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M. Biagioli a cherché à donner à leurs idées plus d'étendue et plus de méthode. Il semble quelquefois attribuer trop de valeur aux pauses qui remplacent, selon lui, quelque partie d'une syllabe accentuée. Quoique l'auteur ne manque pas d'exactitude dans ses détails, on peut craindre qu'il ne soit un peu trop minutieux, et qu'il ne rende moins facile l'art de faire des vers; ce qui, d'ailleurs, serait fort avantageux, si cela pouvait diminuer le nombre des versificateurs ennuyeux et insignifians; mais il s'agit ici de faire de bons vers, et je pense que les théories les plus analytiques ne sont pas toujours les méthodes les plus efficaces.

75.-David, poëme, par le comte DE COETLOGON. Paris, 1820. Dentu, 1 vol. in-8°. Prix, 5 fr., et 6 fr. 10 cent. franc de port.

C'est une chose remarquable que la Bible, que les poëtes du siècle dernier ouvraient à peine, la considérant sans doute comme un livre purement de théologie, ait fourni, dans le xixe siècle, des inspirations à plusieurs talens très élevés. C'est encore là une suite de ces idées fortes et vraies qui ont fait disparaître les pensées futiles et superficielles. M. de Coëtlogon vient de puiser avec beaucoup de bonheur à cette source divine. L'histoire merveilleuse de David semblait en effet disposée tout exprès pour fournir le sujet d'une épopée. Là, tous les noms sont harmonieux, tous les faits poétiques; là, le merveilleux paraît naturel; enfin, cet intérêt national qu'on exige dans le poëme épique, se trouve avantageusement remplacé par l'intérêt religieux des histoires sacrées. Les patriarches, aïeux du christ, ne sont-ils pas, en effet, les anciens 'de tous les peuples chrétiens? Ne sommes-nous pas tous familiarisés dès 'notre enfance avec les noms de la Bible, plus encore peut-être qu'avec ceux de notre histoire nationale? M. de Coëtlogon a disposé avec art les faits donnés par le livre sacré; il en a formé une action intéressante, régulière, et qui remplit toutes les conditions voulues par les règles du genre. Son style a géné. ̈ralement plus d'élévation que de grâce, plus de force que d'élégance. Nous citérons l'invocation du poëme, qui certainement confirmera nos éloges, et peut-être démentira nos critiques :

Ange aux ailes de feu, noble et brillant génie
Qui des concerts du Ciel diriges l'harmonie,
Sion a retenti de tes accords touchans!
Les rives du Jourdain ont répété tes chants!

.

Horeb et Sinaï, de leurs ardentes cimes,
Ont redit aux humains tes oracles sublimes!
Aux accens de ta voix je m'anime aujourd'hui;
Viens, daigne me servir et de guide et d'appui;
Souffre à ta harpe d'or que j'accorde ma lyre;
'Permets que, le cœur plein de ton divin délire,
Je chante ce berger, amour de l'Éternel,
Qui, suscité par lui, dans les campa d'Israël,
Pour le fer des héros échangea sa houlette,
Unit le feu du brave aux flammes du prophète;

Et d'épreuve en épreuve, et sous l'oeil du Dieu fort,

Luttant, nouveau Jacob, contre les coups du sort,

S'éleva, jeune encore, áu trône prophétique,

Où son sang du Sauveur devint la source antique.

76. — Lettres de Fitz-Osborne, públiées par William MELMOTH, traducteur des Lettres de Pline et de Ciceron; traduites de l'an'glais par A. D. Paris, 1820'; '1 vol. in-8° d'environ 200 pages. Kleffer, rue d'Enfer-Saint-Michel, no 2. Prix, 3 fr.

