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ce mouvement national, le parlement avait fait des efforts plus dignes d'une telle cause. Sous le voile de ces résolutions magnanimes , les Anglais voulaient profiter d'une occasion d'accabler la marine et les colonies françaises et espagnoles. •

Par l'entremise de l'Angleterre, le roi de E'ie rôVdé1. 'Sardaigne, qui avait menacé la reine de sardaigne. jjongrie f venait de s'unir avec elle. Nous verrons combien cette alliance fut utile à l'Autriche pour la défense de l'Italie. Fleurv veut Le cardinal de Fleury était consterné S"TM- d'avoir vu si promptement confirmées ses

rtse le joue. 1 1

tristes prédictions sur les résultats de cette guerre. La paix la plus prompte lui semblait le seul remède aux nouveaux désastres qu'il prévoyait; pour obtenir des conditions plus favorables, il voulut faire les premières ouvertures. La reine de Hongrie parut l'écouter , mais bientôt elle se joua de ce vieillard et publia une correspondance qui rendait la France suspecte à ses alliés. Le roi de Prusse n'avait pas attendu cette révélation des desseins du cardinal, pour sortir le premier d'une ligue imprudente et malheureuse. Depuis un an, il ne se battait plus que pour arracher à l'Autriche une cession formelle de la Silésie. Marie Thérèse, quoique pressée par l'Angleterre d'éloigner 17*2à ce prix le seul de ses ennemis qui fût encore vainqueur, n'y pouvait consentir. Frédéric résolut de l'y déterminer par une victoire. Il vint en Bohême à la rencontre du Seconde vic

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prince de Lorraine, et 1 attaqua auprès de <i« Czaslaw. La bataille fut sanglante et cepen- 17 MaI' dant ne dura que trois heures. Le roi de Prusse s'y montra un grand général; son infanterie soutint la réputation qu'elle s'était acquise à Molwitz. Ainsi que dans cette journée, elle répara le désordre de la cavalerie. Le roi saisit avec rapidité l'un de ces instans qui décident de la victoire; elle lui coûta trois ou quatre mille hommes; les Autrichiens en avaient perdu plus de six mille; mais le lendemain ils occupaient encore des positions imposantes. On négocia. Lapaixd* Le cabinet de Vienne céda enfin la Silé- •»"/?u

Silésie.

sie, et remit à d'autres tems le soin de reconquérir cette belle province. juin.

La défection du roi de Prusse avait pour les Français l'effet d'une trahison cruelle.Si"?.<i<";cri

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Le maréchal de Broglie et le maréchal de jS" Bellè-isle, l'un déjà vieux, etqui venait d'être frappé de deux attaques d'apoplexie, l'autre d'une santé faible; le premier, glacé par une circonspection craintive ; le second, animé

de Juin.

d'une confiance que les troupes ne partageaien t pas, commandaient trente mil] e hommes perdus dans la Bohême. Ils n'étaient pas encore tout-à-fait resserrés dans Prague. Un peu avant la défection du roi de Prusse, les deux maréchaux avaient rem1742. porté à Sahay une petite victoire sur un cXhây. corps autrichien commandé par le prince de Lobkowitz.Ilsluiavaientpris six canons et fait un millier de prisonniers. Belle-îsle avait fait sonner très-haut cet exploit. Le roi de Prusse, auquel il était venu l'annoncer, fut piqué de ce qu'on osât comparer ce combat à sa victoire de Czaslaw. Le parti qu'il prit de se retirer de la Bohême força bientôt les Français à revenir sous les murs de Prague. Après beaucoup d'efforts, le prince de Lorraine parvint à les tenir assiégés dans cette ville. Ils s'y défendaient avec courage. Une Sortie qu.ils firent, fut si bien concertée et si impétueuse, qu'elle coûta trois mille hommes à l'armée autrichienne. Le cabinet de Versailles s'occupait enfin dé leur délivrance. La France avait dans les cercles de la Basse-Saxe et de la Westphalie une armée de cinquante mille hommes, qui n'avait d'autre but que d'arracher des suffrages pour l'électeur de Bavière. Le marechai de Maillebois, qui la commandait, reçut l'ordre de marcher au secours de Prague.

La cour de Vienne, inquiète des proci es Maiii.boi. j , • i -i • ^,arcb,

de cette armée, et craienant la prochaine i«wTM>e»t

O 1 au secours de

délivrance des Français enfermés dans Pra- pf3Bue* gue, prit ce moment pour entamer des né* gociations avec le cardinal de Fleury. Ce ministre, affaibli par les années, et découragé par les malheurs d'une guerre qu'il n'avait cessé de condamner, oublia que l'Autriche venait de dénoncer aux alliés de la France des ouvertures de paix qu'il avait faites sans leur concours; et il eut l'impru- • dence d'écrire au maréchal de Maillebois (sil'on en croit celui-ci) de ne point presser sa marche. 11 ne se vit que trop obéi. Les Français n'avaient jamais mis tant de lenteur à se mouvoir. Enfin, comme les négociations ne prenaient pas une tournure sérieuse, le maré«haldeMailleboisrésolutdes'avancer jusqu'à Egra. Sur le bruit de cette marche, Broglie sortitde Prague avec un corps de douze mille hommes, etvintàlarencontred'un libérateur si peu empressé. Il se retire sans avoir atteint son but. Mais quel fut son étonnement en arrivant à Egra de n'y plus trouver Maillebois! Celui-ci s'était rejeté précipitamment dans le haut Palatinat, instruit que le grand duc

se mettait en mouvement pour lui présenter bataille. Dès ce moment, Broglie ne sut plus que se retirer lui-même. Ces généraux s'accusaient entre eux, et murmuraient contre les ministres. Le général bavarois Seckendorff appelait envain leurs secours ; luimême était l'objet de leurs reproches. La reine de Hongrie s'amusait de ces discordes, qu'elle avait adroitement suscitées, et le prince de Lorraine en tirait parti pour ravager encore une fois les états du malheureux empereur Charles VII. 1742. Cependant cette diversion avait fait un deR""g«. peu respirer les Français enfermés dans Prague. Us étaient sortis de la ville, et y étaient rentrés avec des provisions qui leur permettaient de s'y défendre long-temps. Le général autrichien n'avait que seize mille hommes pour les assiéger; le maréchal de Belle-Isle avait les mêmes forces à lui opposer. 11 se disposait à la plus vive résistance, lorsqu'il reçut (a) un ordre du cabinet de

{à) On lit dans plusieurs mémoires que le maréchal de Belle-Isle prit de lui-même la résolution de sortir de Prague. Mais ce général affirme dans une lettre au général bavarois Seckendorff, qu'il avait reçu du cabinet de Versailles l'ordre réitéré de faire une retraite aussi difficile. Voici comment il

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