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quième maître général de l'ordre des prédicateurs croyait que la connaissance du grec était la plus nécessaire des choses pour procurer la réunion des deux Eglises. Il regrettait que dans la Cour Romaine il y eût si peu d'hommes au courant de la langue grecque, et qu'on fût obligé d'avoir recours à des interprètes toujours suspects « de quibus nescitur utrum intelligantaut decipiantur (*) ».

Pour répondre aux vœux du Concile de Vienne. Clément V ouvrit à Rome une école de grec. Burton reconnaît que cette institution eut les plus heureux effets. Ils ne restèrent pas enfermés dans l'Italie, ils se firent sentir même à l'Angleterre, car cet historien attribue à l'institution de cette école les progrès qu'on vit se produire en grec dans la Grande-Bretagne (*).

On peut dire à la gloire des Dominicains en général qu'ils ont été pleins de zèle à répandre le grec, et parmi eux on signale Dominique Cavalcaqui traduisit en latin beaucoup de livres grecs (3).

L'Ordre de Saint-François produisit dans ce siècle quelques Frères instruits dans les langues de l'Orient. Un d'eux, contemporain de Cavalca, fut le frère Angelo Del Cingolo. On vantait en lui le savoir et l'éloquence; on l'admirait surtout pour ses connaissances en grec. Il traduisit l'ouvrage de Jean Climaque, le Dialogue de Macaire, et un traité de Saint Jean-Chrvsostome. C'est ce qui résulte d'une notice écrite par le Jésuite Rader (Radero) dans la première édition de Paris de Jean Climaque. Après cela, il n'y a pas à s'arrêter au

(>) P. 118.

(s) P. 118. « Maxime vero floruerunt apud «os ista doctarum linguariiiu Rtudia ex quo Clcraentis quinti constitutione in Concilio Viennensi apud nos cuin paucis aliis Acadeiuiis iostituta sunt atque commcndata.Hiuc tanquam ex equo trojano provenerunt viri prsestantissirni atque harum litterarum studiis longe célèbres. »

(») P. 1?1.

sentiment d'Ambroise le Camaldule qui refuse au frère Angelo Del Cingolo la connaissance du grec(*).

Crémone qui, au siècle précédent, avait déjà compté des hellénistes parmi ses enfants, ajoute à cette liste quelques autres grécisants, Valentin Emarson, médecin mort en 1310; Denis Plasonio,morten 1360, «Graecae, latin8e,Hebraïcœlinguaeornatisimus,liberaliumartium peritissimus. » Renaud Persichello, mort en 1370,était un maître distingué de belles-lettres et surtout de grec, au point de traduire en vers latins les odes de Pindare. Thomas de Zacharieet Hortensius Panerinio sont loués par l'historien de Crémone, François Arisi, {Cremona Letteraria) pour leur savoir grec.

Tartarotti dans sa Storia impériale ed Ecclesiastica, cite Jean de Vérone comme helléniste. Il dit de lui: « Dando anche più indizj di non essere stato del tuto privo délia lingua greca(*). »

Pierre de Bracco, de Plaisance, qui vécut après Pétrarque et Boccace, était assez au courant de la langue grecque pour traduire deux discours de Démosthène et quelques dialoguesde Lucien.Gradenigo,déclare n'avoir vu nulle part ces traductions (3).

François Pétrarque (1304-1374) ne peut certainement pas passer pour un helléniste, il est vrai pourtant qu'il reçut des leçons de grec du moine Barlaam. En remerciant SigierPrecori de l'Homère qu'il lui envoyait, il écrit ceci au livre IX" de ses lettres familières, dans la deuxième : « Barlaamum nostrum mihi mors abstulit.,et ut verum fatear, illum ego mihi prius abstuleram. Jacturam meam, dum honori ejusconsulerem, non

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aspexi; itaque dum ad Episcopium scandentera sublevo, magistrum perdidi, sub quo militare cœperara magna cum spe. » Pétrarque reconnaît lui-même qu'il avait fait peu de progrès dans la langue d'Homère, il regrettait que Precori ne fût pas auprès de lui pour lui expliquer le grand poète, il ne désespérait pas pourtant d'arriver un jour à comprendre Homère : « Summum utique et si verum rei pretium exquiritur, inestimabile munus habeo, cuique nil possit accedere, si cum Homero tui quoque praesentiam largieris, qua duce peregrinae linguse introgressus angustias hetus, et voti compos dono tuo fruerer... Neque praeterea mihi spes eripituraetatehac provectus in litteris vestris, inquibus aetate ultima profecisse adeo cernimus Catonem. » Quelques historiens littéraires ont refusé à Pétrarque le mérite d'avoir su le grec. Humphry Hody lui a été plus favorable. lia pensé que Pétrarque, privé des leçons de Barlaam,avaitcontinuéà.s'instruireauprêsde Léonce Pilate, le maître de Boccace ; il va même jusqu'à penser que Pétrarque a bien pu être l'auteur d'une traduction de Y Iliade qui se conserve, dit-il, dans la Bibliothèque royale de Paris : « Sic enim legitur in indice quodam quem vidi Bibliothecae regiae : MS. Homericae Iliadis versio lat. Francisci Petrarchae. » C'est une erreur de la part de Hody. Pétrarque a donné lui-même les moyens de l'éviter quand il a écrit dans ses lettres (') : « habui Homerum, quique graecus ad me venit mea ope et impensa factus est latinus, etnunc inter Latinos volens mecum habitat. » Si Bandini donne à Pétrarque l'éloge d'avoir restauré dans Florence l'étude du grec, il faut l'entendre dans ce sens qu'il a plus agi par ses conseils que par ses travaux en faveur de l'hellénisme. « Paulo post Franciscus Petrarca Florentinae littérature splen

