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général élégant et pur. Le dénouement, tout en action, est éminemment dramatique, et présente un beau spectacle.

NÉCROLOGIE.

Vigée. -Louis-Bernard-Etienne Vigée, lecteur du Roi, membre de la Légion d'honneur et de la Société philotechnique, est mort le 7 du mois d'août, à l'âge de 65 ans. Avant la révolution, il était secrétaire des commandemens de madame la comtesse d'Artois. Né avec du talent, M. Vigée eut, dans sa jeunesse, le malheur d'admirer Dorat et de suivre ses traces. Le bel-esprit remplace, dans ses comédies, le naturel et la gaieté. Il a donné au théâtre français, l'Entrevue, la Fausse coquette, la Matinée d'une Jolie Femme, les Aveux difficiles, en un acte, et la Belle - Mère, en cinq actes. Toutes ces pièces sont en vers; la plupart ont eu quelques momens de succès, aucune n'est restée au théâtre elles ont été recueillies en un vol. in-8°. L'auteur a donné à l'Opéra la Princesse de Babylone, et a fait imprimer Ninon de l'Enclos, comédie qui n'a pas été jouée. Le talent naturel de M. Vigée se fait mieux apercevoir dans ses poésies fugitives. Ma Journée et mes Visites, sont deux morceaux charmans, qui seront toujours lus avec plaisir, et qui feront toujours regretter que l'auteur, au lieu de suivre úne mauvaise école, n'ait pas voulu constamment être lui-même. Ses poésies diverses ont été imprimées en 1 vol. in-18.

M. Vigée avait succédé à Sautereau de Marsy dans la rédaction de l'Almanach des Muses. Il a donné des leçons de littérature à l'Athénée et dans quelques institutions particulières. M. Vigée lisait d'une manière agréable, quoiqu'il laissât paraître un peu trop le plaisir qu'il se faisait à lui-même. Quelques jours avant sa mort, il a publié une Épître à Robert Lefebvre, qui venait d'achever son portrait ; il se proposait de donner une édition de ses œuvres ; et l'on croît qu'il laisse en manuscrit des Mémoires sur les gens de lettres ses contemporains. Cet auteur avait un caractère plus solide que ne le feraient supposer ses ouvrages: il avait une très modique fortune et savait s'en contenter; les portes de l'Académie refusèrent de s'ouvrir pour lui; il s'en consola par quelques épigrammes. M. Vigée était frère de madame Le Brun, connue par ses succès dans la peinture.

ENCYCLOPÉDIQUE,

OU

ANALYSES ET ANNONCES RAISONNÉES

Des productions les plus remarquables dans la Littérature, les Sciences et les Arts.

I. MÉMOIRES, NOTICES,

LETTRES ET MÉLANGES.

DE L'ADMINISTRATION

DE LA CHARITÉ PUBLIQUE EN NORWEGE.

Il existe dans la paroisse d'Eidsvold, et dans la plupart des autres paroisses de la Norwége, un comité permanent pour régler ét diriger tout ce qui est relatif à l'intérêt des pauvres, et aux actes de charité.

Ce comité se compose du pasteur principal de la paroisse, qui en est le président, et du sergent, indépendamment de quelques autres individus, choisis par le pasteur parmi les paroissiens les plus estimés et les plus recommandables. Le nombre de ces derniers membres dépend de l'étendue de la paroisse. Pour faciliter les opérations du comité, on a divisé chaque paroisse en arrondissemens ou districts. Dans chaque arrondissement, le pasteur choiTOME VII. 21o Cahier.

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sit des pères de famille les plus respectables et les plus intelligens, pour faire partie du comité. Ceux-ci sont appelés quarteniers.

