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Ou, , oui , vous me suivrez ; n'en doutez nullement :
Je vous réponds déja de son consentement !...
Je ne crains pas enfin que Pyrrhus la retienne :
Il n'a devant les yeux que sa chere Troyenne ;
Tout autre objet le blesse , et peut-être aujourd'hui
Il n'attend qu'un prétexte à l'éloigner de lui.
Nous n'avons qu'à parler, ç'en est fait. Quelle joie
D'enlever à l'Epire une si belle proie !.... -
Sauve tout ce qui reste et de Troic et d'Hector,
Garde son fils, sa veuve et mille autres encor ,
Épire, c'est assez qu'Hermione rendue
Perde à jamais tes bords et ton Prince de vue....
Mais un heureux destin le conduit en ces lieux :
Parlons.... A tant d'attraits, Amour, ferme ses yeux.

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Je vous cherchois, Seigneur. Un peu de violence

M'a fait de vos raisons combattre la puissancc ,

Jc l'avoue ; et, depuis que je vous ai quitté ,

s'en ai senti la force et connu l'équité. -
J'ai songé, comme vous, qu'à la Grece, à mon pers »
A moi-même , en un mot, je devenois contraire ;
Que je relevois Troie, et rendois imparfait
Tout ce qu'a fait Achille, et tout ce que j'ai fait-
Je ne condamne plus un courroux légitime ;
Et l'on vous va, Scigneur, livrer votre victime.

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Seigneur, par ce conseil prudent et rigoureux
C'est acheter la paix du sang d'un malheureux.

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oui ; mais je veux , Seigneur , l'assurer davantage,
D'une éternelle paix Hermione est le gage ;
Je l'épouse. Il sembloit qu'un spectacle si doux
N'attendît en ces lieux qu'un témoin tel que vous,
Vous y représentez tous les Grecs et son pere,
Puisqu'en vous Ménélas voit revivre son frere.
Voyez-la donc : allez. Dites lui que demain

J'attends , avec la paix, son cœur de votre main.

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En ! bien, Phoenix, l'amour est-ille maître ?

Tes yeux refusent-ils encor de me connoître ?

P H GE N I X. Ah ! je vous reconnois ; et ce juste courroux, Ainsi qu'à tous les Grecs, Seigneur, vous rend à vous. ce n'est plus le jouet d'une flamme servile ; C'est Pyrrhus, c'est le fils et le rival d'Achille Que la gloire, à la fin, ramene sous ses loix , Qui triomphe de Troie une seconde fois.

P Y R R H U s.

Dis plutôt qu'aujourd'hui commence ma victoire.
D'aujourd'hui seulement je jouis de ma gloire ;
Et mon cœur, aussi fier que tu l'as vu soumis ,
Croit avoir en l'amour vaincu mille ennemis.
Considere, Phœnix, les troubles que j'évite ;
Quelle foule de maux l'amour traîne à sa suite,
Que d'amis, de devoirs j'allois sacrifier;
Quels périls !... Un regard m'eût tout fait oublier.
Tous les Grecs conjurés fondoient sur un rebelle....
Je trouvois du plaisir à me perdre pour elle.

P H GE N I x.
Oui, je bénis, Seigneur, l'heureuse cruauté
Qui vous rend,,.,

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