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division du travail dont plusieurs arts retirent tant d'avantages; 3o dans la modicité des profits de l'agriculture qui empêche beaucoup de spéculateurs de lui consacrer leurs capitaux; 4o dans la multiplication des besoins factices qui sont répandus jusque dans les campagnes et qui augmentent la misère des cultivateurs; 5o dans les efforts que fait le gouvernement lui-même pour diriger ailleurs l'emploi des capitaux ; 6o enfin, dans la difficulté des expériences, dans leur danger, dans les prix qu'elles coûtent et le tems qu'il faut pour en constater les résultats.

L'auteur parle ensuite des perfectionnemens, dus à M. de Fellemberg, qu'il a été l'un des premiers à introduire en France, en les employant dans sa propriété. Décrivant chacun des instrumens de M. de Fellemberg, il expose la manière dont il s'en sert et les avantages qu'il en obtient. Il présente le tableau des frais de culture, d'après la méthode habituellement suivie, comparé avec celui des mêmes frais d'après la méthode qu'il a adoptée, et il montre que des travaux qui coûtent, à ses voisins, cent quarante-huit francs cinquante centimes, ne lui reviennent qu'à quatre-vingt-deux francs cinquante centimes. Mais la réduction de la dépense n'est pas encore le plus grand avantage qu'il trouve dans l'emploi des instrumens perfectionnés; ce qu'il apprécie particulièrement, c'est l'économie de tems: elle est telle, qu'avec la herse à cheval, par exemple, on exécute quinze fois plus de travail dans le même espace de tems qu'on ne pourrait en exécuter à bras; c'est l'avantage de profiter du moment favorable, toujours si important et toujours si rapide pour les travaux des champs;' c'est la facilité d'étendre certaines cultures, telles que celle des plantes sarclées, par exemple, suivant les besoins, au lieu de la calculer d'après le nombre de bras dont on dispose; de pouvoir changer les assolemens établis, et y substituer ceux dans lesquels les prairies artificielles et les cultures intercalées alternent si avantageusement avec les céréales, en augmentant et la valeur des récoltes, et la valeur foncière du terrain; enfin, c'est de faire exécuter, par des animaux de trait, tous les travaux qu'on peut leur confier, et d'améliorer ainsi la condition de la classe la plus utile, la plus laborieuse et la plus pauvre.

Après avoir ainsi exposé les avantages attachés à l'emploi des instrumens perfectionnés, l'auteur développe avec force les ob

jections qui peuvent être faites contre leur adoption, et répond à chacune, de la manière la plus satisfaisante.

Il prouve enfin que toutes les causes qui s'opposent aux découvertes qui pourraient améliorer la culture, s'opposent également à l'adoption et à la propagation de celles qui ont eu lieu; et il montre avec sagacité comment les préjugés, les habitudes, et la misère des cultivateurs doivent ralentir la propagation des découvertes en agriculture, lorsqu'ils n'ont pu parvenir à les empêcher.

Au reste, l'auteur est bien éloigné de conseiller lui-même l'adoption irréfléchie de ses instrumens et de ses procédés. Cette brochure, qui présente des connaissances pratiques approfondies dans l'agriculture, jointes à des vues très élevées, annonce un ami éclairé de l'agriculture et de l'humanité.

228. (*) — Histoire de la Médecine, depuis son origine jusqu'au 18e siècle, par M. KURT SPRENGEL; traduit de l'allemand sur la seconde édition, par M. A.-J.-L. JOURDAN, docteur en médecine de la Faculté de Paris. Ces deux volumes contiennent la suite de la chirurgie, qui termine l'ouvrage du célèbre Sprengel, et une table analytique des matières renfermées dans les neuf volumes, et dont le besoin était universellement senti. Passé cette époque, les deux volumes que nous annonçons ne se vendront plus séparément. Paris, 1820. Béchet jeune, libraire, place de l'École de Médecine, no 4. Prix, 15 fr.

230.

