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l'histoire et les recherches historiques, sont, pour la clarté et l'ordre qui y règnent, l'ouvrage le plus recommandable en ce genre qui ait encore été publié dans aucune langue. Ils présentent un ensemble complet des faits les plus importans de l'histoire universelle, classés dans l'ordre suivant: 1o Chaque tableau embrasse une grande époque de l'histoire générale. 2o. Les nations, qui existaient à cette époque, sont placées dans des colonnes latérales. 3o. Ces colonnes renferment une série chronologique des principaux événemens arrivés dans chaque État. 4o. Des lignes transversales servent à présenter, sur un même plan, les événemens contemporains des différentes colonnes. Ainsi, l'on peut parcourir d'un coup-d'œil (en suivant les lignes horizontales ) l'histoire de toutes les nations, à une époque donnée; et voir de même, dans chaque colonne (en lisant de haut en bas ) l'histoire distincte et non interrompue de chaque État.

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182. — Mills' History of the Crusades. Histoire des Croisades pour reconquérir la Terre-Sainte, par CHARLES Mills. Londres, 1820. 2 vol. in-80.

Il n'est pas un seul auteur anglais, à l'exception peut-être de Fuller, historien d'ailleurs peu correct et plein de préjugés, qui ait fait de la Terre-Sainte le sujet exclusif d'un ouvrage historique. Gibbon n'en a tracé que quelques événemens, tandis que l'ouvrage que nous annonçons embrasse toute la guerre, en commençant par un exposé de l'état politique de Jérusalem, à l'époque de la première croisade. Les critiques anglais font grand cas du talent de M. Mills, comme historien; seulement ils lui reprochent une imitation trop servile du style de Gibbon.

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183. Faulkner's History and Antiquities of Kensington. Histoire et Antiquités de Kensington, par TH. FAULKNER. 1 Vol. in-4°; prix, 63 fr. Même ouvrage; 1 vol. in-8°; prix, 34 fr. Londres, 1820. Egerton.

Le château royal situé dans le village de Kensington, près de Londres, renferme une nombreuse collection d'anciens tableaux, dont la plus grande partie appartenait à Charles Ier. Après la mort de ce prince, les tableaux avaient été dispersés; mais, rachetés par Jacques II, par Guillaume, et par la reine Caroline, ils furent distribués dans quinze pièces du château de Kensington.

Ils étaient presque oubliés, lorsque le roi actuel chargea feu M. West, président de l'Académie royale, de les examiner et d'en faire un catalogue. C'est ce catalogue qui forme une partie essentielle de l'ouvrage de M. Faulkner. Une autre partie non moins intéressante est la description du manoir seigneurial de lord Holland, édifice dont la construction date du tems de la reine Élisabeth. La bibliothèque qu'il renferme, est particulièrement riche en livres et en manuscrits espagnols. Parmi ces derniers, on remarque plusieurs pièces de théâtre, écrites de la main même de Lope de Véga. Les autres antiquités dont M. Faulkner rend compte dans cet ouvrage, sont moins importantes pour les arts et la littérature. Le tout est parsemé d'anecdotes biographiques très curieuses.

184. Narrative of a Journey into Persia in the suite of the imperial Russian embassy, etc. - Relation d'un Voyage en Perse, fait à la suite de l'ambassade russe, dans l'année 1817; par Moritz von KotzeBUE, capitaine d'état-major dans l'armée russe, chevalier de l'ordre de Saint-Wladimir de Russie, etc.; traduit de l'allemand. Londres, 1819. Longman et compagnie. 1 vol. in-8°, orné de gravures. 328 pages. Prix, 14 fr. 40 cent. cartonné.

