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On attribue cet ouvrage anonyme à M. RAWERT, gentilhomme de la cour du roi de Danemarck.

120. Udkast over den Caucasiske.

Essai sur l'origine

primordiale de la race d'homme dite Caucasienne, et sur ses émigrations; par M. FINN MAGNUSSEN. Copenhague, 1818; in-8°. Collection de traités concernant la philo121. Eunomia. sophie morale, la politique et la jurisprudence danoise; par M. A.-S. OERSTED. Copenhague, 1815—19; 3 vol. in-8o.

Cet ouvrage traite méthodiquement de plusieurs questions de philosophie d'un intérêt général, et de diverses dispositions législatives, locales, qu'il compare avec la jurisprudence des pays étrangers. L'auteur, remontant toujours aux premiers principes, approfondit ces matières avec une sagacité peu commune. Cette collection, si, comme on l'espère, elle est encouragée, deviendra bientôt un répertoire extrêmement utile aux hommes d'État et aux jurisconsultes.

122.

Saxo grammaticus.

Histoire de Danemarck, par Saxo le grammairien. Nouvelle traduction de l'original en langue latine, par M. GRUNDTVIG. Copenhague, 1819; in-4°, 1er vol.

ALLEMAGNE.

123. Verhandlungen der Gesellschaft naturforschender Freunde in Berlin.. - Actes de la Société des amis des Sciences physiques de Berlin. Berlin, 1820; 1 vol. in-4° avec figures. cah. 2. Reimer.

Tome 1,

Ce volume contient les articles suivans: Sur les genres mâle et femelle des perdrix, par Ch. E. Diezel; essai sur les familles et les genres des guêpes, par Klug; Syzygites, nouvelle espèce de chancissure, par C. G. Ehrenberg; observations sur l'euklas (fossile), par Weiss, avec figures; météorologie générale de l'année 1817, par Gronau; Amphisbænarum generis novas species decas descripsit F.-G. Hempreich.

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124. Ueber den Anfang unserer Geschichte. Sur le commencement de notre Histoire et sur la dernière Révolution de la terre, considérée comme effet probable d'une comète; par F.-G. RHODE; vol. in-8°. Breslau, chez Holäufer.

L'auteur de cet écrit exerce sa sagacité, comme tant d'autres avant lui, pour faire des recherches sur la dernière révolution de

la terre, ou le déluge. Il lui paraît évident qu'à cette époque, l'intérieur de la terre a éprouvé une grande commotion; que l'axe, ainsi que l'équateur de sa rotation diurne, ont été dérangés, et que ces désordres ont influé sur la position géographique de la terre et sur son climat. Il croit que cette grande catastrophe de la nature, aura été l'effet d'une comète qui, s'élevant au sud, s'est trop approchée de la terre. C'est de cette comète qu'il est fait mention dans le Zendavesta. Relativement au déplacement des pôles, l'auteur appuie ses argumens sur diverses observations astronomiques.

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Histoire des Allemands,

125. Geschichte der Deutschen. commencée par E. L. POSSELT, et continuée par C. H. L. POELITZ; 4 et dernier vol. in-8°, 789 pages. Leipsick, chez Cnobloch. Prix, 12 fr.

M. Posselt mérite d'être classé parmi les meilleurs historiens allemands. Doué de vastes connaissances, d'un esprit éclairé et d'un goût cultivé, il cherchait à imiter dans sa langue maternelle les grands modèles de la Grèce et de Rome. Son style est correct, soigné, et tel qu'il convient à l'histoire. Tout ce que M. Posselt a écrit, porte le cachet de l'amour de la vérité, des sentimens nobles et libéraux. Malheureusemeut, il mourut n'ayant encore terminé que les deux premiers volumes de l'ouvrage que nous annonçons. Quant à son continuateur, nous avons déjà eu occasion de rendre justice à son mérite comme historien (tom. 2, page 470). M. Poelitz avait fait paraître, en 1805, le troisième volume de l'Histoire des Allemands, mais la publication du quatrième et dernier fut retardée, par des événemens imprévus, jus qu'en 1819. Celui-ci embrasse toute l'époque importante qui sépare la paix de Westphalie de celle de 1815.

