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un des grands avantages du siecle de Louis XIV que Lulli ait rencontré un Quinault. Après Lulli tous les musiciens, comme Colasse, Campra, Destouches , et les autres, ont été ses imitateurs, jusqu'à ce qu'enfin Rameau est venu, qni s'est élevé au-dessus d'eux par la profondeur de son harmonie, et qui a fait de la musique un art nouVeaUl. A l'égard des musiciens de chapelle, quoiqu'il y en ait plusieurs célebres en France, leurs ouvrages n'ont point encore été exécutés ailleurs.

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Il n'en est pas de la peinture comme de la musique. Une nation peut avoir un chant qui ne plaise qu'à elle, parceque le génie de sa langue n'en admettra pas d'autres ; mais les peintres doivent représenter la nature, qui est la même dans tous les pays, et qui est vue avec 1es mêmes yeux.

Il faut pour qu'un peintre ait une juste réputation que ses ouvrages aient un prix chez les étrangers. Ce n'est pas assez d'avoir un petit parti, et d'être , loué dans de petits livres, il faut être acheté.

Ce qui resserre quelquefois les talents des peintres est ce qui semblerait devoir les étendre; c'est le goût académique, c'est la maniere qu'ils prennent d'après ceux qui président. Les académies sont sans doute très utiles pour former des éleves, surtout quand les directeurs travaillent dans le grand goût ; mais si le chef a le goût petit, si sa maniere est aride et léchée, si ses figures grimacent , si ses tableaux sont peints comme les éventails ;les éleves, subjugués par l'imitation, ou par l'envie de plaire à un mauvais maître, perdent entièrement l'idée de la belle nature. Il y a une fatalité sur les académies;

aucun ouvrage qu'on appelle aeadémique n'a été encore en aucun genre un ouvrage de génie. Donnezmoi un artiste tout occupé de la crainte de ne pas saisir la maniere de ses confreres, ses productions seront compassées et contraintes : donnez-moi un homme d'un esprit libre , plein de la nature qu'il copie, il réussira. Presque tous les artistes sublimes, ou ont fleuri avant les établissements des académies, ou ont travaillé dans un goût différent de celui qui régnait dans ces sociétés. Corneille, Racine, Despréaux, le Sueur, le Moine, non seulement prirent une route différente de leurs confreres, mais ils les avaient presque tous pour ennemis. PoUssIN (Nicolas), né aux Andelis en Normandie, en 1594 , fut l'éleve de son génie ; il se perfectionna à Rome. On l'appelle le peintre des gens d'esprit ; on pourrait aussi l'appeler celui des gens de goût. Il n'a d'autre défaut que celui d'avoir outré le sombre du coloris de l'école romaine. Il était dans son temps le plus grand peintre de l'Europe. Rappelé de Rome à Paris, il y céda à l'envie et aux eabales ; il se retira : c'est ce qui est arrivé à plus d'un artiste. Le Poussin retourna à Rome , où il vécut pauvre, mais content. Sa philosophie le nuit au-dessus de la fortune. Mort en 1665. LE sUEUR (Eustache), né à Paris en 1617, n'ayant eu que Vouët pour maître, devint cependant un peintre excellent. Il avait porté l'art de la peinture au plus haut point, lorsqu'il mourut, à l'âge de trente-huit ans, en 1655. BoURDoN et LE VALENTIN ont été célebres. Trois des meilleurs tableaux qui ornent l'église de SaintPierre de Rome sont du Poussin, du Bourdon et du Valentin. LE BRUN (Charles), né à Paris en 1619. A peine

