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DU MÊME AUTEUR

La littérature allemande au moyen âge et les origines de

l'épopée germanique. 3° édit. Un vol. in-16, broché. 3 fr. 50 Goethe, ses précurseurs et ses contemporains. 4° édit. Un vol. in-16, broché.

3 fr. 50 Gothe et Schiller. 5° édit. Un vol. in-16, broché. 3 fr. 50 La légende chevaleresque de Tristan et Iseult. Essai de littérature comparée. Un vol. in-16, broché.

3 fr. 50 Schopenhauer, l'homme et le philosophe. Un vol. in-16, broché.

3 fr. 50

632-04. - Coulommiers. Imp. PAUL BRODARD. – 0-04.

-

de la

Littérature

allemande
Z. Bostert

PAR

(OUVRAGE COURONNÉ PAR L'ACADÉMIE FRANÇAISE)

PARIS
LIBRAIRIE HACHETTE ET C'

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79

Droits de traduction et de reproduction reserves

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PRÉFACE

Je ne veux pas abuser de la permission qui est donnée aux auteurs d'expliquer dans une préface la difficulté de leur entreprise, ce qui est une manière indirecte de faire valoir les mérites de leur travail. Je dois dire cependant que l'historien d'une littérature étrangère est placé, surtout en France, dans des conditions spéciales. Il n'a pas le droit de demander à ses lecteurs la connaissance de la langue étrangère. D'un autre côté, les traductions sont rares. Si l'on met à part Gøthe, Schiller, Henri Heine, quelques écrits de Lessing, les contes d'Hoffmann, certains ouvrages historiques et philosophiques qui s'adressent à un public restreint, l'ensemble de la littérature allemande est peu connu chez nous ?. Le Français n'est pas traducteur, parce qu'il est artiste. Lorsqu'il emprunte une idée à l'étranger, il y met son empreinte. Mais il s'accommode peu de ces calques mécaniques et impersonnels qui offrent le simulacre d'ur auteur à ceux qui ne peuvent le voir en chair et en os. Un historien de la littérature allemande, s'adressant à des Français, ne peut donc que rarement se référer aux souvenirs de ses lecteurs; il faut qu'il expose, qu'il analyse, qu'il raconte, avant de pouvoir comparer et juger.

1. On ne saurait trop louer des traductions comme celles des auvres de Schiller par Régnier et des ouvros de Gothe par Porchat, mais ce sont de belles excep1. Chaque période est comprise entre deux dates, ordinairement celles de deux grands événements politiques. Est-il besoin de dire que ces dates doivent être considérées comme de simples points de repère, non comme des limites invariables? Si l'on commence, par exemple, la période classique à l'avènement de Frédéric II, nul ne prendra cette indication au pied de la lettre.

L'Allemand est, au contraire, plus traducteur que de raison, et la littérature allemande s'en ressent. On peut dire que cette littérature a vécu sur l'étranger, sans qu'il faille pour cela lui refuser l'originalité. Elle a été originale à sa façon. L'emploi qu'elle a fait des autres littératures a pris tour à tour, selon les périodes d'affaissement ou de renaissance qu'elle a traversées, la forme d'une imitation stérile ou d'une adaptation féconde. Au XII° siècle, elle emprunte à la France ses poèmes d'aventure, en leur faisant subir parfois des renouvellements ingénieux. Puis, vers la fin du moyen age, elle se donne une poésie bourgeoise et réaliste, qu'elle tire en partie de son propre fonds, mais qui demeure inculte et rude. La Réforme, préoccupée d'autres intérêts, arrête le mouvement littéraire, qui ne reprend qu'au milieu du xvino siècle. L'intervalle est rempli par l'imitation de la France, une imitation pure et plate cette fois, sans génie et sans goût. La période appelée Sturm-undDrang tire brusquement l'Allemagne de son sommeil. L'école classique qui s'élève ensuite parait prendre à tâche de combiner ensemble tous les éléments de culture des ages précédents; elle le fait avec un sens artistique affiné par la philosophie et l'histoire. Gæthe, le plus grand représentant de cette école, montre une faculté d'assimilation dont les littératures précédentes n'avaient pas encore donné l'exemple; c'est le génie le plus compréhensif qui ait existér.

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