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Notre entreprise est nationale, puisqu'elle ferait honneur à la France, si nos talens répondaient à nos intentions; mais, loin d'avoir ce patriotisme exclusif, aveugle, qui diffère du patriotisme éclairé, autant que l'égoïsme diffère d'un juste amour de soi, nous sommes constamment fidèles aux principes de la philanthropie. Partout où se trouve un homme occupé du bien de l'humanité, nous voyons un ami; nous cherchons à connaître ses travaux, afin d'en propager les résultats et d'appeler sur lui la reconnaissance qu'il mérite. Il n'y a point d'étranger pour le philanthrope; il n'y a que deux espèces d'hommes, les amis et les ennemis de la civilisation. Tels ont toujours été, et tels seront toujours nos principes: heureux si nos efforts hâtaient de quelques instans l'époque où ces grandes familles du genre humain, qu'on appelle des peuples, échangeront paisiblement entre elles les fruits de leurs lumières et de leur industrie!

Supplice d'une veuve. — Un article inséré dans la Revue (Voy. T. VI, p. 395) prouve que l'horrible coutume de brûler les veuves sur le bûcher de leurs maris, n'est ni commandée, ni autorisée par la religion des Brahmanes. Néanmoins, des préjugés superstitieux maintiennent cet usage barbare, que les Européens s'efforcent d'abolir. Le Journal de Calcutta contient le récit suivant, qu'a fait un témoin oculaire de la mort d'une veuve, brûlée vivante sur le bûcher de son mari. - « Revenant de Tchitpour, un dimanche (1er août 1819), vers six heures du soir, je vis aux bords de la rivière une foule d'Hindous, et j'appris que l'on allait célébrer une satt? ( grande fête). Il me vint en pensée d'empêcher, s'il était possible, la malheureuse femme de consommer son sacrifice; je dirigeai en conséquence ma nacelle vers le lieu du rassemblement. Après m'être abouché avec plusieurs personnes, j'appris qu'il fallait renoncer à toute tentative, la veuve désirant être brûlée avec son mari, et l'autorité ayant sanctionné cet usage. On dressa alors le bûcher, plaçant alternativement des morceaux de bois de sapin, de la paille et des branches de bambou sec. Un moment après je vis une vieille femme, plus morte que vive, portée sur les bras d'une autre femme, et entourée de deux ou trois hommes que l'on me dit être ses parens. Lorsqu'ils furent arrivés au bord de la rivière, on jeta quelques cruches d'eau sur la tête de la victime, et on lui

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mit dans la main un paquet de feuilles qu'à peine elle pouvait porter. Après cela, on lui ôta quelques ornemens; plusieurs peignes de bois furent mis dans ses cheveux, et, quand son vêtement eut été changé, on la conduisit vers le bûcher sur lequel était étendu le corps de son mari. Poussée alors par la foule, at milieu d'horribles vociférations, elle montà sur le bûcher; on l'attacha avec une corde au corps du défunt, puis on jeta sur elle de la paille et des bambous secs. En moins de deux minutes tout fut enveloppé de fumée et de flammes, et l'œuvre de destruction était accomplie. »

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nière, dans cette ville, une feuille périodique, sous le titre de Gazette royale, et Moniteur de Sierra-Leone. Elle contient beaucoup de détails relatifs à la civilisation et à la prospérité de la colonie. On y trouve, de tems à autre, des morceaux de littérature. Le numéro 13 contient une pièce de vers d'un genre religieux et pathétique, qu'on croit avoir été composée par Alexandre Selkirk, lorsqu'il vivait en solitaire dans l'île de Juan Fernandez. Ce Moniteur fait connaître l'état actuel des écoles, et les cultes suivis dans les différens districts. Le nombre total des élèves est d'environ deux mille. Outre les écoles destinées aux enfans, il y en a d'autres qui s'ouvrent le soir, pour les ouvriers, et en général pour toutes les personnes occupées à des travaux journaliers: il y a aussi quelques écoles du dimanche. L'assiduité, l'aptitude et les progrès des naturels d'Afrique sont dignes de remarque. On s'occupe principalement, dans ces écoles, d'inspirer aux élèves des sentimens religieux, et de leur donner des connaissances utiles. On y chante des hymnes à la gloire de Dieu, Les habitans sont divisés en plusieurs sociétés chrétiennes mais, s'il en faut croire le journal africain, elles sont toutes réunies par un lien commun de charité, et la plus parfaite harmonie règne entre elles.

