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crits à 7000, sans y comprendre la bibliothèque particulière du roi, qui renferme 2000 volumes. » Si le docteur Clarke avait lu les catalogues de cette bibliothèque publiés en danois, il eût vu qu'elle se compose de trois à quatre cent mille volumes d'ouvrages imprimés, et d'un nombre prodigieux de manuscrits intéressans. Lors de la vente de la belle bibliothèque du comte Oito Thot, se montant à 116,395 volumes, outre les brochures, les manuscrits et l'incunabula, la Bibliothèque royale fit l'acquisition de 50,000 volumes; et par son testament, le comte lui légua 4154 manuscrits, ainsi que sa précieuse collection de 6159 volumes imprimés avant l'année 1530. En 1789, le gouvernement acheta la bibliothèque de Luxdorph, riche en classiques et en manuscrits, et la joignit à la Bibliothèque royale. Elle s'enrichit aussi beaucoup par les cessions importantes qu'on lui fit, aux ventes des bibliothèques d'Oeder, Holmskiald, Rottboll, Aucher, Gerner, Stampe, Martfelt, Nielsen, etc...... en 1789, 1790, 1791, 1793, 1794 et 1798. En 1796, elle obtint l'immense bibliothèque de l'historien Suhm. Ce savant avait rassemblé, dans le cours de cinquante ans, une collection de 100,000 volumes, qu'il mettait à la disposition du public. Un peu avant sa mort, il en fit don à la Bibliothèque royale; elle était moins considérable, mais mieux choisie et plus estimée que celle de Thot. En 1787, avant ces nombreuses acquisitions, la Bibliothèque royale possédait déjà un plus grand nombre de livres et de manuscrits, que ne lui en accorde le docteur Clarke en 1799. Après avoir fait la part de la critique, nous revenons avec plaisir aux éloges que mérite cet ouvrage. Il contient des détails curieux et instructifs sur les Lapons et les Suédois qui, habitant le même pays (la Laponie), présentent cependant un contraste frappant, par la différence de leur organisation. Le docteur Clarke sait animer ses récits et leur prêter un grand charme; mais il serait à désirer qu'il approfondît davantage quelques-uns des sujets qu'il se propose de traiter: ses lecteurs y gagneraient, ainsi que lui. L.-S.

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188. (*) - An account of Timbuctoo and Housa, etc. cription de Tombuctou et de Housa, dans l'intérieur de l'Afrique; par ELHAGE Abd Salam Shabeeny; publiée, avec des notes et plusieurs lettres sur les pays barbaresques, par J. G. JACKSON. Londres, 1820. 1 vol. in-8o. Prix, 15 fr.

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L'auteur, natif de Maroc, a résidé long-tems dans les deux pays de l'intérieur de l'Afrique dont il donne ici une description fort curieuse. L'éditeur, professeur de langue arabe, et auteur d'un ouvrage qui traite presque le même sujet, a ajouté à la traduction de celui-ci des notes critiques et des explications, ainsi que des lettres descriptives de plusieurs voyages dans la Barbarie orientale et occidentale, où il a séjourné pendant plus de seize ans, d'abord, en qualité d'agent diplomatique, puis comme négociant..!

189. (*)

The Fall of Jerusalem.·

La Destruction de Jéru

salem, poëme dramatique; par le rév. H. H. MILMAN. I vol in-8°. Londres, 1820...

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Les événemens du siége de Jérusalem sous l'empereur Titus, sont réunis ici dans l'espace de 36 heures. L'auteur ajoute aux personnages historiques quelques autres de son invention, et produit ainsi une heureuse opposition de caractères. La nuit funeste où la ville succombe, est rendue encore plus dramatique par l'événement simultané du mariage d'Amariah, fils de Jean-leTyran, avec la belle et douce Salomée, fille de Simon. Ce poëme occupe peut-être le premier rang parmi les ouvrages dramatiques que l'Angleterre a produits de nos jours.**

190.-Parga, a poem. - Parga, poëme. Londres, 1819. Gold et Northhouse. Brochure in-8°. 90 pages. '