L'auteur de cet ouvrage, fils du malheureux Kotzebuë, employé au service de la Russie, avait été attaché, en qualité de mathématicien, à l'ambassade envoyée dernièrement par l'empereur Alexandre à la cour de Perse. A son retour de cette mission, il publia son journal de voyage. Cette forme ne lui permit pas de donner un grand développement à son sujet; cependant, on y trouve des remarques intéressantes. L'ambassade russe atteignit Taurus, le 19 mai; Abbas-Mirza la reçut. Ce prince travaille avec ardeur à introduire en Perse la civilisation européenne. Il est déjà parvenu à établir dans l'armée persane une discipline régulière. C'est à lui qu'est due la formation d'un corps d'artillerie: enfin, avec l'aide de quelques habiles officiers anglais, il a fait beaucoup de réformes en peu de tems. « Il faudrait connaître l'inflexible obstination des Persans, et l'effroi que leur inspire toute innovation, pour se former une idée des obstacles que le prince a rencontrés dans l'accomplissement de ses projets. Le roi approuve ses vues et le soutient de tout son pouvoir; il l'a nommé héritier de son trône, par estime pour son jugement

à cause de la douceur de son caractère, et surtout parce que sa mère est de la famille de Kadjor, dont le shah lui-même est issu. Le frère aîné, qui gouverne plusieurs des provinces au sud du royaume, est jaloux de ce choix, et fait tous ses efforts pour perdre son frère dans l'esprit des principales familles persanes. Il représente ses mesures comme injurieuses à l'honneur national, destructives des coutumes, des mœurs, et peut-être même de la religion de l'État.

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Il est à regretter que l'auteur n'ait pas joint à ce voyage une carte détaillée des provinces de l'empire russe, voisines du Caucase; il nomme plusieurs villes, des montagnes et des rivières qui ne se trouvent point sur les cartes géographiques de l'Asie. Le style de la Relation est facile et naturel; mais on n'y remarque point l'empreinte du génie, non plus que les souvenirs d'un esprit fortifié par une instruction solide.

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185. · Journal of a tour in the Levant, etc. Relation d'un voyage dans le Levant'; par WILLIAM TURNER. Londres, 1820. 3 vol. in-8° avec figures.

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186. A Voyage to India, etc. Voyage dans l'Inde, par le révérend JAMES CORDMER, A. M. Londres, 1820. 1 vol. in-8°. 187. Travels in various countries of Europe, Asia and Africa, etc. - Voyages dans différentes contrées de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique; par EDOUARD-DANIEL CLARKE. Londres. 1819. Cadell et Davies. La Scandinavie, troisième partie de la section première. 1 vol. in-4°, 763 pag.

Le docteur Clarke visita la Scandinavie, dans l'été de 1799, accompagné du célèbre Malthus, du révérend W. Otter, et de M. J. Martin Cripps. Son mérite, comme voyageur, est depuis long-tems connu en Angleterre. On lui doit la relation de plusieurs voyages, où l'on remarque une grande finesse d'observation, unie à beaucoup de savoir. Ses descriptions sont remplies d'originalité et de vérité. Soit qu'il transporte son lecteur dans les champs classiques de la Grèce, ou dans les déserts glacés de la Laponie, soit qu'il lui fasse parcourir les sites sauvages et pittoresques de la Norwége et de la Suède, ou les immenses plaines de la Russie, couvertes de hordes encore barbares, partout on l'accompagne avec beaucoup d'intérêt.