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229. (*) Traité de Médecine-pratique de Pierre FRANK, traduit du latin parJ.-M.-C. GOUDAREAU, docteur-médecin, membre de la Société de médecine-pratique. Paris, 1820. 4 vol. in-8°. Migneret, imprimeur-libraire, rue du Dragon, no 20, faubourg St.-Germain, et Béchet, place de l'École de Médecine, no 11 à 13. Alliance d'Hygie et de la Beauté, ou l'Art d'embellir, d'après les principes de la physiologie, précédé d'un Discours sur les Femmes et sur les Moeurs des anciens; par Jean-Baptiste MÈGE, docteur-médecin, etc. Seconde édition, Paris, 1820. Béchet jeune, place de l'École de Médecine. I vol. in-12, broché. Prix, 3 fr., et 3 fr. 75 c. Cet ouvrage en est déjà à sa seconde édition, et cela vaut beaucoup mieux qu'un éloge. Du reste, la sagesse des conseils qu'il renferme ne fait pas moins d'honneur au jugement de l'auteur, que n'en fait son succès au bon esprit de nos

dames; car c'est principalement aux dames que ce livre s'adresse. Les personnes qui désirent de la santé et de la beauté, peuvent donc lire cet ouvrage : elles n'en seront ni plus laides ni moins bien portantes ; ce qui n'est pas toujours l'effet des livres qui promettent la santé et la beauté.

231.

Abrégé pratique des maladies de la peau, classées d'après le système nosologique du docteur WILLAN; dans lequel sont exposés avec précision le diagnostic, les symptômes et la méthode de traitement de ces maladies; par Thomas BATEMAN, docteur-médecin, etc. Traduit de l'anglais sur la cinquième et dernière édition, par Guillaume BERTRAND, docteur-médecin, Paris, 1820. Plancher, libraire, rue Poupée, no 7.

etc.

L'action continue des préjugés politiques ne s'est point bornée à partager les hommes en Français et en Allemands, en Anglais et en Italiens, etc. Elle a parqué les idées, comme les hommes. Il y a des idées françaises et des idées allemandés, tout comme il y a des Français et des Allemands. Chaque nation a ses mœurs, sa science et sa politique; et ces mœurs, cette science et cette politique varient d'autant plus, qu'elles sont moins avancées. En effet, la vérité n'étant qu'une, plus on approche d'elle, et plus on se rapproche aussi nécessairement de mœurs, de science et de politique.

Il n'y a qu'une morale, comme il n'y a qu'une géométrie. Les mœurs sont la conséquence de la morale; les mœurs, comme la morale, devraient donc être partout les mêmes. Une politique éclairée pousse invinciblement les peuples de l'Europe vers les › mêmes combinaisons politiques : nul doute que la science perfectionnée ne devienne aussi partout uniforme.

Là où il y a plusieurs opinions sur la science, il n'y a pas de science. Une opinion n'est qu'une supposition, et on ne suppose que lorsqu'on ignore. Tantqu'on vous parlera donc d'une médecine française et d'une médecine allemande, d'une physiologie italienne et d'une physiologie anglaise, concluéz hardiment qu'il n'y a ni · physiologie, ni médecine.

Le conflit des opinions médicales sur les maladies de la peau prouve donc à luí seul, déjà, notre peu de savoir sur ces maladies. Une bonne pathologie suppose rigoureusement une bonne anatomie, et nous n'avons pas de bonne anatomie de la peau,

A défaut de cette anatomie, on s'en est tenu jusqu'ici à des observations purement empiriques, et cet empirisme n'a pas laissé que de conduire à des résultats précieux. Nous nous bornons à une preuve, et cette preuve rend toutes les autres superflues; c'est le magnifique ouvrage de M. Alibert.

M. Bertrand vient d'enrichir notre médecine des idées anglaises sur les maladies de la peau. M. Bateman, dont il nous donne l'ouvrage, a voulu perfectionner la théorie de ces maladies, 1o par leur classification, 2o par leur nomenclature. De ces deux moyens, l'un paraît absolument insuffisant, l'autre mal entendu.