126.-Uebersicht aller bekannten Sprachen und ihrer Dialecte. - Aperçu de toutes les langues connues et de leurs dialectes; par le conseiller d'État Fr. ADELUNG ; 153 pages.

Dans cet ouvrage sont indiquées et classées 987 langues d'Asie, 587 d'Europe, 276 d'Afrique, et 1264 d'Amérique; total, 3114 langues. Cet Aperçu curieux et intéressant, n'est qu'une sorte d'introduction à une bibliothèque glottique, dont M. Adelung s'occupe depuis long-tems.

127.

Steins geographisches Lexicon. - Dictionnaire géogra

phique en quatre gros volumes in-8°; par le docteur C.-G.-D. STEIN. Leipsick, 1819. Cnobloch. Prix, 8 thalers, ou 32 fr.

Les deux premiers volumes de ce Dictionnaire viennent d'être publiés ils vont jusqu'à la lettre L. Les deux autres volumes paraîtront le printems prochain. Ce nouvel ouvrage ne peut qu'ajouter à la réputation que s'est acquise M. Stein, comme géographe.

128.

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Cervantes, drama.

Cervantes, drame en trois actes, par DORING; 136 pages. Francfort, 1820. I vol, in-8°. Hermann. Prix, 2 fr.

L'histoire de Cervantes n'est guère connue; on sait seulement par la préface de ses Novelas exemplares, qu'il a servi long-tems comme soldat, et qu'après avoir perdu la main gauche à la bataille de Lepante, il a été cinq ans et demi prisonnier à Alger. Tout porte donc à croire que le sujet de ce drame n'est pas fondé sur un fait historique, mais que le poëte l'a inventé en entier. Le voici: Cervantes, jeune homme spirituel, est bien accueilli chez le comte de Salazar; il devient amoureux de la fille de son bienfaiteur et l'enlève. Dès ce moment, il éprouve avec sa jeune épouse toutes les rigueurs de la misère. Un fils qu'elle met au monde est confié aux soins d'un vieux paysan. Lui-même et Julie, son épouse, qu'il fait passer pour sa sœur, se rendent à Carthagène près du peintre Juan Salvador. Bientôt après, le comte de Salazar arrive dans cette même ville, comme gouverneur ; il est accompagné de son parent Don Alphonse. Celui-ci voit Julie et est épris de sa beauté. En même tems, le paysan Basillos presse Cervantes de lui payer pour son fils, âgé alors de six ans, la pension qui se monte à 70 piastres. Cervantes n'a d'autre ressource que de porter le manuscrit de son Don Quichote à un libraire, qui ne lui paie, pour cette belle production, que 50 piastres. Bazillos ne s'en contente pas ; et Cervantes, pour lui compléter le reste, prend la résolution de se faire enrôler comme soldat. Présenté au gouverneur, celui-ci reconnaît en lui le suborneur de sa fille ; mais l'aspect de Julie et de son jeune fils désarme la colère du père. Sur ces entrefaites, Alphonse a formé le plan d'enlever Julie, et Cervantes, en défendant son épouse, blesse son adversaire mortellement. Toute la fureur du comte de Salazar se renouvelle à cet événement: Cervantes est traduit devant un tribunal miliTOME VII.

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taire et condamné à être fusille. Heureusement Alphonse n'est pas mort, il déclare que Cervantes est innocent, et implore son pardon.

Tel est le sujet de cette pièce; c'est le premier essai dramatique de M. Doring, qui lui a admirablement réussi. Les scènes sont bien enchaînées, les caractères sont également bien dessinés, l'intérêt va toujours croissant, et l'ensemble offre un tableau parfait. La pièce est écrite en vers avec une grande pureté de style, et tout-à-fait dans l'esprit espagnol.

129. Répertoire portatif de l'histoire et de la littérature des nations espagnole et portugaise; par le chevalier Alvar-Augustin de LIAGNO, espagnol, aujourd'hui bibliothécaire de S. M. le roi de Prusse et de S. A. R. le prince Henri, frère du roi. Berlin, 1820; I vol. in-8°; tome 1, cahier 2. Chez Nanck.

