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pu Frenoy sur la nouvelle édition du Commentaire de Du Pur sur le traité de Pithov des libertés de l'Eglife Gallicane. Choppin de la Police Ecclésiastique liv. /. tit. 2. n. 9. & suiv. & tit. 7. n. 22. & feqq. & autres Auteurs des plus modernes, qui ont convaincus les Rescribens, que ce paradoxe seroit sifflé en France, & que le contraire se pratique tous les jours íòus les yeux de leur prétendu Supérieur Général , duquel ils viennent in fine litis de se faire autoriíer; ils se sont avisés de donner pour. toute solution à tant d'autorités contraires & pressantes, nos talem consuetudinem non habemus.

Cette solution captieuse & sophistique rappelle dans la mémoire des Remontrans, ce qu'ils ont lu autresois dans Juste Lipse monita & exempl. polit. cap. 10. que la plaidoierie est devenue aujourd'hui un art ou jeu d'esprit, & quod peritè captare aut capere laudem habeat. On abandonnerait volontiers au Conseil des Rescribens cette satisfaction, si la proposition étoit moins générale; mais elle tire n sort à conséquence, que les Remontrans se trouvent obligés d'en faire connoître le soible , tout nouvelle & inouïe qu'elle soit : à quel effet ils emploient l'lndult accordé par le Pape Léon X. à l'Empereur Charles V. inféré derriere les Coutumes de Namur pag. 248. dont l'impreffion est moins vicieuse, que celle des Placards de Brabant, où l'on trouve le même Induit pag. m. du premier tome, mais tellement défiguré, qu'il n'est presque point intelligible. Le Pape y déclare en termes formels: Quòd nullus ad dignitates Abbatiales aut qiiorûmcumque Monasteriorum regimina, etiam per Priores aut Pr<epofitos regi Jolitorum, perfici fojsit, nijì habitis prius intentione & conjenju.

Principis, de personis idoneis ad hujusinodi dignitates & regimina promovendis.

C'est le premier Induit, que les Souverains des Pays-Bas ont obtenu, avant lequel ils ne conféraient ni premieres Dignités, ni Prieurés , in vim Indulti, mais seulement in vim fundationis aut dotat'mnis: comme remarque Zypìeus confult. 1j. lib.j. de excejs. Pr<elat. Et comme cet Induit est du5 Juillet 1515, il est consécutif, que les Elections Canoniques, que les Prédécesseurs des Rescribens pourroient avoir faites antérieurement au dit temps, ne prouvent rien d'autre , íìnon tout-au-plus, que nos Princes ne íè sont point servis pour lors du droit de Patronage , dont ils auroient pu se servir; soit parce que pour lors ce n'étoit qu'un Prieuré de Can> pagne des plus médiocres, soit à cause que l'on rit valoir pour lors le prétendu acte de l'an 1286, pour attribuer ce droit de Patronage à un autre.

L'on a lieu d'être surpris de voir, qu'ils íè vantent à présent d'avoir consigné l'original de cette piece au Greffe de cette Cour: mais de bonne soi, peuvenMls faire passer la piece consignée pour un original, là où il paroît au premier coup d'ceil, que s'il n'y avoit rien à redire, ce ne seroit certainement qu'une ancienne copie. Mais bien loin d'en convenir, les Remontrans posent en fait, que jamais aucun Guillaume sut Seigneur de Malines, ni avant, ni après l'an, 1286; & cette vérité se trouve si bien avérée, qu'il est puéril de la vouloir révoquer en doute. ïl faut avoir ses échappatoires tout prêtes, pour vouloir se sauver d'une démonstration n pressante, sur ce que les antiquaires cherchent pour l'ordinaire avec avidité dans les Archives des Maisons pieuses des monumens de cette espece, & que l'on n'est pas responsable ni garant de leur erreur, pour n'avoir pas eu le bonheur de rencontrer celui-ci: car cette avidité s'est sort ralentie depuis que l'on a été íì souvent trompé. Tous les Critiques conviennent sur ce point, qu'il y a eu des siecles de Fables, & que les Archives des Maisons pieuses en sont remplies : dont se plaignent les savans Compilateurs des actes des Saints, au premier tom. du mois de Mars, dans la Vie de Charles-le-Bon, Comte de Flandre, en ces termes: Deus prima Veritas exomatis istis fabellis non honoratur. Et le Pere Germon , autre savant Jesuite, dans fa seconde dissertation sur les anciennes Chartres contre le Pere Ma Billon, n'hésite point de dire* que la plupart dès premiers titres des temps reculés ne sont pas à couvert du soupçon de fausseté. Ce qui fait, que les Remontrans, se tenans fur leur garde, trouvent convenir de déclarer par écrit ouvert, qu'ils ne tiennent nullement pour légales toutes les autres pieces, que les Rescribens ont exhibées au présent différent; lesquelles d'ailleurs sont sort irrelevantes, & non applicables à leur intention, depuis l'Indult de Léon X. du 5 Juillet 1515, par lequel les choses sont bien changées de face. Et pour montrer que toutes les Elections Canoniques ont été supprimées & abolies par le dit Induit, l'on trouve à propos de faire encore les remarques suivantes.

