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grecque. (Ce manuscrit est en deux volumes in-4°, et parfaitement bien écrit. Les vignettes et les titres sout en lettres d'or. On n'a jamais consulté ce manuscrit pour aucune édition du NouveauTestament. Le texte, Iere Épitre de saint Jean, chap. V, v. 7, manque, comme dans plusieurs manuscrits grecs. Celui-ci est probablement du douzième siècle. )

4. Un manuscrit in-4°, contenant les Psaumes, parfaitement bien écrit et bien conservé. (Il renferme aussi l'explication du titre des psaumes, par Psellus, et un Menologe, ou Missel grec, avec des tables astronomiques et des diagrammes pour fixer l'époque de Pâques. Il est du treizième siècle. )

5. Un fragment contenant quelques feuilles d'un grand in-4o, d'une grande antiquité. (Il est écrit en lettres romaines, et est peut-être du huitième ou neuvième siècle. Il renferme une partie des évangiles de saint Mathieu et de saint Jean. )

6. Un manuscrit in-40, fort beau et bien écrit, contenant la Chronique de Michael Glycas, Sicilien du douzième siècie. Cette Chronique, qui comprend l'Histoire du monde depuis la création jusqu'à la mort d'Alexies Commen, en 1118, fut d'abord publiée par Leunclavius, en 1572, d'après un manuscrit très incorrect: elle forme le neuvième volume des Byzantines, dans l'édition vénitienne. Ce manuscrit est du douzième siècle, et donne le moyen de corriger les nombreuses erreurs de celui dont Leunclavius fit usage.

Tous ces manuscrits sont sur parchemin, et parfaitement bien conservés, à l'exception du no 2. Ce sont les seuls manuscrits grecs de l'antiquité que possèdent les Etats-Unis.

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zette de Pékin, du 9 août 1817. — Chow, le Fn-she ( ou Censeur) de Ho-Nan, s'agenouille avec un profond respect aux pieds de Sa Majesté l'empereur de la Chine, pour lui communiquer les faits suivans, et solliciter ses instructions sacrées.

L'exposé clair et précis des crimes, et la publicité des châtimens ordonnés par la loi, sont des moyens de corriger le peuple. Mais l'infliction de ces châtimens est une mesure de nécessité,

à la fois rigoureuse et pénible. Il existe dans toutes les cours de justice des réglemens pour diriger la conduite des juges, lorsque le cas exige des punitions. Les magistrats ne sont donc point autorisés par la loi à exercer des cruautés sur les coupables, pendant les interrogatoires. Néanmoins, plusieurs magistrats de district, poussés par le désir d'obtenir la récompense de leur activité, ont dernièrement appliqué la torture, quoique ce supplice soit sévèrement défendu par les édits impériaux, auxquels ils font publiquement profession de se conformer, et qu'ils violent en secret.

Lorsque les magistrats arrêtent des personnes soupçonnées, ou accusées de grands crimes, tels que le meurtre ou le vol, ils essaient d'abord d'obtenir du prisonnier l'aveu de ses fautes; et si la ruse ne leur réussit pas, ils ont recours à la violence. Ils lui font tirer et tordre les oreilles par des hommes qui se frottent exprès les doigts d'une poudre mordante, afin de mieux retenir le patient; ils le forcent à rester long-tems à genoux sur des chaînes; ils emploient ensuite ce qu'on appelle la barre de la beauté (1), la planche du perroquet (2), la fournaise épuratoire (3), et d'autres supplices variés à l'infini. Si, par ces moyens, ils n'obtiennent aucun aveu du prévenu, ils redoublent de cruauté. Le prisonnier est rendu à la vie plusieurs fois dans le jour; et quand ses forces épuisées ne lui permettent plus de supporter d'horribles souffrances, on l'oblige d'écrire ou de signer l'aveu (faux ou vrai) de ce dont on l'accuse. Cette pièce, réputée de conviction, est alors placée sous les yeux de Votre Majesté, comme une preuve du zèle que vos sujets mettent à la servir. Un décret impérial ordonne que le coupable soit renvoyé devant le conseil des châtimens, pour y subir un examen

(1) On assure que cette torture fut inventée par la femme d'un juge, et que son nom vient de-là. La poitrine, les reins et les jambes sont repliés et attachés sur des barreaux de fer croisés ; ce qui force le prévenu de se tenir à genoux dans une position très douloureuse.

