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montré avec la derniere évidence, que ces Elections aux Pays-Bas des Abbayes & Prieurés soumis à la nomination Royale ne font rien moins que Canoniques.

On trouve un exemple remarquable de cette vérité dans les Lettres patentes de la nomination pour l'Abbé du Convent de Bellinghe, dit Cantimpré, de l'Ordre des Chanoines Réguliers de St. Augustin près d'Halle en Hainaut, faite par le Roi Philippe IV. à Madrid le {5 d'Octob. 1657, en ces termes: „ Nous dénommons par 9y cette à l'Abbaye de Bellinghe, ditCantimpré, „ Sire Pierre Rymbout Danckart, Vous (en ,, s'adressant aux Religieux) Consentant & re„ qúérant, que procédant à l'Election de votre » nouveau & sutur Abbé, vous élisiez & accep* „ tiez à icelle Dignité le dit Sire Pierre Rymbout ,, Danckart, comme personne à ce capable & à ,, nous agréable &c. Si donnons eri mande,, ment à nos très-chers & féaux lesChef-Pré„ rident & Gens de nos Privé & Grand Conseil ,> &c." Auxquelles Lettres sont conformes celles des Abbés des Chanoines Réguliers du Val de Notre-Dame, ou de Mariendal à Mons du 28 de Juillet 1619, du 17 Août 1653, du 17 Décembre 1679, du 8 Janvier 1702, & du 2 Mai 1731, & du 2 Septembre 1623.

Et que l'on n'y observe autres sormalités que celles prescrites par le Concordat du 30 Juillet 1564 pour le Brabant, & celles qu'un usage unisorme à établies dans chaque Monastere en particulier, situé hors de Brabant; car il n'est pas moins vrai pour les Pays-Bas ce que Du Perray dans fes obfervations jur Le Concordat. j>qg. 84. a dit pour la France, que la Coutume y a-beaucoup de part. S'il y a quelque différence entre l'Indult de Léon X. pour les Pays-Bas & le Concordat conclu avec Je même Pape pour .Ja France, elle consiste uniquement en ce que par celui-ci l'on n'a pas entendu déroger aux Privileges donnés par des Bulles particulieres aux Chapitres & Monasteres, mais l'on s'est contenté de les suspendre, au lieu que par l'Indult ces Privileges surent abolis & supprimés en- ces termes : Non permittentes te per quoscumque desuper ( c'est -à- dire, fiipra nostram concejjìonem , inaultum, decretum, & dedarationenC) quâlibet ratione molestari, contradiSîores per Censuram Ecclefiasticam appellatione postpofitâ compejcendo, non obfiantibus Constitutionibus & Ordinationibus ^ípostolicis contrariis quibup cumque.

Il faudroit s'aveugler pour ne pas voir, que cette clause a anéanti la Bulle de Paul II, donnée l'an 1469, dont les Rescribens ont joint. une copie de copie à leur decem-duplique. Ce n'est donc pas en France seulement, que cette Bulle n'empêche pas la nomination Royale, autrement Sa Majesté n'auroit pas la nomination des Abbayes de Geronsart à Namur, & de Mariendal à Mons, toutes deux du même ordre & de la même Congrégation, dont se disent les Rescribens; il est cependant fi notoire, que Sa Majesté les confere, qu'il n'est pas besoin de le prouver.

Il se peut, que le Prieuré d'Haufalise, du même Ordre & de la même Congrégation, situé au Duché de Luxembourg, est exempt de la nomination Royale, dont l'on ne convient pas encore tout-à-fait j cum fit altioris indaginis; dans la supposition cependant que cette exemption fût avérée, l'on ne voit point quel avaiv tage les Rescribens en pourroient tirer, puisque l'on n'a jamais prétendu d'assujettir tous les Prieurés à la Collation de Sa Majesté; car l'on a convenu de bonne soi par l'écrit de undecimduplique, que Sa Majesté ne les confere point loríqu ils sont simples, ou d'obédience, ou Electifs Collatifs , ou lorsque le droit d'Election se trouve établi dans la fondation; & comme l'on est insormé que celui d'Haufalise a été sondé par les Seigneurs du lieu, il se peut qu'ils ont établi le droit d'Election en le sondant. Cette conjecture est d'autant plus apparente, que les Rescribens ont crié bien haut, lorsqu'on leur a fait cette distinction, qu'ils traitent de bien fine, de fausse, & de ridicule; quoiqu'elle soit au sond des plus simples, des plus naturelles, & des plus intelligibles. Mais c'est ainsi qu'on en use toujours, quand on veut éluder une distinction, par laquelle on se sent vivement pressé. Il n'y a donclà rien qui doive surprendre, mais l'on a lieu d'être surpris de ce que les Rescribens ont eu la témérité d'accuser feu Mr. le Conseiller Fiscal de Coxie de s'être égaré, jusqu'à un tel point, que de décider par ion avis, exhibé au différent , que les trois Elections y réclamées ne suffisoient pas au Prieuré de St. Sulpice à Leauw, pour empêcher que le Conseil d'Etat n'y envoie des Commissaires pour être présens à l'Election d'un Prieur; quoiqu'il soit notoire, que jusques à présent cela ne se íòit pas encore pratiqué; & depuis moins de trois mois l'on y ait encore élu un nouveau Prieur en présence du Vicaire Général de la Congrégation, fans l'intervention d'aucun Commissaire du Roi.