EUROPE.
ANGLETERRE.

CAMBRIDGE. Etablissement d'un observatoire.

On doit

établir dans cette ville un observatoire : une partie des fonds sera

fournie par l'Université, l'autre par une souscription publique. Le recueil des observations sera imprimé chaque année, pour être distribué aux observatoires du continent.

LONDRES. Société royale de Médecine.— On a lu, dans cette Société, le 23 mars, un Mémoire de sir J. Hood, sur les moyens de donner une force nerveuse aux muscles paralysés; et, le 23 avril, un Mémoire de sir E. Home, sur les dents de lait, et les organes de l'ouie de l'animal appelé Dugong.

PUBLICATIONS NOUVELLES. Il paraît un ouvrage fort utile, intitulé le Catéchisme de la Chimie. Les élémens d'une des sciences les plus intéressantes sont exposés, dans ce petit ouvrage, d'une manière simple, claire et concise.

Miss Elizabeth Appleton, auteur d'un excellent traité sur l'éducation particulière, va publier un nouvel ouvrage intitulé Education première, ou Manière de diriger les enfans, considérée sous le rapport de leurs caractères futurs.

On vient de mettre sous presse la Vie politique et littéraire d'Auguste de Kotzebue, traduite de l'allemand.

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- M. JAMES GREY JACKSON vient de terminer une Grammaire de la langue arabe, qui manquait, dit-on, à l'Angleterre, et qui était vivement désirée par les orientalistes.

OUVRAGES PÉRIODIQUES. -The New Monthly Magazine. — Le cahier du mois de juin dernier contient, entre autres articles plus ou moins intéressans: 1o Des observations sur les Mémoires de Richard Lovell Edgeworth, père de miss Edgeworth, dont les productions honorent aujourd'hui son sexe et sa patrie; 2o Une notice biographique sur Richard Porson, célèbre professeur de langue grecque à l'Université de Cambridge, né en 1759 et décédé le 25 septembre 1808; 3o des Considérations sur la première croisade; 4o des extraits du Joumal d'Evelyn, auteur de Sylva, comprenant une période de soixante-quatre années, les plus fécondes en événemens historiques. (Evelyn a été le témoin des malheurs de Charles Ier, de la tyrannie de Cromwel, de la restauration du trône et de l'église anglicane, des vices et de la domination arbitraire de Charles II et de son frère, de la chute de ce dernier, et de l'établissement de la constitution dont jouit l'Angleterre, sous Guillaume III et ses successeurs. Evelyn mourut le 27 février 1706, dans sa quatre-vingt-cinquième année,

