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marche de sa politique, et dont la mission étoit entièrement ignorée de ses envoyés en titre.' I. 272274.

Such an adventure as this, we presume, is not quite unexampled in the history of diplomacy; but the truly singular part of it is to come.

Un jour, étonné de toutes les nouvelles découvertes que me procuroit le zèle toujours croissant de l'homme masqué, et surpris de son profond silence pour obtenir de nouvelles sommes, je pris avec moi cinq cents ducats, et je lui dis j'avois ordre de lui donner cette gratification : quelle fut sa réponse ?“ Monsieur, apprenez à me ju. “ ger; car vous ne me connoîtrez jamais, et la moindre recherche “ pour y parvenir feroit tarir la source où vous puisez. D'après le “ rôle que je joue, je n'ai pas droit à votre estime : je ne me dissi" mule pas ma faute ; mais je suis un honnête criminel : j'avois im-, •6 périeusement besoin de mille ducats ; il me les falloit sur-le-champ; “ je n'ai pas trouvé d'autre moyen de me les procurer: je tiendrai " ma parole tant que vous serez en place, mais je ne recevrai plus “ un denier. Toute autre tentative seroit inutile, et pourroit ralen6 tir ma bonne volonté.” J'ai rendu compte au ministre de cette réponse, et de fait, les comptes de l'ambassade n'ont pas fait mention de sommes plus fortes pour cet objet que les premiers mille ducats.

• Quand, au mois d'août 1774, le baron de Breteuil fut nommé pour remplacer le prince Louis, mon honnête criminel me dit : “ AtC6 tendez-vous à ne plus entendre parler de moi dès que le nouvel am 66 bassadeur sera arrivé ici. Je connois la politique des cours : vous " recevrez sûrement l'ordre de confier le fil de vos découvertes, et " tout sera mis en æuvre pour remonter à la source : vous perdrez « votre temps et vos peines. Si d'indiscrètes perquisitions pouvoient “ aboutir à me donner des inquiétudes, je sais le parti que j'aurois à s6 prendre : vous pourriez peut-être me nécessiter à une évasion qui « rendroit à jamais malheureux un homme qui vous a rendu service; " mais vous n'en feriez pas moins tarir la source des avantages qui “ cesseront à votre depart.”' I. 308–310.

Among the many singular discoveries this treachery of the Austrian Commis brought to light, was that of the double ministry of Louis XVth. This monarch, like all other weak princes, had, as is well known, two sets of ministers; the one avowed, and ostensible—the other secret, and enjoying the real confidence of their master. The Abbé gives the following account of the correspondence kept up by the secret ministry in all the courts of Europe.

. Ce même cabinet avoit découvert la correspondance très-secrète de la politique privée de Louis XV; correspondance parfaitement ignorée de son conseil, et surtout de son ministre des affaires étran: gères. Le comte de Broglie, qui avoit succédé au feu prince de Conti, étoit le ministre privé et surtout très-caché d'une diplomatie

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aussi extraordinaire : il avoit pour secrétaire M. Favier auquel ses connoissances et ses ouvrages diplomatiques ont fait une réputation, et enfin M. Dumourier, élève de Favier. Le mystère de cette politique privée n'étoit pas confié à tous nos ambassadeurs ; quelquefois c'étoit le secrétaire d'ambassade ou tout autre Français qui, voyageant sous differens prétextes, étoit trouvé propre à jouer ce rôle. Le comte de Broglie ne confioit le fil de ce labyrinthe qu’à des personnes dont il avoit éprouvé l'attachement et la discrétion. Une confiance si marquée et des rapports si intimes avec le roi qui gratifioit lui-même sur sa cassette ce travail mystérieux, ne pouvoient que flatter ceux qui s'en trouvoient honorés.' I. 274–275.

