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la France eût faite depuis celle de Nimègue.

L'empereur.Charles VI avait été d'autant plus ému des disgrâces de la guerre, qu'elles étaient le fruit de l'imprévoyance et des fausses combinaisons de son cabinet. Il éprouvait ce genre de confusion et de tristesse qu'avait montré Philippe V, au moment où tous les projets d'Albéroni furent déconcertés. Le prince Eugène pouvait alors accabler de mépris la faction imprudente qui avait engagé cette- guerre malheureuse. Il représentait à l'empereur le danger de faire traverser ses Etals à des auxiliaires aussi redoutables et aussi suspects que les Moscovites. Charles VI était humilié et découragé. L'avantage de faire reconnaître sa fameuse pragmatique, lui paraissait une compensation de quelques sacrifices. Ceux auxquels il consentit furent étonnans; l'Autriche n'avait pas encore fait un pas rétrograde aussi marqué. Au mois d'octobre 1735, des prélimi- sigutnn. et naires furent signés à Vienne. Voici les résul- d« préi.mitats inattendus qu'ils présentèrent à l'Europe:

Stanislas abdiquait la couronne de Pologne , et conservait le titre de roi. Ses biens lui étaient rendus. On lui donnait les deux duchés de Lorraine et de Bar, qui seraient réunis à la France après sa mort. Le duc de Lorraine était reconnu héritier du grand due de Toscane. Les royaumes de Naples et dé Sicile étaient cédés à dom Carlos , qui eu était reconnu roi, L'empereur cédait au roi de Sardaigne le pays de Novare et celui de Tortone. Les duchés de Parme et de Plaisance étaient cédés à l'empereur. La France lui rendait les conquêtes qu'elle avait faites en Allemagne; enfin elle garantissait la pragmatique sanction de Charles VI. Acquintion Personne ne s'était attendu que la Lorrain., raine, étrangère à la querelle des plus puis^. sans monarques du midi et du nord de l'Eu*rope , devînt le gage de la paix. Le cardinal de Fleury n'avait pas d'abord une prétention aussi haute que celle de la réunion de cette province à la couronne de France. Il s'était contenté de demander le Barrois. Le gardé des sceaux, Chauvelin, qui avait le portefeuille des affaires étrangères, obtint > par son adroite fermeté , une acquisition que Louis XIV, au milieu de ses triomphes; avait en vain ambitionnée (a). La France ré

(a) En 1662, Louis XIV avait fait un traité pour l'acquisition de la Lorraine, sous condition d'adopter tous les princes lorrains pour princes du sang de France, et de les reconnaître pour héritiers dé la couronne au défaut des Bourbons. Les prince* parait ainsi, par cette clause habile, le hon-> teux abandon qu'elle avait fail de la cause de Stanislas. Au lieu d'un trône miné depuis long-temps par l'anarchie, humilié par la noblesse la plus turbulente et par les Moscovites qui déjà en disposaient comme d'un fief, Stanislas était appelé à gouverner un Etat paisible où tous les germes de bien public avaient été semés par le duc Léopold, un des princes les plus sages et les plus heureux de son siècle (a). Marie Leczinska, que

du sang- protestèrent contre la volonté de S. M» Les ducs et pairs murmurèrent, et le chancelier Le Tellier dit nettement au roi qu'il ne pouvait faire des princes du sang de France qu'avec la rein» sa femme. . -.

(a) Léopold, duc de Lorraine, naquit en 167g, de Charles V et d'Elisabeth d'Autriche. Le malheur l'avait poursuivi dès sa naissance. L'inconstant et le turbulent Charles IV, son grand-père , chassé plusieurs fois de ses Etats, tandis qu'il avait voulu en. soumettre, ou plutôt en troubler d'autres, avait fini par les perdre. Charles V ne put y rentrer, quoiqu'il fût. un des guerriers les plus distingués de son siècle. Enfin Léopeld y fut rétabli par la paix de Ryswick, en 1697. La jalousie réciproque de la France et de l'Autriche lui avait imposé des conditions humiliantes. Léopold eut à repeupler le pays peut-être le plus malheureux qui fût alors en Europe. Il réussit, au bout de quelques années, à en 11. ia

Louis XV avait épousée lorsqu'elle était obscure etindigente, se trouvait lui apporter une dot, non pas tout-à-fait de la même valeur, mais au moins du même genre que celles qu'Eléonore de Guyenne et Anne de Bretagne avaient apportées aux rois leurs époux. Leduc Francois recevait un vaste dédommagement deThér*itage de ses pères. Charles VI faisait bien mieux que de lui assurer la fertile et belle Toscane; il lui donnait la main de sa fille aînée, Marie Thérèse, l'héritière de ses États, et lui faisait espérer la couronne impériale. Mais ce jeune prince devait éprouver une longue suite de périls et de traverses avant de voir réaliser cette brillante espérance. Le grand duc de Toscane, le dernier des Médicis (a), vit avec étonnement, mais

faire un Etat florissant. Ni la France ni l'Autriche ne purent l'entraîner dans la guerre de la succession d'Espagne. Il se fit respecter de l'une et de l'autre. Louis XIV rechercha son alliance-, et lui donna sa nièce, fille de Monsieur et sœur du régent. Léopold était éclairé, vigilant, plein de mesure et de discernement dans ses bienfaits. Son administration était celle d'un bon père de famille. Il mourut en 172g, âgé de cinquante ans.

(a) Ce prince se nommait Jean Gaston. Il <:tait le sixième descendant direct de Cosme Ier, dit le Grand, fait duc de Toscane par Charles-Quint en

avec résignation , l'héritier nouveau qui lui était assigné. Il demandait si on n'avait pas un troisième successeur à lui donner. Depuis vingt ans, les cours de l'Europe s'occupaient sans cesse de son héritage ^ et jamais de luimême. Il mourut deux ans après la signature Monda

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des préliminaires, âge de soixante-six ans. aTM. L'illustre maison qui s'éteignait en lui, avait tl^T. règne deux cent trente-sept ans sur la 1 oscane. Elle eut la gloire de faire dire le siècle des Médicis dans le même sens que l'on dit le siècle d'Auguste, le siècle de Périclès. Les articles des préliminaires relatifs à cette succession furent exécutés sans aucun obstacle.

La reine d'Espagne et le roi de Sardaigne «;„, cherchèrent et réussirent a retarder la paix i°roid.s«

. 1 daigne sont.

définitive. La première, après avoir obtenu aSpruSTîpour son fils les deux Siciles, était encore"""" mécontente de son partage. Elle regrettait le duché de Parme et la Toscane qu'elle avait destinés à son second fils dom Philippe. Il fallait que l'Europe fût toujours agitée pour l'établissement de ces deux princes. Cent mille hommes périrent pour que l'infant dom Philippe régnât sur deux ou

1537, après l'assassinat du premier Médicis qui ait porté ce titre. Le pape Pie IV donua à Ccisme celui de grand duc, , ;. , .. , -; . _

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