sa figure donne la mort. Au temps de sa fureur, d’une voix harmonieuse, elle appelle à. elle le lion, le dragon, les autres animaux ; pas un ne se rend à son appel. Enfin, elle invitel’homme. Celui-ci s’engage à s’approcher d’elle, si elle veut bien cacher sa tête; elle le fait, on en profite pour la prendre. Avec elle on tue les lions et les dragons. Alexandre avait avec lui la Gorgone Scylla. . . — Moralisation. Redoutez, mortels, la Gorgone. Fuyez le péché; nul ne peut dire, quand il est tenté : C’est Dieu qui me tente; non, c’est du cœur que vient la tentation.

XLII.
Le Lièvre.

Son agilité, ses ruses. Il est tantôt mâle et tantôt femelle. Il ne dort pas ; il a toute la nuit les yeux ouverts.

— Moralisation. Veille aussi, toi, chrétien, veille pour ne pas tomber dans les mains de l’amour, ne pas t’incliner vers la terre comme l’àne, pour échapper au chasseur, l'ennemi funeste des hommes.

XLIII.

Le Lion.

Quand le chasseur le poursuit, il efface avec sa queue la trace de ses pas. Pour prendre les animaux, il use de stratagème. La lionne enfante un lionceau qui reste à terre comme mort pendant trois jours ; le lion vient ensuite, lui soufiie trois fois dans la gueule ; il s’anime et cherche la mamelle de sa mère. Le lion dort les yeux ouverts. — Moralisation. Le lion, roi des animaux, désigne le Dieu du ciel, le Verbe du Dieu vivant qui s’est fait chair, et pendant trois jours est resté dans la tombe d’où son père l’a retiré.

XLIV.

La Licorne.

Animal petit, gracieux, mais fort. Elle a une corne au milieu de la tête. On ne parvient à la prendre qu’en introduisant dans son repaire une belle jeune fille. La licorne joue avec elle, se laisse prendre et porter par elle où elle veut. David en a parlé. —- Moralisation. L’homme, instruit par cet exemple, doit fuir la passion qui entraîna Salomon dans les fautes qu’il a commises.

XLV.
L'Hydrippos (ou Hippopotame).

C’est un gros et vigoureux animal qui a la taille d’un bœuf ; sur la tête il a deux grandes cornes ; il vit dans

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