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ent-il développé son talent, que le surintendant Fouquet, l'un des plus généreux et des plus malheureux hommes qui aient jamais été, lui donna une pension de vingt-quatre mille livres de notre monnaie d'aujourd'hui. Il est a remarquer que son tableau de la famille de Darius, qui est à Versailles, n'est point effacé par le coloris du tableau de Paul Véronese, qu'on voit à côté, et le surpasse beaucoup par le dessin, la composition, la dignité, I'expression, et la fidélité du costume. Les estampes de ses tableaux des batailles d'Alexandre sont encore plus recherchées que les batailles de Constantin par Raphaël et par Jules Romain. Mort en 169o. MIGNARD(Pierre), né à Troies en Champagne en 161 o, fut le rival de le Bruu pendant quelque temps; mais il ne l'est pas aux yeux de la postérité. Mort en 1695. GELÉE (Claude), dit Claude LoRRAIN. Son pere, qui en voulait faire un garçon pâtissier, ne prévoyait pas qu'un jour son fils ferait des tableaux qui seraient regardés comme ceux d'un des premiers paysagistes de l'Europe. Mort à Rome en 1678. CAsE. On a de lui des tableaux qui commencent à être d'un grand prix. On rend trop tard justice en France aux bons artistes : leurs ouvrages médioeres y font trop de tort à leurs chefs-d'œuvre. Les Italiens, au contraire, passent chez eux le médiocre en faveur de l'excellent. Chaque nation cherche à se faire valoir. Les Français font valoir les autres nations en tout genre. PARRoCEL (Joseph), né en 1648, bon peintre , et surpassé par son fils. Mort en 17o4. JoUvENET (Jean), né à Rouen en 1644 , éleve de le Brun, inférieur à son maître, quoique bon peintre. Il a peint presque tous les objets d'une couleur un peu jaune : il les voyait de cette eouleur par une singuliere conformation d'organes. Devenu paralytique du bras droit, il s'exerça à peindre de la main gauche; et on a de lr de grandes compositions exécutées de cette n.niere. Mort en 1717. SANTERRE (Jean-Baptiste) ; il y a de lui des tableaux de chevalet admirables, d'un coloris vrai et tendre. Son tableau d'Adam et d'Eve est un des plus beaux qu'il y ait en Europe. Celui de sainte Thérese, dans la chapelle de Versailles, est un chef. d'œuvre de graces, et on ne luia reproché que d'être trop voluptueux pour un tableau d'autel. LA FossE s'est distingué par un mérite à-peu-près semblable. BoULoGNE (Bon), excellent peintre ; la preuve en est que ses tableaux sont vendus fort cher. BoULoGNE (Louis). Ses tableaux, qui ne sont pas sans mérite, sont moins recherchés que ceux de son frere. RAoUs, peintre inégal; mais quand il a réussi, il a égalé le Rembrand. RIGAUD, né à Perpignan en 1663. Quoiqu'il n'ait guere de réputation que dans le portrait, le grand tableau où il a représenté le cardinal de Bouillon ouvrant l'année sainte est un chef-d'œuvre égal aux plus beaux ouvrages de Rubens. Mort en 1743. DE TRox a travaillé dans le goût de Rigaud. On a de son fils des tableaux d'histoire estimés. VATEAU a été dans le gracieux à-peu-près ce que Téniers a été dans le grotesque : il a fait des disciples dont les tableaux sont recherchés. Le MoINE, né à Paris en 1688, a peut-être surpassé tous ces peintres par la composition du salon d'Hercule, à Versailles. Cette apothéose d'Hercule était une flatterie pour le cardinai Hercule de Fleuri, qui n'avait rien de commun avec l'Hercule de la

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fable. Il eût mieux valu, dans le salon d'un roi de i'rance, représenter l'apothéose de Henri IV. Le Moine, envié de ses confreres, et se croyant mal récompensé du cardinal , se tua de désespoir en 1737. Quelques autres ont excellé à peindre des animaux, comme DEsPoRTEs et OUDRY; d'autres ont réussi dans la miniature; plusieurs dans le portrait : quelques peintres, et sur-tout le célebre VANLoo, se sont distingués depuis dans de plus grands genres; et il est à croire que cet art ne périra pas.

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LA sculpture a été poussée à sa perfection sous Louis XIV, et s'est soutenue dans sa force sous Louis XV. SARAsIN (Jacques), né en 1598 , fit des chefsd'œuvre à Rome pour le pape Clément VIII : il travailla à Paris avec le même succès. Mort en 166o. PUGET (Pierre), né en 1623, architecte, sculpteur, et peintre; célebre par plusieurs chefs-d'œuvre qu'on voit à Marseille et à Versailles : mort en 1695. LE GRos et THÉoDoN ont embelli l'Italie de leurs ouvrages. Ils firent chacun à Rome deux modeles qui l'emporterent au concours sur tous les autres, et qui sont comptés parmi les chefs-d'œuvre. Le Gros mourut à Rome en 1719. GIRARDoN (François), né en 1617, a égalé tout ce que l'antiquité a de plus beau, par les bains d'Apollon, et par le tombeau du cardinal de Richelieu. Mort en 1715. Les CoIsEvox et les CoUsToU, et beaucoup d'autres, se sont très distingués, et sont encore surpassés

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