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titre de l'ouvrage n'annonce point l'histoire individuelle des États de l'Europe, mais bien celle de leurs rapports réciproques. La condition générale de cette réciprocité, par conséquent le caractère général de ce système d'Etats, est, selon l'auteur, la liberté intérieure ; c'est-à-dire, l'indépendance mutuelle de tous ses membres. La limite entre l'histoire ancienne et l'histoire du moyen âge est tracée par un seul grand événement; tandis qu'elle est fixée entre cette dernière et l'histoire moderne par la concurrence de plusieurs événemens, dont les principaux sont la fondation de l'empire turc à Constantinople (1453); la découverte de l'Amérique ; celles de la route par mer aux Indes orientales et de la poudre à canon, qui ont exercé une si grande influence sur le commerce et sur l'art militaire. C'est depuis ces changemens qui se sont opérés en Europe, que l'auteur trace le tableau du système politique des États en trois époques, savoir: depuis 1492 jusqu'à 1661; depuis 1661 jusqu'à 1786; depuis 1786 jusqu'à nos jours.

Il appelle ces époques, d'après la différence de leur caractère politique, la première, politique-religieuse; la seconde, mercantilemilitaire; et la troisième, révolutionnaire. La première était en même tems la période de la fondation de l'équilibre politique; la seconde, celle de sa confirmation; et la troisième était non-seulement la période de la dissolution de cet équilibre politique, mais celle aussi de sa restauration sur de nouvelles bases. C'est ainsi que l'auteur a tracé sa route, sur laquelle il répand cette masse de lumières qui fait distinguer ses autres écrits, et qui lui assigne une place éminente parmi les historiens de l'Europe. La France a déjà eu l'occasion d'applaudir à son talent; il serait à désirer qu'elle fût également mise à même, par une traduction soignée, de juger de l'ouvrage que nous annonçons; l'enchaînement des faits qu'il renferme ne permettant guère d'en donner une analyse. 212. — Köppens erklärende Anmerkungen zum Homer. —Notes explicatives sur Homère; par J.-H.-J. KÖPPEN. 6 vol. in-8°. Hanovre, Hahn.

L'intention de l'auteur était de publier un commentaire complet sur les ouvrages d'Homère; mais la mort l'enleva au milieu de ce travail. Il n'a terminé que les cinq premiers volumes du commentaire sur l'Iliade. Ceux-ci ont déjà été réimpri

més plusieurs fois, et il vient d'en paraître une nouvelle édition, revue et augmentée par les professeurs Heinrich, à Bonn, et Rubkopf, à Hanovre. Le professeur Krause, à Gottingen, a écrit le sixième volume, qui complète l'ouvrage ; c'est-à-dire, les notes explicatives sur l'Iliade. Elles offrent le bel ensemble d'une profonde érudition. Un autre philologue travaille à un commentaire semblable sur l'Odyssée.

213.Tunisias.

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- Poëme épique en douze chants; par J.-L. PYRKER. In-8°. Vienne, 1820. Beck.

L'empereur Charles-Quint est le héros de ce poëme. L'auteur y chante l'expédition d'outre-mer de son héros contre Tunis; la défaite de Hairaddin Barberousse; le rétablissement du prince Muley-Hassan, dont le premier avait usurpé les droits; enfin, la délivrance de tous les esclaves chrétiens. L'auteur a été d'autant plus à même de peindre avec vérité le triste sort de ces malheureux, qu'il a partagé dans sa jeunesse leur infortune, pendant plusieurs mois. La diction de ce poëme est pure et noble; le rhythme des hexamètres en est très harmonieux, et l'on y trouve un tableau historique d'un grand intérêt. HENRICHS.

ITALIE.

214. Annotazioni pratiche alle malattie degli occhi, etc. Observations pratiques sur les maladies des yeux, recueillies et mises en ordre par GIO BATISTA QUADRI, professeur à l'Université de Naples, etc. Naples, 1819. Tome 1er. In-40, avec des planches.

