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DE

L'E NCYCLOPÉDIE»

ou

CHOIX

DES ARTICLES

JLes plus agréables, les plus curieux et les
plus piquans de ce grand Dictionnaire.

On ne s'est attaché qu'aux morceaux qui
peuvent plaire universellement et fournir à
toutes sortes de Lecteurs, et sur-tout aux
gens du monde, la matière d'une lecture
intéressante.

TOME HUITIEME.

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A PARIS,

ChezFAUVELLE et SAGNIER, Imprimeurs, ru«
Pavée-André-des-Arts, n°28.

AN VUI »B LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.

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C.H O I X

DES ARTICLES

Les plus agréables, les plus curieux et les plus piquans de ce grand Dictionnaire.

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'n nomme nain quelqu'un, qui est de taille excessivement petite; ce siècle m'offre , pour former cet article , deux exemples vivans de nains, tous deux à peu près de même âge , et tous deux fort differons de figure, d'esprit et de caractère. L/unest le nain de S. M. le roi Stanislas , et l'autre est à la suite de madame la comtesse de Humiecska, grande porte-glaive de la couronne de Pologne.

Je commence par le nain du roi de Pologne, duc :de Lorraine. Il se nommoit Nicolas Ferry; il est né le ig novembre i 74l ;sa mère , alors âgée de trente-cinq ans , a eu trois enfans dont il est l'aîné. Malgré toutes las aiiparences ordinaires , elle ne pouvoitse persuader d'être grosse lorsqu'elle le fut de cet enfant; cependant au bout de neuf Tome VIII. A

mois elle le mit au monde, après avoir souffert les douleurs de l'accouchement pendant deux fois vingt-quatre heures; il étoit long, dans sa naissance, d'environ neuf pouces , et pesoit environ quinze onces. Un sabot, à moitié rempli de laine , lui servit, dit-on, de berceau pendant quelque temps. C'est le fils d'un paysan et d'une paysanne des montagnes des Vosges, sains, bien faits, et travaillai à la terre. Sa mère l'éleva avec beaucoup de peine, sa petite bouche ne pouvant s'appliquer qu'en partie sur le mamelon. Son accroissement fat proportionné à sa petitesse première jusqu'à l'âge de douze ans : à cet âge , la nature parut faire un effort; mais cet effort n'étant pas uniformément soutenu, l'accroissement fut inégal dans quelques parties. Sa croissance a été jusqu'à environ trente-six pouces. Il a eu la petite vérole à l'âge de trois mois; son visage n'étoit point laid dans son enfance, mais il a bien changé depuis.

Bébé, c'est le nom qu'on lui donnoit à la cour du roi Stanislas, n'a jamais donné que des marques très-imparfaites d'intelligence; on n'a jamais pu lui apprendre à lire: il n'a reçu aucune notion de l'Etre-Suprême et de l'immortalité de l'ame, ce qu'il a prouvé pendant la longue maladie dont il est mort. Il parpissoit aimer la musique , et battoit quelquefois la mesure assez juste: on étoit même parvenu à le faire danser; mais, en dansant, "il avoit sans cesse les yeux attachés sur son maître qui, par des signes, dirigeoit tous ses mouvemens, ainsi qu'on le remarque dans tous les animaux dressés. II étoit susceptible de quelques passions, de l'espèce de celles qui sont communes aux autres animaux, telles que la colère et la jalousie; cependant il avoit tous les organes libres, et tout ce qui tient à la physiologie paroissoit exact et selon l'ordre ordinaire de la nature. A l'âge de dix-sept à dix-huit ans, les signes de puberté furent très-évidens, et même très-forts pour sa petite structure; il paroît même prouvé qu'une gouvernante en avoit long-temps abusé, et l'on attribue aux excès de Bébé l'avancement de sa vieillesse: à vingt ans, il avoit déjà le teint flétri et le dos courbé : dès vingtdeux ans, il a commencé à tomber dans une espèce de caducité, et ceux qui en prenaient soin ont cru pouvoir

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