Not long after the return of the Abbé from Vienna, began the celebrated story of the Necklace, which is detailed at great length in this publication, and with every appearance of care and authenticity. It has been so frequently and so grossly misrepresented, that we shall shortly state it to our readers. · The Cardinal de Rohan was a very vain, extravagant, and weak man. By some severe animadversions upon her mother the Empress Maria Theresa, he had incurred the hatred of the Queen, Marie Antoinette, who constantly refused to receive him into favour, and treated him on all occasions with marked contempt. To be in disgrace with a Queen of such power and ascendancy, was the greatest evil of which a French courtier could form any conception; and, accordingly, the great object of the Cardinal's life was to convert the Queen into a better disposition: But he bowed, and lived, and laboured in vain--the Royal hatred was deep and incurable. · While the Cardinal was thus sighing over his disgrace, he happened to fall into the society of a Madame la Motte, a woman of bad reputation, considerable abilities, and great talent for intrigue. She had the address to persuade his Eminency that she was a great favourite with the Queen, who had patronised her first of all from compassion for her reduced situation, and, from one stage of favour and approbation to another, had become fond of her society, and was in the habit of sending for her repeatedly to Versailles. This opportunity of restoring himself to favour was not to be lost. The Cardinal eagerly cultiyated the favour of Madame la Motte-prevailed upon her to mention his name to the Queen, his misery, his despair, the eagerness with which he sought to redeem his character, and to ascend into the heaven of Royal favour. Madame la Motte was an incomparable actress : It is needless to say by what nice gradations her Majesty was softened-the rage into which she fell when first the name of Rohan was mentioned the immense difficulty with which she was appeased—and the various stages of listening, relenting, considering, fluctuating, doubting, forgiving, approving, and restoring to favour. This took up a space of some weeks; in the course of which time, the Cardinal Ĉulley was given to understand, that the Queen had particular reasons for not altering her manner towards him at Court; anck that, though she had really forgiven him, she wished their intercourse, and all further explanation, to be carried on through the medium of Madame la Motte. As the suit of the Cardinal advanced in this imaginary intercourse, he became bolder, and pressed so hard for some mark of Royal reconciliation, that it was deemed necessary he should be gratified. Every variety of scoundrel may be found within a street's-length, in London or Paris. M. Villette, a pseudo-grapher of the greatest emi. nence, counterfeited the handwriting and signature of Marie Antoinette; and the Cardinal received from time to time little billets-doux, which filled him full of the basest and most contemptible happiness. In a little time this correspondence became more interesting; and the Queen begged the Cardinal would accommodate her with the loan of a considerable sum of money. The money was raised by the eager Ecclesiastic; and proved so truly accommodating to Madame la Motte and her connexions, that a similar loan was soon after required, and advanced with the same amiable and unsuspecting simplicity. When men pay money, however, they require something in return for their money; and the Queen promised the Cardinal an interview in the Bois de Boulogne. A woman of the Palais-Royal, resembling the Queen in person and voice, was hired and tutored by the conspirators. The Cardinal fell on his knees in an ecstasy of turpitude, and was proceeding to roll and lick the dust, when the interview was purposely interrupted, and the Cardinal retired, dissolved in gratitude and delight. This scene, as it is one of the most curious in the whole of this extraordinary narrative, we shall present to our readers, in the words of his Eminency's reverend protegé.

• La comtesse de la Motte avoit remarque, dans les promenades du Palais-Royal à Paris, une fille d'une belle taille, dont le profil ressembloit à la reine ; elle jeta les yeux sur elle pour être l'actrice princi. pale de la scène du bosquet. Cette fille se nommoit d'Oliva : on lui persuada que le petit spectacle où elle alloit être employée étoit désiré par la reine qui vouloit s'en amuser : la récompense offerte fit bientôt accepter ce rôle par une créature qui faisoit trafic de ses charmes.

• Mademoiselle d'Oliva arriva donc à Versailles, conduite par M. de la Motte, dans un carrosse de remise, dont le cocher a été entendu au procès ; on la mena d'abord reconnoître le lieu de la scène où elle dvoit être secretement conduite à onze heures du soir par M. de la Motte : la on lui fit faire une répétition du rôle qu'elle devoit jouer,

et des paroles qu'elle devoit prononcer. Elle étoit prévenue qu'il şe présenteroit à elle, dans le bosquet, un grand homme en redingote bleue, avec un grand chapeau rabattu, qui s'approcheroit d'elle, lui baiseroit la main avec respect; qu'elle lui diroit à voix basse: “ Je “ n'ai qu'un moment à vous donner ; je suis contente de vous ; je 66 vais bientôt vous élever à la plus haute faveur ;" qu'ensuite elle lui remettroit une boîte et une rose ; qu'alors, au bruit des personnes qui s'approchoient, elle diroit toujours à voix basse : “ Voilà Madame et madame d'Artois ; il faut s'éloigner. ” On avoit aussi mon