L'auteur expose, dans ce premier volume, les résultats des travaux cliniques faits en 1816 dans l'hôpital dirigé par lui-même, et y joint un traité complet sur le trichiasis ciliaire, ou renversement des cils du côté de l'œil. Celse, pour remédier à cette déviation, faisait une incision sur la peau extérieure de la paupière qui, en se rétractant, par le fait de la cicatrice, rappelait les cils en dehors. L'auteur a suivi et amélioré la nouvelle méthode de Stelling, usitée à Berlin, qui consiste à appliquer un peu d'acide sulfurique concentré sur le bord de la paupière, afin d'en détourner les cils. Il promet plusieurs traités sur les autres maladies des

yeux.

15.

Memoria sopra una lacca verde, etc. Mémoire sur une laque verte tirée du café, avec quelques observations nouvelles sur la nature et la propriété de la matière colorante de cette semence; par Bartolommeo Bizio. Venise, 1819. In-8° de 94 pag.

L'auteur passe en revue les expériences faites sur le café par MM. Chenevix, Cadet, Payssé, Seguin, et surtout par Brugnatelli. M. Bizio, en répétant et continuant les essais de celui-ci, est parvenu à obtenir du café une laque verte. Quelques artistes ont assuré que cette nouvelle couleur a été employée avec beaucoup de succès dans la peinture.

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216. (*) — Nuovo prospetto delle scienze economiche, etc. Nouveau prospectus des sciences économiques, ou somme totale des idées théoriques et pratiques dans tous les genres d'administration privée et publique, divisées en autant de classes, réunies en un système raisonné et général, par Melchiorre GIOJA, auteur des Tables statistiques. Milan, 6 vol. in-4o. 1815, 1816, 1817, etc.

Au commencement de notre siècle, un éditeur italien, jaloux de la gloire nationale, publia une collection très volumineuse des écrivains économistes classiques de l'Italie. La lecture de ce long recueil parut augmenter plutôt l'embarras de la plupart de ceux qui aimaient à cultiver cette science, soit par la variété des théories et des opinions de tant d'écrivains divers, soit par la différence du langage technique employé par chaque auteur, suivant le tems, l'école, le système, etc. Il fallait déterminer, réduire, comparer toutes ces différences, pour tirer parti de cette volumineuse collection. Le savant éditeur avait fait espérer qu'il aurait donné, à la fin de son ouvrage, une table, un résumé, une réduction comparative des théories principales, exposées par leurs auteurs dans la série des volumes précédens. Ce qui ne fut pas exécuté alors vient de l'être, dans une forme analytique et très étendue, par M. Gioja, qui ne se borne pas à exposer et à déterminer ce qu'avaient enseigné ou proposé ses devanciers, mais qui discute leurs doctrines et donne à la science de nouveaux degrés de perfection. L'auteur présente d'abord les Théories dans une série qu'il appelle première, ce qui suppose qu'il donnera ensuite les Pratiques dans une seconde. Cette première série est divisée en sept parties. Il traite, dans la première, de la production des richesses; dans la seconde, de leur répartition ; dans la troisième, de leur con

sommation; dans la quatrième, de l'action du gouvernement sur la production et la répartition des richesses; dans la cinquième, des nouvelles méthodes d'action du gouvernement sur la production, la répartition et la consommation, etc. ; dans la sixième, de l'état de la science; dans la septième, de l'application des théories économiques à l'estimation des biens-fonds. Nous reviendrons sur cet important ouvrage.

