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M. Gil a été nommé, par la reine Isabelle, professeur d'harmonie au Conservatoire de Madrid. Une lutte s'établit alors entre lui et Carnicer (voyez ce nom) sur la science de l'harmonie; mais la vieille routine de ce maitre ne put tenir contre la clarté des démonstrations faites par Gil. Celui-ci, demeuré vainqueur, a fait pour ses élèves un résumé de celte doctrine qu'il a publié sous ce titre : Tratado elemental teorico-practico de Armonia, dedicado à M. F.-J. Fétis, etc., Madrid, Casimiro Martin, 1856, un volume gr. in-8° de quatre-vingt-huit pages. M. Gil a fourni un grand nombre d'articles à la Gaceta musical de Madrid, publiée, en 1855 et 1856, par M. Hilarion Eslava (voyez ce nom). Il a aussi composé plusieurs opéras pour le ThéâtreEspagnol de Madrid.

GILBERT (Alphonse), né à Paris, le 2 février 1805, fut admis au Conservatoire de celle ville, le 9 octobre 1822, comme élève de l'auteur de cette nolice, pour le contrepoint. En 1827, il obtint le second grand prix de composition musicale de l'Institut de France, pour la cantate d'Orphée. Il fut attaché pendant plusieurs années à l'orchestre du théâtre de l'Odéon, en qualité de violoncelliste. Il a obtenu plus tard la place d'organiste à l'église Notre-Dame de Lorette, à Paris. En 1847, le premier prix lui fut accordé au concours ouvert par le ministre de l'intérieur pour la composition de chants historiques et religieux.

GILES (NATHANIEL), organiste du roi d'Angleterre Charles Ier, naquit à Worcester, en 1558. En 1585, il était bachelieren musique, organiste et directeur de la musique de la chapelle Saint-Georges, à Windsor. Après la mort He Guillaume Hunni (1597), on le chargea de l'éducation des enfants de chąur de la chapelle royale; plus tard, il ohtint la place d'organiste de celle chapelle. En 1622, le grade de docteur en musique lui sut conséré. Il mourut à Windsor, le 24 janvier 1633. Ce musicien n'a écrit que pour l'église; ses compositions sont restées en manuscrit.

GILLES (Jean), né à Tarascon, en 1669, fit ses premières études musicales à Aix, en Provence, sous la direction d'un maitre de chapelle nommé Poitevin. Il fut le condisciple de Campra. Après la mort de son maitre, Gilles lui succéda, mais il quitta bientôt sa place pour celle de maitre de chapelle à Agde. Sa réputation s'étendit dans lout le midi : l'évêquc dc Rieux ayant entendu parler avanlayeusement de ses talents, demanda pour lui ta maitrisc de Saint-Étienne de Toulouse; mais

elle venait d'être donnée à un musicien italien nommé Farinelli. Il y eut entre ces deux arlistes un combat de générosité, à la suite duquel Gilles fut obligé de se rendre à Toulouse et de permuter avec Farinelli; ce changement de situation eut lieu en 1697. Bien qu'àgé seulement de vingt-huit ans, Gilles avait déjà composé plusieurs messes et d'autres ouvrages pour l'église; malheureusement, il mourut jeune, en 1705, et ne put multiplier ses productions. Aư nombre de ses meilleurs ouvrages, on place une Messe des morts, qu'il avait écrite pour deux conseillers au Parlement de Toulouse qui avaient cessé de vivre à peu près dans le même temps. Les héritiers de ces magistrats voulurent ensuite discuter le prix de l'ouvrage, mais le compositeur rejela leurs offres, et déclara que la messe ne servirait que pour lui. En effet, il mourut peu de temps après. La messe des morts composée par Gilles se trouve en manuscrit à la Bibliothèque impériale de Paris. Elle a été exécutée dans l'église de l'Oratoire de Paris, pour le service funèbre de Rameau. Un Diligante, un Benedictus et cinq autres motels du même auteur sont aussi en manuscrit dans la même Bibliothèque.

