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ches, et par

Savone et Vado, le 27 avril, avec les troupes qu'il avait retirées du blocus de Gênes, fit attaquer le lendemain les positions de Melogno et de Settepani. Le général Elsnitz dirigea sa colonne sur Terra di Melogno et Calissano; le général Lattermann marcha sur Borgo-Finale, et le général Gorupp, auquel s'était joint le général Kaim, fut chargé d'agir dans les environs de SanBernardo , et de pousser une forte reconnaissance jusque sur le Col de Tende.

Éclairé sur le danger de sa position par la certitude de l'investissement de la place Autrichiens vers les hautes vallées du Tanaro, le général Suchet se décida enfin à abandonner ses positions de Melogno et de Settepani, pour prendre une nouvelle ligne de défense. Il eût peut-être été victime de sa téméraire obstination, si le général Mélas, laissant devant lui un corps peu considerable, au lieu de s'y porter de sa personne dans l'espérance de l'enlever, eût marché sur le Col de Tende et se fût jeté avec toute

sa réserve sur sa communication avec la frontière de France, qu'il eût trouvée entièrement dégarnie de troupes.

Du 29 au 30 avril, la petite armée française, plus concentrée, occupait par sa droite Loano, Borghetto et les retranchemens du Santo Spirito, et par sa gauche, les postes de San Bernardo et la Rocca Barbena.

Quoique cette position que le général Suchet s'était préparée fût plus resserrée, et couvrît mieux ses points de retraite, comme elle était parallèle au front de l'ennemi qui, supérieur en forces, manoeuvrait librement et à couvert au-delà des sommités, il ne pouvait s'y arrêter; il y soutint cependant une attaque générale bien combinée et secondée par une insurrection de la vallée d'Oneille, qui ne laissait aux Français aucun espoir de salut, s'ils étaient mis en désordre.

Le 1er mai, le général Mélas, avec une forte colonne, suivant le rivage de la mer, enleva Loano, et força la garnison à se replier sur Borghetto; il manoeuvrait en même temps şur toute la ligne. Le lendemain 2 mai, le

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général Elsnitz attaqua vivement le général Séras à la Rocca Barbena : celui-ci voyant que l'intention de l'ennemi était de le retenir et de l'isoler, se replia sur Campo-Preti pour se resserrer et s'appuyer sur le centre de la ligne qui tenait la position du MontGalet; mais la plus forte colonne autrichienne, conduite par le général Bellegarde, ayant attaqué en même temps et avec la plus grande impétuosité la demi-brigade qui formait le centre de la ligne, l'enfonça et la repoussa jusqu'à Concento, au-delà du torrent. Cette manoeuvre mit le général Séras dans le plus grand danger; il allait être enveloppé, s'il n'eût dégagé sa droite, en attaquant lui-même les redoutes de Zucharello, que

les Autrichiens avaient déjà occupées; il rétablit ainsi le combat, et empêcha le général Bellegarde de traverser la ligne.

En même temps le général Lattermann, soutenu par le feu des frégates anglaises qui longeaient la côte, s'empara de Borghetto, mais ne put parvenir à déposter entièrement la droite de la ligne française.

Le général Suchet fit sa retraite pendant la nuit et prit une nouvelle position, appuyant toujours sa droite à la mer, à Oneglio et Port-Maurice ; sa gauche placée à la Pieva, s'éclairait

par

des postes détachés jusqu'aux sources du Tanaro, le centre occupait Toria et San-Bartholomeo. Informé des premiers mouvemens de l'armée de réserve sur Genève, et de la reprise du Mont-Cénis par le général Thureau, Suchet espérait que le général Mélas serait obligé de porter en Piémont une partie de ses forces, et qu'il pourrait se maintenir dans la vallée d'Oneille, du moins aussi long-temps que les positions du Col de Tende , gardées par le général . Lesuire avec 1,800 hommes, n'auraient pas été forcées.

Les Autrichiens ne firent pendant quatre jours aucune attaque sérieuse sur le front de la ligne française ; ils eurent même quelques désavantages dans les petits combats d'avant-postes; ils couvraient ainsi le mouvement du général Gorupp qui, le 6 mai, parut au Col de Tende avec des forces su

périeures, déposta rapidement le général Lesuire, et le poursuivit jusqu'à Saorgio.

Dès le lendemain le général Mélas, ayant réuni de 15 à 18,000 hommes, mit les colonnes en mouvement une heure avant le jour. Le général Elsnitz se présenta devant San-Bartholomeo et Rezzo, qui formaient, comme nous l'avons dit, le centre de la ligne des Français, et où le général Suchet avait réuni la majeure partie de ses troupes : la position fut défendue avec la plus grande ténacité, surtout au village de Cesio, où l'on se battit pendant cinq heures, et souvent à la baïonnette, avec le dernier acharnement.

L'extrême gauche, sous les ordres du général Jablonowsky, attaquée par trois colonnes, fut séparée du reste de la ligne ; le général Puget, qui commandait à la Pieva et à San-Bartholomeo, fit de vains efforts pour rétablir ses communications, et se trouvant à découvert et débordé, il fut obligé de se retirer sur la montagne d'Acquarone, point de ralliement indiqué par le général Suchet; celui-ci se hâtait de conduire sa réserve;

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