Lorsque nous annonçâmes, dans le mois d'août 1819, la publication du premier cahier de cet ouvrage (tom. III, p. 406), nous assurâmes que l'auteur avait parcouru l'Histoire civile d'Espagne et de Portugal, jusqu'à l'époque de l'empereur Charles-Quint, avec beaucoup d'exactitude, en attaquant les abus qui se sont introduits dans la discipline ecclésiastique, et en posant d'excellens principes de philosophie et de politique, naturellement déduits des faits ou appliqués, avec le mérite de l'à-propos, aux circonstances. Nous devons en dire autant du second cahier, où le lecteur trouvera l'histoire d'Espagne sous Charles-Quint, et celle de Portugal sous Jean III et ses successeurs, traitées d'une manière non moins philosophique que celle du célèbre Robertson, auquel M. de Liagno se montre même supérieur, quant à l'exactitude des faits et à l'impartialité des jugemens. En parlant, par exemple, du célèbre cardinal Ximenez, il rend justice à ses intentions et à ses vertus privées; mais il est peut-être le seul, parmi les Espagnols, qui ait osé caractériser son ministère. « Les Espagnols instruits, dit-il, n'ont pu que prononcer avec admiration le nom de Ximenez; mais, néanmoins, ils ont été forcés de haïr la mémoire de cet évêque, homme d'État, en voyant leur patrie dépouillée d'une sage constitution, froissée sans cesse par le despotisme, et victime de l'arbitraire et de l'injustice. Ximenez, voué exclusivement à ceux des principes de la science politique qui favorisent en toute rencontre les droits des rois, ne voulut pas voir les vérités qui rendent sacrés les droits du peuple (pag. 281–2). »

Quand M. Liagno parle de la conquête du Pérou, il dit, comme s'il n'était pas né en Espagne : « La religion et l'humanité sont foulées aux pieds, toutes les fois qu'on veut atténuer les reproches que méritent les Espagnols en Amérique. Mais, la religion et l'humanité ont-elles jamais arrêté l'esprit de parti? ( pag. 344, dans les notes).

L'auteur parle du despotisme de Charles-Quint, qui, mécontent des résistances qu'il éprouva dans l'assemblée nationale des Cortès, l'an 1538, abolit irrévocablement leurs réunions; il blâme une telle conduite, et ajoute: « Nous sommes arrivés à une époque où les excès les plus opposés se succédant rapidement les uns aux autres, l'histoire doit à ses sublimes devoirs une attention continuelle à ne blâmer isolément ni le despotisme, ni la révolte.... ; à répéter aux peuples qu'aucune usurpation, aucun tort, aucun abus ne peuvent détacher leurs vrais intérêts de l'honneur, de la majesté, des droits de leurs premiers magistrats; et aux princes, qu'ils préparent la ruine de leur pouvoir, quand ils regardent leurs sujets comme des esclaves; quand ils s'offensent de la dignité, de l'énergie, des vertus mâles des hommes qu'ils ont le noble devoir de gouverner ( pag. 378—79 ). »

M. de Liagno, considérant qu'il écrit pour ceux qui désirent connaître l'histoire espagnole, mais qui ne sont pas nés en Espagne, a enrichi son ouvrage de notes critiques, biographiques et littéraires fort estimables, et dans lesquelles il se montre toujours savant, philosophe chrétien, ami des peuples, des lumières, et d'une sage liberté.

Croirait-on maintenant qu'un étranger de ce caractère eût pu devenir l'objet de la persécution de quelques littérateurs prussiens? Cela est pourtant vrai. Mais, ce sont quelques hommes lâches et serviles, qui n'ont pas craint de se déshonorer, en calomniant un illustre étranger, auquel, dans un accès de délire, ils font le reproche d'être né plébéien; lui qui, issu d'une des plus nobles familles de la province d'Estramadure, se prévaut d'ailleurs si peu de cette circonstance accidentelle et indépendante de son mérite personnel, qu'il semble faire consister tout son bonheur à acquérir des titres bien autrement sacrés à l'estime et à la recon naissance publique.

J. A. LLORENTE.

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