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puissance. II ne permettoit qu'à lui d'étre jacobin en France. II. p. 264.

'Je fus la premic-re femme que Bonaparte exila; mais bientôt après il en bannit un grand nombre, d'opinions opposées. D'où venoit ce luxe en fait de méchanceté, si ce n'est d'une sorte de haine contre tous les êtres indépendans? Et comme les femmes, d'une part, ne pouvoient servir en rien ses desseins politiques, et que, de l'autre, elles étoient moins accessibles que les hommes aux craintes et aux espérances dont le pouvoir est dispensateur, elles lui donnoient de l'humeur comme des rebelles, et il se plaisoit à leur dire des choses blessantes et vulgaires. Il haïssoit autant l'esprit de chevalerie qu'il recherchoit l'etiquette: c'étoit faire un mauvais choix parmi les anciennes mœurs. Il lui restoit aussi de ses premières habitudes pendant la révolution, une certaine antipathie jacobine contre la société brillante de Paris, sur laquelle les femmes exerçoient beaucoup d'ascendant; il redoutoit en elles l'art de la plaisanterie, qui, l'on doit en convenir, appartient particulièrement aux Francoises. Si Bonaparte avoit voulu s en tenir au superbe rôle de grand général et de premier magistrat de la république, il auroit plané de toute la hauteur du génie au-dessus des petits traits acérés de l'esprit de salon. Mais quand il avoit le dessein de se faire un roi parvenu, un bourgeois gentilhomme sur le trône, il s'exposoit précisément à la moquerie du bon ton, et il ne pouvoit la comprimer, comme il l'a fait, que par l'espionnage et la terreur.' II. 306, 307.

'Il avoit plus que tout autre le secret de faire naître ce froid isolement qui ne lui présentait les hommes qu'un h un, et jamais réunis. 11 ne vouloit pas qu'un seul individu de son temps existât par lui-même, qu'on se mariât, qu'on eût de la fortune, qu'on choisit un séjour, qu'on exerçât un talent, qu'une résolution quelconque se prît sans sa permission; et, chose singulière, il entroit dufts les moindres détails des relations de chaque individu, de manière a réunir l'empire du conquérant à une inquisition de commérage, s'il est permis de s'exprimer ainsi, et de tenir entre ses mains les fils les plus déliés eomme les chaînes les plus fortes. II. 310, 311.

The thin mask of the Consulate was soon thrown off—ami ihe Emperor appeared in his proper habits. The following remarks, though not all applicable to the same period, appear to its to be admirable.

'Bonaparte avoit lu l'histoire d'une manière confuse: pen accoutumé a l'étude, il se rendoit beaucoup moins compte de ce qu'il avoit appris dans les livres, que de ce qu'il avoit recueilli par l'observation des hommes. 11 n'en étoit pas moins resté dans sa tête un certain respect pour Attila et pour Charlemagne, pour les lois féodales et pour le despotisme de l'Orient, qu'il appliquoit à tort et a travers, ne se trompant jamais, toutefois, sur ce qui servoit instantanément à son pouvoir; mais du reste, citant, blâmant, louant et raisonnant comme le hasard le conduisoit; il parloit ainsi des heures entières avec d'autant plus d'avantage, que personne ne l'interrompoit, si ce n'est par les applaudisscmens involontaires qui échappent toujours dans des occasions semblables. Une chose singulière, c'est que, dans la conversation, plusieurs officiers bonapartistes ont emprunté de leur chef cet héroïque galimatias qui véritablement ne signifie rien qu'à la tête de huit eent mille hommes.' II. 332, 333.

'Il fit occuper la plupart des charges de sa maison par des nobles de l'ancien régime; il flattoit ainsi la nouvelle race en la mêlant avec la vielle, et lui-même aussi réunissant les vanités d'un parvenu aux facultés gigantesques d'un conquérant, il aimoit les flatteries des courtisans d'autrefois, parce qu'ils s'entendoient mieux à cet art que les hommes nouveaux, même les plus empressés. Chaque fois qu'un gentilhomme de l'ancienne cour rappeloit l'étiquette du temps jadis, proposoit une révérence de plus, une certaine façon de frapper à la porte de quelque antichambre, une manière plus cérémonieuse de présenter une dépêche, de plier une lettre, de la terminer par telle ou telle formule, il étoit accueilli comme s'il avoit fait faire des progrès au bonheur de l'espèce humaine. Le code de l'étiquette impériale est le document le plus remarquable de la bassesse a laquelle on peut réduire l'espèce humaine.' II. 331, 335.