(i) Senties, lib. XV. à Luc» Penna.

didissimum sidus eluxit, divini ingenii vir, graecae et latinae linguse primus Florentiae instaurator ('). »

Boccace (1380) eut également pour maître le moine Barlaam. Il apprit de lui les premiers éléments de la langue grecque. Il continua ses études sous la direction de Léonce Pilate qu'il mena à Florence. Pendant trois ans, à peu près, il le garda auprès de lui, et se fit expliquer VIliade. Non-content de ces leçons particulières, Boccace suivait les leçons publiques que Pilate faisait à Florence sur Homère. Il acquit ainsi une instruction assez honnête en grec. C'est ce qu'il dit luimême ('). « lpse ego fui qui primus ex latinis a Leontio Pilato in privato Iliadem audivi. Ipse insuper fui, qui ut legerentur publiée libri Homeri operatus sum. Et esto, non satis plene perceperim; percepi tamen quantum potui; nec dubium si permansisset homo ille vagus diutius pênes nos, quin melius percepissem. Sed quantulacumque ex multis didicerim; nonnullos tamen prœceptorisdemonstratione crebra intègre intellexi, eosque prout opportune visum est, huic operimiscui(3). » Gianotto Manetti, qui vécut quelques années après Boccace répète ce témoignage et y aj oute encore(4). Au chapitre 6 du liv. V de la Généalogie des Dieux, Boccace fait un long éloge de son maître.

Il n'avait pas écbappé au studieux Girolamo Gradenigo que, sous les princes Normands on parlait quatre

(>) P. 135.

(•) Lib. XV, c. 7 dellc Généalogie degli Dei.

(») P. 138.

(*) «Tantum tamen exinde hoc suo disciplinas tempore reportavit, ut intcr cseteralliadera,atqueOdysaeam praeclaraHomeri poemataintellexerit,veruin etiam non nullos alios poetas ab exponente magistro percipiens, multa suo egregio gcnealogiarnm opcri opportune admodum insertierit. »

langues en Sicile, et, principalement à Palerme; le grec, l'arabe, le latin et le normand. Il signalait à la curiosité des investigateurs une foule d'actes et de privilèges écrits en grec. Ces pièces ont été récemment l'objet de savantes recherches de la part des Muller, des Michlosich, des Pitra, des Theiner, des Tafel, des Thomasau au point de vue de l'histoire générale. Elles viennent enfin d'être étudiées au point de vue des relations privées par M. Salvatore Cusa, professeur de Paléographie et de langue arabe à l'Université de Palerme, qui en a publié un volume in-folio en 1868 (').

(') I Diplomi Greci ed Arabi di Sicilia, publicati nel testo originale, tradotti ed illustrati da Salvatore Cusa, professore di Paleografìa e di lingua araba nell' Università di Palermo. Voi. 1. part. 1. — Palermo 18C8.

Ma nn periodo è stato sempre, ed a preferenza studiato dagli storici nostri. Esso è quello di cui si è detto, il normanno-svevo, quello a cui ha fissato in ogni tempo lo sguardo il Siciliano, come a un punto bianco nel nero orizzonte.... I nomi di Pazello, Antonino Amico, Mungitore, Testa, Gregorio, Di Blasi, Palmeri etc... Come di coloro che a quest'opera si sono applicati, suonano sempre cari per noi. p. VII...: Pure, in mezzo a tanto lavoro, un vuoto s'è sentito da tutti, e in ogni tempo lamentato; un elemento essenziale è mancato alla progredita Conoscenza delle carte nostre tutte e de' diplomi in ispecie, quella, cioè, delle membrane scritte in greco ed in arabo, p. IX.

La Sicilia in quel tempo per ragion di commercio o di guerra, frequentata ne' suoi porti, quasi città franche, da genti d'ogni paese e di ogni lingua. Pisani, Veneziani, Genovesi, Schiavoni, Provenzali etc, molti dei quali vi aveano stanza e quartiere, annoverava a preferenza fra i suoi abitanti, oltre agi' indigeni ed agli Ebrei, Greci et Saraceni; i quali, in gran numero dal primo Normanno stremati ed alla morte dell'ultimo Svevo quasi totalmente scomparsi, in proporzione sempre decrescente vi duraron pel corso delle due dinastie; abitando i primi più le coste e l'Oriente dell' isola, ed i secondi l'interno e l'Occidente. Parlavan essi, quantunque naturalizzati, la lingua propria, ed in quella scriveano; gli atti da' propri notai venivan nelle diverse loro lingue redatti; e le autorità istesse negli affari che quelli concemeano, bene spesso ne usavano l'idioma, tal fiata solo, tal'altra insieme al latino. E nel principio della Conquista, gli atti publici e privati scritti in greco ed in Arabo, dovean essere in gran numero; avvegnaché queste lingue cran allora molto diffuse, e le sole forse che si scrivissero in tutti i paesi dell'isola. Rivissuto poscia il latino, ed innalzato al grado di lingua ufficiale e letterata pe' naturali, quegli idiomi restarono tuttavia alle transazioni private di Greci e Saraceni; e ne' contratti che gli uni egli altri co' naturali si ebbero, furon essi pure, unitamente al latino, adoprati. La cultura era tutta greca, come anche la chiesa, cui erano assoggettati villagi e paesi non pochi; ed i Normanni duraron tempo e fatica, finché non ottennero, che la cultura e chiesa latina si avessero il disopra... p. X.

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