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la liberté dont ils ont joui trente années, et dans laquelle sont nés leurs enfants. Il n'y avait qu'un désir coupable d'étendre le fameux système défini par les publicistes du Sud : « réduire l'homme de travail à la condition de bête de somme. » C'était une tentative de propagande spéculative : rien de plus, et rien de moins.

Ne payerons-nous pas, en terminant, un tribut d'hommages à cette petite ville de Matamoros qui, toute seule, a arrêté le flot montant de la marée? Le hasard de la situation géographique l'avait désignée pour point de mire. L'indifférence politique des populations mexicaines devait en faire une proie aisée. Mais dans son bon sens pratique, dans les simples lumières de son cœur, le peuple de Matamoros a compris que dans cette circonstance, il ne s'agissait pas de ses partis usés, ni de don Jésus de la Sema ou du général José Carvajal. Ses vieux instincts de sauvage lui ont dit que la cause en balance était celle de la liberté personnelle, et sentant rallumer dans ses veines le feu qui soutenait ses pères dans leurs plus terribles luttes, il a combattu en héros.

Matamoros peut porter à bon droit le titre d'héroïque qu'elle prend sur son écusson, et cette fois encore, à l'exemple de Péronne la pucelle, elle peut y ajouter le surnom d'invaincue .

JT.-C. HOIIZEAU.

i Les actes officiels sont datés : heroica, leal e invicta Matamoros.

N. B. Notre Correspondance d'Amérique, bien que datée du 18 juillet, ne nous est parvenue que le 19 octobre, au moment où s'achevait le présent volume, auquel nous nous sommes empressé de l'ajouter. Une lettre particulière accompagnant la Correspondance nous apprend que notre ami et collaborateur Houzeau n'avait plus eu de nouvelles de l'Europe, ni lettres ni journaux, depuis quinze mois.

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