'Quand il y avoit quatre cents personnes dans son salon, un aveugle auroit pu s'y croire seul, tant le silence qu'on observoit étoit profond. Les maréchaux de France, au milieu des fatigues de la guerre, au moment de la crise d'une bataille, entroient dans la tente de l'empereur pour lui demander ses ordres, et il ne leur étoit pas permis de s'y asseoir. Sa famille ne souffroit pas moins que les étrangers de son despotisme et de sa hauteur. Lucien a mieux aimé vivre prisonnier en Angleterre que régner sous les ordres de son frère. Louis Bonaparte, dent le caractère est généralement estimé, sevit constraint par sa probité même, à renoncer à la couronne de Hollande; et, le croiroit-on? quand il causoit avec son frère pendant deux heures tête à tête, forcé par sa mauvaise santé de s'appuyer péniblement contre la muraille, Napoléon ne lui offroit pas une chaise: il demeuroit luimême debout, de crainte que. quelqu'un n'eût l'idée de se familiariser assez avec lui pour s'asseoir en sa présence.

'Le peur qu'il causoit dans les derniers temps étoit telle, que personne ne lui adressoit le premier la parole sur rien. Quelquefois il s'entretenoit avec la plus grande simplicité au milieu de sa cour, et dans son conseil d'état. Il souffroit la contradiction, il y encoura^eoit même, quand il s'agissoit de questions administratives ou judiciaires sans relation avec sou pouvoir. Il falloit voir ajyors l'attendrissement de ceux auxquels il avoit rendu pour un moment la respiration libre; mais, quand le maître reparoissoit, on demandoit en vain aux ministres

de présenter un rapport à l'empereur contre une mesure injuste -Il

aimoit meins les louanges vraies que les flatteries serviles, parce que, dans les unes, on n'auroit vu que son mérite, tandis que les autres attestaient son autorité. En général, il a préféré la puissance à la gloire ; car l'action de la force lui plaisoit trop pour qu'il s'occupa de la postérité sur laquelle on ne peut l'exercer.' II. 399—401.

There are some fine remarks on the baseness of those who solicited employment and favours under Bonaparte, and hstve sinçç joined the party of the Ultras, and treated the whole revolution as an atrocious rebellion—and a very clear and masterly view of the policy by which that great commander subdued the greater part of continental Europe. But we can afford no room now for any further account of them. As a General, she says, he was prodigal of the lives of his soldiers—haughty and domineering to his officers—and utterly regardless of the miseries he inflicted on the countries which were the scenes of his operations. The following anecdote is curious—and to us original.

'On l'a vu dans la guerre d'Autriche, en 1809, quitter l'île de Lobau, quand il jugeoit la bataille perdue; il traversa le Danube, seul avec M. de Czernitchef, l'un des intrépides aides de camp de l'empereur de Russie, et le maréchal Berthier. L'empereur leur dit assez tranquillement cpi'apris avoir gagné quarante batailles, il n'était -pas extraordinaire d'en perdre une; et lorsqu'il fut arrivé de l'autre côté du fleuve, il se coucha et dormit jusqu'au lendemain matin, sans s'informer du sort de l'armée françoise, que ses généraux sauvèrent pendant son sommeil.' II. 358.

Mad. de S. mentions several other instances of this facility of sleeping in moments of great apparent anxiety.—The most remarkable is, that he fell fast asleep before taking the field in 1-814, while endeavouring to persuade one of his ministers that he had no chance of success in the approaching campaign, but must inevitably be ruined!

She has extracted from the Moniteur of July 1810, a very singular proof of the audacity with which he very early proclaimed his own selfish and ambitious views. It is a public letter addressed by him to his nephew, the young Duke of Berg, in which he says, in so many words, 'N'oubliez jamais, que vos 'premiers devoirs sont envers Moi—vos seconds envers la France

* —ceux envers les peuples que je pourrois vous confier, ne vien- * nent qu'après.' This was at least candid—and in his disdain for mankind a sort of audacious candour was sometimes alternated with his duplicity.

'Un principe général, quel qu'il fût, déplaisoit à Bonaparte, comme une niaiserie ou comme un ennemi. Il n'écoutoit que les considérations du moment, et n'examinoit les choses que sous le rapport de leur utilité immédiate; car il auroit voulu mettre le monde entier en rente viagère sur sa tête. Il n'étoit point sanguinaire, mais indifférent à la vie des hommes. Il ne la considéroit que comme un moyen d'arriver à son but, ou comme un obstacle a écarter de sa route. Il n'étoit pas même aussi colère qu'il a souvent paru l'être: il vouloit effrayer arec ses paroles, afin de s'épargner le fait par la menace. Tout étoit chez lui moyen ou but; l'involontaire ne se trouvoit nulle part, ni dans le bien, ni dans le mal. On prétend qu'il a dit: J'ai tant de eonscrits à dépenser par an. Ce propos est vraisemblable, car Bonaparte a souvent assez méprisé ses auditeurs pour se complaire dans un genre de sincerite qui n'est que de l'impudence.—Jamais il n'a cru aux sentimens exaltes, soil dans les individus, soit dans les nations; il a pris 1'expression de ces sentimens pour de l'hypocrisie.' II. 391, 392.