<< Les Lettres de Fitz-Osborne, que nous présentons au public, ́dit l'éditeur, parurent d'abord en 1742, et furent un de ses premiers ouvrages.... Elles ont toujours eu des admirateurs; elles semblent partir du cœur pour traiter des sujets qui l'intéressent. Les scènes domestiques, les charmes de la vie privée, les harmonies de la société, les événemens du jour; enfin, ces diverses sensations auxquelles personne ne peut être insensible, en sont les sujets ordinaires. Nous retrouvons rarement, dans les écrits modernes, le charme répandu dans cet ouvrage. Une des meilleures lettres de notre auteur sert de préface à son excellente traduction du célèbre Dialogue sur l'art oratoire, et les observations qu'on y trouve sont de la plus haute importance, etc. »>

On ne sera pas fâché, peut-être, en parcourant ces Lettres, d'étudier l'intérieur de cet homme véritablement indépendant, 'qui désirait que sa modeste tombe ne présentât d'autre inscription que celle -'ci':' Unplac'd, unpension'd, no nian's heir or slave. C'est-à-dire, sans place, sans pension, le maître ou l'esclave de personne. (Je ne veux rien, et je ne crains rien. )

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77. Histoire du Juif errant, écrite par lui-même ; contenant 'une esquisse rapide et véridique de ses admirables voyages depuis environ dix-huit siècles. Paris, 1820; brochure in-8o de

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156 pages. Renard, libraire, rue Sainte-Anne, no 71. Prix, 2 fr. 50 c., et 3 fr. franc de port.

Dans le siècle où nous sommes, et dans le pays que nous habitons, il importe beaucoup aux libraires du Juif errant, que le public sache que son histoire n'est rien moins qu'une légende, et qu'il n'est point le Juif errant de la rue Saint-Jacques. C'est ce qu'il nous a été facile de reconnaître, en parcourant les huit chapitres où notre voyageur perpétuel nous présente les faits les plus mémorables, dans l'ordre suivant: 10 depuis l'an 33 de l'ère vulgaire, jusqu'à la destruction de Jérusalem; 2o depuis la destruction de la Cité sainte, jusqu'à celle de l'empire d'Occident, au cinquième siècle; 30 depuis la destruction de cet empire, jusqu'au règne de Charlemagne ; 4o depuis le règne de ce monarque, jusqu'au commencement du treizième siècle ; 5, depuis l'ouverture de ce siècle, jusqu'au règne de Charles-Quint; 60 depuis le règne de cet empereur, jusqu'au commencement du dix-septième siècle; 70 depuis le commencement du dix-septième siècle, jusqu'à la mort de Louis XIV; 8% enfin, depuis la mort de ce monarque, jusqu'à présent. Plusieurs notes, historiques et critiques, placées à la suite de ces chapitres, en rendent la lecture à la fois amusante et instructive.

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78. — Les Jeux du sort, ou les Aventures d'un shelling, con-' tenant des historiettes propres à l'instruction et à l'amusement de la jeunesse; traduit librement de l'anglais. Paris, 1820; 1 vol. in-18, de 210 pages. Mademoiselle Deville, libraire, rue de Seine, no 48. Prix, 1 fr. 50 c., et 2 fr. franc de port.

Tel est le titre d'un excellent petit ouvrage, divisé en douze chapitres, dont la Société établie à Paris pour l'instruction élémentaire, s'est empressée d'agréer l'hommage fait par l'éditeur. Les pères et mères, les instituteurs y trouveront des conseils fort ntiles les enfans des deux sexes apprendront à discerner ce qui constitue les qualités et les défauts de leur âge. La morale, mise en action dans de courtes historiettes, et présentée sous des formes douces et aimables, y paraît toujours d'une application facile. Le style, en général pur, clair et concis, est parfaitement en harmonie avec l'intelligence dụ jeune âge. On regrette que l'auteur,, qui avoue avoir traduit librement, n'ait pas choisi de préférence, pour son principal personnage, un franc ou un écu, au lieu d'un shelling, mot dont nos enfans ne pourront con

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naître la signification qu'à la fin du premier chapitre son estimable ouvrage aurait eu ainsi une physionomie plus française.

79. Edmond et Juliette, ou les Amans somnambules, par mademoiselle VANHOVE, auteur du Fou par amour. Paris, 1820; chez mademoiselle Deville, rue de Seine, no 48 ; et chez Corbet, quai des Augustins, no 63; 2 vol. in-12, ornés de gravures.