GILLES (HENRI-NOEL), né à Paris, en 1779, entra au Conservaloire de musique en 1796, dans la classe de hautbois de Sallentin. L'année suivante, il oblint le deuxième prix de cet instrument au concours; le premier prix lui fut décerné en 1798. Un son agréable, un style élégant et doux, telles étaient les qualités de son talent. Entré à l'orchestre du théâtre Feydeau, en 1799, il y resta comme second hautbois les deux premières années, devint premier en 1801, et quitta cet orchestre, en 1803, pour entrer à celui de l'Opéra-Italien, où il demeura jusqu'en 1814. Dans cet intervalle, il joua plusieurs fois et toujours avec succès, des solos dans les concerts de la semaine sainte, qu'on donnait à ce théâtre. A l'époque de la restauration (1814), l'attachement de Gilles pour Napoléon le décida à s'éloigner de la France; il se rendit d'abord à New-York, puis s'établit à Philadelphie. Cet artiste a publié : 1o Air varié pour hautbois, violon, viole et basse ; Paris, madame Duhan. 2. Petits airs et thème varié pour la guitare. 3° Trois romances, avec accompagnement de guitare; Paris, Hanry. 4° Six, idem, Paris, Hanry.

GILLIER (JEAN-CLAUDE), violon de la Comédie-Française, né à Paris, en 1667, cst mort en celle ville, en 1757, à l'âge de soixante el dix ans. Il a écrit la musiquc primitive des

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petites comédies et des divertissements de Rcgnard el de Dancourt.

GILSON (CORN.), professeur de musique à Edimbourg, né en Écosse, vers 1715, a publié un traité du chant intitulé : Lessons on the Pralica of singing, Édimbourg, 1759, in-4°.

GIMENO (JOACHI»), né à Santo Domingo de la Calzada, le 21 novembre 1817, entra dans la Compagnie de Jésus à Madrid, le 28 avril 1834. Dès son enfance, il avait appris la musique : cet art continua d'être cultivé par lui, après son entrée chez les Jésuites. Après les événements qui amenèrent en Espagne la suppression des ordres religieux, le P. Gimeno se retira en Belgique, et s'y occupa de l'éducation de la jeunesse au collége de Saint-Michel, à Bruxelles. Allaqué d'une maladie de langueur, il est mort à Nivelles (Brabant), le 29 novembre 1849. On a imprimé de sa composition : 1° Cantate à quatre voir avec accompagnement de grand orchestre, composée pour une distribution de prix au collége de Saint-Michel, Bruxelles (s. d.), lithographie de Persenaire. 20 Tota pulchra, solo concertant pour basse-taille et violoncelle, avec accompagnement de deux violons, allo et basse, abid. 0 salutaris hostia, trio pour ténor, baryton et basse, avec accompagnement de deux violons, allo, violoncelle et cornels concertants, ibid. Ave Maria, duo pour deux soprani, avec accompagnement d'harmonium ou de piano, ou d'orchestre, ibid. 5° Colleccion de canticos al sagrado corazon de Jesus y Maria sanlisima con varias letrillas, musica escogida por, etc. Bruxelles, Labauze et Persenaire. Le P. Gimeno a laissé en manuscrit plusieurs autres compositions.

GIN (PIERRE-Louis-CLAUDE), ancien magistrat, auteur d'une mauvaise traduction de l'Iliade, naquil à Paris en 1726, et mourut dans la même ville, le 19 novembre 1807, à

l'âge de 81 ans. Ce médiocre lillérateur a pu1 blié une brochure intitulée : De l'influence

de la musique sur la lillérature; discours prononcé, le 11 vendémiaire an XI, à la séance publique de la Socielé académique des sciences et arts séant à l'Orutoire, Paris, 1802, in-12. L'auteur prétendail y démontrer que la décadence de la lillératurc cst le fruit des progrès de la musique; thèsc non moins ridicule par ses aperçus quc par l'exécution cl le style.

