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avec planches. — L'Alsaha illastrala, publiée par Scbcepflin, àeijbi à 1761,60 a vol. in-lbl., est considérée à juste titre comme un des ouvrages les plus savants qui aient été écrits sur l'histoire de nos anciennes provinces. La traduction que donne aujourd'hui M. Ravenei de ce livre connu de tous les érudits, quoique peu lu aujourd'hui, se recommande par une grande exactitude et par les additions importantes que le traducteur y a faites.

Notice sur les émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du musée du Louvre, par M. deLaborde, membre de l'Institut. Seconde partie, documents et glossaire, Paris, imprimerie de Vinchon, i853, in-8° de x-548 pages.— La collection des émaux réunis au Louvre, si complète d'ailleurs et si belle, ne possède qu'un petit nombre de bijoux émaillés d'une époque antérieure au xvi' siècle, tandis que le duc d'Anjou, frère du roi Charles V, en avait à lui seul près d'un millier dans son trésor. C'est son inventaire, dressé par ses ordres en i36o, que publie M. de Laborde, comme appendice à la notice des émaux du Louvre. Il y a joint un glossaire et un répertoire pour faciliter les recherches.

Souvenirs sur Gaspard Monge et ses rapports avec Napoléon. . . Paris, imprimerie de Thunot, librairie de Benjamin Duprat, i853, in-8 de 176 pages.—Ces souvenirs font connaître d'intéressants détails sur la vie de Monge depuis 1793 jusqu'en 1816 , particulièrement en ce qui concerne l'expédilion d'Egypte, dont l'auteur, M. Jomard, faisait lui-même partie. On trouve, dans l'appendice placé à la Un de ce volume, des notes sur l'Ecole polytechnique, sur l'expédition d'ÉgypIe et sur le monument élevé à Monge par la ville de Beaune.

Grammaire française à l'usage des Arabes de l'Algérie, de Tunis, du Maroc, de l'Egypte et de la Syrie, par Gustave Dugat, membre de la Société asiatique, et le cheik Fêrès Echchidiâk. Paris, imprimé par autorisation de l'Empereur à l'Imprimerie impériale; se trouve à Paris, chez Benjamin Duprat, i854, in-8". —Cet ouvrage, rédigé en arabe, est principalement destiné à répandre la connaissance du français dans nos possessions d'Afrique. On peut le considérer comme la contrepartie des Eléments de la langue algérienne, publiés en 1851 par M. Pihan, pour faciliter l'étude de l'arabe aux Français résidant en Algérie.

Histoire des Basques ou Escualdunais primitifs, restaurée d'après la langue, les caractères ethnologiques et les mœurs des Basques actuels, par A. Baudrimont, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux. Imprimerie de Gounoulhiou, à Bordeaux, librairie de Benjamin Duprat, à Paris, in-8° de ix-a84 pages. — C'est principalement par des recherches de linguistique comparée que l'auteur de ce livre a cru pouvoir reconstituer l'histoire des Basques; il a formé un vocabulaire chronologique de la langue basque, dans lequel sont coordonnés les mots dans l'ordre successif de leur formation. Ce travail, appliqué à un peuple qui n'a laissé aucun monument écrit, paraîtra peut-être conjectural, et les conséquences qu'en tire l'auteur un peu hasardées. Les noms d'animaux, par exemple, étant de premièreformation , suivant le système de M. Baudrimont, il lui suffit de trouver dans la langue basque les mots elefandia (éléphant) et orena (cerf et renne), pour en conclure que les Basques ont habité successivement les régions méridionales et le nord de l'Asie.

Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de ïAcadémie royale de peinture et de sculpture, publiés d'après les manuscrits conservés à l'Ecole impériale des beaux-arts, par MM. L. Dussieux, E. Soulié, Ph. de Chennevières, Paul ManU, A. de Montaiglon, sous les auspices de M. le ministre de l'intérieur. Tome 1", imprimerie de madame veuve Belin à Saint Cloud, librairie de Dumoulin à Paris, i854, in-8° de vm-/i8o pages. — Les archives de l'ancienne Académie royale de
peinture, transportées du Louvre à l'École des beaux-arts après la Révolution, ren-
ferment de précieux documents jusqu'ici fort peu consultés, au nombre desquels
on doit signaler surtout les mémoires écrits au xvn* siècle par (juillet de Saint-
Georges, historiographe de l'Académie, qui avait été chargé par elle, en 1682, de
recueillir tous les faits relatifs à l'histoire et aux travaux de ses membres. Ces mé-
moires, continués et refaits en partie par les successeurs de Guillet, Dubois de
Saint-Gelais, Hulol, le comte de Caylus, Lépicié, Gougenot, Valory, n'avaient pas
encore vu le jour. En les publiant aujourd'hui, M. Dussieux et ses collaborateurs
rendent un véritable service à tous ceux qui s'occupent de l'histoire de l'art. On
peut les considérer comme formant le recueil le plus important qui ail été fait de-
puis Félibien sur les artistes français. Chaque mémoire est classé à la date de récep-
tion de l'artiste qu'il concerne, et reproduit sans note et sans commentaire. Les
éditeurs y oui joint seulement des notices historiques sur les auteurs des mémoires,
et ils annoncent que le recueil sera terminé par des tables destinées à faciliter les
recherches. Le tome I" contient trente-huit mémoires ou notices lus à l'Académie
depuis 1690 jusqu'en 174g- Rédigées avec soin et puisées au meilleures sources,
ces notices pourront servir à compléter ou à rectifier les biographies, et feront con-
naître beaucoup de faits et de travaux ignorés. Parmi les artistes dont la vie elles
œuvres se trouvent ainsi éclairées d'une lumière nouvelle, nous citerons comme
les plus célèbres Charles Lebrun, Sébastien Bourdon, Eustache Lesueur, Louis
Boulogne, Philippe de Champagne, Girardon, Michel Corneille, Anguier. Un se-
cond et dernier volume complétera prochainement cette intéressante publication.

