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taille de Solbaye : il fut depuis premier président de la chambre des comptes du Dauphiné. Sa mémoire est chere à Grenoble pour le bien qu'il fit, et aux gens de lettres pour ses grandes recherches. Ses Mémoires sur le Dauphiné furent composés dans le temps qu'il était aveugle , et sur les lectures qu'on lui faisait. Mort en 173o. BoUDIER, auteur de quelques vers naturels. Il fit en mourant, à quatre-vingt-dix ans , son épitaphe : J'étais poëte, historien ; Et maintenant je ne suis rien.

BoUHIER ( Jean ), président du parlement de Dijon, né en 1673. Son érudition l'a rendu célebre. Il a traduit en vers français quelques morceaux d'anciens poëtes latins. Il pensait qu'on ne doit pas les traduire autrement ; mais ses vers font voir combien c'est une entreprise difficile. Mort en 1 746.

BoUHoURs (Dominique), jésuite, né à Paris en 1628. La langue et le bon goût lui ont beaucoup d'obligations. Il a fait quelques bons ouvrages dont on a fait de bonnes critiques : ex privatis odiis respublica crescit.

La vie de saint Ignace de Loyola, qu'il composa, n'a réussi ni chez les gens du monde, ni chez les savants, ni ehez les philosophes. Celle de Xavier a été plus mal reçue. Ses Remarques sur la langue, et sur-tout sa Maniere de bien penser sur les ouvrages d'esprit, seront toujours utiles aux jeunes gens qui voudront se former le goût : il leur enseigne à éviter l'enflure, l'obscurité, le recherché, et le faux : s'il juge trop sévèrement en quelques endroits le Tasse et d'autres auteurs italiens, il les condamne souvent avec raison. Son style est pur et agréable. Ce petit livre de la Maniere de bien penser blessa les Italiens, et devint une querelle de nation ; on sentait que les opinions de Bouhours, appuyées de celles de Boileau, pouvaient tenir lieu de lois : le marquis Orsi et quelques autres composerent deux très gros volumes pour justifier quelques vers du Tasse. Remarquons que le P. Bouhours ne serait guere en droit de reprocher des pensées fausses aux Italiens, lui qui compare Ignace de Loyola à César, et François Xavier à Alexandre, s'il n'était tombé rarement dans ces fautes. Mort en 17o2. BoUILLAU (Ismaël), de Loudun, né en 16o5, savant dans l'histoire et dans les mathématiques. Comme tous les astronomes de ce siecle, il se mêla d'astrologie, ainsi qu'on le voit dans les lettres que lui écrivait Desnoyers, ambassadeur en Pologne, et depuis secrétaire d'état ; c'était alors un moyen de faire la cour aux gens puissants : Confugiendum ad astrologiam, astronomiae altricem , disait Kepler. Mort en 1694. Le comte de BoULAINvILLIERs, de la maison de Croui , le plus savant gentilhomme du royaume dans l'histoire, et le plus capable d'écrire celle de France, s'il n'avait pas été trop systématique. Il appelle notre gouvernement féodal le chef-d'œuvre de l'esprit humain. Le systême féodal pourrait mériter le nom de chef-d'œuvre en Allemagne ; mais en France il ne fut qu'un chef-d'œuvre d'anarchie. Il regrette les temps où les peuples , esclaves de petits tyrans ignorants et barbares , n'avaient ui industrie, ni commerce, ni propriété ; et il croit qu'une centaine de seigneurs , oppresseurs de la terre et ennemis du roi, composaient le plus parfait des gouvernements. Malgré ce systême il était excellent citoyen , comme, malgré son faible pour l'astrologie judiciaire , il était philosophe de cette philosophie qui compte la vie pour peu de chose, et qui méprise la mort. Ses écrits, qu'il faut lire avec précaution , sont profonds et utiles. On a imprimé, à la fin de ses ouvrages, un gros mémoire « pour rendre le roi de France plus riche que tous les autres monarques ensemble ». Il est évident que cet ouvrage n'est pas du comte de Boulainvilliers ; cependant tous ces petits écri' vains politiques, qui gouvernent l'état dans leur grenier, citent cette rapsodie. Mort vers l'an 172o. BoURDALoUE, né à Bourges en 1632 , jésuite ; le premier modele des bons prédicateurs en Europe. Mort en 17o4. BoURsAULT ( Edme ), né en Bourgogne en 1638. Ses Lettres à Babet, estimées de son temps, sont devenues, comme toutes les lettres dans ce goût, l'amusement des jeunes provinciaux. On joue encore sa comédie d'Esope. Mort en 17o1. - BoURzErs (Amable de), né en Auvergne en 16o6, auteur de plusieurs ouvrages de politique et de controverse. Silhon et lui sont soupçonnés d'avoir composé le Testament politique attribué au cardinal de Richelieu. Mort en 1672. BoURsIER (Laurent ), de la société de Sorbonne , né en 1679, auteur du fameux livre de l'action de Dieu sur les créatures, ou de la prémotion physique. C'est un ouvrage profond par les raisonnements, fortifié par beaucoup d'érudition, et orné quelquefois d'une grande éloquence ; mais l'attachement à certains dogmes peut ravir à ce célebre écrit beaucoup de sa solidité et de sa force. L'auteur ressemble à un homme d'état qui, en Voulant établir des lois générales, les corrompt Par des intérêts de famille. Il est trop dificile d'allier les systêmes sur la grace avec le grand systême de l'action éternelle et immuable de Dieu sur tout ce qui existe. Il faut avouer qu'il n'y a que deux manieres philosophiques d'expliquer la machine du monde ; ou Dieu a ordonné une fois, et la nature obéit toujours ; ou Dien donne continuellement à tout l'être et toutes les modifications de l'être : un troisieme parti est inexplicable. Il est dit dans le nouveau dictionnaire historique, littéraire, critique, et janséniste, « que Boursier, semblable à l'aigle, s'éleve en haut et trempe sa plume dans le sein de Dieu ». On ne voit pas trop comment Dieu peut servir de cornet à M. Boursier. Voilà la premiere fois qu'on ait comparé Dieu à la bouteille à l'encre. Mort en 1749. BRÉBEUF (Guillaume ) , né en Normandie en 1618. Il est connu par sa traduction de la Pharsale , mais on ignore communément qu'il a fait le Lucain travesti. Mort en 1661. BRETEUIL (Gabrielle-Émilie), marquise du Châtelet, née en 17o6. Elle a éclairci Leibnitz, traduit et commenté Newton ; mérite fort inutile à la cour, mais révéré chez toutes les nations qui se piquent de savoir, et qui ont admiré la profondeur de son génie et son éloquence. De toutes les femmes qui ont illustré la France c'est celle qui a eu le plus de véritable esprit , et qui a moins affecté le bel-esprit. Morte en 1749. BRIENNE ( Henri-Auguste de Loménie de ) , secrétaire d'état. Il a laissé des § Il serait utile que les ministres en écrivissent, mais tels que ceux qui sont rédigés depuis peu sous le nom du duc de Sulli. Mort en 1666. L'abbé de BRUEYs, né en Languedoc en 1639. Dix volumes de controverse qu'il a faits auraient laissé son nom dans l'oubli ; mais la petite.coS. DE LoUIs xv. 5 18

