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Une délibération du conseil municipal de la ville de Grenoble, en date du 24 octobre 1790, fait connaître, 1.o qu'antérieurement à cette époque, les revenus de la bibliothèque étaient de

Dont 1000 liv. étaient données par l'intendant sur
les fonds libres de la province;
par le parlement;

600

1440

600

3640 liv.

provenaient de réceptions de magis

trats et d'avocats;

des fonds de la ville.

3640 liv.

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3.° Que cet excédant du revenu sur la dépense était absorbé par les frais d'entretien du local, de souscription aux journaux, d'achat et reliûre de livres, et par l'acquisition d'objets relatifs au cabinet d'histoire naturelle;

4.° Qu'en 1790, ces revenus furent réduits aux 600 liv. allouées par la municipalité, qui en continua le payement.

A la révolution française, la Bibliothèque de Grenoble profita des livres que l'on trouva dans les couvens supprimés du département de l'Isère; elle recueillit de la sorte un grand nombre d'exemplaires des mêmes ouvrages que déjà elle possédait. Quelques-uns de ces doubles furent vendus, et les autres furent remis plus tard au lycée de Grenoble.

Parmi les livres dont la suppression des couvens

a enrichi la Bibliothèque de cette ville, les plus remarquables sont ceux qui proviennent de la GrandeChartreuse. On y distingue, 1.° environ go volumes imprimés à la Correrie, maison dépendante de ce monastère, et qui ont droit d'être mis au nombre des livres peu communs; 2.° plus de 300 volumes d'ouvrages imprimés au quinzième siècle; primitivement ils avaient été achetés par François Dupuy, alors official de Grenoble, et qui, en 1502, était général de l'ordre des Chartreux. Ces raretés bibliographiques, dont la plus importante est le Catholicon, per Joannem de Januá, imprimé à Mayence en 1460, appartiennent à toute sorte de genres; 3.o près de 500 volumes manuscrits également de divers genres, et dont quelques-uns remontent jusqu'au dixième siècle. Presque tous ces livres sont d'une belle conservation. Les manuscrits de la Grande-Chartreuse, joints à ceux que la Bibliothèque de Grenoble avait déjà, formèrent plus de 1100 volumes.

pour di

Diverses administrations se succédèrent riger cet établissement. Sous le consulat, l'administration départementale en était chargée; en effet, il existe un arrêté du 15 ventôse an 11, par lequel M. le préfet de l'Isère nomma une commission de dix-huit membres, pour la surveillance, la conservation et la direction de la bibliothèque, du musée et du cabinet d'histoire naturelle. Mais, sous l'empire, un décret daté d'Osterode, du 12 mars 1807, ordonna que la bibliothèque, les cabinets qui en

dépendent, et le musée seraient administrés par la ville de Grenoble. Ce régime subsiste encore; en conséquence les dépenses relatives à ces établissemens sont portées dans le budget annuel de cette ville. Pour les achats de livres, les crédits annuels de ce budget ont varié selon l'état financier de Grenoble: de 1811 à 1831, on a dépensé environ 51,000 fr.

Les achats de livres dont on vient de parler, les dons faits par le gouvernement et ceux qu'on doit à la générosité des particuliers, sont les trois sources des accroissemens successifs de la Bibliothèque de Grenoble depuis l'empire jusqu'à ce jour.

Parmi les ouvrages nombreux que le gouvernement a envoyés se trouve la Description de l'Egypte (exemplaire en papier vélin).

Nous ne ferons point l'énumération des livres donnés par des particuliers; cependant il est une de ces libéralités que nous ne saurions passer sous silence. Feu M. Gattel, proviseur émérite du lycée de Grenoble et auteur de plusieurs ouvrages estimables, légua tous ses livres italiens, espagnols et anglais à la Bibliothèque de Grenoble, qui les recut en 1812, année où décéda le testateur; ce qui augmenta de plus de 500 volumes les ouvrages en langues étrangères modernes que renfermait cet établissement.

Pendant un certain nombre d'années, à partir du décret d'Osterode, cette Bibliothèque fut dirigée par la seule administration municipale.

Mais par un arrêté du 1er avril 1816 et par un

autre du 2 mai suivant, M. le Maire de Grenoble nomma une commission administrative pour cette direction, dont une commission de même genre est encore chargée. Elle doit être renouvelée par tiers chaque année, et les membres sortans sont rééligibles. M. le Maire en est le président, et elle se compose de neuf autres membres, outre le conser

vateur.

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Les bibliothécaires ont été successivement MM. l'abbé Davau, l'abbé Ducros, Chalvet, Dubois Fontanelle, Champollion Figeac (1), et Ducoin.

De la Toussaint à Pâques la Bibliothèque s'ouvre chaque jour (excepté les dimanches et fêtes, ainsi que les mardis) le matin, de neuf heures à midi, le soir, de deux heures à quatre et demie; de Pâques au 1. septembre, la séance du matin est la même que celle de l'hiver, et celle du soir dure jusqu'à six heures. Pendant l'hiver, les lecteurs trouvent une salle bien chauffée.

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Il manquait à la Bibliothèque un catalogue imprimé et qui présentât dans un ordre méthodique le détail des richesses qu'elle renferme. Cet ouvrage a été commencé depuis 1826, en exécution d'une délibération prise par la commission administrative le 10 janvier de la même année.

Le tome premier actuellement en vente, renferme ce qui concerne la Théologie, la Jurispru–

(1) M. Champollion le jeune a été plusieurs années bibliothécaire adjoint.

dence, les Sciences et les Arts. Le tome second et dernier, dont le manuscrit est achevé depuis plus d'un an et qui sera publié plus tard, contiendra ce qui a trait aux Belles-Lettres, à l'Histoire, et en outre l'indication des manuscrits, avec une Table alphabétique des auteurs.

TABLEAU DES FONDATEURS de la bibliotHÈQUE.

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