Bonaparte, Mad. de S. thinks, had no alternative but to give the French nation a free constitution; or to occupy them in war, and to dazzle them with military glory. He had not magnanimity to do the one, and he finally overdid the latter. His first great error was the war with Spain; his last, the campaign, in Russia. All that followed was put upon him, and could not be avoided. She rather admires his rejection of the terms offered at Chatillon; and is moved with his farewell to his legions and their eagles at Fontainebleau. She feels like a Frenchwoman on the occupation of Paris by foreign conquerors; but gives the Emperor Alexander full credit, both for the magnanimity of his conduct as a conqueror, and the generosity of his sentiments on the subject of French liberty and independence. She is quite satisfied with the declaration made by the King at St Ouen, and even with the charter that followed—though she allows that many further provisions were necessary to consolidate the constitution. All this part of the book is written with great temperance and reconciling wisdom. She laughs at the doctrine of legitimacy, as it is now maintained; but gives excellent reasons for preferring an antient line of princes, and a fixed order of succession. Of the Ultras, or unconstitutional royalists, as she calls them, she speaks with a sort of mixed anger and pity; although an unrepressed scorn takes the place of both, when she has occasion to mention those members of the party who were the abject flatterers of Bonaparte during the period of his power, and have but transferred, to the new occupant of the throne, the servility to which they had been trained under its late possessor.

'Mais ceux dont on avoit le plus de peine a contenir l'indignation vertueuse contre le parti de l'usurpateur, e'etoient les nobles ou leurs adherens, qui avoient demande des places a ce meme usurpateur pendant sa puissance, et qui s'en ejtoient separes bien nettement 16 jour de sa chute. L'enthousiasme pour la légitimité de tel chambellan de Madame mere, ou de telle dame d'atour de Madame sœur, re connoissoit point de bornes; et certes, nous autres que Bonaparte avoit proscrits pendant tout le cours de sou regne, nous nous examinions pour savoir si nous n'avions pas ete ses favoris, quand une quand une certaine délicatesse d'ame nous obligeoit a le defendre contre les invectives de ceux qu'il avoit combles de bienfaits.' III. 107.

Charles II. was recalled to the throne of his ancestors by the voice of his people; and yet that throne was shaken, and, within twenty-five years, overturned by the arbitrary conduct of tl^e/ restored sovereigns. Louis XVIII. was not recalled by hi$ people, but brought in and set up by foreign conquerors. It must therefore be still more necessary for him to guard against arbitrary measures, and to take all possible steps to secure the attachment of that people whose hostility has so lately proved fatal. If he like domestic examples better, he has that of his own Henri IV. before him. That great and popular Prince at last found it necessary to adopt the religious creed of the great majority of his people. In the present day, it is at least as necessary for a less popular monarch to study and adopt their political one. Some of those about him, we have heard, rather recommend the example of Ferdinand VII.! But even the Ultras, we think, cannot really forget, that Ferdinand, instead of having been restored by a foreign force, was dethroned by one; that there had been no popular insurrection, and no struggle for liberty in Spain; and that, besides the army, he had the priesthood on his side, which, in that country, is as omnipotent as in France it is insignificant and powerless for any political purposes. We cannot now follow Mad. de S. into the profound and instructive criticism she makes on the management of affairs during Bonaparte's stay at Elba;—though much of it is applicable to a later period—and though we do not remember to have met any where with so much truth told in so gentle a manner.

Mad. de S. confirms what we believe all well-informed persons now admit, that for months before the return of Bonaparte, the attempt was expected, and in some measure prepared for—by all but the court, and the royalists by whom it was surrounded. When the news of his landing was received, they were still too foolish to be alarmed; and, when the friends of liberty said to «ach other, with bitter regret, ' There is an end of our liber

* ty if he should succeed—and of our national independence

* if he should fail,'—the worthy Ultras went about, saying, it was the luckiest thing in the world, for they should now get properly rid of him; and the King would no longer be vexed with the fear of a pretender! Mad. de S. treats with derision the idea of Bonaparte being sincere in his professions of regard to liberty, or his resolution to adhere to the constitution proposed to him after his return. She even maintains, that it "was absurd to propose a free constitution at such a crisis. If the nation and the army abandoned the Bourbons, nothing remained for the nation but to invest the master of that army with the dictatorship, and to rise en masse, till their borders were freed from the invaders. That they did not do so, only proves that they had become indifferent about the country, or that they were in their hearts hostile to Bonaparte. Nothing but a feel

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