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A. » pour assembler les factieux; son conlessionnal, une » mine; sa chaire une machine contre l'autorité royale ; » sa langue un glaive pour mettre en pièces le gouver» nement, et son presbytère un magasin de toutes » sortes d'armes. » Son zèle lui fit donner une place dans le conseil de guerre, et, il se décidait toujours pour les partis les plus violens; il prêchait jusques dans les rues et dans les maisons; il parut, les armes à la main, au siége de Libourne où il fut fait prisonnier; on le vit plus tard à l'attaque de la Bastide; il prononça l'oraison funèbre du marquis de Chambarck. L'archevêque n'ayant jamais voulu excommunier le duc d'Epernon et le cardinal Mazarin, fut obligé de sortir de la ville, et le père Bonnet se trouva à la tête des factieux; quelque ennemi du parlement fit son apologie, et les pamphlétaires de la Fronde se réunirent pour composer le Curé bordelais, Ces satires populaires eurent beaucoup de vogue, arce qu'elles attaquaient des hommes haut placés, † connus; d'ailleurs les auteurs ne ménageaient ni les insultes, ni les quolibets, ni les plaisanteries, ni les jeux de mots, et la Fronde de Bordeaux n'a rien à envier sur ce point aux factums , aux # des frondeurs parisiens. Quant au curé Bonnet, que, les écrivains dévoués au cardinal, ont dépeint comme un dangereux agitateur de la multitude, on doit le considérer seulement comme un homme d'une imagination exaltée, qui prit la défense du peuple qu'il croyait outragé : Sous une monarchie absolue, son rôle fut trop restreint pour être grand et noble ; sous un gouvernement monarchique, le curé de Sainte-Eulalie eût été un tribun dangereux par l'ascendant qu'il exerçait sur la foule. Pendant que le parlement perdait un temps précieux à frapper d'anathème des pamphlets dont il exagérait l'importance, les frondeurs convoquaient des assemblées secrètes. Le duc d Epernon, de son côté, intriguait pour rentrer dans son gouvernement. Ces bruits donnèrent occasion à une nouvelle émeute, et le parlement, pour prévenir des désordres plus graves, députa au roi le président Gourgues, pour obtenir des explications sur la conduite de l'ex - gouverneur. La cour, qui avait aussi à craindre les frondeurs bordelais, nomma le prince de Condé gouverneur de la province de Guienne. On exigea pourtant du prince qu'il renoncerait à ses liaisons avec mademoiselle de Chevreuse ; et lorsque les conditions furent † , le nouveau gouverneur partit pour Bordeaux. Il y arriva le 22 de septembre 1651, et ne voulut point qu'on lui fit d'entrée : il se donna à peine le temps de se reposer dans l'hôtel qu'on lui avait préparé dans la rue du Mirail, et se rendit au palais pour remercier le parlement. Le président Daffis répondit au prince au nom du parlement, et quelques-uns des magistrats, qui avaient hésité jusqu'alors à se jeter à la fronde, se déclarèrent hautement contre Mazarin, dont on annonçait le prochain retour. Les députés qu'on avait envoyés à Paris, arrivèrent le lendemain de l'entrée du prince dans Bordeaux; ils annonçaient que la cour était mal intentionnée à l'égard du nouveau gonverneur, et qu'ils n'avaient pu obtenir la faveur de saluer le roi. Le parlement, séance tenante, déclara, que les intérêts de la compa