10. Des classifications artificielles sont plutôt la science telle que l'ont vue certains hommes, que la science telle qu'elle est. On y renonce en histoire naturelle qu'en ferait-on en médecine? 20. La nomenclature est l'expression des découvertes faites : n'estce donc pas un cercle vicieux de la supposer l'instrument de ces découvertes? M. Bateman a donc eu le double tort de subordonner la pathologie aux classifications, et les classifications à la nomenclature.

Du reste, son ouvrage offre des faits utiles, des considérations neuves, une grande fidélité d'observation, et une grande sagesse de vues. M. Bertrand mérite donc toute notre reconnaissance, et pour l'avoir traduit, et surtout pour l'avoir aussi bien traduit. On se plaint, en général, de la stérile abondance des traducteurs, presque toujours commentateurs : on aurait droit de se plaindre à M. Bertrand de sa réserve ; et, à juger par ce qu'il a fait de ce qu'il eût pu faire, il est sûr qu'on y a perdu.

232.

FLOURENS, Docteur- Médecin.

Notice sur les canaux, et particulièrement sur la concession du canal de l'Essonne ; par M. le baron BLEIN. Paris, 1819. Brochure in - So de 90 pages, avec une carte de la navigation autour de Paris.

On trouve dans cette brochure des considérations sur l'état actuel des connaissances, relativement à la construction des canaux, et sur les moyens d'élever de l'eau par des machines, à telle hauteur que l'on voudra, et en quantité suffisante pour une navigation annuelle de 2000 à 10000 bateaux. L'auteur passé ensuite à l'examen du projet du canal de l'Essonne; puis, il fait l'application des principes qu'il vient de poser dans cet examen,

à un projet de canal partant d'Orléans, pour se diriger vers Paris par la voie la plus courte, et avec la moindre dépense possible. Après cela, il proposé les moyens à employer pour former une société, et lui obtenir la concession du canal d'Orléans à Paris; il indique un mode à suivre pour l'exécution des travaux et l'administration du canal. Le tout est terminé par des notes historiques sur des travaux du même genre entrepris par les auciens et les modernes.

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233. (*) Traité d'éducation publique et privée dans une monarchie constitutionnelle, ou Principes de philosophie, de sciences, de littérature et de législation, appliqués au développement des facultés de l'homme, à l'amélioration des mœurs et au perfectionnement de l'ordre social; ouvrage spécialement destiné aux législateurs, aux pères et mères de famille, aux instituteurs et institutrices, aux professeurs, aux élèves déjà instruits, et aux jeunes gens qui veulent approfondir leurs premières études, ou embrasser une profession; par P.-H. SUZANNE, professeur dè mathématiques au College royal de Charlemagne, membre de plusieurs Académies. Paris, 1820. 2 vol. in-8o, avec plusieurs tableaux. Aimé André, libraire, quaf des Augustins, no 59. Prix, 12 fr., et 15 fr. franc de port.

234. (*)

La Morale universelle, ou les Devoirs de l'homme fondés sur sa nature; par le baron D'HOLBACH, Paris, 1820. 3 vol. in-80, Masson et fils, libraires, rue de Tournon, no 6. Prix, 15 fr., et 18 fr. franc de port.

༡.

235. De l'Equilibre du pouvoir en Europe; traduit de l'anglais de Gould Francis LECKIE. Paris, 1820. I vol. in-8° de 23 feuilles trois-quarts. Baudouin frères, rue de Vaugirard, no 36. Prix,6 fr.

d'

Dans un moment où le nouveau congrès d'Aix-la-Chapelle a fait éclore une foule de traités sur l'équilibre politique de l'Europe, on ne lira peut-être pas sans intérêt l'ouvrage de M. Leckie, connu par plusieurs critiques estimées sur la politique de l'Angleterre, et surtout par une rare impartialité,

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236. Des petites propriétés considérées dans leurs rapports avec le sort des ouvriers, la prospérité de l'agriculture et la destinée des Etats; par Adrion[DE GASPARIN. Paris, 1820. Brochure in-8°

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