(2) Le prisonnier est suspendu, par des cordes qu'on lui passe autour des doigts et des pouces, à une planche transversale et souple, au moyen de laquelle on l'enlève de terre pendant un certain tems.

(3) On applique le feu à différentes parties du corps.

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plus détaillé après des interrogatoires et des tortures sans nombre, il arrive souvent que les accusations se trouvent dénuées de fondement. Je citerai, pour exemple, l'affaire de Lionte-wou, qui fut interrogé par le magistrat Taen-tae ( dégradé depuis); et celle de Pih-keou-king, examiné par Che-chaou. Ces mandarins infligèrent à ces deux hommes les plus affreuses tortures, sous différentes formes, et leur arrachèrent enfin une confession. Liou-te-wou, qui était fort et robuste, survécut aux tourmens qu'il endura; mais sa vie fut seule épargnée; l'autre, d'une constitution plus faible, mourut en arrivant au Conseil de Pékin. L'innocence de ces deux malheureuses victimes fut ensuite démontrée par le Conseil qui préside aux châtimens.

Les barbaries exercées par les magistrats du district de Chihle, ne peuvent se décrire; et les officiers subalternes, voyant Favidité avec laquelle leurs supérieurs recherchent l'avancement et les récompenses, profitent de l'exemple pour amasser des richesses. Dans les cas de meurtre, de vol ou de tumulte, ils tăchent d'arrêter le plus de gens qu'ils peuvent, afin de leur vendre ensuite leur délivrance à prix d'argent. Ceux qui n'ont rien sont injustement détenus, et quelquefois torturés, avant même d'être conduits chez le magistrat. Après leur avoir fait subir plusieurs examens, on les confie à la garde des hommes attachés à la Cour de Justice. Ils sont enchaînés de manière à ne pouvoir se remuer, et il ne leur est permis de fournir une caution, qu'en payant une forte somme d'argent à l'avance. Les tourmens qui s'accumulent à chaque instant sur ces infortunés, finissent presque toujours par leur causer la mort.

Puisqu'il est indispensable de mettre un frein aux brigandages qui se commettent dans ce pays, on doit examiner avec soin la conduite des personnes soupçonnées, ou accusées de leur faire subir une enquête rigoureuse. Mais il arrive fréquemment que des gens innocens et paisibles, connus pour avoir quelques biens, sont inquiétés sous de faux prétextes. On les menace et on abuse de leur frayeur. Quelquefois les officiers de police affirment qu'ils appartiennent au Pih-leen-Keaou (secte proscrite), ou qu'ils font partie des rebelles. D'après cette déclaration, ils sont clandestinement saisis, enchaînés, insultés et traités de la manière la plus cruelle. Les simples habitans de la campagne s'épouvantent

et abandonnent leurs propriétés pour obtenir leur délivrance. Heureux encore d'échapper à ce prix aux persécutions!

J'ai entendu assurer que dans plusieurs provinces, telles que celles de Chih-le, Chan-thung et Ho-nan, ces odieuses vexations se renouvelaient sans cesse depuis la révolte, et que plusieurs officiers de police ont acquis, par cette voie, des richesses considérables. Comment se peut-il que les magistrats du lieu l'ignorent? ou comment pourraient-ils approuver des mesures aussi tyranniques? Je dépose, avec respect, ce rapport aux pieds de Votre Majesté, et la prie de prendre des moyens pour prévenir ces maux que mes obscures idées soient fausses ou justes, je me soumets avec humilité à votre décision.

INDES ORIENTALES.