GINESTET (Prosren DE), compositeur, G13 ol'un magistral, est né à Aix, en Provence, vers 1796. Après avoir fait longtemps de la

musique la principale occupation de sa vic, il entra dans les gardes du corps de Louis XVIII. Il ne quitta ce service que pour passer comme officier dans un régiment; mais après la révolution de juillet 1850, il donna sa démission, pour ne pas manquer au serment de fidélité qu'il avait fait à la famille royale de la branche ainée. Altaché au parti de l'opposition légitimiste, il prit part alors à la rédaction de l'Avenir, journal de cette opposition, et y fit les articles du feuilleton sur l'Opéra, le Théâtre Italien, l'Opéra-Comique et les concerts. Les premières productions de M. de Ginestet consistent en duos et nocturnes pour piano et violon, ou piano et violoncelle. Plus tard il a donné à l'Opéra-Comique : 1° L’Orphelin et le Brigadier, opéra en 2 actes, représenté le 15 septembre 1827 ; cet ouyrage ne réussit pas. 2o A l'Opéra : François /cr à Chambord, opéra en 2 actes, représenté le 15 mars 1850. 3o A l'Opéra-Comique : Le Mort fiance, en un acle, le 10 janvier 1835.

GINESTET (E. DE), frère du précédent, amaleur distingué sur le violoncelle, a publié des nocturnes concertants pour piano el vio. loncelle, un duo pour les mêmes instruments, et des airs variés pour violoncelle, Paris, A. Petit. GINGUENÉ (PIERRE-Louis), littérateur,

, né à Rennes le 25 avril 1748, se rendit à Paris, après avoir terminé ses études avec succès. Quelques poésies, assez froidement accueillies, marquèrent ses premiers pas dans la carrière littéraire. Il comprit bientôt que la nature ne l'avait pas fait poëte. Doué de plus de talent pour la critique, ce fut par les journaux qu'il commença sa réputation. Ses lettres sur les Confessions de J.-J. Rousseau le firent connaitre avantageusement. Assez bon musicien et amateur passionné de musique italienne, il prit avec chaleur la défense de cette musique et de Piccinni contre les attaques des Gluckistes; ses liaisons avec l'auteur de Didon et de Roland lui procurèrent alors les matériaux dont il s'est servi plus tard pour la notice qu'il a publiée sur la vie et sur les ouvrages de cet arlisle célèbre. La littérature italienne et la littérature de la musique devinrent dès lors les objets des travaux constants de Gingucné; c'est par ces mêmes travaux qu'il a transmis d'une manière solide son nom à la postérité. Toul le monde connait son Histoire littéraire d'Italie, qu'il n'eut pas le temps d'achever, rl qui sul continuée par M. Salli. Monument de savoir, de goul ct de sainc critique, ce livre scra toujours considéré comme une des meil

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GINGUENE

GIOBERTI

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leures productions de notre temps. Incarcéré pendant le règne des fureurs révolutionnaires, Ginguené eut à craindre un moment pour sa vie; mais l'événement qui vint changer le système du gouvernement au I thermidor, le rendit aux lettres et à la liberté. Tour à tour appelé à la direction de l'instruction publique, près du ministère de l'intérieur, nommé membre de l'Institut de France, dans la classe de littérature ancienne, ambassadeur auprès du roi de Sardaigne, et membre du Tribunat, il se montra digne de ces distinctions par ses talents et par sa probilé. Quoique recherché dans le monde par l'agrément de son esprit et la variété de ses connaissances, il y allait peu, et dans ses dernières années il ne sortait presque plus de chez lui, consacrant toutes les heures au travail ou à sa famille. Les proscriptions dont quelques-uns de ses amis avaient été frappés en 1815 l'alligèrent; sa santé s'altéra, et il mourut le 16 novembre 1816, à l'âge de soixante-huit ans. Sa riche bibliothèque, dont le catalogue a été publié en 1817, renfermait une nombreuse collection de livres relatifs à l'histoire et à la lillérature de la musique. Garat, de l'Académie française, a publié une Notice surla vie et les ouvrages de P.-L.Ginguené, Paris, 1897, in-8°.