On pourrait cependant lui reprocher de mêler trop d'érudition

à ses récits, et de ne pas la placer toujours à propos. Ses connaissances, quoique étendues, sont rarement profondes; il est presque ignorant sur tous les sujets qui ne sont pas classiques. Il semble ne connaître que fort imparfaitement les antiquités et la littérature teutonique ; et les citations qu'il s'est hasardé de faire, prouvent combien il était peu versé dans cette science. Ces observations s'appliquent surtout à ce volume des voyages du docteur Clarke; mais, en le critiquant, il y aurait de l'injustice à ne point signaler cette production comme l'une des plus intéressantes qui aient été publiées en anglais sur la Scandinavie. Les remarques sur le caractère et les mœurs du peuple sont très judicieuses. L'ouvrage est enrichi d'un grand nombre de gravures représentant des sites dont les plus belles descriptions ne peuvent jamais donner qu'une idée très imparfaite. Un des reproches les plus graves que nous ayons à faire à l'auteur, c'est de ne pas savoir les langues des peuples scandinaves. Par suite de cette ignorance,' il est tombé dans plusieurs erreurs en parlant de la littérature danoise. « Comparés au reste de l'Europe, dit-il, les Danois sont fort en arrière pour les sciences: si nous parcourons la liste de leurs historiens, nous en trouverons le nombre très borné; mais il se peut que ce vide soit dû à la rareté des événemens dans les annales du Danemarck. Les longs commentaires de Saxo le grammairien, ne contiennent rien de remarquable. Les deux écrivains qui méritent d'être cités, sont Meurcius et Pontanus, car le Danemarck n'a point eu, avant le seizième siècle, d'historiens dont les écrits soient dignes de foi. » Cette opinion est précisément celle qu'on devait attendre d'un homme qui prononce sur la littérature d'un pays, sans avoir la moindre idée de la langue qu'on y parle. Les savans du Danemarck, comme tous les savans de l'Europe, écrivirent, à une certaine époque, en latin, et le docteur Clarke semble en avoir conclu que toute la littérature danoise se borne à ces premiers ouvrages. Il se trompe aussi à l'égard de Meursius et de Pontanus: ces deux auteurs n'étaient point Danois, mais Hollandais; ils écrivirent sur les affaires politiques du Danemarck, et l'on ne peut pas plus les ranger parmi les historiens danois, que Grotius parmi les suédois, parce qu'il a écrit une histoire de Suède, ni Robertson parmi les auteurs américains, parce qu'il a écrit l'histoire de l'Amérique. Meursius était

né à Loosduyne en Hollande, l'année 1579; il fut élevé à La Haie et à Leyde, et devint précepteur des enfans du malheureux Barneveldt, qu'il accompagna dans différentes parties de l'Europe. A son retour, en 1610, il fut nommé professeur de grec et d'histoire à l'Université de Leyde.—Le père et la mère de Pontanus étaient aussi Hollandais. Il fit ses études, et prit ses degrés, comme docteur en médecine, à Basle, en 1601, et fut ensuite nommé professeur de physique et de mathématiques à Hardwich, dans le Gelderland, puis historien du roi Christian IV, et de la république de Gelderland. Il mourut à Hardewick, en 1639. Son Histoire danoise est une traduction presque littérale de Huitfeld's Danmarkis Rigis Kronicke.

Si le docteur Clarke connaissait la langue allemande, qu'il paraît malheureusement ignorer aussi bien que le danois, il aurait pu puiser d'utiles renseignemens sur la littérature danoise, dans les écrits des premiers auteurs de l'Allemagne. Frédéric Schlegel, dont, à la vérité, le suffrage est suspect pour tout ce qui se rattache à la gloire de son pays et du Danemarck, lui eût appris que « vers la fin du dix-huitième siècle, où la poésie semblait être tombée dans l'oubli, aucune nation n'avait produit des poëtes aussi distingués que la nation danoise. » Il aurait su de Goethe que Ochlens→ chlager, Danois, est le plus original de tous les auteurs tragiques de nos jours, sans en excepter même ceux de son propre pays. Les critiques allemands, qui sont ordinairement très versés dans la littérature du Nord, lui eussent fait connaître un poëte comique, nommé Holberg, que les Danois possédaient, il y a plus d'un siècle; et qui, en cédant la palme à Molière et à Shakespeare, est encore fort au-dessus des auteurs modernes. Enfin, Arndt lui eût appris que, pendant le long assoupissement des Suédois, leurs voisins les Danois n'avaient cessé de cultiver avec beaucoup de succès les différentes branches de la littérature.

Nous relèverons une autre erreur du docteur Clarke: il dit de la Bibliothèque royale de Copenhague, « qu'elle contient environ cent mille volumes de livres imprimés, et deux à trois mille manuscrits >> Il ajoute ces mots : « D'après la relation du Voyage de deux Français, cette collection se monte à 130,000 volumes et à 3000 manuscrits. On l'a considérablement augmentée depuis peu; M. Coxe porte le nombre des volumes à 100,000, et des manus

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