Il est peu d'événemens dans l'histoire qui présentent un assemblage de trahisons plus révoltant que la cession de Parga aux Tures par le gouvernement anglais. La plus noire perfidie, cachée sous l'apparence de la protection; la cruauté et le despotisme des barbares, imposés par des chrétiens à leurs frères; un système féroce d'égoïsme et d'insensibilité; tout concourt à rendre ce traité à jamais odieux. Il est juste de dire que la masse la plus imposante de la nation anglaise a fortement désapprouvé ce crime. La Revue d'Edimbourg, et presque tous les journaux de l'opposition, ont ouvertement reproché aux ministres la tache dont ils avaient souillé la gloire de la Grande-Bretagne.

Le poëme que nous annonçons est au-dessous de son sujet. Il manque de cette force qui doit frapper d'anathême les ennemis de l'honneur et de la liberté. Cependant,il mérite d'être lu par tous ceux qui sont animés de ces nobles sentimens. On y trouve

de la chaleur d'ame, des mouvemens d'éloquence trop peu soutenus, et quelquefois de beaux vers. Notre compatriote M. Viennet a été plus heureusement inspiré, dans son beau Dithyrambe sur Parga. (Voy. Rev. Encycl., t. VI, p. 185. )

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La retraite, ou Esquisses d'après na

Ce roman a le rare mérite de peindre des passions fortes, produites par une sensibilité exquise; de leur donner un vif intérêt qui nous captive, et qui cependant ne laisse dans le cœur d'autre impression que celle de la sympathie, inspirée par la vertu Fa plus pure. Les caractères, tracés avec habileté, sont bien soutenus; la diction est pure et élégante; tout s'y trouve en barmonie. L'auteur anonyme est déjà connu par d'autres ouvrages, entre autres par ses Lettres sur l'Histoire.

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192. Marcian Colonna, an Italian tale.-Marcian Colonna, conte italien, en vers; par BARRY CORNWALL. 1 vol. in-8°. Londres, 1820. J. Warren.

L'auteur de cette charmante production a déjà pris place parmi les poëtes favoris de nos jours, par quelques autres ouvrages du même genre. Peu de productions modernes de la litté rature anglaise offrent une aussi grande richesse d'imagination, respirent une aussi douce fraîcheur, et renferment autant de beautés agréables, que les Scènes dramatiques et le Conte sicilien, qui ont précédé le poëme que nous annonçons, et qui ne dément point la haute opinion que le public s'était déjà formée du talent de M. Cornwall. Le héros de ce poëme est le fils cadet d'une famille noble de Rome. A peine sorti de l'enfance, il est envoyé par ses parens au couvent de Lavina, où les premiers symptômes d'un mal héréditaire se manifestent; celui d'une aliénation mentale, interrompue cependant par des momens très lucides. A la mort de son frère aîné, Marcian retourne dans la maison paternelle, et il épouse la compagne de son enfance. L'aimable et belle Julie avait été mariée; mais c'est par erreur qu'on l'a crue veuve: son premier mari reparaît, la réclame, et Marcian, devenu furieux, empoisonne son épouse adorée. Quoique ce sujet ne soit pas strictement poétique, il offre néanmoins un tableau intéressant et de grandes beautés. Une apostrophe à l'Océan, qui s'y trouve, est peut-être encore plus maTOME VII. 37

jestueuse que celle qui termine le Childe Harold de lord Byron. Ce poëme est suivi de quelques autres morceaux poétiques, qui font également honneur au talent de M. Cornwall.

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193. Oscar's Zayda, a spanish tale. Zayde, coute espagnol en trois chants; suivi d'autres poésies; par Oscar. 1 vol. in-8o. Ce conte en vers se fait distinguer par des sentimens délicats, des expressions heureuses, une versification facile et élégante. On le lit avec plaisir. Il est facile pourtant de s'apercevoir que l'auteur est encore un peu novice au Parnasse; mais il est à même d'acquérir ce qui lui manque, pour occuper un jour un rang distingué parmi les poëtes modernes de l'Angleterre.