Les ouvrages où Ginguené a traité de la musique sont : 1° Lettres et articles sur la musique, insérés dans les journaux sous le nom de Mélophile, pendant nos dernières querelles musicales, en 1780, 1781, 1782 et 1783, Paris, 1783, in-8°. 2° Dictionnaire de musique de l'Encyclopédie méthodique, Paris, 1791-1818, deux volumes in-4°. Ce dictionnaire fut commencé par Ginguené et Framery. L'abbé Feytou avait fourni quelques articles de théorie d'après un nouveau système. Le plan était mauvais, car on avait conservé pour ia base de l'ouvrage les articles du dictionnaire de musique de J.-J. Rousseau, qui sont souvent allaqués dans les additions de l'abbé Feylou ou ile Framery. Ginguené s'était chargé des articles historiques; ce sont les meilleurs du livre; il cst vrai que la plupart sont traduits de l'Histoire de la musique de Burney. La première partie du premier volume avait paru en 1791; les troubles de la révolution interrompirent le travail, et Ginguené resta étranger au reste de la publication. Jo Notice sur la vie et les cuvrages de Piccinni, Paris, veuve Panckoukc, 1800, in-8° de xi ct 144 pages. Celle notice, bien écrilc, a de l'intérêt; mais Ginguenc y laisse apercevoir de la partialité en la Ieur de Piccinni contre Gluck. 1° Rapport fail

à la classe des beaux-arts de l'Institut de France par M. Ginguené, au nom de la commission, dans la séance du samedi 21octobre 1815, sur une nouvelle exposilion de la séméiographie, ou notation musicale des Grecs, par M. Perne, Paris, 1815, douze pages in-40. llistoire littéraire d'Italie, continuée par Salli, Paris, 1811-1855, quatorze volumes in-8o. On trouve dans cet ouvrage des renseignements utiles et curieux sur l'étude de la musique au onzième siècle et sur Gui d'Arezzo (t. I'r, p. 134 el suiv.), sur les troubadours provençaux (1. Jer, p. 241-354), sur quelques musiciens célèbres de l'Italie, aux qualorzième et quinzième siècles, tels que François Landino (l. II et III en divers endroits), et sur le drame en musique (t. VI, p. 450-486). Salfi a ajouté dans le dixième volume du même ouvrage un long morceau (p. 403-424) à ce que Ginguené avait écrit sur la musique. Ce passage est relatif aux musiciens et aux théoriciens de musique qui ont vécu en Italie dans le seizième siècle : il fourmille d'erreurs.

GINI (JEAN-Antoine), maitre de chapelle du roi de Sardaigne, à Turin, vers 1728, a écrit la musique de deux opéras, Mitridute et Tamerlano, qui ont été représentés dans cette ville.

GINZLER (Simon), luthiste allemand, vecut à Venise, dans la première moitié du seizième siècle. On a de lui un livre de pièces de luth, en tablature, sous ce titre : Intubolatura de Laulo de ricercuri, motelli, madrigali et canzon francese. Libro primo, in Venetia, Ant. Gardane, 1547, in-4° obl.

