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I ENCHANT, INCLINATION. Ces deux termes sont relatifs au goût naturel ou acquis , qu'on a pour quelque objet.

L'inclination dit quelque chose de moins fort que le penchant. La première nous porte vers un objet , et l'autre nous y entraîne. Il semble aussi que l'inclination doive beaucoup à l'éducation, et que le penchant tienne plus du tempérament.

Le choix des compagnies est essentiel pour les jeunes gens, parce qu'à cet âge on prend aisément les inclinations de ceux qu'on fréquente. La nature a mis dans l'homme un penchant insurmontable vers le plaisir ; il le cherche même au moment qu'il voudroit se faire violence, pour éviter ceux dont il appréhende que les suites ne lui deviennent funestes.

On donne ordinairement à l'inclination un objet honnête ; mais on suppose celui du penchant plus sensuel , et quelquefois même honteux. Ainsi l'on dit qu'un homme a de l'inclination pour les arts etypour les sciences , et qu'il a du penchant à la débauche et au libertinage.

(ANONYME.)

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F ILLE d'Icarius, frère de Tyndare, roi de Sparte , fut recherchée en mariage, à cause de sa beauté, par plusieurs princes de la Grèce. Son père, pour éviter les querelles qui aurgient pu arriver entre les prétendans, les obligea à en disputer la possession dans des jeux qu'il leur fit célébrer. Ulysse fut vainqueur, et la princesse lui fut accordée. Apollodore prétend qu'Ulysse obtint Fénelope de son père par la faveur de Tyndare, à qui le roi d'Ithaque avoit donné un bon conseil sur le mariage d'Hélène. Icarius voulut retenir à Sparte son gendre et sa fille ; mais Ulysse, peu après son mariage, prit le chemin d'Ithaque , suivi de sa nouvelle épouse.

Ces deux époux s'aimèrent tendrement, de sorte qu'Ulysse fit tout ce qu'il put pour éviter d'aller à la guerre de Troye ; mais ses ruses furent inutiles; il fut contraint de se séparer de sa chère Penelope , en lui laissant un gagé de son amour. Il fut vingt ans sans la revoir; et, pendant une si longue absence , elle lui garda une fidélité à l'épreuve de toutes les sollicitations. Sa beauté attira à Ithaque un grand nombre de soupirans qui vouloient lui persuader que son mari avoit péri devant Troye, et qu'elle pouvoit se remarier. Selon Homère, le nombre de ses poursuivans montoit à plus de cent. Un d'entre eux lui faisoit ce heau compliment : « Si tous les peuples du pays d'Argos » avoient le bonheur de vous voir, sage Pénélope , vous » verriez dans votre palais un bien plus grand nombre » de poursuivans; car il n'y a point de femme qui vous » soit comparable ni en beauté, ni en sagesse, ni dans » toutes les qualités de l'esprit. p) Pénélope sut toujours éluder leurs poursuites, et les amuser par de nouvelles ruses. La première, qu’un dieu lui avoit inspirée, dit Homère, pour la secourir , fut de s'attacher à faire sur le métier un grand voile, en déclarant aux poursuivans que son nouvel hymen ne pouvoit avoir lieu qu'après avoir achevé ce voile qu'elle destinoit pour envelopper le corps de son beau - père Laerte, quand il viendroit à mourir.

Ainsi elle les entretint trois ans durant, sans que son voile s'achevật jamais , parce qu'elle défaisoit la nuit ce qu'elle avoit fait le jour; d'où est venu le proverbe : L'ouvrage de Pénélope, en parlant des ouvrages qui ne s'achèvent jamais.

Ulysse avoit dit à Pénélope , en partant, que s'il ne revenoit pas du siège de Troye quand son fils seroit en état de gouverner, elle devoit lui rendre ses états et son palais , et se choisir à elle-même un nouvel époux. Vingt années s'étoient déjà écoulées depuis l'absence d'Ulysse, et nelope étoit pressée par ses parens même de se remarier; enfin, ne pouvant plus différer, elle propose aux poursuivans, par l'inspiration de Minerve, l'exercice de tirer la bague avec l'arc , et promet d'épouser celui qui tendra le premier l'arc d'Ulysse, et qui fera passer sa flèche dans plusieurs bagues disposées de suite. Les princes acceptèrent la proposition de la reine: plusieurs essaient de tendre l'arc, mais sans aucun succès. Ulysse seul, qui venoit d'arriver, déguisé en pauvre, en vient à bout, et se sert de ce mêrne arc pour tuer tous les poursuivans. Quand on vint dire à Pénélope que son époux étoit de retour, elle ne voulut pas le croire ; elle le reçut même très-froidement au premier abord, craignant qu'on ne voulût la surprendre par des apparences trompeuses : mais, après qu'elle se fut assurée, par des preuves non équivoques, que c'étoit. réellement Ulysse , elle se livra aux plus grands transports de joie et d'amour.

On regarde communément Pénélope comme le modèle le plus parfait de la fidélité conjugale : cependant sa vertu n'a pas laissé d'être exposée à la médisance. La tradition des Arcadiens sur Penélope ne s'accorde pas, dit Pausanias, avec les poètes de la Thesprotie. Ceux-ci veulent qu'après le retour d'Ulysse , Penélope lui donna une fille qui eut nom Polyporthe ; mais les Mantinéens prétendent qu’accusée par son mari d'avoir mis elle-même le désordre dans sa maison, elle en fut chassée; qu'elle se retira premièrement à Sparte, et qu'ensuite elle vint à Mantinée où elle finit ses jours. On a dit aussi qu'avant d'épouser Ulysse , Mercure, métamorphosé en bouc, avoit surpris Pénélope , tandis qu'elle gardoit les troupeaux de son

père, et l'avoit rendue mère de Pan. Mais je croirois, avec quelques mythologues, qu'il faut distinguer la reine d'Ithaque de la nymphe Penélope , mère de Pan.

La première des héroïdes d'Ovide est de Pénélope à Ulysse. Le poète suppose que Pénélope , voyant tous les Grecs de retour de Troye, et n'ayant aucune nouvelle de son époux, charge tous ceux qui vont sur mer d'une lettre à Ulysse , dans laquelle sont exprimés, avec beaucoup d'art et de délicatesse, les soins empressés, et la tendre impatience d'une femme qui aime ardemment son époux. Nous avons une assez belle tragédie française de Penelope , donnée par M. l'abbé Genest en 1684 , qui est remplie de très-beaux sentimens de vertu.

(ANONYME.)

: PÉNÉTRATION.

C'est la facilité dans l'esprit de saisir , sans fatigue et avec promptitude, les choses les plus difficiles, et de découvrir les rapports les plus déliés et les vérités les plus cachées. Le travail opiniâtre supplée quelquefois à la penetration : on a de la penetration dans un genre, et l'on est obtus dans un autre. La penetration s'accroît par l'application et par l'exercice; mais elle est naturelle, et on ne l'acquiert point quand on ne l'a pas.

(ANONYME.)

FIN DU TOME HUITIÈME,

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