tré au cardinal le bosquet convenu, et l'endroit par où il devoit en• trer, en lui disant que là il pourroit épancher sans contrainte ses sentimens de dévouement, s'expliquer sur ce qui l'intéressoit, et que, pour témoignage de ses bontés, la reine devoit lui remettre une boîte où seroit son portrait et ime rose. Il étoit connu à Versailles que la reine se promenoit quelquefois les soirs dans les bosquets avec Madame et madame la comtesse d'Artois. La nuit du rendez vous arrivée, le cardinal, habillé comme il avoit été convenu, se rendit sur la terrasse du château avec le baron de Planta ; la comtesse de la Motte devoit y venir en domino noir l'avertir du moment où la soi disante reine se rendroit au bosquet. La nuit étoit assez obscure ; l'heure indiquée s'écouloit; madame de la Motte ne paroissoit pas : l'inquiétude gagnoit le cardinal, lorsque le domino noir vint à sa rencontre et lui dit : “ Je sors de chez la reine ; elle est très-contrariée, elle ne pourra point prolonger l'entretien comme elle l'avoit désiré; Madame et madame la comtesse d'Artois lui ont proposé de se promener avec elle : rendez-vous vite au bosquet ; elle s'échappera, et, malgré le court intervalle, elle vous donnera des preuves non équivoques de sa protection et de sa bienveillance.” Le cardinal se porta au lieu de la scène ; madame de la Motte et le baron de Planta s'écartèrent pour attendre le retour du prince. La scène fut jouée comme l'avoit composée madame de la Motte : la prétendue reine, en déshabillé du soir, avoit le costume et l'attitude de la personne qu'elle représentoit. Le cardinal, en s'approchant, marqua sensibilité et respect; la fausse reine prononça à voix basse les paroles qu'on lui avoit dictées, remit la boîte convenue: le bruit qu'on avoit concerté s'étant fait entendre, il fallut se séparer avec un peu de précipitation. M. le cardinal vint rejoindre madame de la Motte et le baron de Planta qui l'attendoient; il se plaignit avec amertume du fâcheux contre-temps qui l'avoit privé du bonheur de prolonger un entretien si intéressant pour lui. Chacun se retira. Le cardinal paroissoit très-persuadé qu'il avoit parlé à la reine et en avoit reçu une boîte. La dame de la Motte s'applaudit du succès de sa ruse. La d'Oliva, intéressée au secret du rôle qu'elle venoit de jouer, fut ramenée à Paris, et bien payée de sa complaisance ; M. de la Motte et Villette, qui avoient simulé les pas et les voix convenues pour abréger l'entretien, se réunirent à madame de la Motte, et tous se félicitèrent de cet heureux résultat.' II. 82-85.

About this time Messrs Boehmer and Basnage, jewellers in

Paris, were possessed of a necklace of diamonds of extraordinary value and beauty. The price they fixed upon it was 1,800,000 livres : it had been offered to the Queen, and rejected by her as too expensive. One of the Lavillette forgeries announced to the Cardinal that her Majesty was very desirous of employing him in a secret negotiation of the greatest importance to her, the details of which were entrusted to Madame la Motte, and would be by her revealed to the Cardinal. This secret negotiation was, of course, to purchase the necklace for the Queen upon his own credit. The necklace accordingly is bought by the Cardinal for her Majesty: and sold in London by Madame la Motte. The jewellers come to an explanation with the Queenand the Cardinal and Madame la Motte are put upon their trial. One of the dramatis persona is Cagliostro, a compound of madness and imposture, who appears to have acquired a very extraordinary ascendancy over the mind of the Cardinal, but to have had no participation in the villany of Madame la Motte. In the trial, it appeared, beyond all doubt, that the Cardinal was innocent, and that he had been completely duped by Madame la Motte. Nor was there any reason, from the evidence, to believe that any guilt attached to the Queen, that Madame la Motte had acted under her direction, or that she had had any share in the deceit practised upon the Cardinal. It stuck to her, however; and, during the French Revolution, was made use of to increase the public hatred against that unfortunate woman. * Every honest Jacobin will, of course, believe that the Queen planned the whole scheme, received the money, and sacrificed Madame la Motte to save her own reputation. For ourselves, we cannot see why as strict justice is not as due to a queen as to any other person: and we do firmly believe Marie Antoinette (whatever were her other faults) to have been innocent of this. The singularity of the story is, that a person of the Cardinal's age, dignity, and acquaintance with the world, should have been so miserably duped by an adventurer, whom any schoolboy, conversant with Gil Blas, ought to have detected and handed over to the police. But the holy man seems to have been quite mad with baseness and credulity. Múch as bishops love queens, we do not think we have one on the Bench who could have been the dupe of Madame la Motte. · The principal facts which the Abbé touches on in the reign

' * The Dutchess de Polignac, no doubt, was sent over to Bath by the Queen, to keep Madame la Motte quiet with money ; but this was, in all probability, the-mere cowardice of the Court.

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