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L É A N D R E.

Toi?

l' ì N T ï m É.

Mieux qu'un sergent, peut-être. L é A N D R E. Tu porterois au pere un faux exploit?

L' I N T I m É.

Hon, hon?

L É A N D R E,

Tu rendrois à la fille un billet?

L' I N T i m É.

Pourquoi non ì

Je suis des deux métiers.

L É A N D R Ë.

Viens, je l'entends qui crie. Allons à ce dessein rêver ailleurs.

Tome IL

, SCENE VI. CHICANEAU, PETIT-JEAN.

CHICANEAU, allant & revenant.

Qu'on garde la maison, je reviendrai bientôt:
Qu'on ne laisse monter aucune ame là haut: i)
Fais porter cette lettre à la poste du Maine:
Prends-moi dans mon clapier trois lapins de garenne,
Et chez mon procureur porte-les ce matin:
Si son clerc vient céans, fais lui goûter mon vin :... i)
Ah! donne-lui ce sac qui pend à ma fenêtre:
Est-ce tout? II viendra me demander peut-être

1) Qu'on ne laijse monter aucune ame haut. ]

Aucune ame est du style familier; ame est pris ici pour personne.

2) Si son clerc vient céans , sais-lui goûter mon vin. ] Tout ce que dit Chicaneau est la peinture la plus parfaite

d'un plaideur, & Racine n'a cru pouvoir mieux le désigner, que par le nom qu'il lui a donné. C'étoit alors l'usage de jouer sur le mot dans les noms des personnages qu'on mettoit fur la scene : on appelloit un procureur Monsieur Bri' gandeau, une usuriere Madame la ResJòurce : cette maniere est maintenant abandonnée aux parades de la foire.

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Un grand homme sec, là, qui me sert de témoin ,
Et qui jure pour moi lorsque j'en ai besoin;
Qu'il m'attende. Je crains que mon juge ne sorte.
Quatre heures vont sonner. Mais frappons à sa porte.

Petit-jean, entrouvrant la porte.
Qui va là?

Chicaneau.
Peut-on voir Monsieur?
Petit-jean, fermant la porte.

Non.

Chicaneau, frappant à la porte..

Pourroit-on Dire un mot à Monsieur son secretaire?

Petit-jean, fermant la porte.

Non.

Chicaneau, frappant à la porte. Et Monsieur son portier?

Petit-jean.

C'est moi-même.
Chicaneau.

De grace,

Buvez à ma fanté, Monsieur.

Petit-jean, prenant l'argent, (fermant la porte. ) Grand bien vous fasse.

Mais revenez demain.

Chicaneau.

Hé, rendez donc l'argent. Le monde est devenu, fans mentir, bien méchant. J'ai vu que les procès ne donnoient point de peine; Six écus en gagnoient une demi-douzaine. Mais aujourd'hui je crois que tout mon bien entier Ne me suffiroit pas pour gagner un portier. Mais j'apperçois venir Madame la comtesse De Pimbesche. Elle vient pour affaire qui presse.

SCENE VII.

LA COMTESSE, CHICANEAU.

Chicaneau.

Ame , on n'entre plus.

La Comtesse.

Hé bien, l'ai-je pas dit? Sans mentir, mes valets me font tourner l'esprit. Pour les faire lever, c'est en vain que je gronde; II faut que, tous les jours, j'éveille tout mon monde.

Chicaneau.
II faut absolument qu'il se fasse céler.

La Comtesse. Pour moi, depuis deux jours, je ne lui puis parler. Chicaneau. Ma partie est puissante, & j'ai lieu de tout craindre.

La Comtesse. Après ce qu'on a fait, il ne faut plus se plaindre.

Chicaneau. Si pourtant, j'ai bon droit. i)

La Comtesse.

Ah, Monsieur î quel arrêt! , Chicaneau. Je m'en rapporte à vous. Écoutez, s'il vous plaît.

La Comtesse. II faut que vous sçachiez, Monsieur, la perfidie

Chicaneau. Ce n'est rien dans le fond.

La Comtesse.

Monsieur, que je vous die.... Chicaneau. * Voici le fait. Depuis quinze ou vingt ans en çà y Au travers d'un mien pré certain ânon passa,

i) Si pourtant, j'ai bon droit. ]

On peut remarquer que le fi avec pourtant n'est plus d'uíàge. Racine a encore employé cette expression , aile II. pag, 240. » Si, pourtant;

» Sur toute cette affaire, il feut que je le voie »-.

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