GIOBERTI (VINCENT), prêtre piémontais, né à Turin, le 5 avril 1801, lit ses éludes à l'Université de cette ville. Après avoir reçu le grade de docteur en théologie, il fut appelé en 1825 à professer celle science dans la même université. Impliqué dans une conspiration républicaine, en 1855, il fut arrêté et exilé sans jugement. Après avoir passé une année à Paris, il se rendit à Bruxelles, où il demeura jusqu'en 1845, dans la position de professeur à l'Institution Gaggia. Ce fut là qu'il écrivil tous ses livres de philosophie, ouvrages remarquables par l'élévation des idées autant que par la beauté du style, mais dont la plupart sont étrangers à l'objet de ce dictionnaire. Il n'est cilé ici que pour le traité del Bello, qui a été traduit en français par M. Berlinalli, sous ce tilre: Essai sur le beau, ou éléments de philosophie schulique, Bruxelles, Mélinc, Cans et C“, 1847, un volume in-89. Gioberti y traile du beau dans la musique, et élablit d'une manière admirable que la conception du beau dans cet art est complétement idéale el procède d'une révélation divine. Gioberti est mort à Paris, le 25 octobre 1851.

GIOJA (GAETAN), chef d'orchestre au théatre de Turin, en 1810, et compositeur de musique de ballets, a eu de la réputalion en Italie pour ce genre d'ouvrages. En 1801, il a écrit à Turin les ballets suivants qui ont élé représentés aussi à Milan et dans d'autres villes : 1° Cesare in Egitto, en trois actes. 2Le Nozze di Figaro. 3Gundeberga. 1 Morlacchi. En 1813, Gioja était attaché au théâtre de la Pergola, à Florence, et y écrivit le ballet de Niobe, qui fut ensuite joué à Milan; en 1816, il donna, à Florence, Odoacre, et dans la même année, à Milan, Tamerlano. Gioja est mort jeune encore à Milan,

en 1826.

GIORDANI (JACQUES), compositeur, s'est fait connaitre vers le milieu du dix-septième siècle par un ouvrage intitulé : Musica per la Passione di Giesù Cristo c tre, con stromenti. Cet ouyrage se trouve en manuscrit dans la bibliothèque de M. l'abbé Santini, à Rome.

GIORDANI (le P. DOMINIQUE-Antoine), franciscain du couvent de Rocca Sinibalda, dans les Etats romains, sut d'abord maitre de chapelle des cathédrales de Narni et de Rieti, el occupa en dernier lieu une position semblable à l'église des XII Apôtres, à Rome. On connail de sa composition un recueil d'offertoires intitulé : Armonia sacra a 2 voci, che contiene tutti gli offertori della prima domenica della SS. Trinità all'ultima dopo Pentecoste, Rome, 1724.

GIORDANI (JOSEPu), surnommé il Giordanello, et dont le nom de famille était Cur. mine, naquit à Naples, en 1755, et fut admis fort jeune au Conservatoire de Loreto, où il devint le condisciple de Cimarosa et de Zingarelli. Également distingué comme claveciniste, comme violoniste et comme compositeur, il n'était ågé quc de dix-buit ans lorsqu'il écrivit, pour le théâtre de Pise, son premier opéra intitulé : l’Astuto in imbroglio. La famille de Giordani, composéc de son père, de deux frères et de trois seurs, formait une troupe chantante qui jouait des farces et des opéras bouffes dans un des petits théâtres de Naples. 'Toule celle famille partit pour Londres, vers 1762, pendant quc Giordanello éludiait au Conservaloire de Naples, et oblint des suce's d'enthousiasme au théâtre de lay-Market,