pagnie demeuraient unis à ceux des princes, et qu'on

enverrait une seconde ambassade au roi, pour Iui faire de très humbles remontrances. Les députés partirent quinze jours après, et les magistrats, pour ne laisser aucun doute sur leurs intentions, pour justifier leur conduite, écrivirent une lettre à tous les parlemens du royaume. Cette circulaire, dont on fit lecture au peuple, excita le plus vif enthousiasme : pour les frondeurs bordelais, patrie, religion, roi, gloire, honneur, tout s'était personnifié en monseigneur le prince de Condé : chaque jour, la foule, presque idolâtre, se portait vers son logement de la rue du Mirail, et ne se retirait qu'après avoir vu le prince, qu'elle regardait comme son unique sauveur. Les chansonniers, les auteurs de libelles, s'évertuèrent à chanter ses hauts faits ; les feseurs d'anagrammes se mirent aussi à l'œuvre, et en décomposant le nom de Louis de Bourbon, ils trouvèrent qu'il signifiait, bon bourdelois. Le prince ne doutant plus de son influence, ne garda aucune mesure ; il ameuta les frondeurs contre le parlement , dont il croyait avoir à se plaindre, depuis son arrivée. Le roi, instruit de ces menées, résolut de marcher en personne contre Louis de Bourbon; il partit de Paris, mais un événement imprévu l'obligea à retourner sur ses pas. Les menaces royales n'effrayèrent pas les Bordelais, dont le dévouement, au prince de Condé, dépassait toutes les bornes.Aussi, firent-ils éclater leur vive douleur, lorsque le prince leur annonça que les ducs de Beaufortet de Nemours, le rappelaient à Paris, cù sa présence était nécessaire. Il partit, en effet, d'Agen avec le prince de Conti, le jour des Rameaux 1652. Suivi de quelques gentilshommes, il prit la route de l'Auvergne , espérant trouver dans province, asile et protection contre la vengeance de la cour. Quelques jours après son départ, la princesse, son épouse, accoucha, à Bordeaux , d'un enfant, dont le chevalier de Todias, premier jurat, fut parrain, et la duchesse de Longueville marraine. Il reçut, sur les fonds baptismaux, le nom de Louis de Bordeaux (1). Cependant, le prince de Conti, peu satisfait de jouer le second rôle dans les troubles de la fronde bordelaise, depuis le départ du prince de Condé, chercha à se faire un parti. Actif, adroit, caressant le peuple, il n'eut pas de peine à y réussir : ses émissaires allaient de rue en rue, de maison en maison, disant aux frondeurs, que le parlement n'agissait pas de bonne foi, et que parmi les membres de cette compagnie, plusieurs étaient disposés à favoriser le retour du cardinal. Ces bruits se répandirent rapidement; la multitude se montra d'autant plus disposée à y ajouter foi, qu'elle détestait l'influence des magistrats. Les principaux agitateurs de la Fronde, proposèrent alors d'élever une barrière aux prétentions, aux mauvais desseins du parlement; de lutter de puissance à puissance; de tenir aussi des assemblées. Ce projet fut adopté avec acclamations, et on choisit, pour lieu de séances, la plate-forme de l Ormée, près de l'église de Sainte-Eulalie. Dès ce jour, les assemblées populaires, dans lesquelles on n'avait jusqu'alors observ ' aucun ordre, devinrent régulières; et ce tribunal, érigé par la démocratie, com

(1) Cet enfant ne vécut pas.