Que le cinquieme Concile générale de Latran commença l'an 1512 sous le Pape Jules II, & que le dit Concile après la mort de ce Pontife en 1513 fut continué sous Léon X, son Successeur, & conclu l'an 1517. Que le même Léon X, qui avoit accordé à l'Empereur Charles V. l'Indult du 5 Juillet 1515, arriva à Boulogne le 8 Déc. de la même année- Que François I, Roi de France, y fit son entrée le 11 du même mois, & qu'incontinent après le fameux Concordat de F rance y sut terminé, arrêté, & signé. Que Sa Sainteté fit ,lire, approuver & homologuer par le Concile en la Session XI. ce traité, qu'elle avoit fait à Boulogne, & qu'elle le fit mettre dans les actes du Concile comme une piece qui en faiíoit partie; où l'on trouve les raisons, qui ont mu Sa Sainteté d'abolir les Elections, pour donner lieu à la nomination Royale en ces termes: Quod à multis annis grandia animarum pericula ex electionibus provenirent; cùm pler<eque j>er abusum J<ecularis potestatis, nonnull< e verò prœcedentibus illicitis & Jìmoniacis paclionibus, ali<e particulari amore & janguinis affeclione, & non fine perjurii reatu fierent: càm eleclores ipfi j etiamfi ante eletìionem per eos faciendam idoneorem, & non eum, quem promijjîone aut datione alicujus rei temporalis, feu prece vel precibus, per fe vel alium interposais, electionem procurare didicijjent, eligere fpontè jurarent, juramentum hujufmodi non Jervarent, fed contra proprium hujujmodi juramentum in anima su< e pr<ejudicium venirent: àt nobis notoriè constat ex crebris absolutionibus & rehabilitationibus s à nobis & Pr<edtcejsoribus nostris petitis & obtentis. &c.

Or peut-il tomber dans le bon sens, que le même Pape auroit voulu 5 mois auparavant accorder à l'Empereur pour les Pays-Bas la nomination aux Abbayes & Prieurés, & y maintenir en même temps les Elections Canoniques, lui qui si peu de temps après témoigna tant d'aversion contre les Elections Canoniques du Royaume de France, qu'il les rejeta absolument. nonobstant qu'il aimoit lc Roi de France, zélé Défenseur des mêmes Elections, & qui pour le faire résoudre de consentir à leur anéantissement lui accorda la nomination sur toutes les Abbayes & Prieurés de ce vaste Royaume. Peut-on pour un seul moment révoquer en doute, que les raisons urgentes, qui ont mu le Pape & le Concile d'accorder au Roi de France la nomination, l'ont aulfi mu de l'accorder à l'Empereur.

Puisque les véritables Elections sont directement opposées à la nomination Royale, il est donc évident, que nos Princes ont obtenu lés mêmes Privileges, qui ont été accordés au Roi de France, & quòd eamdem Legem habeamus. N'importe qu'il n'y a plus de vestige en France de ces anciennes Elections, & que l'on en a gardé>les apparences aux Pays-Bas; puisque l'on a bien voulu avoir cette indulgence pour les Abbayes & Prieurés conventuels des Pays-Bas, dans une chose qui leur faisoit plaisir, & qui servoit à la décharge de la conscience du Souverain: Qui n'a pas manqué cependant de se servir de son droit, lorsqu'il a été insormé par ses Commissaires qu'il ne convenoit pas pour le bien du Monastere de conférer le Prieuré à l'élu. Ainsi que Van Espen a eu raison de. dire p. i. Jur. Ecoles. univ. tit.31. cap. g. n. 30. edit.Eov. lyó3' Qgàd apud nos tantàm imago quidam Jeu fpecies elecìionis Religiojìs relinquatur; & quòd Ecclefi< e Naûonis Germaniae, quá Concor data , à Nicolao V. fpeciali Bullâ probata, acceptârunt, etiamnum hodie, e<eque penè foltZ, hodie Jus Canonic< e Elecìionis conjervârunt: comme il dit p. 1. th. 13. cap. 2. n. 18. Ce qui n'a pas besoin d'ultérieure preuve, puisque l'Auteur de Hmprimé, exhibé au diôérent, a dé

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