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» Genève, et dès-lors vos subsistances se» ront beaucoup plus assurées ;

mais il faut » que vous vous assuriez bien de la nature » des chemins depuis Aost au : vous » pourrez dans le corps italien avoir tous » les renseignemens nécessaires.

» Par le Simplon vous arrivez tout de » suite dans un plus beau pays.

» Rien en Italie ne pourra résister aux » 40,000 hommes que vous avez : que

l'ar>> mée autrichienne soit victorieuse ou vain

pourra

dans aucun cas soute» nir le choc d'une armée fraîche ».

A la même époque, du 25 au 26 avril, le général Berthier écrivait de Dijon au premier Consul :

« Il n'y a pas un moment à perdre pour » faire un mouvement qui dégage Masséna; » je serais déjà à Genève, si la formation de » cette armée et tout ce qui tient essentiel» lement à son organisation me le permet

taient ; mais elle est en retard de vingt » jours.

» Je pense qu'il est indispensable de pren

» cue,

elle ne

» dre un parti indépendant des événemens » du Rhin et de ceux de l'aile droite de » l'armée d'Italie, et je propose....... Ordre » impératif au général Moreau de réunir le » 15 floréal (10 mai), à Lucerne, un corps » de 15,000 hommes aux ordres du général » Lecourbe, avec les approvisionnemens et » tout ce qui est nécessaire pour passer le » Saint-Gothard..... Ordre direct au général » Lecourbe, qui est indispensablement né» cessaire par ses connaissances du pays. » Vous verrez par

l'état de situation, que >> je n'ai dans ce moment que 22,000 hom» mes d'infanterie disponible, 6,000 hom» mes en marche, et 3,000 seulement an» noncés.

» La légion italique de 4,000 hommes est » sans armes et sans habits; observez que, » dans le nombre ci-dessus, il y a un quart » de conscrits dont la désertion est journa» lière : je ne puis donc passer les Alpes » qu'avec 25,000 hommes portant des baïon» nettes , non comprises la cavalerie et l'ar» tillerie; ajoutez 3,000 hommes du général

» Thureau, et vous trouverez au plus » 30,000 hommes d'infanterie ; (calcul de » général en chef, et non de bureau, ce que » vous savez apprécier mieux que personne); » je ne compte pas les bataillons de l'armée » d'Orient destinés à garder la Suisse.

» Il est indispensable, quelque chose qui » arrive, que l'armée du Rhin me donne le » général Lecourbe avec 15,000 hommes » organisés pour passer le Saint-Gothard; » quelles que soient les circonstances, Mo»>reau restera toujours avec plus de forces » qu'il ne lui en faut.

» Genève et l'Helvétie sont des pays rui» nés; je ne puis donc que les traverser et » ménager ces faibles ressources pour mon » passage.

» Suivant les circonstances, je me met>> trai en mouvement de Genève le 18 ou » le 19 floréal (13 ou 14 mai), pour me jeter » en Italie, soit par le Saint-Bernard , soit » par le Simplon, soit par le Saint-Gothard. » Je me déciderai au moment même. Le » Simplon est impraticable pour les trai

» neaux ; le Saint-Bernard et le Saint-Go>>thard sont les débouchés préférables.

» Je vous fais connaître ma véritable po» sition, non pour me plaindre, mais pour » vous mettre à même de faire vos disposi» tions. Je marcherai avec ce que j'aurai, » sans compter le nombre des ennemis ; les » troupes ont de l'ardeur; nous vaincrons » les difficultés, nous en aurons beaucoup, >> et par conséquent plus de gloire ».

Nous avons cru ne pouvoir exposer d'une manière plus satisfaisante les vues de Bonaparte et les moyens et la coopération du général Berthier à l'exécution de ses desseins, qu'en rapportant des extraits de leur plus secrète correspondance. Elle était d'autant plus active, que, dans cette expédition et dans toutes les affaires où Bonaparte devait paraître en personne, il n'abandonnait pas le moindre détail ; le zèle le plus ardent, les talens les plus éprouvés ne lui inspiraient jamais une entière confiance : c'est dans ces lettres qu'il dictait avec la rapidité ordinaire du discours, avec une négligence apparente,

mais toujours après une profonde méditation, qu'on peut juger sa pénétration et la prévoyance inquiète et jalouse qui lui rendent propres ses plus grands succès , et ne laissent aucune excuse à ses plus graves erreurs. Son compagnon d'armes le plus utile et le plus dévoué, Berthier, doit aussi recueillir, par la mise en évidence des vues et des dispositions qui lui appartiennent, et de ses sages conseils, une justice que Bonaparte rendit trop rarement au mérite de ce général. Comme l'intérêt de ces documens nous impose le devoir d'en justifier la fidélité, nous avons fait imprimer textuellement, à la suite des pièces originales que nous avons déjà annoncées, les lettres et ordres dont les citations nous ont paru propres

à satisfaire la curiosité de nos lecteurs.

Son chef d'état – major permanent, le major-général Berthier, ne quittait jamais Bonaparte; à peine s'il lui permettait de le devancer de quelques jours, lorsque sa présence était nécessaire pour presser les mou

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