Ce roman est fondé tout entier sur la puissance du magnétisme. Uu apôtre zélé de cette doctrine en a fait un moyn de correspondance, de rapprochement et de réconciliation entre deux jeunes amans, que l'envie et les circonstances avaient désunis. L'auteur a fort bien tiré parti du merveilleux qu'offrait son sujet, mais il ne faut pas exiger beaucoup de vraisemblance dans des incidens amenés par une cause aussi extraordinaire et aussi mystérieuse que le magnétisme. Au reste, ceux qui doutent encore des miracles qu'il peut opérer, trouveront ici, avec de la foi, de quoi se convaincre. Ils verront qu'il suffit d'être en rapport pour se voir, s'entendre, et même lire dans le cœur l'un de l'autre à une distance de cent ou mille lieues, peu importe. Voilà sans doute un assez beau secret; eh bien, ce n'est rien encore, le magnétisme guérit de tous les maux; et qu'on ne croie pas qu'il s'amuse à traiter de petites fièvres-quartes, des vapeurs, des migraines; non, il veut, comme Toinette, dans le Malade imaginaire, de bonnes fièvres pourprées, de bonnes pestes, de bonnes hydropisies formées, de bonnes pleurésies avec des inflammations de poitrine. C'est là qu'il se plaît; c'est là qu'il triomphe. Il attend l'agonie, pour montrer l'excellence de ses remèdes, et alors..... Mais que les incrédules lisent plutôt l'ouvrage de mademoiselle Vanhove; et s'ils ne croient pas, après cette épreuve, c'est qu'ils n'auront jamais la foi.

So.(*)—La prise de Constantinople par Mahomet II; roman historique traduit du grec moderne, avec une notice sur la chute de l'empire d'Orient, et des notes anecdotiques sur les principaux personnages et sur les événemens particuliers du siége. Paris, 1820; 2 vol. in-12. P. Mongie aîné, boulevard Poissonnière, no 18. Prix, 5 fr.

81. Le Diable peint par lui-même, ou Galerie de petits romans, de contes bizarres, d'anecdotes prodigieuses, sur les avenares des démons, les traits qui les caractérisent, leurs bonnes

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qualités et leurs infortunes, les bons mots et les réponses singulières qu'on leur attribue, leurs amours, et les services qu'ils ont pu rendre aux mortels, etc. Extrait et traduit des démonomanes, des théologiens, des légendes, et des diverses chroniques du sombre empire. Par J.-A.-S. Collin de Plancy, auteur du Dictionnaire infernal, etc., etc. Paris, 1819. 1 vol. in-8o de 318 pages. P. Mongie aîné, boulevard Poissonnière, no 18.

L'auteur dédie son ouvrage à sa femme, qui, dit-il, trouvera souvent son portrait dans le héros dont il décrit les aventures. En effet, bonté touchante, simplicité antique, manières naïves, vertus quelquefois stoïques, penchant à obliger, désintéressement parfait, vivacité d'esprit, originalité d'imagination, malice sans méchanceté: ces qualités heureuses, et mille autres encore que l'on trouve dans le Diable, la femme de l'auteur aurait le bon esprit de les envier, si elle ne les possédait pas dans un degré éminent. La gaieté, qui a fait les frais de cette singulière dédicace, a constamment inspiré notre démonographe dans la composition de l'ouvrage même, où quelquefois il rivalise de malice avec son héros. On lui saura gré d'avoir décrédité ces doctrines superstitieuses, que cherchent à propager, encore aujourd'hui, surtout parmi les habitans des campagnes, ceux qui voudraient replonger les peuples dans la barbarie, pour les asservir plus sûrement. L'auteur atteindra d'autant plus facilement son bụt, qu'il a su se mettre à la portée de tout le monde, mérite essentiel dans un ouvrage de ce genre.

82.

· L'Exilé, élégies nationales, suivies du Siége d'Orléans, poëme; par C. M. Caquor. Paris 1820, Brochure in-8o de 37 pag. Madame Huet, libraire, rue de Rohan, no 21. Prix, 1 fr. 50 c. 83. La Mort du duc d'Enghien, poëme, suivi d'une ode intitulée : Le Cri des Royalistes; par E. MICHELET, officier dans la Garde royale. Paris, 1820. Brochure in-8o de 38 pages. J. G. Dentu, rue des Petits-Augustins, no 5.

Livres étrangers imprimés en France.

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84.-La Divina Commedia di Dante Alighieri, col comento di G. BIAGIOLI. La Divine Comédie de Dante Alighieri, avec le commentaire de G. BIAGIOLI. Paris, tom, 3, 1819. Chez DondeyDupré, rue St.-Louis, no 46.

Nous avons rendu compte des deux premiers volumes de ce

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