dans de petits opéras du genre napolitain. Actrices aussi piquantes et aussi spirituelles que cantatrices agréables, les sæurs de Giordani étaient obligées de répéler chaque soir plusieurs airs de leurs rôles el altiraient la foule. Lorsque Giordani sut sorti du Conservaloire de Loreto et eut donné son premier opéra, son père l'appela à Londres; il s'y rendit, et son premier ouvrage dramatique fut une sorte de pasticcio intitulé : Artaserse, dont il avait écrit une grande partie, et qui servit aux débuts de Millico, en 1772. Il y avait dans cet opéra un air (Infelice, ah! dove io vado) qui obtint alors un succès de vogue. L'Antigono, opéra sérieux écrit entièrement par Giordani, succéda à cet ouvrage. Les leçons de chant, de clavecin, et la publication de plusieurs compositions de musique vocale et instrumenlale occupèrent cet artiste pendant les années suivantes, et l'on ne connait de lui que l'opéra bouffe il Baccio, qui ait été représenté à Londres, depuis 1774 jusqu'en 1779. De relour en Italie au printemps de 1782, il écrivit, pour le théâtre de Mantoue, il Ritorno d'Ulisse, qui fut représenté le 26 décembre de la même année. Cet ouvrage fut suivi de Acomato, opéra sérieux, à Pise, 1783. Dans les années suivantes il écrivit : Erifile, à Bergame, 1785; Epponina, à Novare, 1783; Elpinice, à Bologne, 1784; Tito Manlio, à Gênes, 1784; Pizzuro nell' Indie, à Florence, 1784; la Morte d'Abele, oratorio, à Jesi, 1785; Osmane, à Bergame, 1783; la V'estale, à Modène, 1786; Ifigenia in Aulide, Rome, 1786; l’Impegno, ossia chi la l'aspetta, à Rome, 1786; Ferdinando nel Messico, Rome, 1786; 1 Ripieghi fortunati, intermède, à Rome, 1787; Alciade e Telesia, à Rome, 1787; Caio Ostilio, à Faenza, 1788; Ariarate, à Turin, 1788; la Distruzzione di Gerusalemme, à Naples, 1788; il Corrivo, dans la même ville,

la Disfatta di Dario, à Milan, 1788; Cajo Mario, à Venise, 1790; Medonte, re d'Epiro, à Rome, 1791; Don Milrillo contrastato, à Venise, 1791; Atalanta, à Turin, 1792. Appelé à Lisbonne, pour y diriger le Théâtre-Italien, Giordani est mort en celle ville, au mois de mai 1794.

On a souvent confondu les compositions instrumentales de Giordanello avec celles de son frère ainé Thomas Giordani; celles qui lui appartiennent sont : 1° Trois quintelles pour clavecin, deux violons, alto et bassc, op. 1, Londres, 1776, Offenbach. 20 Trois idem , op. 2, Londres, 1777, Offenbach. 3° Trois quam tuors pour piano, deux violons et basse, op. 5,

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1788;