mença à prononcer des sentences, qui furent toujours exécutées sans délai. Cette assemblée, dit Don de Vienne, fut composée d'abord de cinq cent membres; ils établirent une juridiction qui fut appelée la chambre de l'Ormière, qui rononçait su les objets les plus intéressans, et dont es sentences étaient sans appel : quoiqu ils ne reconnussent point de chef, ils témoignaient plus de défférence à ceux qui se signalaient par la hardiesse de leurs projets, et la témérité de leurs entreprises; ce fut ce † fit donner à Villars, l'un d entr'eux, une compagnie e quatre-vingt gardes. Mais celui qui, par ses excès, s'acquit la plus grande considération dans le parti des Ormistes, fut Dutéreste, qui de boucher était devenu solliciteur de procès, digne chef d une factionsi exaltée : il commanda pendant plus de deux ans dans Bordeaux, avec une autorité souveraine. Le prince de Conti, luimême, était obligé d'exécuter ses ordres. Les Ormistes ne mirent bientôt aucune borne à leurs exigences, à leur audace ; ils bravèrent les arrêts du arlement, dont l'influence diminuait chaque jour. es magistrats se repentirent, mais trop tard, d'avoir embrassé de gré ou de force la cause des frondeurs ; ils furent les premières victimes des collègues de Dutéreste, qui les menaçaient, chaque jour, du dernier supplice, s'ils refusaient de préter la main à leurs projets de rébellion. Le parlement, par la faiblesse de ces décisions, s'aliéna les deux partis; les royalistes l'accusèrent de fomenter les troubles de la Fronde, les Ormistes lui fesaient un crime de sa modération. Le 10 décembre 1651, le roi lança contre cette compagnie un arrêt d'interdiction; mais les lettres furent interceptées par les espions de l'Ormée et brûlées devant l'Hôtel-de-Ville. On publia à Blaye une seconde déclaration, dont la copie fut remise à l'avocat-général Dussaut. Ce magistrat parvint à calmer les alarmes, les scrupules de ses collègues; on se contenta de faire de très humbles remontrances au roi ; les officiers de la ville et du ressort de la cour continuèrent l exercice de leurs charges, et, pour mettre le comble à ce premier acte de désobéissance, on déclara le cardinal Mazarin et ses adhérens, criminels de lèze-majesté, et perturbateurs du repos public. Le parlement espéra calmer par ces concessions la fureur des Ormistes ; Dutéreste et ses collègues crurent, pendant quelque temps, à ces démonstrations patriotiques; leurs assemblées devinrent moins fréquentes, et la ville jouit d'un calme momentané. Dutéreste craignit de perdre l'influence qu'il ne pouvait exercer que pendant les troubles; il convoqua de nouveau l'Ormée. Le parlement ordonna aux jurats de s'y opposer, mais Dutéreste harangua les séditieux, qui se réunirent en très grand nombre sur la plate-forme de Sainte-Eulalie, armés d'épées et de pistolets. Les jurats envoyèrent un des officiers municipaux, et le procureur-syndic, pour connaître le motif de cette réunion : — Dites à messieurs du parlement, s'écria le boucher Dutéreste, que les bons bourgeois et le menu peuple de Bordeaux, se sont réunis à l Ormière, pour délibérer sur les dangers qui menacent la ville : nous voulons chasser quelques personnes suspectes, entre lesquelles sont plusieurs membres de la cour. Ce jour-là, l'Orihée tint sa séance qui dura jusqu'à la