217.- Elogio de Condillac, etc. Éloge de Condillac; par

M. SACCHI. Pavie, 1819.

Cet éloge a déjà été inséré dans la Collection des métaphysiciens classiques qu'on publie, depuis quelque tems, à Pavie. L'auteur est avantageusement connu par les soins qu'il prend pour répandre, en Italie, le goût des études idéologiques. Nous ne disons rien de son style; c'est aux Italiens à l'apprécier. Quant aux idées, il se montre versé dans l'histoire de la métaphysique et de ceux qui l'ont cultivée avec le plus de succès. Il distingue Condillac comme le modèle d'un esprit vraiment philosophique, et comme le premier qui ait porté beaucoup d'analyse, d'ordre et de clarté dans la métaphysique de Locke, et qui lui ait donné de la vogue et du crédit en France. M. Sacchi retrace avec beaucoup d'intelligence la méthode, les principes, les théories et l'objet des principaux traités de ce philosophe. Personne n'avait donné autant de fécondité que lui à la faculté de sentir; et c'est à ce principe fondamental qu'on doit les meilleurs ouvrages publiés après ses leçons, et plus encore les progrès que l'éducation publique a faits jusqu'à présent, et qu'elle paraît devoir faire encore, si l'on sait appliquer ces principes à toutes les branches de la philosophie et de l'enseignement. L'auteur de l'éloge fait un parallèle exact de Condillac avec Locke: le premier a mis en ordre et en lumière ce que l'autre avait créé; il remplit même, par d'utiles additions, plusieurs lacunes de ses Essais. Condillac, voué par goût à la retraite et à la méditation, ne sortit de son obscurité que pour donner des leçons au prince de Parme; mais ses leçons furent plus utiles au peuple qu'à son élève. Si son histoire, destinée à cette éducation, n'est pas assez exacte, elle est très instructive sous beaucoup de rapports; elle tourne toujours l'attention du lecteur vers le sort des peuples et le bonheur du genre humain. Condillac revint enfin de la cour à sa paisible solitude, et

s'y maintint pendant le triomphe d'une philosophie souvent indiscrète, et au milieu des événemens précurseurs d'une révolution devenue quelquefois funeste à la philosophie elle-même, à qui elle devait sa première impulsion. Il est singulier que la France n'ait pas encore un éloge de cet écrivain, qui procura tant d'avantages, et de gloire à sa nation. L'auteur de l'éloge italien nous fait remarquer que l'Académie française ne lui fit pas même consacrer une notice, après sa mort, comme elle le faisait pour tous ses membres; peut-être parce que Condillac, depuis le jour de son admission, ne reparut plus à l'Académie. Il aima mieux être que paraître, et il songea plus à instruire les autres qu'à se faire louer lui-même. Quoi qu'il en soit, l'éloge de Condillac, écrit par M. Sacchi, est dû principalement au conseil d'un Français qui jouit chez les Italiens, comme dans sa patrie, d'une réputation égale à son mérite. L'auteur, en terminant l'éloge, ne manque pas d'honorer ceux qui, depuis Condillac, ont fait faire le plus de progrès à l'idéologie et à la véritable métaphysique, tels qu’Helvétius, Condorcet, Cabanis, MM. de Tracy, Dégerando, etc.; et, ravi du vif éclat que répand partout la philosophie actuelle, il se croit fondé à regarder comme très voisin de notre époque un grand développement de la perfectibilité humaine. Nous nous. félicitons de voir que les Italiens prennent, depuis quelque tems, une part fort active dans cette révolution européenne de l'esprit humain, qui honore en même tems et les rois prévoyans qui la dirigent, et les nations éclairées qui l'attendent.

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218.. Costumi dei popoli antichi e moderni, etc. - Costumes des peuples anciens et modernes, en diverses figures gravées et coloriées, avec des discours analogues sur la forme des vêtemens et sur la manière de les employer; contenant des observations historiques et critiques, fondées sur l'autorité des anciens écrivains classiques: ouvrage utile aux amateurs du théâtre, aux comédiens, aux directeurs, aux peintres de décorations scéniques, aux statuaires, aux peintres d'histoire, et, en général, à tous ceux qui cultivent les beaux-arts. Les dix premières livraisons ont paru à Brescia, chez Niccolò Bettoni, en 1813; et les six dernières, à Milan, chez Pirotta. In-4°, avec des planches en miniature.

Les Italiens doivent à M. Ant. -J. Sergent Marceau, (beaufrère du célèbre général Marceau, mort en défendant sa patrie, à

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