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» conseil du temps, du lieu, des occasions, de sa puis» sance ou de sa faiblesse, du génie des nations aVec qui )) il traite , dû tempérament et caractère des personnes » avec qui il négocie. Toutes ses vues, toutes ses maximes, )) toutes les rafineriesde sa politique, tendent à une seule » fin, qui est de n'être point trompé et de tromper les » autres. »

( M. de Jaucou^x- )

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NEOLOGISME.

Jli'on appelle ainsi l'affectation de certaines personnes à se servir d'expressions,nouvelles et éloignées de celles que l'usage autorise. Le néologisme ne consiste pas seulement à introduire dans le langage des mots nouveaux qui y sont inutiles; c'est le tour affecté des phrases, c'est la jonction téméraire des mots, c'est la bizarrerie des figures, qui caractérisent sur-tout le néologisme. Pour en prendre une idée convenable, on n'a qu'à lire le second entretien d'Ariste et d'Eugène sur la langue francaise. Le père Bouhours y relève, avec beaucoup de justesse, quoique peut-être avec un peu trop d'affectation , le néologisme des écrivains de Port-Royal, et il le montre dans un grand nombre d'exemples, dont la plupart sont tirés de la traduction de l'Imitation de Jésus-Christ, donnée par ces solitaires.

Un auteur qui connoît les droits et les décisions de l'usage ne se sert que des mots recus, ou ne se résout à en introduire de nouveaux que quand il y est forcé par une disette absolue et un besoin indispensable : simple et sans affectation dans ses tours, il ne rejette point les expressions figurées qui s'adaptent naturellement à son sujet; mais il ne les recherche point , et n'a garde de se laisser éblouir par le faux éclat de certains traits plus hardis que solides.

Il ne faut pourtant pas inférer des reproches raisonnables que l'on peut faire au néologisme , qu'il ne faille rien oser dans le style. On risque quelquefois avec succès un terme nouveau , un tour extraordinaire, une figure inusitée; mais c'est une ressource pour le génie, dont il faut user avec circonspection et avec retenue ; et il faut y être comme forcé par un besoin réel. Rien ne seroit plus dangereux que de passer les bornes.

On appelle néologue celui qui affecte un langage nouveau , des expressions bizarres, des tours recherchés, des figures extraordinaires.

Le célèbre abbé Desfontaines publia, en i726, ua

dictionnaire néologique, c'est-à-dire une liste alphabétique de mots nouveaux, d'expressions extraordinaires , de phrases insolites , qu'il avoit pris dans les ouvrages modernes les plus célèbres, publiés depuis quelques dix ans. Ce dictionnaire est suivi de l'éloge historique de Pantalon-Phébus; plaisanterie pleine d'art, où ce critique a fait usage de la plupart des locutions nouvelles qui étoient l'objet de sa censure: le toiîr ingénieux qu'il donne à ses expressions en fait mieux sentir le défaut, et le ridicule qu'il y attache en lès accumulant n'a pas peu contribué à tenir sur leurs gardes bien des écrivains , qui apparemment auroient suivi et imité ceux que cette contre-vérité a notés comme répréhensibles*.

Il y auroit, je crois, quelque utilité à donner, tous les cinquante ans , le dictionnaire néologique du demisiècle. Cette censure périodique, en réprimant l'audace des néologues , arrêteroit d'autant la corruption du langage , qui est l'effet ordinaire d'un néologisme imperceptible dans ses progrès : d'ailleurs la suite de ces dictionnaires deviendroit comme le Hi^iiiui ial des révolutions de la langue, puisqu'on y verroit le temps où les locutions se seroient introduites, et celles qu'elles auroient remplacées. Car telle expression fut autrefois néologique qui est aujourd'hui du bel usage ; et il n'y a qu'à comparer l'usage présent de la langue avec les remarques du père Bouhours sur les écrits de Port- Royal, pour reconnoître que plusieurs des expressions risquées par ces auteurs ont reçu le sceau de l'autorité publique , et peuvent être employées aujourd'hui par les puristes les plus scrupuleux.

( A N O N Y M S. )

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f Lse dit de quelqu'un qui ignore les usages les plus communs de la société. Ce caractère se remarque dans la

physionomie, la voix, le. discours, le geste, l.expres

i les idées. II.,y a de faux niais dont on est dautant

s'ais'ément la dupe qu'on s'en méfie moins. :Si la sim

narque dans l'extérieur , et qu'elle soit.

sion, plus

plicite s'e.! . . ,

accompagnée de nonchalance, elle fait le mais. La simpliciié a'est pas incompatible avec la vivacité ; jamais niais ne fut actif- .' . ,, i :'.. .. ••. :. .'

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"n peut considérer la noblesse, avec le chaneeBfcr:Ba» con, en deux manières, ou comme faisant partie d'un état, ou comme faisant une condition de particuliers. J

Comme partie d'un état, toute monarchie où il n'y a point de noblesse est une pure tyrannie : la noblesse entre, en quelque façon, dans l'essence de la monarchie:^ dont la maxime fondamentale est.: point de noblesse, point de monarque; mais on a un despote comme en Turquie. :-1 La noblesse tempère lajsouveraineté, et, par sa propre splendeur, accoutume les yeux du peuple à fixer et:à soutenir l'éclat de la: royauté.,-.sans en: être effrayé. Une noblesse grande et puissante augmenté la splendeur d'un prince , quoiqu'elle diminue soir poaroir quand elle est trop puissante. Il est bon poar le prince et pour la justice que la noblesse n'ait-pas ti*op de puissance j- et qu'ellie'se conserve cependant une grandeur . estimable etoprrbpre à réprimer l'insolence populaire et-l'empê:cher d'attaqurerla majesté du trône. Dans un état monarchique, le pouvoir intermédiaire subordonné , le plus naturel, est celui de la noblesse; abolissez ses prérogatives , vous aurez bientôt un état populaire, ou bien un état despotique.

L'honneur gouverne la noblesseye^. lui prescrivant l'obéissance aux votantes du prince;* mais cet honneur lui dicte en même temps quols prince.neidùiiti jamaisi:lui commander une action désh.6rioraint,e1j Jl'n'y a Tieri' qoç l'honneur prescrive plus à ï&'tnoblesse que de servir le prince à la guerre; c'est la profession-distinguée'qui 6bnvient aux.nobles', parce que eés hasards, ses succès et ses malheurs même, ^conduisent à la grandeur.

Il faut donc que, dans une monarchie, Les lois travaillent à soutenir la noblesic et à la rendre liéréditaire, non pas pour être le terme entre le pouvoir du prince et la Foiblesse du pfeuplé, mais pour Aire le •.&«! de tous les detnr. Les prérogatives acootdées à la' noblesse lui seitont particulières dans la monarchie, et ne passeront point au peuple', si l'on ne vfeût .choquer le principe du gouvernement", si l'on ne veut diminuer la force Ae la noblesse etxelle <lo

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