nuit; le lendemain, les jurats revinrent à la charge : ils furent plus heureux que la veille; à la première sommation, l'Ormée se sépara, et Dutéreste se contenta de remettre au procureur-syndic un papier cacheté. On opina d'abord pour savoir si ce billet serait reçu ; il ne fut ouvert que deux jours après par le conseiller Lestonnac ; c'était une liste de proscription lancée par les Ormistes contre plusieurs membres du parlement : elle fut regardée comme non avenue. Les chefs de l'Ormée ne cessaient de fomenter l'irritation des mécontens. Le président Pichon étant allé un jour chez la duchesse de Longueville, y trouva un grand nombre des factieux de l'Ormière. Il les salua gracieusement ; mais les émissaires de Dutéreste le menacèrent en criant : — Pichon est un hypocrite, Pichon est un Epernonniste, un Mazarin. Des vociférations, ils en vinrent bientôt aux voies de fait; le 1" mai, ils employèrent la violence pour forcer les conseillers Salomon, du Bernet et Montesquieu à sortir de la ville; il se tint plusieurs assemblées à ce sujet chez le prince de Conti et au palais : l'Ormée se montra implacable. — Je ne comprends rien à la constance du parlement, disait Dutéreste; cette compagnie nous a fait connaître, dans plusieurs circonstances, qu'elle partegeait nos idées ; elle a signé le traité d union avec les princes, nous n'avons plus aucun ménagement à garder avec ces magistrats. Ces paroles de l'orateur de l'Ormée ameutaient le peuple. Il secoua insensiblement le joug des magistrats qui avaient favorisé ses premiers mouvemens. Le palais resta fermé depuis le 15 mai jusqu'au 25 ; cet interrègne effraya les Ormistes, qui promirent de rendre au parlement le respect et la soumission qui lui étaient dus. Ils ne furent pas fidèles à leur promesse, car, le jour même, ils chassèrent de la ville neuf officiers du parlement; aussi les vacations du palais durèrent jusqu'au 7 juin, et le 13, il y eut à l Hôtelde-Ville une assemblée des Cent trente, pour aviser aux moyens de rétablir le calme. Toutes les mesures étaient insuffisantes; la sédition gagnait de quartier en quartier, et les factieux tournèrent les armes contre leurs frères. Le 24 juin, les milices du faubourg Saint-Michel attaquèrent celles du Chapeau-Rouge, de Saint-Rémy, et brûlèrent une maison près de la porte de Médoc. Le prince de Conti lui-même, ne fut pas à l'abri des insultes des chefs de l'Ormée; Dutéreste lui donnait souvent les qualifications les plus insultantes, et le prince subissait patiemment les conséquences des troubles populaires. L'emprisonnement d'un des factieux, nommé Dinouard, donna lieu à de nouvelles scènes de désordre, et, le 22 octobre, on jeta dans les prisons de l Hôtel-de-Ville un pauvre serrurier, qui n'avait pas voulu inscrire son nom sur le grand livre de l'Ormée. Les propositions d'amnistie, faites par le comte d'Harcourt, général des troupes du roi dans la province de Guienne, furent refusées à l'unanimité, et le parlement, qui depuis plus d'un an cédait à la force des circonstances, rendit un arrêt concernant l'administration de l'état : le retour du cardinal Mazarin avait soulevé toute la France, et les imprécations des Bordelais contre l'éminence furent

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unanimes. Le roi et ses ministres parurent très mécontens du nouvel arrêté; Louis XIV avait vaincu la fronde à la bataille du faubourg Saint-Antoine; le prince de Condé s'était retiré à l'étranger. Ces nouvelles si alarmantes n'effrayèrent pas les Ormistes ; ils se réunirent au nombre de mille, et jurèrent de mourir plutôt que de recevoir dans leurs murs le cardinal Mazarin. Le parlement partageait leur haine contre le premier ministre; mais le moment était venu où ceux de ses membres qui n'avaient pas quitté Bordeaux se verraient contraints à obéir aux ordres du roi. Le 8 octobre parut une déclaration qui transférait le parlement à Agen, en laissant néanmoins dans l'in