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Offenbach. 4. Quatorze préludes pour le cla- taine si l'opéra bouffe il Baccio est l'ouvrage vecin, Londres, 1779. 5° Six petites sonales de Thomas ou de Joseph Giordani. On a impour le clavecin, op. 5, Londres, 1780. 6° Six primé pour le piano l'ouverture et les airs d'un petits duos pour le clavecin à quatre mains, opéra anglais que Thomas a fait représenter à Londres, 1780. 7° Six trios pour clavecin, vio- Dublin, en 1789, sous ce titre : Perseverance, lon et violoncelle, op. 7, Londres, 1780. the third time is the best. Son oratorio d'Isaac a 8o Douze leçons pour le clavecin, op. 8, Lon- élé considéré comme une bonne production dans dres, Berlin, Hummel. 9° Trois concertos pour son genre. Au nombre de ses divers ouvrages violon et orchestre, Londres, 1781, Berlin, de musique instrumentale et vocale, on cite : Hummel, comme euvre 4o. 10° Trois sonales 1o Cinq livres de duos pour deux flůles, Lonpour piano à quatre mains, op. 10, Londres, dres, 1775-1783. 2° 6 Songs, from the reliques 1781. 11° Six quatuors pour deux violons, of ancient poetry (six chansons anglaises, viole et basse, op. 11, Londres, Paris, 120 Six tirées des anciennes poésies), ibid. 3° Six trios leçons progressives pour le clavecin, Londres, pour deux flûtes et basse, Londres, Berlin. 1782. 13° Six trios pour piano, violon et vio-, 4o Leçons faciles pour le clavecin, Londres. loncelle, publiés chez Hummel, comme l'@u- 5° Six sonatinas for the Harpsichord, ibid. vre 114. Après le retour de Giordani en Italie, 6o Six duos pour deux violoncelles, op. 5, ibid. il écrivit encore un grand nombre de composi- 70 Six trios pour flûtes et violoncelle, tirés tions instrumentales dont il a été répandu des d'airs d'opéras, op. 9, ibid. copies manuscrites. On en a gravé : 14° Trois GIORGETTI (FERDINAND), violoniste et trios pour clavecin, violon et violoncelle, compositeur, est né à Florence, en 1796. A l'âge op. 27, Berlin, Hummel. 15° Six idem, op. 29, de trois ans, il commença à jouer seul d'un Londres. 16° Trois concertos pour violon, petit violon que son père, professeur de mathéop. 51, Berlin, Hummel. 17° Trois trios pour matiques, lui avait donné. A cinq ans, il prit piano, op. 32, Londres, Preston. 18° Six grands les premières leçons d'un maitre nommé Frantrios pour piano, op. 35, ibid. On connait çois Giuliani. Giorgetti n'était âgé que de quinze aussi de ce compositeur : 190 Duos pour deux ans quand il sul attaché comme violoniste à la voix de soprano, Londres, 1779. 20° Cinq musique de la chambre de la reine d'Etrurie, livres de canzonelles italiennes à voix seule, et voyagea à sa suite en Espagne et en France. ibid. Comme compositeur de musiqnie d'église, Cette princesse ayant pour demeure le château Giordani s'est fait connaitre par des litanies à de Compiègne, le jeune artiste vécut dans celle quatre voix et orchestre, et par les psaumes résidence pendant deux ans, et profita de la Lælatus sum, Cum invocarem, In te Domine proximité de Paris pour faire plusieurs excursperari, el Qui habitat, à quatre voix el sions dans cette ville, et y entendre les vioorchestre. On trouve de ce maitre, en ma- lonistes les plus remarquables. Rode devint nuscrit, à la Bibliothèquc royale de Berlin ; parliculièrement son modèle, et ce fut d'après Le tre ore d'agonia di N. S. Giesù Cristo, lui qu'il réforma son mécanisme d'archel et son oratorio.

style. Après les événements politiques de 1814, GIORDANI (TH0nas), frère aîné du pré- Giorgetti retourna à Florence, où il fut atteint, cédent, né à Naples, vers 1744, se rendit à peu de temps après, d'une maladie grave dool Londres avec sa famille, en 1762, et y parut au il n'a jamais été entièrement guéri, et qui l'a théâtre de Hay-Market, comme bouffe chan- laissé dans un état valéludinaire pour le reste tant, dans de petits opéras exécutés par ses de ses jours. Presque toujours renfermé dans frères et seurs. Fixé dans la capitale de l'An- sa maison, à cause de ses souffrances, il chergleterre, comme professeur de musique, il cha dans la composition des distractions à ses écrivit beaucoup de compositions instrumen- maux. Disma Ugolini, maitre renommé à Flo. tales et vocales qu'on a souvent confondues

rence, lui enseigna l'harmonie; mais ce fut avec celles de son frère. En 1779, il s'associa surtout dans la lecture des ouvrages de Reicha avec Leoni pour établir un Opéra à Dublin. et des partitions des grands maitres, que GiorGiordani était le directeur et le compositeur du gelli apprit l'art d'écrire avec élégance. En théâtre; celte entreprise ne réussit pas, el 1839, il fut nominé professeur de violon au Giordani fut obligé de manquer à ses engage- Lycée impérial et royal de Florence, en romments. Ce fåcheux événement ne l'empêcha placement de Tinti, décédé depuis peu. Son enpas de s'établir à Dublin et de s'y marier. Il y seignement a été fructueux, car plusieurs élèves vivait encore en 1816, à l'âge de soixante- sortis de son école, tels que Joseph Giovacchini, douze ans. On ne sait pas d'une manière cer- César Corazzi, Robert Ferroni, Jean Bruni,

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