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solés ou réprimandés. Il s'occupait surtout du transport des blessés, et des siens et de ceux de l'ennemi ; il donnait et réitérait les ordres pour que tous les moyens, tous les individus disponibles y fussent employés ; et de préférence ceux qui se trouvaient auprès de lui.

Ce ne fut qu'en joignant au-delà de Broni l'avant-garde du général Ott, que le premier Consul eut pleine connaissance de la position de l'armée autrichienne. Il ignorait encore la reddition de Génes et l'honorable convention de Masséna : des dépêches surprises sur un courrier du général Mélas avaient fait connaître sa marche et celle du général Elsnitz; mais les

mais les rapports des prisonniers faits à Broni levèrent tous les doutes : le général Ott, parti de Génes après la signature du traité, était venu en deux marches jusqu'à Tortone, et avait poussé plus avant sa première avant-garde, ce même régiment de Klebeck défait devant Plaisance par l'avant - garde de Murat

; n'ayant pu, malgré cette diligence, arriver å

temps à Plaisance, ni même à Stradella, pour s'opposer au passage du , le général Oit avait réuni son corps d'armée et pris une bonne position au bourg de Casteggio et à Montebello, sur deux lignes coupant l'une et l'autre à un mille de distance la route de Tortone , et pouvant se soutenir selon le besoin, soit en avant, soit en arrière. Le général Ott avait fort bien saisi cette position; il avait placé la plus forte partie de son infanterie à sa droite et obliquement sur les hauteurs au pied desquelles passe la grande route ; le reste était dans la plaine, soutenant la cavalerie qui formait son aile gauche et se trouvait ainsi un peu refusée.

Bonaparte avait réussi à couper la ligne d'opérations de l'armée autrichienne entièrement découverte par le passage du . M. de Mélas, séparé d'une partie de son armée, ayant perdu avec ses dépôts des ressources qui doublaient les moyens d'exécution de l'armée française et le matériel de son artillerie, était obligé de faire face eri arrière et de se former une nouvelle base

d'opérations, dont les flancs déjà inquiétés allaient bientôt être attaqués par le corps de Suchet réuni à la garnison de Génes, et par les nouvelles divisions françaises débouchant des vallées des Alpes, Dans cette extrémité, il était évident que le général autrichien avait à se résoudre entre trois partis différens :

1°. Se concentrer dans le Piémont et la Ligurie, où (comme l'a dit M. de Bulow dans son intéressante discussion sur cette campagne) « les Impériaux possédaient tous » les élémens d'une force indépendante , » et tenir fortement le camp retranché qu'avait occupé le général Moreau entre Alexandrie et Valence; laisser l'armée française, dont la force numérique, le matériel et les approvisionnemens étaient encore insuffisans pour tenir long-temps la campagne, se développer et s'affaiblir ; enfin temporiser jusqu'à ce que la formation d'une nouvelle armée autrichienne sous Mantoue eût placé les Français dans une situation aussi critiqué que celle où se trouvaient les Impériaux.

2°. Passer franchement avec toutes ses forces à la rive gauche du , marcher sur les communications déjà trop étendues et trop excentriques de l'armée française, culbuter ses corps détachés à l'est de Milan, rallier les siens et reprendre l'offensive.

3o, Enfin (et ce fut le parti que prit le général Mélas), se serrer en une seule masse, descendre la rive droite du fleuve, et se faire jour à tout prix pour rétablir ses communications par Mantoue.

Dans ces diverses suppositions, il importait à Bonaparte de livrer la bataille avant la réunion de toutes les forces qui devaient assurer à l'ennemi l'avantage du nombre et dans une proportion presque double en cavalerie : aussi voyant que le général Ott, qui amenait de Génes le renfort le plus considérable, et surtout l'excellente infanterie qui avait combattu contre Masséna lui offrait l'occasion qu'il souhaitait le plus ardemment, celle d'un engagement partiel, il se hâta d'en profiter. Les corps des lieutenans généraux Lannes, Murat et Victor

se trouvant déjà sur la rive droite, il n'attendit pas que le reste de l'armée eût achevé de passer le Pé, et décida le mouvement en avant.

Le 9 juin, le générał Lannes reçut l'ordre de marcher avec son corps sur Casteggio : vers dix heures du matin, la division Watrin, qui formait l'avant-garde, rencontra les premiers postes autrichiens près de Villa San-Giwlietta , et les fit replier jusqu'à Rivetta Gandolfi, suivant toujours le chemin de Tortone. Le général Ott, confiant dans sa position et dans les bonnes dispositions de ses troupes, les avait presque toutes portées en première ligne sur Casteggio , et n'avait conservé qu'un petit corps de réi serve à Montebello.

Le général Lannes fit d'abord engager le combat par la seule division du général Watrin; deux bataillons d'infanterie légère sé déplayèrent sur la droite, et quatre bataillóns formant la gauche de l'attaque, marchèrent au pas de charge pour déposter les Autrichiens des hauteurs où leur aile droite

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