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Au quarante—troisième :
Tune &lüuyy.a canit gaudens multumque triumphans.

L’éditeur ajoute encore dans une note ces exemples d’hellénisme :

De nostro Karolo pacem qui sceptra dedisti,
Xpmè eû’mov KipoÀov 1423 rfiv fluenÂeiæv ‘éôwxazç,

et encore :
Eip'fivn 1rr.a‘tÊ;i 3'âpq), Bowûs’ï xÀÉoç Ëxprp.

Cette même pièce sur la croix s’achève par ces deux vers : ’OpOŒoäoq tiivotE, êua‘e6‘ñç, xÀxi‘roç 6‘nlûmç Ed>çpwv xpcmqzäpoç, Küptoç 6 Kä.poÀoç.

M. Cramer qui rapporte ces vers donne à la fin du premier ËyxÀu‘coç aÏipxoç. Le vers soixante—onzième de ce morceau ofire encore un mot grec :

p.0mœ dum lætus, regi mea debita solvo.

Nous continuons à recueillir ces accidents hellé— niques, dans le poème III qui a pour objet de célébrer la fête de Pâques, au vers dixième:

Vestitur que suis frondibus et Aozy_ivou~ Au vers quarante—quatrième :

ôlpy.am dispcrsim Thetidis ima tegunt. Au vers quarante—cinquième :

Hæc fuerunt venturi iv'ôa’üyzara Christi.

Dans cette même pièce au vers vingt—quatre, le mot ophis a sans doute été mal copié et il faudrait le rétablir ainsi avec Angelo Mai:

Quam prius incautam perdidit astus äçamç.

Le poème IV° n’oflre qu’un mot grec, il se trouve au vers vingt—sixième :

Quam Karolus reperit fortis et almus a‘EvaE.

Le poème V’ a pour sujet la résurrection du Christ. On y remarque le vers quarante—septième:

IIpooæux‘îi: petimus votis et corde precamur.

Le quarante—huitième et le quarante—neuvième sont complètement grecs :

BercnÀa’u Kapo’lop iy.û‘w tri; Xpœ‘tè fio‘r’,0u
d)ç xÀnpoÜcÔau xépouç 8uva‘r‘oç oûpavz’ouç.

Les pièces qui portent les chiffres VI et VII, consacrées à la descente du Christ aux enfers se terminent ainsi :

Eroïxot ’Iwa’woo -rÿ3 KupvÏq) aûro‘ü â'.vaom Kapo’lup.
E’L'OÎXOI. 1:05 ’Imäww Tif) Kupûp au’rroü ävaxn Kapo’lqx.

La pièce huitième, de Verbe z‘ncarnato, est celle qui est la plus diaprée d’expressions grecques. On y trouve au premier vers oôpawiaç; au sixième Yvôzpoç (p. 3v6zpoç) xopuqrñv; au septième, Oeap.ôv ; au huitième, '17’xpo‘dÏw; au dixième, mépuyaç; au onzième, (du; le quatorzième peut bien passer pour être grec quoi qu’il soit écrit en caractères latins : in genus, in species rhythmosque chronosque, toposque; au dix—huitième, Aî’yM. Viennent ensuite trois vers grecs qui se suivent, vingt, vingt—et—un, vingt—deux :

‘l’oi6n, xal <m'ÂÊwv, xai (,963ç, ml "Hltoç, "Apr,ç,

‘Poi‘rwv xad ‘I>aivovoç a‘ixpot 7tspl xÀiy.oz-ra 1taixvn
‘EE-ñç 1:03 xo'op.ou xe’v‘rpov ®é‘nç a‘io’xe‘rov &Âaç.

‘ Au vingt—troisième, èwaaÊçôowoç; au vingt—quatrième, d'n‘aç; au vingt-septième, Cor/p Les trente—troisième et trente—quatrième sont grecs :

ibv 19.0ç, <bv a’rpxw‘; mivtmv, div ô'vra 1:5L siciv,
* . \ ‘ I ‘I I
wv onyaOoç ml. xazÀoç, x7.Âloç, p.op<pæv ‘t‘8 xapoot‘r‘qp.

Au trente—sixième dz'vfipœnoç; au trente—huitième, npo’yovoç; au trente—neuvième, lu‘cpw‘rfiv; au quarante— huitième, voûm:e M70; 475; au quarante—neuvième, cap— xmz’, qaüa‘tç, aùvaîç; au soixantième, mpüévoç; au soixante— deuxième, yacr«:v’;p; au soixante-sixième, oÏz’vèpa; au soixante—onzième, cpüaw; au soixante—douzième, <péazç.

La pièce IX" qui porte dans le titre en lettres grec— ques le nom de l’auteur Versus Iohanm‘s ChoOoz, n’a que trois mots grecs, au vers quatrième ôi3nv, au vingt— troisième craEpE, au quarante—neuvième a‘*‘l:atupÇi.

Le poème X" s’intitule Preces pro .Karolo,on y lit au vers quinzième :

Vote. tui se'xvoo Karoli tua Àzt+ozvoz sancta,

au vers dix—neuvième Harmonica‘ Canin; Omcomîw.

La pièce X1‘’ est celle qu’Usher a citée; au mot <mêv8m que nous avons déjà relevé, il faut ajouter O”WÛP.ÇJ.