terdiction plusieurs magistrats, plus spécialement dévoués au parti des princes. Les Ormistes étaient au comble de leurs vœux ; ils n'avaient plus à craindre l'influence du parlement, qui, souvent, les avait contrecarrés dans leurs projets. Depuis long-temps, ils entretenaient des intelligences avec l'Espagne : non contens de cet appui, ils envoyèren1 deux députés à Cromwel, pour implorer le secours de l'Angleterre ; mais cette démarche fut désapprouvée par le plus grand nombre des chefs de l'Ormière, et les deux députés furent honteusement chassés de la ville. Pendant que les frondeurs usaient de toutes sortes de moyens pour mettre Bordeaux en état de soutenir un long siége, le cardinal Mazarin résolut de s'emparer de la place par ruse. ll fut servi dans son projet par un cordelier nommé Faure, qui parvint à établir des intelligences dans la ville, par l'intermédiaire des religieux de son ordre. Le père lthier, gardien du couvent de Bordeaux, lui promit de coopérer au succès de l'entreprise. Il parvint à s'attacher quelques chefs de l'Ormée; il apprit de la mère Angélique, supérieure des religieuses Carmélites, et sœur de Villars, que son frère leur offrait d'introduire les troupes royales dans Bordeaux, si on voulait lui assurer la place de procureur-syndic de l'hôtel-de-ville, quarante mille écus, et une amnistie générale. Le cordelier, investi de plusieurs pouvoirs , promit au nom du roi ; le succès paraissait assuré, lorsque Villars, tourmenté par le remords, effrayé peut-être par les bruits qui couraient sur un complot, découvrit tout au prince de Conti. Le père Ithier fut arrêté, et comparut devant le tribunal de l'Ormée, qui le condamna à une amende honorable, et à une prison perpétuelle. On le promena dans les rues et les carrefours de la ville, la corde au cou ; le bourreau se tenait derrière lui, et on lui avait mis sur le front un écriteau avec ces mots, en gros caractères : – TRAITRE A SA PATRIE. L'humiliation du père lthier produisit un mauvais effet sur le peuple, déja mécontent des excès des Ormistes ; quelques personnes ne craignirent pas de parler de soumission au Roi ; on arbora un drapeau blanc sur la porte du Caillau (1), et un autre de la même couleur sur le clocher de Saint-Michel où flottait depuis deux ans l'étendard rouge des Ormistes. Le fougueux Dutéreste se livra aux transports de la fureur la plus violente; mais il n'était plus en son uvoir de maîtriser l'élan du peuple qui commençait à éprouver les horreurs de la famine et demandait la paix à grands cris. Un des parens du père Ithier fut mis à la question ; on chassa de la ville la mère Angélique ; le président Dassis, les conseillers Desbordes et Castelnau furent conduits au fort du Hâ. Cependant l'armée royale , commandée par le duc de Vendôme, fesait de rapides progrès : le duc de Candale s'était déja emparé de Bergerac, de Bazas, de La Réole, de Langon, de Cadiilac, et campait à une demi-lieue de Bègle. Ces succès n'empêchèrent as la cour d'offrir une seconde fois aux habitans de l§ amnistie pleine et entiere : les Ormistes refusèrent, et chassèrent de la ville les curés de SaintPierre, de Saint-Rémy, de Saint-Siméon, le prieur des Jacobins, le gardien des Capucins qoi exhortaient les bourgeois à ouvrir leurs portes aux royalistes. Le

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(1) La porte du Caillau fut construitc en l'honneur de Charles V1II , quelque temps après la bauailie de Fornoue en 1494. On y voyait la statue du jeune Roi , qui ne fut renversée qu'en 1789.

duc de Vendôme outré de l'obstination des Ormistes , assiégea Lormon, qu'il emporta presque d'assaut , et fit des préparatifs pour cerner Bordeaux sur tous 1es points. Il se tramait en même - temps une nouve1fe conspiration contre l'Ormier, mais elle fut découverte ar le vigilant Dutéreste ; et Filhot , trésorier de france à Montauban, qui en avait été le principal instigateur, subit les plus cruels traitemens. Pour ranimer le courage de leurs partisans, les principaux meneurs de l Ormée eurent recours aux pompes de Ia religion, et, par leur ordre, on fit une procession so— lennelle ; ils voulaient, disaient-ils, rendre grâces à Dieu de la délivrance de la ville. Les généraux des troupes du roi ne perdaient pas un seul instant ; la citadelle de Bourg et la ville de Libourne tombèrent en leur pouvoir, et après la reddition de ces deux places, Bordeaux se trouva bloqué de tous côtés : la famine commença bientôt à se faire sentir, et le peuple murmura hautement. L'arrivée du comte de Fiesque, envoyé du roi d'Espagne, les exhor ations du prince de Conti ne purent détourner les bourgeois bien intentionnés de leur détermination à accepter l'amnistie royale : soixante-treize députés se réunirent à l'archevêché, le 20 juillet, pour demander la paix au prince de Conti, à la princesse de Condé et à la duchesse de Longueville. A trois heures de l après-midi, le drapeau blanc flottait sur les clochers de la ville. On demanda trois jours de trève, et le prince de Conti, intimidé par ces démonstrations, se rendit à la Bourse, pour déclarer qu'il renonçait à l alliance espagnole. Le traité de paix fut enfin conclu à l Ormon, le 30 juillet, et, trois jours après, les généraux des troupes du roi entrèrent dans Bordeaux. lls publièrent l'édit d'amnistie : Dutéreste fut seul excepté. On lui trancha la tête, qui fut mise au bout d'un pieu, et attachée au haut d'une tour qui était à l'extrémité de l'Ormée. Ainsi périt ce fougueux agitateur, qui, de boucher, s'était élevé au rôle de tribun. Ses complices, Traucars, Blaru et Desert, se sauvèrent en Angleterre : le prince de Conti obtint la grâce de Villars. La princesse de Condé et le duc d Enghien partirent le 2 août, et se retirèrent à Castillon, en Médoc. L'Ormée n'était plus; ce grand drame populaire, sublime et effrayant essai d'émancipation communale, se termina par un Te Deum chanté à Saint-André, par un sermon du père lthier, et par un brillant souper que les bourgeois donnèrent au duc de Vendôme. Néanmoins un drapeau rest it encore aux ennemis de la centralisation du pouvoir royal; c'était la tête de Dutéreste, clouée au pilori. Les tribuns de l'Ormée se réunirent souvent pendant la nuit près de SainteEulalie ; ils promirent vengeance à leur complice : mais l'heure du grand bouleversement, l'heure du peuple n'avait pas encore sonné !