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Analyse des documents historiques conservés dans les archives du département de la
Sarthe, par M. Edgard Bilurd, archiviste du département. Le Mans, imprimerie de
Monnoyer, i85A, in-4° de vu-a44 pages imprimées sur deux colonnes. — Ce vo-
lume contient l'analyse de 778 chartes et documents divers des x", xi', xn" et
xin* siècles, qui font partie de la section ecclésiastique des archives du départe-
ment de la Sarthe. La plupart de ces documents proviennent des abbayes de l'an-
cien diocèse du Mans. L'auteur n'a rien omis de ce qui pouvait rendre ces analyses
iutéressanles pour les études historiques, et il a joint à ce travail utile deux tables
très-amples des noms de personnes et de lieux.

TABLE.

fige».

Notice sur les fouilles de Cumcs. ( 1" article de M. Raoul-Rochelle.) 129

Charles-Quint, son abdication, sa retraite, son séjour et sa mort au monastère

hiéronymite de Yuste. (8' et dernier article de M. Mignet.) 143

Examen d'écrits concernant la baguette divinatoire, le pendule dit explorateur, et

les tables tournantes, etc. (5* article de M. Cbevreul.) 172

Nouvelles littéraires 186

Fil» DR LA TABLE.

DES SAVANTS.

AVRIL 1854.

De La Découverte De La Circulation Du Sang, à propos du livre de M. Bianchi-Giovini sur Sarpi.

DEUXIÈME ET DERNIER ARTICLE1.

De Servel et de la formation des esprits.

Servet a découvert la circulation pulmonaire. Le fait est patent. J'ai rapporté, dans ce Journal2 même, le beau, l'immortel passage où il la décrit beaucoup mieux que ne le firent, plusieurs années après lui, Colombo et Césalpin. Leibnitz caractérise très-bien Césalpin par ces mots : u André Césalpin, médecin, auteur de mérite, et qui a le plus «approché de la circulation du sang, après Michel Servet.»

Ici deux choses étonnent. Comment Servet, ailleurs si confus, a-t-il pu rencontrer cette lucidité admirable de quelques pages? Et, d'un autre côté, comment une découverte de physiologie, de pure et de profonde physiologie, se trouvé-telle dans un livre qui a pour titre : De la restitution du christianisme3?

Il y a longtemps que je désirais m'éclaircir sur ce dernier point. L'obligeance de notre savant confrère, M. Magnin, m'en a fourni tous les moyens. J'ai vu, j'ai touché le livre de Servet. Un exemplaire de ce trop fameux livre est soigneusement conservé dans notre bibliothèque; et, pour comble, cet exemplaire, l'unique peut-être qui subsiste encore aujourdhui, était l'exemplaire même de Colladon, l'un des accusateurs suscités par l'impitoyable Calvin contre l'infortuné Servet. Il a appartenu au médecin anglais Mead, célèbre par son Traité des poisons. Mead le donna à de Boze. Il fut acquis plus tard par la Bibliothèque royale à un très-haut prix. Colladon y a souligné les propositions sur lesquelles il accusait Servet. Enfin, et pour dernier trait d'une trop irrécusable authenticité, plusieurs pages de ce malheureux exemplaire sont en partie roussies et consumées par le feu. Il ne fut sauvé du bûcher où l'on brûlait à la fois le livre et l'auteur que lorsque l'incendie avait déjà commencé.

1 Voyez, pour le premier article, le cahier d'octobre i853, p. 585. —' Numéro d'avril, i84p,, p. 197. — ' Christianismi restitulio. Totius Ecclesiœ apostolicte ad sua limina tocatio, in integrum reslituta cognilione Dei,fidei Christi, justijicationis nostrœ, regenerationis baptisrni et cenœ Domini manducalionis. Restitato deniqae nobis regno cœlesti, Babylonis impiœ captivitate soluta, et Antichristo cum suis pendus deslructo. (Vienne en Dauphiné, i553.)