Il avait continué son journal jusqu'au 3 du même mois.) 5o. Un voyage en Ecosse, par le docteur Meissner, auquel on reproche de la partialité pour les Ecossais, de la malveillance à l'égard des Anglais, du penchant à l'exagération, et trop de goût pour les caricatures; 6° un article intitulé: Souvenirs de Lisbonne. (C'est la description de ce qu'un voyageur, embarqué à Falmouth, le 1er mai 1818, pour Lisbonne, a observé de plus remarquable, soit pendant sa traversée, soit au milieu de la capitale du Portugal et dans ses environs.) 7°. La continuation d'un article dont le commencement se trouve dans le cahier de mars dernier, sous ce titre : On the female literature of the present age. (On y offre l'esquisse des ouvrages et des caractères des femmes auteurs les plus distinguées, et particulièrement de celles qui vivent encore.) 8. Une dissertation intitulée : Le duc de Wellington et Bonaparte. (Cette dissertation, attribuée à un officier anglais, témoin et acteur dans le drame sanglant de Waterloo, a pour objet de réfuter plusieurs assertions consignées dans les Mémoires historiques de Napoléon, traduits en anglais par M. O'Meara, et spécialement celle-ci : Que la défaite de Bonaparte ne devait être attribuée qu'à la fatalité. ) 9o. Un compte rendu de l'Exposition des Tableaux à l'Académie royale. (On a remarqué qu'en exceptant les dessins d'architecture, près des deux tiers des ouvrages exposés n'étaient que des portraits; l'autre tiers se composait de vues locales, d'études d'animaux, de copies sur émail, de fruits, de fleurs, etc. Cependant, on cite comme un assez bon morceau de peinture, un tableau de Wilkie, représentant la Lecture d'un testament, et l'on fait une honorable mention d'un grand tableau d'histoire, de M. Thompson, qui représente le Christ relevant la fille de Jaïre.) 10o. Une analyse de La ruine de Jérusalem, poëme dramatique du révérend H. W. Mil. man. (Cette nouvelle production dramatique est citée comme l'une des plus belles que ce siècle ait produites.)

Voici ce que le cahier de juillet renferme de plus important : 1o. Une notice biographique sur le très honorable Robert Grosvenor, comte Grosvenor, né le 22 mars 1767; homme encore beaucoup plus recommandable par ses vertus publiques et privées, que par une fortune considérable dont il fait le plus noble emploi. (On sait que le comte Grosvenor débuta, dans la carrière politique, sous

les auspices du célèbre Pitt. Membre de la Chambre des communes en 1789, il exerça les fonctions de lord de l'amirauté jusqu'au mois de juin 1791. Deux ans après, il fut nommé l'un des commissaires pour les affaires de l'Inde. Les seules fonctions qu'il exerce aujourd'hui sont celles de lord-lieutenant de Flintshire.) 2o. Un article intitulé on the origin and progress of fictious history, by miss Owenson. (Bien que cette production paraisse sous le nom de miss Owenson, elle est réellement de lady Morgan qui* la composa dans l'âge le plus tendre, sur l'invitation que lui en fit le célèbre philosophe Richard Kirwan. Lady Morgan était alors à peine connue dans le monde littéraire par son Novice de SaintDominique. Le philosophe fut tellement enchanté de ce premier essai d'une très jeune personne, dans un genre sérieux, qu'il engagea l'auteur à composer l'ouvrage dont nous venons d'indiquer le titre, et pour lequel le college de Dublin avait proposé un prix.) 3°. Le Livre de quatre couleurs, par M. Bonton, avec cette épigraphe: Ridendo dicere verum quid vetat ? Ce livre se trouve aux quatre élémens; il sort des presses des quatre saisons, et porte pour millésime 4444. ( C'est une critique fine, judicieuse et plaisante des mœurs, des usages, etc., des habitans de la GrandeBretagne.) 4°. Un conte en vers, intitulé Ellen Fitzarthur, précédé d'une introduction également versifiée, faite pour donner une idée favorable des talens de l'auteur. (La catastrophe qui termine le conte est bien amenée, et très propre à faire une impression profonde. ) 5o. Des conjectures sur la situation politique des Turcs en Grèce et en Égypte ; 6o un conte intitulé Muzio, le comte Loeben; 7o l'état du commerce entre l'Angleterre et la France, pendant la durée du système continental, particulièrement en ce qui concerne le commerce de librairie; 8o la continuation d'un article sur les nouvellistes vivans, dont le commencement se trouve dans les cahiers des mois de mars et de mai derniers ; 9o un voyage à pied dans les montagnes, par le docteur Meissner; 10o un article sur les esquisses de l'Ermite à Londres et de l'Ermite à la campagne. ( On ne saurait mieux faire connaître le mérite de ces esquisses, qu'en disant qu'elles sont accueillies et recherchées en Angleterre, avec le même empressement que le sont ici et ailleurs les tableaux d'après nature de l'aimable ermite De Jouy.) 11o. Des remarques sur l'irginius, nouvelle trà

par

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