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Une bénédiction de drapeaux à Saint-Sernin de Tou

louse. - 1196. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . Xavier Sigalon. . . . . . . . . . . - - - - - - - - - Un tournoi à Tarascon-sur-Rhône. — 1449. – Chro

nique provençale. . . . . . - - - - - - - - - - - - Le siége de Toulon. - 1793. . . . . . . . . . . . . . Le roi Gondebaud. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . Simon Brise-Tête, sénéchal de Carcassonne. . . . . .

LIVRAISON DE MARS.

Michel Nostradamus. . . . . . . . . . . . . . . . . . Mort du président Duranti , assassiné à Toulouse par

les Ligueurs, le 10 février 1589. . . . . . . . . . . Duel entre Bayard et le Bâtard de Savoie. . . . . . . Bernadotte, roi de Suède. . . . . . . . . .. . . . - La Reine aux quatre maris. . . . . . . . . .. . . . . Le martyre de saint Scrnin. . . . . . . . . . . . - -

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Une Lccon, anecdote pyrénéenne. . . . . . . . .
Naissancc et enfance dc François Ier. . . . .. . . . .
Orthez au mois d'octobre 1384. . .. . .. . .. . . .
Mort de Charles-lc-Mauvais, roi de Navarre.
De l'origine des Escuariens, ou Basques
Le docteur Miquel, de Bézicrs. . . .
Bataille de Tours.

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MosAiQUE DU MIDI. — 3e Année.

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LIVRAISON DE JUILLET.

Des Rigoles de dérivation du Canal du Midi. .. Page

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Fénélon. . . . . . . . . . . - Michel de Montaigne. . .. . .

LIVRAISON

La Folle de la Montagne. . . . .

Hector de Beaulieu. . . . . . . Béatrix de Grave. . . . . . . . Le baron Dupuytren. . . . . . Castelpenent. . . . . . . . . . . Deux haines et dcux amours. . Notre-Dame de Rocamadour. .

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La Danse du Chevalet. . . . . . - - - - - - - -
LlVRAISON DE SEPTEMBIAF.

La Caverne des Protestans.. . . . . . . . . . . . . -
Le Cloitre de Saint-Etienne de Toulouse. . . . . . . .
Esprit Fléchier. . . . - . . . - . . . . . . . . .. . .
Le Manoir de Brcssuire, chronique du Poitou. . . . . .
Le maire de La Rochelle. . . . . . . . - - -
Mes Croquades. . . . . . . . . . . .. . - - - - - -
Sainte-Marie-d'Orbieu. . . . . . . . . . . . . - - - - -
Les Guitards-Pinon du Puy-de-Dôme. . . . . . - - - -

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