En vérité le Conseil des Rescribens a mauvaise grace de vouloir ainsi surprendre la religion de la Cour, puisqu'il n'ignore pas, que ce Prieuré est d'obédience , ou triennal, & que ceux de cette eípece n'ont jamais été de la nomination Royale. Sur quoi l'on provoque les Reícribens

véritable, que même ce Prieur triennal se pourvoi t toujours d'une Patente Royale pour laquelle il paie une à deux pistoles. Indice certain que feu Monsieur de Coxie ne s'est point égaré, & qu'il est au contraire d'une conséquence infaillible, que Sa Majesté y enverroit ses Commissaires, s'il étoit perpétuel.

Pour mettre cette vérité dans son grand jour, il est à remarquer, que l'Induit de l'an 1515 n'a pas d'abord eu son exécution par-tout, ni en tout lieu. L'on a obligé les Monasteres de s'y soumettre, mais les uris plutôt, &. les autres plus tard: Par exemple, le Prieur du Monastere de St. Salvator à Anvers, Ordre de Cisteaux, sondé par Pierre Pot, & ainsi point de sondation Royale, a toujours été canoniquement élu jus ques à l'année 1585, & l'Election confirmée par rAbbé de Veteri Campo, du même Ordre au Diocese de Cologne, duquel est fait mention dans l'acte rapporté par Mir^.us pag. $02. dt la nouvelle édition: cependant l'année 1585 ce Prieuré se soumit à la nomination Royale, & il a toujours depuis été conféré par Lettres de Sa Majesté. Et quoiqu'en l'an 1652 l'Abbé de Cisteaux, en qualité de Chef & Supérieur Général de l'Ordre, l'érigea en Abbaye par acte inséré dans Mir^eus pag. 630. cependant comme Sa Majesté n'y avoit pas concouru, le Prieur nommé Pierre Spers, à qui Sa Majesté avoit conféré le Prieuré par Patentes du 18 Décembre 1650, n'osa se faire bénir; & son Successeur*

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convenir, s'il n'est pas nommé par le Roi au mois de Janvier 1655, fut encore obligé de se contenter du nom de Prieur jusques à l'année 1659, selon Sanderus dans son Brab. illustr. à U art. de Cœnobiographia Sti. Salvatoris Antverpi<e. pag. 33. & 30.

Le Prieuré de Waerschot à Gand, Ordre de St. Bernard, n'a pas auffi été soumis dès l'année 1515 à la nomination Royale, cependant il l'est ,présentement, comme 1 on est en état de le prouver, si les Rescribens en doutent : pourquoi donc ne pourroit-on pas également y soumettre le Prieuré de Leauw, s'il fût perpétuel? S'il est triennal, comme il l'est effectivement, comment veut-on que le Prieuré d'Hanswyck, qui est perpétuel, jouisse de la liberté de sa Mere? L'on ignore depuis quand ce Prieuré est devenu perpétuel; mais puisque c'est une colonie de la maison de Leauw (pour se servir des termes de Gramaye in sua historia Mechlinienfi. pag. il est indubitable, qu'il ne l'a pas toujours été. Cette vérité éclate d'avantage, îì l'on considere, que non seulement l'Abbé de Ste. Marie à Liege , mais aussi celui de Ste. Genevieve à Paris, tout Supérieur Général qu'il soit, n'est cependant que triennal. Par où viennent à crouler toutes les inductions spécieuses & ampoulées, que les Reícribens ont voulu tirer des pieces anciennes par eux exhibées; d'autant plus, qu'ils n'ont été agrégés à cette Congrégation que depuis l'année 1662: comme conste par le livret de l'histoire d'Hanswyck à la page 141. que Ton emploie encore ici, soutenant qu'ils auront à produire le contrat y réclamé du 27 Août 1662; & ce avec autant plus de sondement, qu'il a été passé à l'insu de Sa Majesté, nonobstant qu'il ait été fait sous son bon plaisir. D'où paroîtra

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