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l8 JLIVItB V, LOUIS xv: 1fatiguait les Espagnols eux-mêmes par l'excès de sa gravité , il passait presque sans intervalle de l'entretien de son confesseur à celui de sa femme. Ce n'était plus le père d'Aubenton qui dirigeait sa conscience, c'était LaitniMe un autre jésuite, nommé Bermudes, homme .on «mie- violent et perfide. Celui-ci trouva moyen d'ajouter encore de nouvelles terreurs à celles dont le monarque était poursuivi. Bermudés était gagné par des grands et par des prélats qui s'étaient ligués pour établir à côté du trône un pouvoir oligarchique. Une abdication de Philippe V leur parut le meilleur moyen de réussir dans leur projet. L'héritier de la couronne, dom Louis, était un prince très-jeune , timide et inappliqué. Ils se flattaient de pouvoir gouverner sous son nom comme dans une régence, Philippe s'était formé des scrupules sur la légitimité du titre auquel il possédait le trône. Le jésuite trouva dans les subtilités des casuistes de son école, des moyens de persuader au roi qu'il pouvait abandonner à son fils ce que lui-même il ne possédait pas avec sécurité de conscience. La reine était bien loin de partager ce dégoût du pouvoir, mais toutes ses instances pour le retenir furent vaincues par les terreurs religieuses et l'obstination de son mari. Le 1724. i5 janvier, Philippe V abdiqua en faveur de f,^iH: son fils; et, fidèle aux instructions perfides de Philippe de son confesseur, il forma une junte pour gouverner sous l'autorité du roi, Louis Ier. Cette commission était composée du président de Castille, de l'archevêque de Tolède, du grand inquisiteur, du marquis de Valéro, idu comte de Saiut-Estivan, du marquis de Leyde et de Guerreyra. Philippe avait voulu être suivi dans sa retraite par le marquis de Grimaldo, à qui cette résolution causait le plus grand dépit. La femme de ce ministre en était encore plus irritée. Philippe ne s'était réservé que le château de Saint-Ildéphonse etune pension de deux cent mille pistoles. La lettre qu'il écrivit au roi son fils était remplie des conseils d'une dévotion pusillanime, et ne renfermait pas une seule instruction pôh> tique.

Peu de temps après l'abdication du roi > Slii^tt, la junte se conduisit de manière à lui faire JJT. prévoir qu'il ne serait point affranchi des dégoûts dont Charles-Quint avait été abreuvé dans sa retraite; elle s'écarta de toutes les dispositions qu'il avait réglées. Le roi, / Louis Ier, ne monta sur le trône que pour essuyer la tutelle humiliante à laquelle son

père et son inexpérience le soumettaient. o,.Sriti do- Un chagrin ^domestique qu'il éprouva vin!

motique du . , ° -, a - > t 1

wiraroi' bientôt troubler un des règnes les plus courts dont parle l'histoire. La jeune reine (fille du régent) n'avait montré qu'une humeur triste et revêche, quoiqu'elle eût été accueillie avec la plus grande tendresse par son beaupère, et même par sa belle-mère. Quand 4e roi Philippe, en s'écartant de son austérité, disposait pour elle une fête, elle s'y refusait souvent avec une obstination dont il était impossible d'assigner les motifs. Devenue reine ,. elle faisait consister tous ses plaisirs dans des liaisons avec les dames de son palais; et comme leurs jeux étaient clandestins, on leur donna une interprétation scandaleuse. On en fit un grand éclat auprès du roi, qui eut l'imprudence d'accréditer des bruits calomnieux , ou exagérés ,, en faisant conduire sa femme au châ* tèau de Buen-Retiro. Elle y vécut sous une garde sévère et sans communication audehors. Cette rigueur dura peu et les deux époux se réconcilièrent; mais à peine étaientils réunis, que le roi tomba malade de la s. mmu petite vérole , et mourut au bout de cinq t724. jours. Toute l'Europe eut les yeux fixés sur le roi Philippe; le même ennui qui l'avait persécuté sur le trône, l'avait suivi au château de Saint- Ildéphonse. Il avait eu à y essuyer les plaintes et les reproches de la reine, du:

marquis, et de la marquise de Grimaldo. Le mépris que h Junte avait témoigné pour plusieurs de ses volontés, l'avait vivement ému. Cette commission pouvait tout entreprendre sous le règne du second 4e ses fils, l'infant Ferdinand,, âgé de dix ans.

Philippe se résolut à sortir de sa retraite. Ph;iiPP. v Il revint à Madrid et parut disposé à suc- p«»<iTMri« céder à son fils; mais il souhaitait d'y être engagé par les vœux de ses sujets. Les grands, qui brûlaient d'exercer la régence, osèrent s'opposer au désir de leur monarque. Ils écartèrent toutes les suppliques par lesquelles il voulait être prévenu. Enfin, ils eurent l'impudence de déclarer qu'ils attendraient la décision théologique des docteurs sur la question de savoir si Philippe pouvait remonter sur un trôae qu'il avait abdiqué. Le si»g*n,r jésuite Bermudés fiUparler ces docteurs; et TMle petit - fils de Louis XIV, pour avoir eu d'imbéeilles scrupules dignes de Louis-leDébonnaire , s'entendit déclarer , par des prélats, que la religion s'opposait à ce qu'il reprît la couronne. Cette décision et les menaces que l'hypocrite Bermudéslui faisait au

nom du ciel, l'effrayèrent à tel point, qu'il parla de retourner sur-le-champ à Saint

iiUigutwa Ildéphonse. La reine, transportée d'indignation , fit les plus violentes apostrophes au jésuite Bermudés. Elle lui dit qu'*7 était un traître y un Judasj que si elle était en péril de mort, elle aimerait mieux mourir sans sacremens} que de les recevoir par les mains

F«mfi*d. d'un aussi méchant homme. La nourrice de 'la reine, cette femme qui avait pu renverser un ministre tel qu'Albéroni, vint trouver le roi et lui parla avec une audace sans exemple; elle s'attendrit sur le sort d'un enfant dont des usurpateurs menaçaient le trône et les jours. « Puisqu'ils chassent le père, disait» elle, quel traitement réservent-ils au fils? » Ne trouveront-ils pas un Bermudés pour v approuver leur conduite et chacun de » leurs crimes ? Allez donc, vivez dans votre » retraite; mais quand vous verrez tous vos » enfans renvoyés à Parme, ou peut-être » empoisonnés, ella reine que j'ai nourrie, » sans asile; lorsque vous-même vous vous » traînerez vers un couvent en France, vous » vous repentirez d'avoir plus écoulé un » prêtre scélérat que vos devoirs de père et » de roi ». La reine, présente à cet entretien, «'apercevant que Philippe pâlissait, craignit

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