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çons et trois petites filles. Ces enfans sont remarquables par leur air éveillé, leur mine réjouie, leur bonne tenue et leur politesse. La veuve Rumph a mis au monde 15 enfans et elle en a nourri 32 autres de son lait.

TURIN. - Médecine.

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ITALIE.

Plante propre à remplacer le quinquina. - M. Re, professeur de matière médicale à l'École vétérinaire de Turin, a découvert que le lycopus europeus de Linnée, appelé l'herbe de Chine par les paysans du Piémont, où il se trouve en abondance, surtout dans les endroits marécageux, possède les mêmes propriétés que le quinquina, et peut le remplacer sans inconvénient.

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SICILE. Palerme. Extrait d'un rapport fait le premier juin par M. Scovazzo, directeur des Ecoles d'enseignement mutuel. Au mois de mars 1819, le conseil municipal de Palerme résolut d'établir une école d'essai, pour l'enseignement mutuel. M. Scovazzo en fut nommé directeur par le président de la commission d'instruction publique. L'école s'est ouverte pour 250 élèves, et les progrès ont été rapides. Le jury des moniteurs a eu un grand succès. 300 enfans sont inscrits comme élèves ou comme candidats. L'ardeur est telle que tous les congés ont été supprimés, et qu'il n'y a d'interruption dans les études, que les dimanches et grandes fêtes: l'enthousiasme est général pour la nouvelle méthode.

25,000 fr. vont être votés par le conseil municipal pour diffé rentes écoles. Le comte Sommatino est protecteur zélé de l'enseignement mutuel. Une école est ouverte pour la cavalerie sous les auspices du colonel Lucchessi. S. A. le duc de Calabre en fonde une à Bocca di Folco. 20 instituteurs sont formés par M. Scovazzo pour répandre la méthode. Il y a une école depuis trois mois à Messine. On ne doit ouvrir à Trapani, Mazara, Agrigento, Alcamo, Modica, Caltagirone, Polizzi, Colizanno Catane, Deis, Syracuse, Termini, etc.; enfin dans toute la Sicile, pays presque inculte, la méthode n'a rencontré aucun obstacle. Les Jésuites eux-mêmes ont voulu être des premiers à l'adopter; ils ont une école dans le college d'Alcamo : avant deux ans il n'y 40

TOME VII.

aura pas de village où l'on ne trouve une école d'enseignement mutuel. Par ces moyens, les Siciliens pourront bientôt figurer parmi les nations les plus civilisées. La Sicile, quoiqu'elle ait perdu sa première grandeur, conserve encore cette fécondité de génie qui la distinguait dans les anciens tems. Les philosophes et les littérateurs qu'elle possède, annoncent assez ce qu'elle pourra produire quand l'instruction sera plus soignée et plus répandue.

ROME. Voyage scientifique. — Extrait d'une lettre de M. de Niebuhr, ministre plénipotentiaire du roi de Prusse près la cour de Rome. M. Gau, architecte et antiquaire de Cologne, de retour du voyage qu'il a fait en Palestine, en Égypte et en Nubie jusqu'à la seconde cataracte, rapporte une collection très précieuse de dessins des monumens les plus remarquables de l'antiquité. Plusieurs de ces monumens n'avaient point encore été dessinés, ou ne l'avaient été que d'une manière imparfaite.

Ce voyage est le premier qu'un Allemand ait entrepris, dans le but que s'est proposé M. Gau. L'honneur de l'Allemagne, autant que celui de l'artiste, demande donc que les résultats de cet intéressant voyage soient mis au jour le plus tôt qu'il sera possible. Après avoir fait un choix sévère, il restera environ 60 planches sur la Nubie, qui ne fait point partie du grand ouvrage français; environ 20 planches additionnelles sur l'Égypte, et 20 sur Jérusalem. Les explications seront en français et en allemand.

Il sera publié très prochainement un specimen de 4 à 6 planches, représentant des édifices ou des bas-reliefs. Le prix en est fixé à 4 flor. courans, payés d'avance. Le specimen sera remis, sans autres frais, dans les principales villes de l'Allemagne et des autres pays.

MILAN. Virgile, avec des notes de Pétrarque. — On a découvert dans la bibliothèque ambrosienne, un exemplaire des œuvres de Virgile, qui contient des notes manuscrites de Pétrarque, parmi lesquelles on trouve ce passage remarquable: » Laura, » propriis virtutibus illustris, et meis longum celebrata carmi» nibus, primùm oculis meis apparuit sub primum adolescentiæ » meæ tempus anno Domini 1327 die 6 mensis aprilis in eccle» sia sanctæ claræ Avinioni horâ matutinâ. Et in eâdem civitate,

» eodem mense aprilis, eodem die 6, eâdem horâ primâ, anno » autem Domini 1348 ab hac luce lux illa substracta est; cum » ego fortè Veronæ essem, heu fati mei nescius! Rumor autem >> infelix per litteras Ludovici mei Parma reperit anno eodem, » eodem mense maji, die 19 mane. Corpus illud castissimum ac » pulcherrimum in loco fratrum minorum repositum est ipsâ die » mortis ad vesperam. Animam quidem ejus, ut de Africano ait >> Seneca, in cœlum, unde erat, redisse mihi persuadeo. Hæc » autem ad acerbam rei memoriam amara quadam dulcedine >> scribere visum est hoc potissimum loco qui sæpe sub oculis » meis redit, ut cogitem nihil esse debere quod amplius mihi » placeat in hac vitâ, et effracto majori laqueo, tempus esse de >> Babylone fugiendi, crebra horum inspectione, ac fugacissimæ >> ætatis æstimatione commonear. Quod, prævia Dei gratiâ, facile » erit præteriti temporis curas supervacuas, spes inanes, et inex» pectatos exitus acriter ac viriliter cogitanti.