médie du Grondeur, supérieure à toutes les sarees de Moliere, et celle de l'Avocat Patelin, ancien monument de la naïveté gauloise qu'il rajeunit, le feront connaître tant qu'il y aura en France un théâtre. Palaprat l'aida dans ces deux jolies pieces : ce sont les seuls ouvrages de génie que deux auteurs aient composés ensemble. Mort en 1723. On croit devoir relever ici un fait très singulier qui se trouve dans un recueil d'anecdotes littéraires , 175o , chez Durand , tome II, page 369. Voici les paroles de l'auteur : « Les amours de Louis XIV ayant été jouées en Angleterre, Louis XIV voulut faire jouer aussi celles du roi Guillaume. L'abbé Brueys fut chargé par M. de Torci de faire la piece, mais quoiqu'applaudie, elle ne fut pas jouée ». . Remarquez que ce recueil d'anecdotes, qui est rempli de pareils contes, est imprimé avec approbation et privilege : jamais on ne joua les amours de Louis XIV sur aucun théâtre ' de Londres , et on sait que le roi Guillaume n'eut jamais de maîtresse. Quand il en aurait eu, Louis XIV était trop attaché aux bienséances pour ordonner qu'on fit une comédie des amours de Guillaume ; M. de Torci n'était pas homme à proposer une chose si impertinente ; enfin l'abbé Brueys ne songea jamais à composer ce ridicule ouvrage qu'on lui attribue. On ne peut trop répéter que la plupart de ces recueils d'anecdotes, de ces ana, de ccs mémoires secrets, dont le public est inondé , ne sont que des compilations faites au hasard par des écrivains mercenaires. LA BRUYERE (Jean ), né à Dourdan en 1644. Il est certain qu'il peignit dans ses Caracteres des Personnes connues et considérables. Son livre a

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