194. — The italian schools of painting. — Les écoles italiennes de peinture, avec des observations sur l'état actuel de cet art; par le révérend J. T. JAMES. Londres, 1820. 1 vol. in-80. Prix, 12 fr.

L'auteur donne, dans cet ouvrage, un précis historique de chaque école, suivi d'une liste des peintres qui en font partie, avec les dates de leur naissance et de leur mort, ainsi que les noms de leurs maîtres. La Storia pittorica de Lanzi est l'ouvrage que M. James a consulté de préférence. Ses observations sur l'état actuel de la peinture en Italie ne sont pas sans intérêt, et nous pensons, comme lui, que les ouvrages étonnans des anciens maîtres dont, par nécessité, le génie était plus original et plus inventif que celui des peintres modernes, ne seront jamais surpassés, sous certains rapports, par leurs successeurs. Nous croyons cependant que M. James porte un peu trop loin la prédilection pour ses compatriotes, quand il prétend que les artistes britanniques, en s'appliquant sans cesse à l'étude de la nature, et en évitant l'imitation, sont les seuls peintres existans qui promettent de rivaliser un jour avec les Michel-Ange, les Raphaël, et les Titien. HENRICHS.

DANEMARCK.

195.- L'Europe et l'Amérique ; ou les rapports futurs du monde civilisé. Par M. C. F. DE SCHMIDT-PAISELDECK, docteur en philosophie, conseiller d'État actuel de S. M. danoise, etc. Traduit en français. Copenhague, 1820. 265 pages in-8°.

Nous n'avons pu faire qu'une lecture très rapide de cet ou

vrage qui annonce un profond penseur, et qui nous a fait le plus grand plaisir, malgré un petit nombre d'inexactitudes que nous croyons y avoir remarquées, et quelques opinions que nous regardons comme erronées. Néanmoins, nous croyons que le traducteur anonyme n'a pas exagéré, lorsque, parlant de l'auteur et de l'ouvrage que nous annonçons, il s'exprime ainsi dans sa préface : << Non content de nous présenter le tableau des faits qui se sont passés sous nos yeux, et de juger en observateur éclairé l'état présent de l'univers, il lance ses regards sur les siècles futurs, lit l'avenir dans le passé, et présage les conséquences que pourra faire naître l'ordre actuel des événemens. Il enseigne aux nations la science difficile de favoriser le bien, de prévenir le mal, et d'élever la race humaine à la plus grande prospérité politique et morale qu'il lui soit possible d'atteindre. Exempt de tout esprit de parti, et paraissant n'appartenir à aucune nation, ni à aucune classe particulière, son livre se distinguera toujours de ces nombreuses brochures, que les événemens du tems font naître sans cesse et qui disparaissent avec eux, ne laissant que des traces confuses dans la mémoire des lecteurs. >>

On attribue à M. le comte de Santi, chargé d'affaires de la cour de Russie à celle de Copenhague, la traduction de cet intéressant ouvrage. Le style nous en paraît un peu dur; mais nous croyons que ce défaut doit être principalement attribué à l'original.

HEIBERG.

196. — Forsoeg til en Oversættelse. Essai d'une traduction de l'Histoire de Tite-Live; par M. R. MOLLER. Livres 41 - 45. Copenhague, 1818. 1 vol. in-8.

197.- Om Gienford.-Essai sur les revenans, comme supplément à l'histoire de la superstition; par M. F. OLDenburg. Copenhague, 1818. 1 vol. in-80.

198. Forelosninger.-Leçons sur la méthode d'enseignement pratiquée dans l'Institut des Sourds-Muets à Copenhague; par M. P. A. CASTBERG. Copenhague, 1818. 1 vol. in-80 avec une planche.

199. Religioese Poesier. -Poésies sacrées; par M. GUTFELD. Copenhague, 1818. 1 vol. in-80.

200.- Strena. - Étrennes pour 1819 et 1820, contes; par M. L. S. SANDER. Copenhague. 1 vol. in-8°.

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