Rechercher les infirmes et les pauvres honteux; ne jamais perdre de vue les indigens; observer leur sort et leur manière d'être; référer au comité tout ce qui, sous ces divers rapports, mérite sa sollicitude; exécuter les dispositions qu'il a arrêtées; distribuer les aumônes; enfin, soigner tout ce qui est du ressort des affaires du comité: tels sont les devoirs auxquels sont tenus les quarteniers, chacun dans son cercle ou district.

au

Le comité s'assemble deux fois par année, commencement de chaque semestre, afin d'arranger et de régler ce qui regarde l'entretien des pauvres, pour le semestre suivant. A cet effet, le comité, d'après les connaissances et les informations que les membres des divers districts se sont procurées pendant le semestre écoulé, enregistre tous les individus qui sont reconnus dignes de la bienfaisance de la communauté. Il délibère ensuite sur les moyens d'adoucir leur situation. On leur accorde ordinairement des secours pécuniaires, ou bien on les confie aux soins d'une famille.

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Les fonds de charité, déposés chez le pasteur, sont entretenus par les ressources suivantes :

1° Amendes, prononcées par les sentences du juge; 2° un quart pour cent des sommes déclarées dans les contrats de vente; 3° dons gratuits; 4° toutes les personnes de l'un ou de l'autre sexe, qui ont été

confirmées, à l'exception des paysans propriétaires (1) et de leurs femmes, doivent à la caisse de charité une contribution de huit sous, recueillie par les quarteniers. Il est des malheureux qui tâchent, à la vérité, de se procurer des moyens d'existence par leur propre industrie, mais qui, malgré l'activité la plus infatigable, ne peuvent gagner l'absolu nécessaire pour soutenir leur famille, et qui, s'ils n'obtenaient quelques secours, tomberaient dans la plus affreuse détresse, soit parce que leur famille est trop nombreuse, soit parce que les forces leur manquent pour travailler, ou par d'autres circonstances. Le comité croit ne pouvoir mieux faire que de secourir cette classe d'indigens, au moyen d'une pension, ou en prenant soin de quelques-uns de leurs enfans, afin qu'ils aient autant de bouches de moins à leur charge.

Tel est l'emploi des fonds disponibles du comité, outre les gratifications extraordinaires qu'il a coutume d'accorder aux familles pauvres, en cas de maladie, de décès, de revers inopinés, ou de quelque autre coup de la fortune.

Quant aux premiers objets de la charité, je veux dire les enfans de parens indigens, dont le comité

(1) Il convient de faire observer qu'on distingue deux classes de paysans, en Norwége: les propriétaires, et les locataires ou fermiers. Ceux-ci tiennent un petit coin de la terre du paysan propriétaire, avec les bâtimens qui en dépendent, moyennant un loyer annuel de cinq à dix écus, indépendamment de l'engagement de venir travailler chez le propriétaire, à raison de huit sous par jour, toutes les fois que celui-ci en aura besoin.

se serait chargé, ainsi que les orphelins, et les per sonnes en état de caducité, de maladie, estropiées, aliénées, et autres infortunés, que le manque de forces rend absolument incapables de soutenir leur vie, lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes, ce ne serait que très imparfaitement pourvoir à leurs besoins, que de leur donner des aumônes. Hors d'état d'agir par eux-mêmes, l'argent serait presque inutile entre leurs mains. Pour être soulagés ou sauvés, il leur faut plus que de l'argent; ou plutôt leurs infirmités réclament une autre sorte de bienfaisance, une charité d'un ordre supérieur, des soins plus tendres, une attention continuelle.

Quand même ils pourraient être suffisamment secourus avec de l'argent, de pareils secours s'élèveraient à une somme qui excèderait les revenus possibles de la caisse ; attendu que cette classe de malheureux, comme on peut l'imaginer, est fort nombreuse.

Dans cet embarras, on s'est avisé de l'expédient de distribuer tous ces infortunés entre les cultivateurs propriétaires de la paroisse, à quelque classe de citoyens qu'ils appartiennent, et ceux-ci sont tenus de les recevoir dans leurs maisons, de pourvoir à leurs besoins; enfin, de les considérer et de les traiter comme membres de leurs familles (1).

J'ignore si cette manière de soigner les pauvres est

(1) Le poids de la chanté ne tombe pas exclusivement sur les paysans propriétaires, mais sur tous les cultivateurs propriétaires, quelle que soit la classe de citoyens dont ils font partie. On dis

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