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tions, en leçons de toutes sortes, les bons offices qu'ils recevaient du clergé italien. A Rome, à Naples, dans la Calabre, dans la Sicile, ils répandirent autour d'eux la connaissance du grec, ils traduisirent en latin beaucoup d'ouvrages des pères de l'église grecque, et copièrent quantité de livres de l'antiquité païenne aussi bien que chrétienne. Lorsque Paul Ier envoyait à Pépin tous les livres qu'il avait pu trouver, disait-il, un recueil d'antiennes et de répons, la grammaire (sic) d'Aristote, les livres de Denys l'Aréopagite, une géométrie, un traité d'orthographe, tous les écrivains grecs, ne puisait-il pas dans les trésors des abbayes grecques (')? Les richesses que Rasponi a cataloguées dans la bibliothèque de Saint-Jean de Latran, ont selon toute probabilité appartenu d'abord à des moines orientaux. On compte parmi leurs disciples avérés deux hellénistes Jean-le-Diacre et Anastase le bibliothécaire. C'est à ces fugitifs que l'on doit l'établissement à Bénévent d'une académie, ou, selon le témoignage d'un anonyme de Salerne, on comptait trente-deux philosophes, dont le plus célèbre est Hildéric (*).

Enfin, il faut souscrire aux conclusions de Zambelios que voici : « A partir de cette époque, les sciences sacrées et profanes fleurissent en Italie. Le clergé de ce pays prend l'amour des lettres, les églises retentissent des psalmodies grecques, les écoles sont pleines de disciples; des philosophes platoniciens ou aristoteliciens devancent le temps de l'académie de Florence. Grecs et Italiens travaillant à l'envi à la régénération du pays,

(') Epist. XIII, Pauli papse ad Pippinum : « Direximue etiam exeellentissimse Prsecellentise vestrse et libros quantos reperire potuimus, id est antiphonse et responsale,insimul artem grammaticam (sic) Aristotelis, Dionysii Areopagitse libros, geometricam, orthographiaiu omnes grseco eloquio scriptores. » Ozanam. La Civilisation chrétienne, etc, t. U, p. 527.

(2) Rerum Italicarum. Pars II, t. II, ch. 124. — « TpiaxovTa Suo oiXôooipoi gw^xixaaav, wv Siaa7)fxôTepoç ô 'IXSÉpixoç. » Zambelios, 313.

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Il est impossible pourtant de n'apporter pas quelque restriction aux affirmations trop faciles de Zambelios, quand on voit les envoyés de Nicolas Ier, Zacharie et Rodoald, chargés de le représenter à Constantinople dans un synode, ignorer la langue grecque, au point de ne rien comprendre à ce qui se faisait dans l'assemblée, et de se montrer trop favorables aux grecs ('). Notons aussi qu'on place ordinairement vers l'an 690 l'éclipse momentanée du grec en Italie (*).

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vicissitudes à l'aide des renseignements épars que l'histoire littéraire a recueillis.

La politique et la guerre ayant uni Pépin, fils de Charlemagne avec le duc de Bénevent, il s'établit entre eux des rapports qui ne furent pas inutiles à la connaissance du grec dans notre France. Il vint de ce pays chez nous de fréquentes ambassades; les années 797, 798, 799 et 802, sont les époques où les relations furent les plus suivies. Ces ambassadeurs, qui ne parlaient que le grec, restèrent longtemps à la cour des Francs, y furent comblés d'honneurs, et s'ils ne firent pas des élèves dans leur langue, ils en firent au moins connaître quelques détails, et jetèrent les semences d'une instruction qui se développera plus tard i1). Le commerce très-actif qui se faisait entre Constantinople d'une part, Venise, Durazzo et Amalfi de l'autre, entretenait les peuples dans une certaine notion de la langue grecque.

Sous Charlemagne, ces rapports devinrent plus marqués. Le désir qu'avait conçu cet empereur de recueillir les débris de l'empire d'Orient, le projet de mariage qu'il poussa fort loin avec l'impératrice Irène, préparèrent la renaissance des études grecques. Les empereurs de Constantinople, Nicéphore, Michel et Léon cultivèrent son amitié, accréditèrent auprès de lui des ambassadeurs et firent avec lui des traités de paix. Constantin, en 786, envoya des ambassadeurs à Charlemagne pour lui demander la main de sa fille aînée Rothrude (*). Puis, c'est l'impératrice Irène qui

(') Ann. Bertinian. ap. Pertz script. t.I, p.413, seq.cité par Cramer,p. 5.

(2) S'il faut en croire Cedrenus {Hist. comp. t. II, p. 21. éd. Bonn) le traité conclu et les accords arrêtés, l'empereur d'Orient laissa auprès de la jeune princesse un de ses eunuques, afin de lui apprendre le grec et de l'instruire /! s usages de la Cour impériale. » Tevojxevwv ouaipûvwv xal opxwv xaTeJ.ei'ipOr, 'EiXiaTOïoç o eùvoùxoç iiç Tè > SiSâ?ai ai/rfjv (ttjv OufaTÉpa epuOpw) Tâ Te Tôv lui députe en 798, Michel Ganglione et Théophile, prêtre de l'église des Blaquernes. Lui-même envoie à Constantinople l'évèque d'Amiens, Jessé et le comte Hélingaud ('). On peut voir dans Eginhard, ces échanges répétés d'ambassades.

Voici le détail le plus curieux d'une de ces cérémonies où la politique avait plus de part que la littérature. Les députés de Michel, Arsaphe et Théogniste, parurent devant l'empereur à Aix-la-Chapelle (812) et le saluèrent en leur langue en qualité d'empereur.

Tous les historiens de Charlemagne nous disent qu'il avait appris le grec, « et qu'il l'entendait mieux qu'il ne le parlait (*). »

Cette louable activité d'esprit aurait dû exciter autour de lui une vive émulation. Il ne paraît pas cependant qu'il en ait été ainsi. Les grands seigneurs, qui avaient les plus hautes places dans son palais, ne se piquaient guère d'hellénisme, et ils n'en partaient pas moins volontiers pour Constantinople. Cette ignorance de la langue leur attirait des désagréments de la part des grecs fort disposés à traiter de barbares et à soumettre à de rebutantes épreuves ceux qui ne s'exprimaient pas dans leur langue. On sait la mésaventure d'Hatton, évèque de Bâle, de Hugues, comte de Tours, et d'Aio, de Forli; ils avaient été fort maltraités et renvoyés avec toutes sortes d'affronts.

Quant Arsaphe et Théogniste vinrent à leur tour en France, envoyés par Michel, Charlemagne voulut punir

Tpaïxôi v y piqueta xal rrp yXSxtam xal TOxiSeùsai aùrf)v Ta ^(b) rîjç PwjxaCwv 6aaiXei'ctç. » Une princesse destinée à vivre dans un royaume étranger ne fait pas seule le voyage, elle emmène avec elle des officiers et des femmes qui ont également besoin de savoir la langue du nouveau pays qu'elle va habiter. On peut donc supposer qu'il se forma dès lors autour de la fille de Charlemagne une école dont elle n'était pas l'unique élève.

(') Annales d'Eginhard. Le Président Cousin. Hist. de l'Empire d'Occident.

(*) Eginhard. Vie de Charlem. p.-31.

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