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Ecartons ces souvenirs affreux. Il ne s'agit ici, grâce à Dieu, que de physiologie.

Je commence par avertir ceux qui, par zèle pour Harvey, vont jusqu'à supposer que le passage sur la circalalion pulmonaire pourrait bien être un passage intercalé, qu'ils se trompent. Point d'intercalation, point d'interpolation; nulle tricherie. Le passage est de Servet, complètement de Servet; et il n'y a qu'à se résigner. Sur ce grand phénomène de la circulation du sang, longtemps avant Harvey, un homme avait eu du génie, et cet homme est Servet.

Mais comment Servet a-t-il imaginé d'aller fourrer la description de la circulation pulmonaire dans un livre sur la restitution du christianisme?

Quand on jette un coup d'oeil sur les écrits de Servet, ce qui, je l'avoue, ne m'était pas arrivé jusqu'ici, on s'aperçoit bien vite du parti qu'il a pris, en théologie, de s'attacher uniquement et obstinément au sens littéral. II cherche partout ce sens littéral; il accuse tout le monde, et surtout Calvin, de ne pas l'entendre; il entasse les citations pour prouver que lui seul l'entend.

Je n'ai pas besoin de quitter mon sujet pour en trouver l'exemple. L'Écriture a dit que l'âme'est dans le sang, que l'âme est le sang même: anima est in sanguine, anima ipsa est sanguis.

Puisque l'âme est dans le sang, se dit Servet, pour savoir comment lame se forme, il faut donc voir comment se forme le sang; pour savoir comment le sang se forme, il faut voir comment il se meut; et c'est ainsi qu'à propos de la restitution du christianisme il est conduit à la formation de l'âme, de la formation de l'âme à celle du sang, et de la formation du sang à la circulation pulmonaire.

Mais ce n'est pas tout. De ce même sang, dont se forme l'âme, se forment aussi les esprits. Servet explique successivement la formation du sang, celle des esprits, celle de l'âme, et de tout cela résulte une philosophie à moitié théologique, à moitié physiologique, en somme fort singulière, et qu'il appelle divine.

«Pour que vous ayez, dit-il, cher lecteur, une explication complète «de l'âme et des esprits, je joindrai ici une divine philosophie, que

• vous entendrez facilement, pour peu que vous vous soyez appliqué à «l'anatomie '. »

Cela dit, il se met à expliquer la formation des esprits. Nous avons déjà vu, dans Galien2, toute la théorie de cette formation. Servet ne cite pas Galien, mais il le copie. Il cite un certain Aphrodisœus, médecin qui vivait au commencement du xvi" siècle, et le critique. Aphrodisaeus, dit-il, compte trois esprits : le naturel, le vital et l'animal; mais il n'y en a point trois, il n'y en a que deux, le vital et l'animal3. Le naturel est le même que le vital. L'esprit vital passe des artères dans les veines, et là il est appelé naturel'1.

Il y a donc trois principes: le sang, dont le siège est dans le foie et les veines du corps; l'esprit vital, dont le siège est dans le cœur et dans les artères; et l'esprit animal, dont le siège est dans le cerveau et dans les nerfs 5.

C'est du sang contenu dans le foie que l'âme tire sa matière première par une élaboration admirable, per elaborationem mirabilem°\ et c'est pourquoi l'âme est dite être dans le sang, être le sang même, c'est-àdire l'esprit du sang 1.

Mais il faut d'abord entendre comment se forme l'esprit vital. Il se forme du mélange de l'air, attiré par l'inspiration, avec le sang que le ventricule droit envoie au ventricule gauche, mélange qui se fait dans

1 « Ut vero lolam anima; el spiritus ralionem lia béas, lector, divinam liic philo« sopliiam ndjungam, qunm facile intelliges, si in anatome t'ueris exercitatus. • —' Voyez, clans ce Journal même, ce que j'ai ditde la théorie de Galien sur la formation des esprits, juillet 1849, P- ^i- 3 «Très spiritus vocat Aphrodisams, « naturalis, vitalis et animalis Vere non sunt très, sed duo spiritus dislincli:

• vitalis et animalis. > — * ■ Vitalis est spiritus qui per anastomoses ab arteriis com

• municalur venis, ubi dicitur naturalis. » — * « Primus ergo est sanguis, cujus

• sedes est in bepalc eteorporis venis. Secundus est spiritus vitalis, cujus sedes est

• in corde et corporis arleriis. Tcrtius est spiritus animalis, cujus sedes est in cerebro

• eteorporis nervis. » — * « Ex hepnlis sanguine estanimae materia per elaborationem «mirabilem. • — ' « Hinc dicitur anima esse in sanguine, et anima ipsa esse sanguis,

• id est spiritus sanguincus Non dicitur anima principaliler esse in parietibus

• cordis, aut in corpore ipso cerebri, attt hepatis, sed in sanguine, ut docet ipse < Dctis : Cents 9, Lev. 17 et Dent. ia. •

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