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PEROUSE. – Publication prochaine. — M. Gio. Bastista Varmiglioli doit publier des leçous élémentaires d'archéologie ( Lezioni elementari di archeologia) appliquées aux monumens de tous les peuples. Ce sont les leçons données par l'auteur à l'Université de Pérouse. L'ouvrage, composé de 2 vol. in-8°, contiendra tout ce qu'on trouve de plus intéressant dans les écrits de Caylus, Vinkelmann, Visconti, Foggini, Eckhel, Morcelli, Hayne, Boettiger, Zoega, etc. L'auteur examine non-seulement les monumens de la Grèce et de Rome, mais encore tous ceux de l'antiquité qui méritent le plus l'attention des archéologues. Il commencera par l'architecture, ensuite il s'occupera de la peinture, de la sculpture, de la numismatique et de la science des inscriptions. Il donnera aussi quelques notions paléographiques de tous les vieux idiomes qu'on retrouve dans les anciens monumens. On souscrit chez Francesco Baduel, libraire-éditeur, à Pérouse, piazza de Corsi, no 110, et chez les principaux libraires de l'Italie. L'impression de cet ouvrage doit être commencée dans le mois de novembre prochain. Sculpture. Canova exécute en ce moment la statue de Washington pour les États-Unis d'Amérique.

ROME.

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GRÈCE.

ATHÈNES. Fondation d'une Société biblique. — Il vient de se former à Athènes une Société pour la propagation de la Bible. La direction en est confiée à douze respectables habitans, qui sont tous Grecs d'origine.

Progrès de la Littérature. On imprime depuis quelque tems à Constantinople, dans l'imprimerie patriarchale, un grand dictionnaire de la langue grecque, ancienne et moderne, dont le premier volume a déjà paru. Il formera plus de six volumes grand in-folio. Cet important ouvrage paraît sous les auspices du patriarche actuel Gregorios, natif du Péloponnèse, prélat aussi vertueux qu'éclairé. Tous les archevêques, et la plupart des archontes du phanal, ont souscrit pour cette belle entreprise.

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– M. Iskenteri, négociant établi à Constantinople, a traduit et publié une élégante traduction, en grec moderne, du roman de Voltaire intitulé Zadig. Il a aussi traduit le Voyage d'Anténor (1), qu'il va mettre sous presse. Cet estimable négociant est fort instruit, et profondément versé dans la littérature française. Son zèle pour la propagation des lumières, et pour la civilisation de toute la Grèce, est ardent et infatigable.

Le grand College de Chios est déjà devenu une espèce d’Université européenne. Le jeune Ambrosios Argentis, à peine âgé de 17 ans, élève de ce Collége, vient de publier un Discours sur la Navigation, dans lequel il exhorte, avec beaucoup de chaleur, ses concitoyens, les habitans de l'île de Chios, à se livrer particulièrement à la navigation commerciale, source intarissable de richesses et de prospérité. « Quand nous serons, dit-il, devenus plus riches par la navigation, les lumières se propageront dans notre belle patrie plus facilement et plus rapidement; ensuite, nous serons plus heureux et plus estimés des grandes nations de l'Europe qui portent sur nous leurs regards avec intérêt. »

Parmi les ouvrages dont plusieurs savans de France ont fait présent à la bibliothèque publique de Chios, on a distingué l'Histoire de la république de Venise, par M. le comte Daru, pair de France.

(1) Nous regrettons qu'il n'ait pas choisi un ouvrage plus instructif et plus moral.

Cet ouvrage a fixé l'attention de tous les habitans éclairés de la patrie de Théopompe et d'Ariston. Il est question de publier un journal grec à Chios, pour l'instruction du peuple. L'imprimerie, nouvellement établie dans la capitale de l'île, est déjà dans un état satisfaisant. On attend la publication de plusieurs ouvrages importans qui sortiront de cette imprimerie, et qui sont tous destinés à la régénération de la littérature grecque. L'un des savans les plus distingués, le professeur Koumass à Smyrne, a dernièrement fait paraître un livre élémentaire de philosophie, donnant un exposé succinct des recherches philosophiques des Allemands. Cet ouvrage a été accueilli avec une sorte d'enthousiasme.

ESPAGNE.

Il est fait mention dans le dernier cahier de la Revue, page 391, de l'établissement d'une censure en Espagne : comme cette simple assertion pourrait donner lieu à de fausses interprétations, il nous a paru convenable d'expliquer une mesure qui semblerait d'abord en opposition avec le système libéral introduit dans ce royaume.

L'article 371 de sa Constitution garantit à tous les Espagnols la liberté d'écrire, d'imprimer et de publier leurs idées politiques, sans qu'il soit besoin d'une autorisation, d'un examen ou d'une approbation préalable; mais, moyennant des restrictions, « et sous la responsabilité qui sera établie par les lois. »

En conséquence de cet article, on a créé un comité de censure dans chaque province, et un comité central de censure à Madrid, composé de sept hommes de lettres, dont la nomination appartient au roi. Les comités de censure ne s'occupent point d'un écrit avant l'impression, à moins que l'auteur lui-même n'en fasse la demande ; mais, lorsqu'un ouvrage imprimé est dénoncé par quelqu'un, le comité en est le juge. Le jugement d'un comité provincial est révocable par celui du comité central. La dénonciation n'est admise, que dans le cas d'une injure faite ou à la morale publique, ou au gouvernement, ou enfin au plaignant.

Le comité ne prononce, qu'après avoir entendu l'auteur de l'écrit imprimé qui lui a été déféré. Lors du jugement, le comité ne doit statuer que sur la question de savoir, si l'ouvrage sera ou ne sera pas publié, en exprimant les motifs en cas de défense. Si

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