Le poème X11" et dernier, de Magno Dyonysio Areopagita, présente au troisième vers a‘ahävqv; au quatrième acazuprii; au vingt-et—unième o’zpyÿdw a’zpxayyékcw 175 chorus a‘zyyélœvæa, cekamâw, ce dernier mot a été sans doute estropié par les copistes; au vingt—deuxième, r::aî’àq~

Ampère en parlant de cet usage d’intercaler même dans les vers latins des mots grecs, et des vers grecs entiers (‘) dans une pièce latine, dit qu’il lui semble voir un débris de statue ou un tronçon de colonne antique dans un édifice de la décadence Ces débris sont quelquefois mutilés et méconnaissables, chez Scot Erigène, malgré l’ignorance des copistes, les fragments

O (1) Pour les mots grecs dans des vers latins. voir le Recueil des historiens français. (1. VII. p. 311 et 314. (3) Tome HL p- 217

grecs, sont plus entiers; la main qui les dispose en marqueterie en connaît davantage la valeur.

Scot Erigène,en flattant la manie de son âge, nous a laissé la preuve que la cour de Charles-le—Chauve était, pour dire comme Ampère, « plus savante, plus lettrée; le grec, en particulier, y était plus connu qu’on ne serait porté à le croire en songeant aux agitations du IX° siècle. n Charles-le—Chauve y prenait grand plaisir et Scot ne perdait pas son temps lorsqu’il enchassait des mots grecs dans ses vers latins; il savait que l’empereur en serait ravi. Ses autres correspondants n’étaient pas moins friands de ce a nectar hellénique. n Le grec jouait dans cette sociétéà peu près le rôle que l’espagnol et l’italien jouèrent au XVII° siècle. Il n’y avait pas alors d’éducation complète sans la connaissance de l’une ou l’autre de ces deux langues et même de toutes deux. On sait l’usage qu’en fait M"“’ de Sévigné dans ses lettres. On peut bien dire qu’il en était de même du grec sous Charles-le—Chauve. Lorsque Scot adressait les vers suivants à Hincmar, assurément l’archevêque de Reims pouvait les comprendre :

Aazwrpéu‘roç x‘rjpuE a‘1iÂÊwv xnpéyp.a‘roç a‘ixpou,
'lvxyup‘oç Ç‘r’frm cppévtyoç xazl &Eza’r‘yaex‘oç,

( I N à‘ ‘I
P‘rfly.erroç imÀai Osou Çwwoç 8t‘7. o‘rép.æroç 57_0W.

M. Cramer rapporte cet éloge de Charles-le—Chauve par Scot; le prince qui en est le sujet, en pouvait dé— chiffrer les caractères et le sens, il n’y a nul doute làdessus :

’OpOo’ôoËoç ävoz’î ŒpaÏmw, Tiii 6651 -uÏy.n ‘n

Gsc‘némoç xod a‘iyuôoç ml äxpoç ‘t‘E y.ävarpxoç,

“EÀmç -rfiç 1tarrpi80g, ‘r‘î,ç äEcoc &Oavueiaç,

ä‘:v 8è qpépœv <rrs’cpuvov xpée‘zov, ôzaâ1jp.um -mrpü’w etc...
Eüxe-rs ‘mûr’ é’JÛlot vïäv, süxe e‘b ?pæpci«1 1räea.

Cependant il n’y avait pas alors une telle abondance de grécisants que Louis—le—Pieux ne fût embarrassé quand il voulut faire traduire un livre grec qu’il avait reçu en cadeau de Michel-le—Bègue, empereur d’Orient. C’étaient les œuvres en grec de Denys (‘) l’Aréopagite. Elles roulaient sur la hiérarchie céleste. Louis—le— Pieux, en 827, s’était adresséà Hilduin, bibliothécaire du monastère de Saint—Denis, pour en obtenir une tra— duction. Il fallait bien que ce moine eût la réputation de connaître le grec puisque le prince lui écrivait: u Monere te volumus, ut quidquid de Dionysii notitia ex Græcorum historiis per interpretationem sumtum, vel quod ex libris ab eo patrio sermone conscriptis ac tuo sagaci studio interpretumque sudore in nostram linguam explicatis, etc. (’). n Hilduin chercha à établir l’identitédel’Aréopagite Denys converti par Saint Paul, avec Saint Denis venu au troisième siècle en Gaule; il attribua à ce dernier l’ouvrage mis, sans aucun fonde— ment, sous le nom de l’Aréopagite, et qui n’a pas été écrit avant le V" siècle; à l’aide d’une fausse érudition « il composa au patron des Gaules une pédantesque et mensongère auréole (3) » mais il ne put traduire le texte. Heureusement Jean Scot était la; il se mit à l’œuvre et c’est encore sa traduction qui sert aux lecteurs de Denys l’Aréopagite.

Il ne sufiit pas d’avoir montré que Scot Érigène sa— vait le grec, il faut faire voir aussi quelle influence ces études eurent sur son esprit. Elle n’est rien moins que surprenante. Si les temps y avaient été favorables c’eût été dès lors une émancipation entière de l’intelligence, une anticipatiodsur le XVI" siècle. Nous avons déjà fait voir ce qu’il y avait d’indépendance et de libre sa— voir chez les Irlandais; Scot suit la tradition hiber—

(l) Pépin-le-Breî l'avait déjà reçu du pape Paul 1". Voir plus haut. Ozanam. t. II. p_ 527.

(’) Staudenmaier. Joh. Scotus Erigena. und die Wissenschaft seiner lait. 1, p. 288 et 481, de Dionysio Areopagita, Ct‘. Fabric. Biblioth. Græca VII. p. 7

P) Ampère, t. 111. p. 112.

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