CALCUTTA. Extrait de la gazette de cette ville, intitulée: le TIMES, du 9 novembre 1819. - « L'India-Gazette fait mention d'un nouvel ouvrage périodique français, publié sous le nom de Revue Encyclopédique, et dont le premier cahier a paru en janvier dernier. Il y a long-tems que nous en avons aussi reçu un exemplaire, et il en est parvenu un à l'éditeur du GovernmentGazette. Le nombre de personues désignées comme devant coopérer à la rédaction de cette nouvelle Revue, est assez considérable, et il n'en est aucune qui ne commande la confiance du public. Cependant, malgré l'estime et les égards que nous devons à ces Messieurs, dont quelques-uns nous sont particulièrement connus, nous ne pouvons nous dispenser d'exprimer nos regrets de ce que le plan, l'esprit et le but d'une entreprise scientifique et littéraire, aient été qualifiés d'éminemment nationaux, lorsqu'on nous présente en même tems cet ouvrage comme devant être une BIBLIOTHÈQUE ANALYTIQUE EUROPÉENNE. Nous imaginons que cette Revue est destinée à se placer au niveau de celle d'Edimbourg, si justement célèbre, et à élever aussi quelques-unes de ces prétentions nationales qui défigurent trop souvent cette dernière. Mais, nous préférerions voir les Français rivaliser avec leurs voisins d'une manière plus noble, plus conforme à ce que nous connaissons de leur sociabilité et de leur libéralité. Assurément les deux nations peuvent, avec un égal avantage, perpétuer des discussions sophistiques et des allusions forcées. Toutefois, on est

fondé à espérer quelque chose de mieux de personnes qui s'engagent généreusement dans le sentier de la vérité. Des actes d'hostilité du genre de ceux dont nous venons de parler, partout où on les emploie, ne font qu'entretenir de misérables préjugés et d'injustes antipathies, sans amener aucun résultat satisfaisant. Ce qu'ils obtiennent de plus réel, c'est le mépris et l'indignation de tout lecteur qui se respecte, dont l'esprit n'est point circonscrit par les divisions géographiques qui séparent les différentes contrées, ni le cœur infecté de la sanguinaire ambition des potentats. Non! que plutôt les Francais opposent la philosophie à la politique spéciale; qu'ils assurent irrévocablement le triomphe de la philanthropie sur le patriotisme exclusif! Puissent-ils conserver soigneusement le même esprit qui produisit l'Esprit des lois, le Contrat social, l'Encyclopédie, le Code civil, et d'autres ouvrages du même genre, qui embrassent l'humanité tout entière! Surtout, qu'ils n'envient jamais les destinées d'aucun peuple sur la terre! Hélas! s'ils n'eussent pas souffert que cet esprit se fût perverti par un insatiable besoin de conquérir; s'ils n'eussent point dévié du but primitif de leur révolution, à jamais mémorable dans les fastes du genre humain; s'ils se fussent préservés de ce charlatanisme politique, si funeste jadis pour la populace d'Athènes, à laquelle il montrait le bonheur loin du sol natal; s'ils ne se fussent pas laissé entraîner à la suite de cet infatigable chasseur de nations, insatiable de gibier et de butin; si, enfin, il leur était venu à la pensée qu'il y avait infiniment plus de gloire à défendre Paris, qu'à s'emparer de Moscou : alors, nous ne disons pas que l'Europe serait maintenant à leurs pieds (loin de nous cette pensée!); mais, nous ne faisons aucune difficulté d'affirmer que le monde entier eût salué les Français du nom de Libérateurs du genre humain ; que le respect des nations garantirait aujourd'hui l'inviolabilité de leur territoire, autant qu'elle peut être garantie par l'énergie de ses habitans, et que les relations des Français avec l'étranger consisteraient principalement en un heureux échange de bienfaisance et de gratitude.

RÉPONSE des rédacteurs de la Revue encyclopédique. Nous remercions les honorables rédacteurs de la gazette de Calcutta de ce qu'ils disent d'obligeant pour nous; mais nous voyons à regret zombien ils se méprennent sur le but de la Revue encyclopédique.

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